J 100🥳 – J 104 du 21- 25 août

Samedi 21. 100 ème jour de voyage depuis que nous avons quitté notre maison et tourné la page de notre vie à la Vallée le 30 mars… non mécontents de quitter ce camping un peu glauque, nous attaquons avec courage la remontée sur le plateau. Le ciel est gris mais il ne pleut pas…pas encore… le long de la petite route qu’emprunte l’euro vélo nous apercevons une oasis au milieu de grands champs labourés 😉 une route toute droite et toute plate, avec au loin des éoliennes. On en verra par dizaines tout le long du chemin aujourd’hui, tournant dans le vent d’ouest qui est fort et qui nous pousse, car nous nous dirigeons vers le nord-est… nous rencontrons au détour du chemin, un énorme taureau, si gros qu’on dirait un bison, un aurochs 😱, en compagnie d’un jeune. Mais il a l’air tout tranquille, ses yeux sont doux et profonds, pourtant je ne serai pas prête à entrer dans l’enclos lui donner l’accolade😅😂… il a un anneau dans le museau et une chaîne qui le relie aux cornes, pour pouvoir le manœuvrer j’imagine.

Lors de notre arrêt pour l’achat du déjeuner, un joli petit gardien surveille la rue depuis son balcon🐶

Nous retrouvons encore ces champs de céréales qui ont été fauchées mais non moissonnées…il reste les graines sur les tiges. Je veux en avoir le cœur net et je descends ramasser une cosse. En fait c’est du lin, des graines de lin se libèrent lorsque je froisse la coque, elles sont délicieuses … en fin de journée je vais voir sur internet comment se transforme le lin. La culture du lin textile est très délicate, et elle demande un savoir-faire transmis de génération en génération des équipements spécifiques, de la réactivité et de la passion…un climat océanique doux avec alternance de pluie et de soleil. Chaque année donne naissance à un millésime particulier! En fait le lin n’est pas fauché mais arraché car la fibre court des racines au haut de la tige. Le lin a besoin de sécher un peu avant de commencer le rouissage. Une semaine après les arrachages, les liniculteurs récoltent les graines en reprenant les pailles avec une écapsuleuse . Ces graines seront semées l’année suivante. Le rouissage est une étape clé . Une alternance de pluie, de soleil et de vent permet à la paille de se séparer de la fibre, et il faut les retourner régulièrement. La qualité de la fibre est contrôlée par des techniciens qui décideront s’il faut attendre encore une averse avant d’enrouler la paille de lin rouie… Très intéressant!!! Moi qui adore porter des vêtements en lin😉

Nous arrivons à un point de vue surplombant la baie du Tréport et de ses falaises… juste magnifique! On aperçoit la ville portuaire fortifiée en contrebas.

Après une belle descente, nous longeons la ville ville et traversons le port.

Pour nous retrouver de l’autre côté à…Mers-les-Bains…une station balnéaire tout à fait extraordinaire! On se croirait dans un film…

Quelques petits clins d’œil sur la route 😂

Arrivés à Saint-Valery-sur-Somme , nous n’avons toujours pas mangé et il est 14 h…nous avons la dalle et nous passons devant un super petit bistrot qui a installé des chaises longues devant le canal de la Somme … ni une ni deux, il reste deux places, nous nous asseyons et présentons notre pass sanitaire au serveur et commandons deux délicieux sandwichs et une bière 🍻 qui nous permettrons de nous redonner un peu d’énergie. Un rayon de soleil nous fait oublier le temps qui passe, et nous discutons avec notre voisin qui est à vélo aussi pour le week-end…venu de Paris en train, il a dormi dans un camping à une quinzaine de kilomètres d’ici…

On se remet en route lorsque on se rend compte que le ciel devient bien menaçant et qu’il faudrait peut-être mettre la vitesse supérieure si on ne veut pas être rattrapé par la pluie … on se dépêche, il y a beaucoup de monde sur la petite piste cyclable , nous allons encore faire des courses pour le souper au Crotoy et trouver le camping la Ferme de Mayocq tenu par un couple âgé qui se déplace dans le camp avec une petite voiture électrique afin de veiller à ce que tout se passe comme il faut…🤪 menu poulet et brocoli au curry avec pommes de terres purée 😋

Pendant qu’on cuisine, un vol d’étourneau fait le show dans le ciel au dessus de nos têtes…je m’empresse de saisir mon téléphone pour immortaliser ce ballet!

Dimanche 22. Il a plu cette nuit, nous avons bien dormi, mais le vent souffle encore super fort…il sèche la tente et elle est moins humide pour la plier! Le ciel est bien menaçant… nous longeons la réserve Naturelle de la Baie de Somme où se succèdent de petits étangs où s’ébattent cygnes, canards, poules d’eau et autres oiseaux…mais nous croisons deux dames qui nous confirment que les coups de feu que nous avons entendus hier soir au camping et ce matin de bonne heure proviennent des chasseurs 😩🥺🥲…il y aurait trop de canards et il faut les réguler…

Puis nous longeons le Parc du Marquenterre ( reservé forestière avec dunes, marécages et observation des oiseaux migrateurs) sur une jolie voie verte dans la forêt. Et une petite troupe de canards traversent la route devant nous 😂

Après avoir circulé pas mal sur des routes peu fréquentées , nous arrivons à la baie de Canche à Etaples où nous pic niquons au bord du port. Il y a une exposition de statues de Bruno Catalano , plutôt interpellantes…

Petit clin d’œil à mes très chères et regrettées ex collègues… qui œuvrent toujours pour le bien de tous 💕

Et nous prenons une piste cyclable le long d’une départementale très fréquentée et passons devant le cimetière militaire d’Etaples où reposent des centaines d’anglais… ça nous émeut et nous donne les frissons.

La route traverse une zone de dunes sur lesquelles poussent des forêts de pins qui nous font penser aux Landes, et après quelques kilomètres ce sont des collines verdoyantes où nous croirions être en Irlande… finalement, malgré l’itinéraire peu engageant vu le trafic routier en parallèle de la piste cyclable … les paysages en valent quand même la peine. Mais ce sera la moins belle étape que nous avons faite. Et nous n’avons croisé qu’un seul cyclorandonneur aujourd’hui, peut-être qu’ils évitent ce tronçon. Et pour un voyage avec des enfants ce serait vraiment pas adapté. Nous déconseillons les côtes de Normandie pour les familles avec petits enfants. Nous avions croisé à nouveau la famille d’Anvers hier en milieu de journée, ils sortaient d’un camping et semblaient être complètement à bout et épuisés…

On passe notre dernière nuit sur la côte normande à Equihen-Plage, il se met à pleuvoir après qu’on ait installé le campement , fait cuire de l’eau pour un café et mangé nos chaussons aux pommes achetés au marché à Etaples 😋. Petite accalmie à 19 h où nous pouvons juste souper et admirer un beau coucher de soleil alors qu’un de nos proche voisin logeant dans un bungalow nous casse les oreilles avec ses chansons à boire, lui qui est déjà complètement bourré 🥴 puis grosse grosse averse par la suite! On en a un peu marre de ce temps …mais vous aussi j’en suis sûre 😂

Lundi 23. On sort des plumes alors que le boulanger claxone pour avertir de son passage dans le camping. Ni une ni deux, je saute hors de mon sac et reviens avec quatre délicieux croissants bien croustillants que nous mangerons avec un café après avoir rangé nos affaires. La tente est encore mouillée, mais le vent, à nouveau bien fort la sèche en partie avant qu’elle ne soit rangée dans ses compartiments… c’est un vent du nord-est que nous aurons de face en grande partie du trajet. Ouh, c’est difficile 🥴… nous quittons les paysages côtiers et la mer, dernières prises de vue sous un ciel nuageux mais qui laisse espérer malgré tout un peu de soleil!

Nous traversons Boulogne-sur-Mer, petit stop au port, au marché aux poissons, mais sans rien emporter dans nos sacoches . De nombreux bâtiments ont été embellis par des immenses fresques, magnifiques!!!

Nous devons remonter sur la colline, 80 mètres de dénivelé, on se serait cru au petit chêne à Lausanne… au sommet trône Napoléon…encore lui😉 sur une colonne de 50 m il domine en embrasse du regard toute la baie… en 1798 il a établi le camp de Boulogne dans ce port naturel , d’où l’on aperçoit l’Angleterre qu’il voulait envahir.

Nous empruntons de petites routes très peu fréquentées qui gravissent les collines et serpentent dans la campagne entre les champs moissonnés ornés de leurs belles balles de paille dorée…et les champs de maïs dont les épis sont déjà de belle taille. Nous croisons un itinéraire pédestre qui se nomme le sentier des mille collines 😂🤪🤭…ce qui augure de belles grimpettes et de longues descentes à fendre l’air sur nos montures! Cet itinéraire s’appelle la Route de la Mer du Nord qui va de Boulogne-sur-Mer à Dunkerque, elle nous permettra de rejoindre l’itinéraire Euro Vélo 5 au niveau de Watten.

Nous traversons quelques villages mais aucun commerce pour se ravitailler, heureusement que nous avions acheté notre pic nic ce matin sur la côte… dans un village en début d’après-midi nous croisons des enfants et leurs parents se rendant à l’école, ça doit être la rentrée scolaire. Même les petits sont cachés par un masque 😱😩🥺… comme c’est triste.

Après avoir gravi une belle colline et traversé une magnifique forêt nous redescendons jusqu’à Licques où nous nous arrêtons au camping des Pommiers des Trois Pays, et on trouve un joli emplacement à l’abri de cette satanée bise qui ne faiblit pas! Nos voisins Hollandais nous apportent de la paella qu’ils n’ont pas pu finir … nous avons déjà l’estomac bien rassasié car nous finissons notre souper. Nous acceptons tout de même un petit échantillon pour goûter 😋

Mardi 24. Quelle belle surprise au réveil ce matin…le soleil est là, trônant dans un magnifique ciel bleu☀️! Ça fait longtemps que ce n’était pas arrivé…par contre la tente est trempée de rosée, c’est encore pire que lorsqu’il a plu! On lève le camp en pensant pouvoir boire un café au bar du camping, mais il n’ouvre qu’à 11h. Arrêt à la boulangerie de Licques pour faire le plein de carburant pour la journée et on avale un croissant sur le trottoir devant la boutique. A peine un kilomètre après être parti, nous nous trouvons face à une route barrée où ils ont creusé sur toute la largeur…on demande à l’ouvrier si on peut passer quand même, il nous dit que c’est ok, en faisant attention et en passant au bord du champ de maïs. Nous devons nous mettre à deux pour passer les vélos car il y a un petit fossé qui longe la route… ouf, on y arrive! Mais ce sera « une journée obstacle », plutôt particulière concernant notre cheminement… vous allez voir.

On doit s’essuyer les pieds dans l’herbe car nos sandales sont pleines de terre ramassée dans le fossé…

A Tournehem-sur-la-Hem, nous nous arrêtons pour boire notre café du matin au café de la Mairie. La tenancière est toute contente de voir le soleil et nous discutons un moment. Au moment de payer, elle hésite sur le prix et nous demande 4 euros, ce qui est plus cher qu’ailleurs…elle a peut-être pensé que comme nous sommes suisses, nous sommes riches 😂. Nous apercevons un panneau qui mentionne le chemin de pèlerinage de la via Francigena qui part d’ici . Il traverse huit départements en France sur près de 250 km, et il relie Canterbury à Rome…

En apercevant ces arbres qui se détachent sur la colline, je m’exclame : voici des beaux arbres pour une photo! Mais Yves n’est pas de cet avis et me répond que ce sont les mêmes que ceux sur la première photo du blog lors de notre départ, sur la route en dessus d’Orbe😂… mais je m’arrête malgré tout, car nous avons fait du chemin depuis ce jour là, pratiquement 4000 km séparent ces deux photos 🤭 et en plus elle est belle… en tout cas, je trouve😅

Une maison plutôt kitsch 🥴…regardez bien à gauche, il y a … des moutons. Mais ce ne sont pas ceux-là qui vont tondre la pelouse!

Je commence à avoir les jambes en coton et les mains qui tremblent après une belle grimpette…hypoglycémie. Nous nous arrêtons pour manger nos délicieux chaussons aux pommes 😋 et ça va tout de suite mieux! On peut repartir avec entrain…

A Watten, l’itinéraire sur Bikemap nous indique de suivre le canal de l’Aa. Au début, ça va, tout est normal, mais …

… après un moment, la route goudronnée s’étiole et laisse la place à un semblant de chemin…qui bientôt ne ressemblera à plus rien. On se faufile entre les roseaux, c’est l’ancien chemin de halage mais qui n’a pas été arrangé pour les cyclistes! On fait du cross sur bien 5 km avant de trouver enfin un accès pour passer par dessus le petit ruisseau parallèle au canal…

Après ces aventures, nous sommes contents de pouvoir nous arrêter et manger nos sandwichs sur le bord du canal à Saint-Omer.

À Arques, se croisent plusieurs canaux. Mais sur le principal naviguent de grandes péniches, et les écluses sont très hautes et très longues…

Encore une autre surprise nous attend sur le chemin…c’est qu’il n’y a plus de chemin possible! La route s’arrête devant une usine de ciment, une barrière en ferme l’accès. Elle n’est pas cadenassée, nous l’ouvrons et traversons sur quelques dizaines de mètres, mais malheureusement il n’y a plus de passage possible. Donc on rebrousse chemin… comment font-ils ces itinéraires vélo? Ils ne doivent pas aller vérifier sur le terrain que les chemins sont réellement praticables 😩…

Nous quittons le canal et roulons dans la campagne, et passons en bordure d’une drôle de plantation . Je m’arrête pour voir cela de plus près … on dirait des pavots, je cueille une cosse et l’écrase. Elle explose et libère une grande quantité de graines, des graines de pavots que je goûte et reconnais… miam. C’est le pavot noir, alors que le blanc est cultivé de façon très contrôlée pour la fabrication de l’héroïne et la morphine.

Nous arrivons après 15 h au camping de la Petite Forêt à la Lacque , près de Aire-sur-la-Lys. Nous mettons à sécher toutes les toiles de tente, que le soleil bien chaud rend rapidement utilisables 🤩☀️👍

Comme c’est agréable de pouvoir souper au soleil…sur une table 😉 c’est le grand luxe! Et il y a longtemps que nous n’avons pas en la chance de rester à l’extérieur après avoir mangé, car les températures fraîches ou la pluie nous faisaient nous rentrer bien au chaud dans notre petite tente…

Mercredi 25. La tente est trempée de rosée, nous avions la rivière juste derrière…pas de limaces ce matin heureusement. Le soleil est là quel bonheur. Comme l’euro vélo n’est pas encore bien tracé, nous essayons de suivre la Lys, canal navigable pour la plaisance, sur conseil du tenancier du camping. Il y a aussi un itinéraire qui nous permettra de rejoindre Lille. Au niveau de Aire-sur-la-Lys, nous empruntons cette voie verte qui longe le canal, c’est super joli et on est heureux de ne plus avoir de trafic à nos côtés… nous croisons des oies qui ont toute la liberté de nager dans le canal. Un petit coin pêcheur avec une chaise installée sur un ponton😉. Il y a beaucoup d’amateurs de pêche au bord de l’eau munis de tout un matériel sophistiqué et de toutes sortes de gadgets…

A la hauteur de Houleron, nous franchissons le cap des… 3000 km au compteur depuis notre deuxième départ de Lausanne le 15 juin. Ajouter encore à cela les 1000 km parcourus en Suisse en avril lorsque nous étions coincés à cause des restrictions sanitaires…ça en fait un bout de chemin🤪🤩. On peut en être un petit peu fiers😉…

On s’arrête à Saint-Venant pour prendre un petit déjeuner pour fêter ça, ha ha ha… il y a des chats partout dans le salon de thé- bibliothèque, des vrais et des décoratifs 🐱.

Le long du canal nous apercevons plusieurs usines désaffectées… ainsi qu’à nouveau une surprise de voie verte sans issue alors qu’il y a une barrière et des panneaux tout neufs! On doit rebrousser chemin…

A Lestrem, nous passons à côté d’une énorme usine dont nous a parlé le tenancier du camping, une amidonnerie de Maïs, une multinationale…et bonjour les odeurs écœurantes qui l’annoncent avant d’arriver à sa hauteur, portées par la forte bise qui souffle contre nous…

A Armentières, une ancienne brasserie désaffectée à l’air d’être transformée en appartements standing dans ce qui semble être un nouveau quartier …

A un moment donné, la voie verte se transforme en un tout petit sentier en bordure d’un terrain agricole…on suppose que c’est l’agriculteur qui n’a pas voulu que l’euro vélo passe sur son terrain… et après quelques centaines de mètres, le chemin redevient à nouveau roulant😅

Petit stop devant le bel Hôtel de Ville de Houplines où nous vérifions où nous pourrons trouver un camping pour passer la nuit. On nous donne la place voisine de la friterie qui est ouverte ce soir. Heureusement que la bise souffle du bon côté et ne nous apporte pas les odeurs de friture 😅… nous prenons deux portions de frites , mais il y en a pour un régiment! De délicieuses frites croustillantes à souhait et pas grasses(enfin…ce qu’il nous semble😂). On se régale. Il y a beaucoup d’animation dans ce coin, ça nous change du camping de hier.

Demain nous allons passer en Belgique…fin de l’épopée normande.

LA NORMANDIE

J 90- 99 11- 20 août

Mercredi 11. Excellente nuit à bord de l’Irish Ferry dans notre petite cabine. Pas de mal de mer, en forme pour le débarquement…et bien émue et excitée à l’idée de retrouver mon frère François et sa famille qui passent leurs vacances à Urville-Naqueville dans une magnifique maison avec des amis. C’est tout à fait imprévu que nous puissions nous rencontrer car notre voyage se dirige ailleurs que ce que nous pensions😉 alors que nous quittons les terres britanniques pour le continent… nous quittons le bateau dans les premiers et passons rapidement et sans encombres la douane avec nos vélos, pas de chiens renifleurs ici comme c’était le cas à Cork. Il faut se réhabituer à rouler à droite de la route, je suis un peu perturbée en traversant des voies multiples et je m’engage une fois à contresens 😅… mais heureusement il n’y a pas de trafic. Nous retrouvons rapidement le confort des pistes cyclables et des voies vertes françaises! La mer est à nouveau bleue et magnifique, le soleil est là pour nous accueillir, après une série de temps maussade ici. Nous atteignons rapidement Urville-Nacqueville et sommes tout émus par nos retrouvailles familiales ❤️…

Nous passons un magnifique après-midi entre baignade, bavardages, et apprentissage du jeu de Kubb, un jeu d’adresse en bois super chouette dans lequel nous ne pouvons pas rivaliser avec les experts qui s’en sont régalés tout l’été 😂…

Super soirée en compagnie de tout ce petit monde dans cette belle maison du début du siècle passé située sur les hauteurs dans un jardin incroyable! Merci à vous tous pour ce beau partage…

Jeudi 12. Départ en fin de matinée après un bon petit déjeuner de baguette croustillante. J’ai mal aux fesses, après un repos de 6 jours sans remonter sur ma selle, mais c’est rapidement oublié… nous passons par l’intérieur des terres après avoir salué le Napoléon chevauchant sur les quais de Cherbourg et admiré le château des Ravalets.

Nous empruntons de petites routes mais ne voyons rien du paysage… ce sont à nouveau des tunnels de verdure , un peu frustrant non? Le soleil est là et nous apprécions l’ombre bienfaisante des arbres…puis nous atteignons à nouveau la côte où s’étendent de grandes zones agricoles, ils ont moissonné en partie leur récolte mais il reste encore beaucoup de cultures sur pieds… ça n’a pas dû être facile avec ce mauvais temps! Nous croisons de petits tracteurs avec des employés qui sont affairés à planter…

Et nous retrouvons le rivage et la mer si bleue… nous décidons de nous arrêter là ce soir, à Barfleur, un joli petit village côtier avec son port que nous découvrons à marée basse. Une courte baignade pour moi alors que Yves recherche l’ombre de l’arbre trônant au centre du terrain de camping😅

Vendredi 13. Nous partons de bonne heure ce matin après s’être fait un bon bircher pour se donner des forces. Un magnifique ciel s’offre à nous sur la mer…

A Saint-Vaast-la-Hougue, nous découvrons des parcs à huîtres à marée basse et retrouvons les « bateaux-roues » comme en Bretagne… pause café au port où on nous demande notre pass-covid même pour la terrasse, notre voisin de table nous dit que c’est effectif depuis deux jours.

Un peu au milieu de nulle part…le Manoir d’Aumeville-Lestre, entouré d’un plan d’eau recouvert d’algues fluorescentes 🤭

Nous poursuivons notre chemin jusqu’au bord de mer où s’étendent de vastes zones de marais…

Puis nous arrivons dans la région des plages du débarquement de Normandie, endroit très touristique avec l’exploitation de nombreux musées de toutes sortes, de monuments commémoratifs…

Nous circulons entre de grandes étendues de pâturages et retrouvons les troupeaux de vaches.

A un moment donné nous devons passer une « embûche pour cycliste » 😅🥺🤭… à croire qu’ils ne souhaitent pas la présence de cyclistes largement chargés de sacoches . Nous devons faire une manœuvre délicate à deux pour ressortir nos montures. C’est là qu’arrive un couple de personnes âgées à vélo, des gens du coin avec qui nous discutons un moment. Monsieur tout content de nous parler de cette période de la guerre qui a très fortement marqué toute la population locale. Chaque famille a été touchée par des décès, des amputations, des accidents aussi après la guerre dûs aux munitions égarées dans la nature… sa femme s’impatiente et finit par gagner leur départ…

Nous longeons le canal qui relie la Manche à Carentan , et l’autoroute passe au dessous du canal 🤪… nous faisons halte au camping de cette petite ville et avons la chance d’assister à un concert de folk chanson française par un musicien ambulant qui nous dit avoir parcouru les campings tout l’été . Très joli moment…

Samedi 14. Départ de Carentan après avoir avalé un bon bircher, ça ça nous tient bien au ventre et nous donne de l’énergie pour le début de journée 😋. Nous devons emprunter la nationale jusqu’à Isigny-sur-mer, mais il n’y a pas trop de trafic. Nous nous arrêtons boire un café sur la place du village, puis nous longeons le canal de la Vire sur un petit chemin chaotique qui nous offre de très beaux paysages, les goélands cherchent des petits vers sur les berges à marée basse. De l’autre côté se succèdent de nombreux petits étangs privés au bord desquels sont affairés des pêcheurs. Puis nous nous trouvons rapidement au milieu de nulle part… dans l’estuaire qui s’étant à perte de vue … nous retrouvons une route goudronnée après plusieurs kilomètres. Nous croisons à nouveaux des cyclorandonneurs, qui sont beaucoup plus nombreux qu’en Irlande! Et des cyclistes locaux.

A partir de Grandcamp-Maisy l’itinéraire emprunte une magnifique voie verte toute récente qui surplombe les falaises et mène à la pointe du Hoc, site de commémoration du débarquement très touristique.

Puis nous plongeons sur le bord de mer à Port-en-Bessin-Huppin, un phare moderne trône au milieu des cultures… c’est une petite ville portuaire très touristique. Il fait super chaud, nous décidons de nous arrêter dans un petit camping La Prairie où le gérant très sympa nous donne un emplacement bien ombragé où nous plantons la tente pour deux nuits. Nous sommes un peu ko …la chaleur? Fatigue et maux de tête … nous sommes peut-être déshydratés, n’ayant pas suffisamment bu aujourd’hui? Une fois le campement installé, rafraîchis par une bonne douche et requinqués par un nescafé , nous descendons au port et faisons un bain de foule avant de remonter avec nos courses pour le souper…

Dimanche 15. Ça fait du bien de pouvoir se reposer un peu le matin et ne pas avoir à plier la tente…nous savourons ce répit à sa juste valeur. Le ciel est tout gris et le vent d’ouest souffle fort. Nous sommes contents d’avoir opté pour une journée repos aujourd’hui lorsque nous voyons le trafic infernal en allant faire nos courses au village… nous sommes le jour de la fête de l’Assomption, commémoration de la mort de la Vierge Marie , et il y a un de ces mondes dans la rue… et des voitures partout garées sur les trottoirs et dans les rues.

Lundi 16. La tente est mouillée au réveil, il a plu cette nuit… le vent n’a pas faibli, il vient du nord-ouest, c’est bien pour une fois, nous l’aurons dans le dos ce qui facilitera grandement notre effort! « Le vent est ton ami, mais quand tu l’as dans le dos, c’est vraiment un super ami », comme nous le rappelle notre cher ami et cycliste invétéré Philippe 🤩😉🌬💨. L’itinéraire nous conduit un peu à l’intérieur des terres pour commencer la journée avant de rejoindre la côte au niveau d’Arromanches-les-Bains, où se trouvent les vestiges du port de Winston Churchill, un port préfabriqué posé par les alliés juste après le débarquement de Normandie …

Nous longeons le front de mer sur une piste cyclable sur la Gold Beach où se dressent toutes sortes de belles maisons de styles très différents …

Pause sandwichs devant un poste de sauvetage, vous voyez comme le vent est fort 🤭😅💨🌬…

A Ouistreham se trouve un port pour les Brittany Ferries menant à Portsmouth en Angleterre. Il n’y a pas de pont pour traverser le canal de l’Orne, nous devons donc le longer sur 7 km avant de trouver un pont-levis qui s’enclenche justement alors que nous finissons notre pause café au petit bistrot d’en face…impressionnant!

C’est le Pegasus Bridge « le pont de la Paix entre les peuples » dont voici l’histoire…

Nous attendons un bon moment avant de pouvoir traverser. Deux voiliers passent sous le pont qui est à la verticale . Cela provoque quelques bouchons au niveau du trafic routier 😅

Et nous remontons la rivière naturelle cette fois jusqu’à une zone de marais dans l’estuaire où se trouve la Maison de la Nature, un très bel endroit qui nous invite à faire une petite pause…

Nous atteignons la mer qui est bien agitée avec ce vent… ce qui fait le grand bonheur des kite surfeurs !

nous trouvons un petit camping juste avant Cabourg. Le ciel se recouvre et nous avons soudain froid🤭😩 la polaire, le gilet en plume et la veste, ainsi que pantalons chaussettes et baskets qu’on n’avait pas encore remis depuis l’Irlande… nos voisins sont un couple de français qui dorment dans leur Citroën Berlingot, ils avaient prévus de faire le tour de Normandie à vélo, mais comme ils ne sont pas vaccinés, ils ont dû se rabattre sur le « voiture-camping » et dormir dans un camping quand le pass-vaccinal n’est pas demandé, sinon ils dorment sur des parkings…ils ne peuvent même pas aller boire un café, on ne parle même pas de manger au restaurant… ils admirent nos vélos et leurs sacoches et ça les fait rêver.

Mardi 17. Un magnifique papillon de nuit à fait escale sur la toile de notre tente et ne veut pas la quitter…avec le recul ( j’écris le blog mercredi soir…) est-ce un signe pour moi qu’il faudrait prendre les événements de la journée qui s’annonce avec légèreté? Parce que nous avons une grosse étape à affronter avec le passage du Pont de Normandie, dont plusieurs cyclistes nous ont parlé 😅🥺😩…et la traversée du port du Havre et de la ville pour continuer sur la côte. Le ciel se dégage ce matin, nous traversons Cabourg et ses quartiers de belles bâtisses .

Nous longeons la rivière Dives pour aller chercher un pont et la traverser au niveau de Dives-sur-Mer où nous découvrons deux drôles de bestioles qui broutent au bord du chemin … ce sont des chameaux, appartenant au cirque Ritz qui a monté son chapiteau à côté de la piste cyclable. Un beau rayon de soleil éclaire le banc de sable doré à l’embouchure de la rivière de la rivière qui sépare Cabourg de Houlgate …

Où nous nous arrêtons pour déjeuner 😉. De l’autre côté du trottoir une belle rose me fait coucou, dans le jardin d’une vieille maison en restauration 🌹… nous grimpons sur la colline, la pente est si raide que nous devons mettre pied à terre…comme nos vélos sont lourds😱

Nous redescendons sur Villers-sur-Mer où une créature préhistorique trône sur la place face à la mer 😉🦕

Nous traversons Deauville , très touristique et huppée où se succèdent de très grandes et magnifiques maisons, l’hippodrome, le casino…qui côtoie les bateaux de pêche, mais ce ne sont sûrement pas les pêcheurs qui viennent jouer au black-jack…

Il faut de nouveau grimper…sur la colline de Trouville-sur-Mer d’où nous avons une belle vue sur les toits du bord de mer… et où nous devons nous mettre à l’abri de la pluie qui s’est soudainement mise à tomber…

Nous descendons à nouveau, cette fois sur Villerville, d’où nous apercevons le Havre et ses grandes cheminées, les grues du port… tout ça n’est pas trop bucolique ni excitant! Jean Gabin et Belmondo ont tourné une scène du film « Un singe en Hiver » dans une rue de cette petite bourgade du bord de mer.

Nous débouchons sur Honfleur …et sommes éberlués par le monde qui circule dans les rues et les terrasses qui sont bondées. Nous ne nous arrêtons pas, juste une photo de ces belles maisons caractéristiques sur le port, qui font tout le charme de Honfleur…

Et après quelques difficultés pour trouver le chemin cyclable qui amène au Pont de Normandie, le voilà qui apparaît devant nous au loin. Il est vraiment impressionnant et très long, il fait plus de 2 km! Mes appréhensions vont rapidement se justifier… c’est donc l’autoroute qui passe dessus, avec une piste cyclable d’un mètre de large directement au contact de la voie autoroutière, et une piste piétonne de 80 cm protégée par un tout petit muret. Yves décide de rester sur le vélo et part devant, mais moi j’ai trop peur de me faire déporter par le vent qui souffle très fort, je suis déstabilisée par le souffle des camions qui nous frôlent, par le vertige lorsque je regarde en bas… je pousse donc mon vélo, et la pente est importante…on monte de 80 m sur un kilomètre, mais la descente ne sera pas triste non plus! Je suis au bord des larmes, toute seule avec la boule au ventre à avancer mètre par mètre, comme ça me semble long, interminable…j’aurai encore préféré faire le détour de deux jours qui nous fait passer beaucoup plus au sud dans les terres. Mais voilà, nous y sommes, il faut affronter ses peurs et avancer, il n’y a pas d’autre choix. Courage Martine! Arrivée en bas de l’autre côté après bien 30 minutes, Yves est là pour me réconforter…

Seconde épreuve du jour, la traversée du port du Havre et la ville elle même… au début il y a une piste cyclable d’où l’on aperçoit la réserve naturelle de l’estuaire de la Seine, mais après on roule à côté des innombrables camions qui viennent déposer ou rechercher des containers… quelle joie! Et ce qu’on pense être une piste cyclable est en fait…un cul de sac!😂😅 Des grues en quantité pour un énorme chantier dont on ignore le but. Puis enfin une voie cyclable qui nous emmène hors de la circulation pour un bref moment de répit, et nous profitons de nous poser au bord du chenal pour déguster des chouquettes en compagnie d’une famille de cygnes 😉🦢🦢🦢

Puis nous reprenons notre route avec courage et traversons l’autoroute puis les voies de chemin de fer, puis Le Havre sur des pistes cyclables. Et ça remonte car toute cette côte depuis ici est formée de falaises de 80 m de haut, avec des vallées transversales où coulent des rivières qui se jettent dans la Manche, et des petites villes portuaires. Donc il faut chaque fois redescendre et remonter. Ce sont de véritables montagnes russes… nous restons sur le plateau et traversons des cultures de poireaux, de céréales, de betteraves à sucre. Des centaines de rouleaux de paille jonchent les prés moissonnés. Nous empruntons des petites routes peu fréquentées jusqu’à Saint-Jouin-Bruneval, où nous nous arrêtons dans une boulangerie qui vend des … Burgers. Ils sont les bienvenus pour nous redonner un peu d’énergie et pour nous réchauffer, nous sommes transis par ce fort vent d’ouest que nous avons heureusement la plupart du temps dans le dos. Nous arrivons au camping du Grand Hameau à 18 h. Il y a un coin pour les randonneurs avec table de pic nic abritée, électricité à disposition avec un robinet. Une famille avec 4 enfants arrive à vélo à 19 h. Ce sont des Belges, et madame nous raconte leurs mésaventures pour traverser le pont de Normandie…ils ont une fille de 15 ans, donc autonome à vélo, un petit de 2 ans dans une charrette et une sorte de barre de traction avec deux chaises pour les enfants de 4 et 9 ans accrochés au vélo de madame. Le grand pédale aussi … quel équipage ! Ils ont aussi dû pousser les vélos sur la bande piétonne, les petits étaient terrorisés par les camions, et ils ont dû à la fin emprunter encore deux fois des escaliers pour passer au dessus de l’autoroute (ce que nous n’avons pas eu à faire puisque avant le péage nous avons repris la piste cyclable en imaginant qu’il y aurait des escaliers pour les piétons…) ils ont donc dû décrocher les charrettes et porter un à un tous les véhicules 😱…

Mercredi 18. Après avoir plié la tente nous déjeunons au camping avec les croissants commandés la veille et un bon café servi par le tenancier qui va partir travailler ailleurs à 9h30…sa femme et lui ont un job à côté et s’occupent encore de nettoyer les sanitaires entre midi et une heure. Et petite restauration le soir dans leur buvette. Chapeau ! Nous suivons des petites routes dans la forêt en essayant d’éviter de devoir redescendre chaque fois des falaises au bord de la mer et remonter. Nous traversons de beaux endroits à l’intérieur des terres, c’est varié tant au niveau du dénivelé, des couleurs, des courbes et des formes…

A la hauteur de Fécamp, nous découvrons une piste cyclable qui pourrait nous mener par l’intérieur des terres jusqu’à Pourville, bourgade avant Dieppe… tout en évitant la côte et toutes ces vallées perpendiculaires à traverser😅. C’est une ancienne voie ferrée, elle s’appelle la Véloroute du Lin. Elle est super bien aménagée avec des arrêts pic nic avec tables et grandes chaises relax, et elle longe une petite vallée bordée d’étangs et ensuite elle grimpe sur une colline mais tout gentiment pour redescendre sur Cany-Barville où nous nous arrêtons au camping municipal pour y passer la nuit.

On avait acheté sur le trajet des gambas congelées et nous faisons des pâtes avec un curry-gambas-poivrons du tonnerre pour nous remettre d’aplomb🤪

Jeudi 19. Il a plu la nuit passé, la tente est bien mouillée, difficile de la faire sécher avant de partir… on verra ce soir s’il y a du soleil! Nous nous arrêtons pour déjeuner au centre ville, et comme il n’y a pas de croissants au bar, nous acceptons un cookie maison, ce que nous allons vite regretter! 10 euros pour deux cafés et deux cookies, tout secs et bourratifs à souhait qu’on n’a pas pu manger en une fois…ils nous serviront de dessert et de goûter 😂😅. Avec tout ça nous nous trompons de chemin et suivons les panneaux d’un autre itinéraire qui va nous conduire…au bord de mer, alors que nous pensions nous diriger au sud ouest, nous sommes allés au Nord… pas de soleil pour nous diriger car le ciel est tout couvert.

Nous arrivons donc à Veulettes-sur-Mer, une petite station balnéaire entourée de belles falaises. Quelques jeunes en combi Néoprène sont perplexes devant la mer agitée sur laquelle ils doivent mettre à l’eau des catamarans… sinon très peu de monde. Un fort vent d’ouest souffle toujours, et nous l’avons dans le dos👍…quelle chance!

nous grimpons à nouveau la bosse pour nous retrouver en haut des falaises avec un magnifique point de vue sur la petite vallée par laquelle nous sommes arrivés …

Nous passons à côté d’un site nucléaire d’EDF à Conteville, et ce n’est pas enchanteur comme pourrait le suggérer là nom de la bourgade… des contes de fées plutôt radioactifs ☢️🥺! Il y a des hautes clôtures barbelées sur un immense terrain, et de grands parkings occupés par de nombreux véhicules, ça doit être un gros employeur pour les gens de la région. Mais ce n’est pas une centrale nucléaire comme nous avons en Suisse avec les cheminées , mais des réacteurs à eau pressurisée… après avoir bien pédalé sur le plateau nous redescendons sur Saint-Valery-en-Caux où nous croisons des cyclorandonneurs qui peinent en montant avec le vent de face…nous on a vraiment de la chance 🍀

Nous atteignons Veules-les-Roses vers midi, une magnifique petite ville très typique et très touristique où malheureusement les voitures peuvent circuler dans les ruelles bien étroites et où se presse beaucoup de monde…ah, en France, la Voiture est loin d’être recalée ! Ils pourraient pourtant valoriser le patrimoine en mettant des parkings en dehors de la bourgade et les gens iraient à pied, ce serait bien plus agréable 😉 ici coule le « fleuve le plus court de France »😂 avec ses 1100 m de longueur… qui fait tourner une roue à aube et se jette dans la Manche. De magnifiques falaises encadrent la plage de galets, mais le « fleuve » qui se nomme la Veules, n’est pas assez grand pour y mettre un port😉 nous mangeons nos sandwichs sur la jetée.

Nous poursuivons notre route en remontant à nouveau sur l’intérieur, nous croisons un randonneur à pied avec un énorme sac à dos . L’itinéraire ici doit être moins varié que celui qui passe sur les côtes bretonnes…

Encore une descente sur Pourville-sur-Mer , nous nous arrêtons dans la montée au niveau du point de vue sur les falaises… trois jeunes motards nous dépassent à fond dans les virages de la route qui serpente sur quelques centaines de mètres… plusieurs fois à la montée puis la descente, puis ils se postent dans le virage pour faire des photos chacun à leur tour😂

Et c’est la fin de journée, descente sur Dieppe dans les bouchons…puis stop dans la vieille ville pour boire un délicieux schweppes agrumes bien frais 😋

Et poursuivre jusqu’au premier camping qu’on trouve, à Barneval-le-Grand. Il a de bons commentaires sur Google, mise à part un ou deux qui mentionnent des sanitaires sales…nous demandons une place pour deux nuits. Je vois une affiche qui stipule que toute nuitée payée ne peut être remboursée…ce qui en général n’augure rien de bon… nous avons une place randonneur sur un terrain en bordure de forêt qui sert aussi de place de jeux pour les enfants avec un château gonflable, dont on nous demande de ne pas s’installer trop près. Il y a juste une petite tente. Ce camping est relativement petit, il y a plutôt des bungalows. Quand nous découvrons les sanitaires, nous comprenons l’affiche plantée sur le devant du bureau 😱🤭😩… des toiles d’araignées comme dans les galetas des granges…des insectes morts s’accumulant dans les lavabos condamnés par des banderoles pour respecter les distances prescrites…des taches brunes sur le sol qui est poussiéreux au possible, ils n’ont pas dû faire le ménage depuis des semaines!!! Nous installons la tente qui est encore très humide et qu’on ne peut pas sécher correctement car il commence à pleuvoir…donc pas de possibilité de se faire un repas chaud. Heureusement nous avons acheté des yaourts dans une petite épicerie, qui nous feront un bon bircher agrémenté de banane, pêche, céréales et fruits secs…

Vendredi 20. La nuit fut agitée, un couple sur les hauteurs du camping a crié et s’est bagarré au beau milieu de la nuit. Je n’ai pas pu me rendormir et j’ai lu un moment sur ma liseuse mais après j’ai fait des cauchemars… le temps s’améliore au cours de la journée, après lessive, repas chaud( ratatouille et polenta) et avoir coupé les cheveux à mon cher mari , nous montons au village avec nos vélos tout légers pour manger des moules frites😋

J 82 – 89 3 – 10 août

Mardi 3. Nous plions la tente de bonne heure car nous avons une grosse étape de 90 km pour atteindre le camping de Clifden … nous avons de la chance, il ne pleut pas, mais il fait bien frais, tenue longue et veste-bonnet pour la première partie du trajet. Nous longeons le golfe de Galway sur la route de la côte où le trafic est important. Nous entrons dans le Connemara où l’équipe féminine d’aviron est à l’honneur, elles doivent être originaires de la région. Il y a des drapeaux irlandais partout avec de grandes affiches où trônent les quatre sportives avec les couleurs olympiques.

Nous bifurquons en direction du Nord-Est à l’intérieur des terres où nous attendent de magnifiques points de vues sur des petits lacs ou des bras de mers s’ouvrant sur des lacs qui jouent avec les marées… qui doivent être des fjords, et où des teintes brunes et ocres recouvrent les rochers leur donnant un relief particulier. C’est le pays de la tourbe , nous découvrons qu’elle est exploitée comme combustible de chauffage. Les irlandais se chaufferaient encore actuellement avec ce combustible artisanal. Nous sommes arrêtés sur un petit chemin agricole pour manger nos sandwichs lorsqu’arrive un gars sur un quad. Yves lui ouvre le portail qui fermait le parc devant lequel nous dînions et il entame la discussion, nous demandant si nous cherchons à camper ici… qu’il a un magnifique endroit un peu plus loin pour poser la tente. Dommage, nous serions bien restés mais nous avons encore de la route à parcourir…Nous avons un chouette échange avec cet agriculteur, artisan du bois à ses heures, il nous montre des photos de ses œuvres sur son téléphone ainsi que des couchers de soleil sur les Twelve Peaks que sont les petites montagnes au loin. Il nous dit qu’il extrait la tourbe pour son chauffage.

En poursuivant notre chemin, nous découvrons quantité de monticules de briques de tourbe séchant au bord de la route, et des hommes les chargeant dans des remorques… ce plateau est incroyable, on a l’impression d’être au bout du monde…il me fait penser à la Mongolie et on ne serait pas surpris de voir débouler des cavaliers à toute allure! Ce parc National du Connemara est très sauvage, et inhabité, des moutons colorés dans d’immenses enclos, ou parfois au bord de la route en petit groupe, ils se sont échappé et ont pris la poudre d’escampette. Ils sont peints en rouge et bleu, en bleu fluo, en rouge… est-ce pour différencier les troupeaux entre eux ou pour les rendre visibles sur la route…ou les deux à la fois? Il y a souvent une sentinelle postée sur un rocher qui surveille ses congénères, ils nous appellent lorsque nous arrivons à leur hauteur. Et nous les saluons joyeusement 😉

Et ne vous méprenez pas…ceci n’est pas un camp de base au Mont Everest 😂… mais des sacs plastiques remplis de briquettes de tourbe.

Après une belle descente, nous arrivons au camping de Clifden qui se situe à 2 km de la petite ville bien touristique, plus à l’intérieur des terres dans les collines. Il est très joli, bien arborisé et sur un terrain vallonné …on nous attribue une magnifique place sous un immense et majestueux pin. Le soleil est de retour et nous mettons nos affaires humide de la nuit précédente à sécher…

Mercredi 4. Nous allons vérifier auprès de l’accueil s’ils avaient bien relevé que nous restions deux nuits, car nous n’avons payé que 28 euros…et mince alors! Ce n’était que pour une nuit, et deux familles vont venir s’installer sur notre place aujourd’hui… heureusement ils peuvent nous en proposer une autre, nous déménageons donc la tente en la transportant telle quelle avec nos matelas et sacs de couchages à l’intérieur , comme une petite tortue 🐢 ! Deux familles de poules tournicotent autour des tentes, je leur donne les pelures de carotte que je suis en train de préparer , les brunes et les noires les mangent alors que les beiges à pattes plumées font les difficiles 😂

Puis il se met à pleuvoir…encore de la pluie, tout l’après midi. Nous avons pris la décision de quitter l’Irlande avec un ferry le 10 août, départ de Dublin jusqu’à Cherbourg. Nous avons beaucoup aimé les paysages que nous avons découvert au cours de ces deux semaines en Irlande, mais les conditions pour rouler sont parfois difficiles quand nous sommes sur des routes très fréquentées, la météo de ces derniers jours et ce qu’ils annoncent pour la suite nous ont fait réfléchir… et l’Ecosse que nous avions prévu de faire à la suite de l’Irlande nous pensons la parcourir l’année prochaine en redescendant du Cap Nord. Nous réservons donc le ferry pour la traversée sur la France et nous ferons les côtes de Normandie, Belgique et Pays Bas pour ensuite suivre le Rhin jusqu’en Suisse. Mais nous nous cassons la tête pour faire la réservation d’un billet de train pour rejoindre Dublin par le site des trains irlandais, impossible de faire valoir nos cartes de crédit. Ils doivent avoir un problème … on verra demain à la gare de Westport qui est la prochaine étape.

Petite accalmie le soir où nous commandons une pizza au food truck installé à l’entrée du camping. De bonnes odeurs titillent nos narines depuis le milieu de l’après midi car notre emplacement se trouve juste au dessus de la roulotte. Nous nous régalons avec de délicieuses pizzas cuites au feu de bois par un jeune couple qui nous explique avoir perdu leur job à cause de la pandémie…ils ont décidé de se lancer dans ce projet de pizzeria et ont construit une jolie roulotte en bois. Ils sont là 5 jours par semaine et ça marche du tonnerre! Les habitants de Clifden viennent chercher leurs pizzas aussi. En tout cas nous on les a dégustées ! Une petite balade dans les alentours en attendant la préparation de notre commande, mais c’est pas facile de trouver un chemin…il y a partout des portails, des barrières … pour le bétail, les promeneurs n’ont d’autre choix que de rester sur la route.

Jeudi 5. Il a plu des trombes d’eau cette nuit, avec des rafales de vent impressionnantes…la tente vibrait dans tous les sens. Et ce matin, c’est la première fois que nos matelas sont mouillés, l’eau a transpercé le tapis de sol, à cause du vent sûrement, qui l’a poussée sous la tente. Nous plions le campement sous une petite pluie. Je ne suis pas en forme, nauséeuse et mal de crâne tenace…je me force pour avaler une banane, après ça va un peu mieux. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, hypoglycémie? Nous nous équipons pour rouler sous la pluie. Quel dommage, cette météo 🥲😩🥺… nous allons traverser le Connemara et les montagnes sont dans la brume. Une accalmie, on se déshabille… puis soudain, il se met à pleuvoir des seilles, on s’abrite sous les arbres sur le chemin menant à une maison pour pouvoir renfiler nos vestes. La propriétaire sort de chez elle et nous propose d’entrer nous mettre à l’abri, mais nous devons avancer, la pluie n’est pas prête de s’arrêter…

Nous passons devant l’Abbaye de Kylemore qui ouvre ses portes , nous en profitons pour faire quelques photos. C’est un magnifique site, au bord d’un petit lac. On aperçoit quantités de petits torrents courant le long des flancs de la montagne, engorgés par toutes ces précipitations…

Nous roulons sous la pluie, sur la N56 qui serpente entre de nombreux lacs et petites montagnes. Mais malheureusement on a l’impression de passer à côté de beaucoup de beaux paysages, cachés dans les brumes s’accrochant au relief tels des voiles légers.

C’est important de garder le sourire malgré ces conditions difficiles 😅

Et au milieu de nulle part se dresse une drôle d’église avec une injonction inscrite sur le mur du parking… « Stop and Pray » Nous on s’arrête pour boire un peu car il faut s’hydrater aussi de l’intérieur, même s’il pleut des seilles…

Nous redescendons sur le fjord de Killary qui s’avance dans les terres sur une quinzaine de kilomètres. On aperçoit la mer au loin.

Au fond du fjord se dévoilent ces belles teintes ocres des algues à marée basse, où s’affairent les goélands …

Nous cherchons un endroit pour nous arrêter afin de calmer nos estomacs qui crient famine et nos jambes qui flageolent 🤪… c’est tout de même un comble de ne pas pouvoir s’arrêter pour grignoter dans une si belle nature, car tout est fermé…clôturé, « portaillé », inaccessible. Mais finalement nous attend une place ouverte en bord de route et de rivière…un torrent tumultueux qui descend de la montagne. Nous pouvons nous déshabiller et mettre nos habits à sécher au soleil qui est revenu un instant☀️🌦

Pas pour longtemps malheureusement, nous devons vite déchanter car le ciel est à nouveau très menaçant dans la direction où nous allons… je pense qu’il nous faudrait remettre nos pantalons, mais Yves maintient que ce n’est juste qu’un petit nuage de rien du tout…qui nous trempera jusqu’aux os, on se met à l’abri d’une station d’essence pour reprendre notre souffle!

A Westport nous cherchons la gare pour prendre notre billet de train pour demain. Il y a 5 trains par jour pour Dublin, et le système ferroviaire irlandais est construit en étoile autour de la capitale. Toujours impossible de prendre un titre de transport, ni par internet, ni à l’automat… mais nous avons un ange gardien qui nous vient en aide alors que nous nous désespérions. Les guichets étaient fermés, mais un employé sort d’un bureau et nous lui demandons de l’aide. Très compréhensif devant notre désarroi , il nous dit que lui aussi alors qu’il voyageait au Pérou il s’était trouvé dans une galère avec une carte de crédit non acceptée… Finalement il nous propose de prendre le billet avec sa carte de crédit personnelle et nous lui donnons l’argent cash! Comme c’est compliqué!!!

Nous arrivons au camping de Westport où tout est inondé…il y a de grosses flaques d’eau et le terrain est spongieux et boueux…on trouve une place sur un terrain un peu en hauteur sous des arbres et plus ou moins épargné par les inondations. Nous sommes bénis, un rayon de soleil apparaît et nous permet de mettre sécher toutes nos affaires. Nous sommes bien reconnaissants de cette aubaine.

Vendredi 6. Réveil à 5h30. Il a plu encore des quantités impressionnantes la nuit passé. Mais les arbres nous ont permis d’être un peu épargnés. On plie la tente dégoulinante, on enlève les quelques limaces qui l’ont colonisée…et on quitte le camping pour la gare. Nous avons le train à 7h15. C’est super il est déjà là puisque c’est le terminus… nous nous renseignons où nous devons nous mettre, nous avions dû faire une réservation pour la place des vélos, mais c’est gratuit. Il y a quatre places par train…une fois que les réservations sont complètes on ne peut plus voyager avec ce train là. Et nous voilà partis… pour 3h15 de voyage.

Le train se remplit au fur et à mesure qu’on entre dans les terres. La pluie nous accompagne mais arrivés à Dublin elle cesse. YOUPIE! On tente le coup d’aller voir à l’hôtel si on peut au moins déposer les vélos et les bagages en attendant le Check-in prévu à 15h… arrivés à 11h à l’ hôtel Affordable by Altido, la réceptionniste nous donne le passe 😃 quelle chance! C’est tout un complexe de bâtiments avec une cour intérieure sympa, des arbres et des bancs, des locaux communs mais indisponibles et ce moment à cause du Covid… ces chambres sont habituellement loués par des étudiants et très souvent indisponibles sur Booking, mais comme nous sommes en période de vacances nous avons eu l’opportunité d’y séjourner 4 jours pour 260 frs… bon, c’est tout petit et basique, mais propre, avec salle de bain et plein de place pour ranger nos affaires. Et nous sommes à l’abri et au sec.

Après une bonne douche chaude et un moment de repos sur un bon lit, nous mettons à sécher les différentes toiles de tente dans la salle de bain et sortons toutes nos affaires des sacoches qui sont quand même humides même si elles sont étanches. Et nous sortons nous balader dans Dublin… les rues sont bien animées, c’est très cosmopolite, les maisons sont colorées et personnalisées par des fresques, des décorations originales, des statues ou de la végétation… la rue des pubs et des bars, Temple Bar est trop sympa… des terrasses abritées par de grands parasols qui servent ici plutôt de parapluie 😅 c’est joyeux et plein de vie. On a la dalle, on s’arrête dans un burger, le GBK « Gourmet Burger King » produits locaux, en face du MacDo…la concurrence. On nous demande nos pass-vaccinaux et nos pièces d’identité, ainsi que notre numéro de téléphone. Et on avale un bon burger avec des frites et une bière locale, miam, comme ça fait du bien après tout ce stress…

Puis nous cherchons un shop où acheter une paire de lunette à soleil (peut-être que ça le titillera et il arrêtera de faire semblant d’être timide! ☀️) car Yves a perdu les siennes hier, sûrement en installant notre campement un peu dans la précipitation, elles ont dû tomber …dans la boue😩 Nous entrons dans un centre commercial très old school dans le même genre que celui de Galway, trop rigolo 😁 quantité de petites boutiques, de bonbons multicolores, de glaces à l’italienne d’où se dégagent des odeurs appétissantes de cornets gaufrés faits sur place pour attirer le client, de petits cafés…

Samedi 7. Journée maussade, il pleut et de fortes rafales font danser les arbustes sous nos fenêtres… nous avons super bien dormi, c’est un quartier calme, on n’entend pas de voitures, des sirènes parfois. Nous flânons un peu dans notre petite cabane, toutes nos affaires sont bien sèches à présent. Je dois faire une « révision » de mon matelas, car les boudins gonflables se sont tordus sur eux-mêmes et il a une drôle de forme. J’entreprends de le démonter et désolidariser les différentes parties, ce qui me demande bien de la patience et du temps, mais je crois que j’ai réussi…on verra la prochaine nuit où je le déballerai 🤪 Écriture du blog, recherche de nouveaux itinéraires. Lecture…Puis nous sortons prendre le tram jusqu’au centre ville. Que de monde dans les rues, nous croisons beaucoup de mendiants qui font la manche, un gobelet de carton dans les mains, d’autres dorment à même le sol dans l’embrasure de magasins fermés. Il y a même des tentes installées sous des avant-toits 🥲🥺 et des super-héros prêts à voler au secours de personnes en danger… mais qui ne voient malheureusement pas qui sont les nécessiteux!

En fin d’après midi, affamés car nous n’avons pas avalé grand chose de la journée, nous partons à la recherche d’un bistro où manger à l’abri car il se remet à pleuvoir… ils sont déjà complets si nous n’avons pas de réservation! Finalement nous trouvons un italien qui accepte avec joie de nous placer à l’intérieur puisque nous avons le pass-covid… la terrasse sous les parasols est pleine mais ce sésame nous ouvre quand même des portes.Nous nous régalons avec des pâtes fraîches maison et un bon pichet de Primitivo.

Dimanche 8. Comme c’est bien de se réveiller dans un lit confortable et entendre le clapotis de la pluie sur les feuilles des arbres derrière notre fenêtre. Nous attendons le début de l’après midi que le ciel s’ouvre pour sortir nous balader dans le Phœnix parc, Peoples Garden où des petits groupes de mouettes, goélands, corbeaux et pigeons guettent les éventuels restes de pic-nic des passants ou des amateurs de sieste sur gazon😉 … c’est un chouette parc joliment fleuri où poussent de magnifiques arbres.

En bordure du parc se trouve le bâtiment de la Cour Criminelle de Justice. Un immeuble vitré imposant, dans lequel il serait préférable d’éviter de mettre les pieds…

Nous repartons au centre ville à pied, qui est à 6 km de là, et le soleil est de retour, quel plaisir de revoir du ciel bleu. Pour un dimanche, les commerces sont quasiment tous ouverts et les gens font du shopping, boivent des bières entre amis, ou dégustent des macarons Ladurée en sirotant un café dans un gobelet en carton…des bandes de jeunes filles en mini jupes rigolent joyeusement. Des groupes de jeunes hommes qui rivalisent d’originalité…ils sont tous coiffés comme les Peaky-Blinders 😂 Des chanteurs amateurs se produisent dans les rues, ce qui donne une légèreté bienvenue et une ambiance d’insouciance retrouvée comme avant la pandémie… ça fait du bien à l’âme.

A votre SANTÉ 😁🍻!

Lundi 9. Le ciel est toujours gris, ils ont annoncé de la pluie toute la journée, mais finalement il ne tombera que quelques gouttes lorsque nous sortons de la résidence pour marcher jusqu’au Jardin Botanique… nous nous arrêtons dans le Phœnix Parc pour manger notre pic-nic. C’est trop drôle, nous observons la rencontre de quatre personnes promenant leur chien…elles se tiennent à distance respectable l’une de l’autre, tout en observant le comportement de leurs animaux…par contre les chiens, eux, n’ont rien à faire du Covid et s’amusent comme des fous! La route est longue jusqu’au jardin, nous traversons des quartiers populaires, des voisinages de petites maisons de briques rouges appondues les unes aux autres, avec chacune un petit jardinet de 4m2 et très différemment arrangé selon les endroits. Parfois en friche, d’autres fois juste du gravillon, parfois très joliment fleuri…

et après 7 km de marche, nous arrivons à destination. Yves est un peu grognon, trouvant que c’est interminable, et je suis un peu sur les dents en espérant que la visite prévue sera à la hauteur de l’effort fourni 😅 sinon gare à moi, je vais me farcir des reproches pendant un moment! Mais cet endroit est magique… nous sommes tout de suite conquis par la beauté et la diversité de cette flore. Nous parcourons les chemins sous les feuillus de toutes sortes ainsi que des résineux magnifiques… et facile de s’y abriter lorsque le ciel décide de postillonner à intervalles réguliers 😂. Des fleurs de toutes les couleurs, des arbustes, des plantes grasses. Et de grandes verrières qui malheureusement ne sont pas accessibles à cause du Covid. Il y a même une petite maison traditionnelle moyenâgeuse avec le toit en chaume…trop beau.

Et voici un panel de quelques écorces qui m’ont fascinées…

Et de fleurs…si belles…

C’est un endroit qui incite à la contemplation, un havre de paix… dont profitent un petit écureuil et un héron qui nous font le plaisir d’une apparition éclair 😍

Puis retour au centre ville toujours à pied pour prendre une bonne bière sur Temple Bar, et grignoter des ChickenWings BBQ…

Mardi 10. Nous quittons notre petite chambre après avoir remis toutes nos affaires dans nos sacoches et retrouvé nos vélos toujours à leur place et entiers… il parait qu’à Dublin les gens n’achètent que des vélos d’occasion car le vol est monnaie courante ici! Et nous allons nous poser un moment dans le Phénix Parc en compagnie des mouettes et du ☀️…

Et nous prenons la piste cyclable le long de la rivière Liffrey jusqu’au quartier des banques où nous buvons un bon café italien et mangeons un panini sur une terrasse.

Nous avons prévu de la marge pour arriver au port, qui nous semble être au bout du monde. C’est immense, des grues et de containers partout, des camions qui viennent décharger leurs remorques… enfin arrivés à destination, on s’annonce au Check-in pour les passagers à pieds, mais ce n’est pas encore le moment. Ensuite, ils ont un problème pour imprimer les cartes d’embarquement et le pass pour la cabine. Nous devons patienter encore 45 min… et enfin 30 min avant l’heure prévue du départ ils nous fournissent les documents et on peut embarquer. Le navire est plus moderne que le Brittany Ferry de l’aller. Nous sommes très étonnés et enchantés de notre cabine…avec une fenêtre! Ce qui change tout au niveau du sentiment d’oppression.😅 La mer est bien plus calme qu’à l’aller où nous avions essuyé une tempête. Mais une fois en pleine mer, on ressent quand même le roulis…

Et voilà une étape de notre voyage qui se termine… très belle expérience dans ce magnifique pays qui nous a dévoilé son côté mélancolique de par la météo un peu humide et bien grise par moments… des paysages très variés et expressifs de par la Nature luxuriante et colorée, les troupeaux de moutons, de vaches et même d’ânes croisés au bord des routes qui nous ont conduit sur les montagnes ou le long des côtes et dans la campagne. Les échanges sympas avec certains irlandais rencontrés au gré du vent et avec qui nous avons pu parler malgré notre anglais un peu maladroit 😅 mais l’accent chez certains est très difficile à comprendre! La musique jouée dans les rues par de jeunes musiciens, c’est très chouette, mais nous n’avons pas eu l’occasion d’écouter de musique irlandaise dans les pubs, avec le Covid qui restreint certainement encore beaucoup la vie sociétale… MERCI l’Irlande pour ces merveilleux moments de découverte, et à une prochaine j’espère!

J 76- J 81 28 juillet au 2 août

Mercredi 28. Nous quittons à regret le parc national de Killarney accompagnés de quelques gouttes de pluie pour plier la tente . Nous empruntons la nationale pour quitter la ville mais rapidement nous trouvons une plus petite route où le soleil joue à cache-cache et nous réchauffe par moments. Il est le bienvenu et sublime les ciels noirs et menaçants au dessus du relief…

Nous finissons par être rattrapés par la pluie, et on se met un moment à l’abri au bord de la route, les gens nous font signe de la main pour nous encourager.

Nous arrivons à Tralee en fin de matinée, le soleil revient, nous trouvons un shop de téléphonie mobile pour racheter un chargeur et juste en face il y a une cour intérieure avec un bar, et un endroit pour parquer nos vélos…ni une ni deux nous voilà entrés et assis à une petite table, sur des chaises Interio identiques à celles que nous avions à la maison 😂. On découvre qu’ils ne servent pas de repas avant midi sonnante, on nous propose un café en attendant. Et nous dégustons notre premier Fish and Chips irlandais avec une grosse bière 🤪…ça va être difficile de repartir!

Un fort vent d’ouest s’est levé et des violentes rafales nous déstabilisent! En repartant nous nous arrêtons pour visiter l’église St.John’s Parish où je découvre un magnifique vitrail …le vitrail de la Réconciliation 😍

Nous poursuivons notre route à travers la campagne et croisons beaucoup de troupeaux de vaches paissants dans les champs…des centaines, que font-ils avec tout ce lait? Parce que la diversité des fromages ce n’est pas le fort des irlandais🤭… et les fermes ne sont pas aussi bucoliques que celles de Suisse! Il y a beaucoup de petites et anciennes bâtisses qu’on dirait désaffectées mais qui semblent encore être utilisées, et pour les gros producteurs, les fermes peuvent être immenses…

Nous arrivons au bord de l’océan après une longue descente mais le camping que nous avions repéré ne prend pas de campeurs…ce sont des mobilhomes et c’est un peu glauque! Nous poursuivons donc jusqu’à Ballyheigue, une petite station balnéaire un peu désuète où c’est la même chose…pas de campeurs acceptés dans le parc des mobilehomes! Finalement nous nous résignons à prendre une chambre dans le seul hôtel de la place, car le B/B est complet. Notre première nuit dans un lit depuis 6 semaines( sans compter celui du Brittany ferry car ce n’était pas un vrai de vrai…) une nuit d’hôtel = une semaine en camping 😅!

Vers 18 h, les familles locales arrivent pour…se baigner! Quels courageux… le vent souffle fort, l’air est vraiment frisquet, et l’eau…je n’ai même pas été mettre un orteil dedans. Pas frileux pour un sou les irlandais 😜

Jeudi 29. Après une excellente nuit nous empaquetons toutes nos affaires, dont la tente mise à sécher dans la salle de bain 😅 et départ avec 3 gouttes de pluie que nous laisserons derrière nous comme nous pédalons trop vite pour elle ha ha ha… direction l’estuaire de la rivière Shannon que nous devons traverser en prenant un bac. Nous sillonnons encore de vastes zones agricoles où des chiens non attachés se ruent vers nous à notre passage, heureusement sans parvenir à nous croquer les mollets ! Dangereux pour eux, ils pourraient se faire shooter par une voiture, comme les nombreux renards, blaireaux, hérissons et corbeaux que nous avons malheureusement découvert au bord de la route… quelle tristesse. Nous sommes aussi révoltés de voir toutes sortes de déchets jonchant le bord des routes, à croire que la Nature est une poubelle et qu’elle a la capacité de recycler le pet, les cannettes et le plastique en un coup de baguette magique!!! Il faut dire que nous n’avons trouvé aucune poubelle publique, ni dans les endroits de pic nic, ni à côté des commerces, mais nous remportons bien sûr nos déchets jusqu’au prochain camping.

Tout au long de la journée nous apercevons des parcs éoliens, mais le vent se lèvera plus tard que hier et sera moins fort. Pour l’instant ces monstres sont figés, tels des géants! Nous découvrons à plusieurs reprises des ruines d’églises et leur cimetière…

Petite pause café dans une épicerie tenue par une charmante dame qui nous dit rêver de découvrir la Suisse .

L’architecture des maisons individuelles n’est pas très variée ni très originale, et elles ressemblent à des maquettes en carton, posées sur un gazon où ne dépasse pas un seul pissenlit ou autre pâquerette…aucune fleur ni arbre, ici pas de travail pour les paysagistes! C’est bien triste ces jardins tout vides…

Nous atteignons Tarbert où nous pouvons embarquer sur le ferry qui arrive justement! Il y en a un toutes les demi heures. Nous quittons le comté de Kerry pour entrer dans le Shannon, en traversant l’estuaire de la rivière Shannon. Et lors de la traversée nous apercevons même un couple de dauphins qui suivent le bateau un instant 😍. Les éoliennes côtoient les centrales à charbon…

Nous suivons la rivière en direction de l’est jusqu’à Labasheeda et nous voyons pour la première fois les écriteaux de l’euro vélo 1! Mais de toute façon nous ne suivons pas cet itinéraire car il ne correspond pas vraiment aux campings dont nous sommes dépendants, on se fait donc nos propres étapes en faisant un mixte avec GoogleMaps et BikeMap.

Nous montons un joli petit béquet jusqu’au camping de Shannon Estuary, un camping à la ferme original tenu par deux gars très sympas, avec différentes petites cabanes et un endroit pour les tentes, avec vue sur l’estuaire. Il se met à pleuvoir lorsque nous préparons notre souper 🥲🥺… les voisins occupant la petite cabane de l’autre côté de la haie vont faire la fiesta jusqu’à 1h du matin et les enfants crier sans aucune gène ni égards pour les autres campeurs!

Vendredi 30. Une fine pluie nous accompagne pour plier la tente, il fait froid ce matin…j’enfile mon pantalon de pluie, Yves n’est pas adepte de ce genre de protection, il dit toujours qu’il est bien en short! Ici en Irlande on oublie de trouver une boulangerie avec de bons petits croissants 😂… les épiceries ouvrent à 9h, nous arrivons juste à temps pour la livraison du pain! …sous cellophane! Nous traversons toujours des régions rurales vallonnées sur une petite route secondaire qui est bien agréable à rouler car peu fréquentée…

Petit arrêt café dans un foodstore à Creegh où nous apercevons sur le comptoir une première page du journal avec la victoire des irlandais aux JO pour l’aviron, le patron du shop est très fier😉. En repartant, nous sommes obligés de nous rhabiller car la pluie est à nouveau là… nous entrons dans le compté de Clare.

Nous retrouvons le bord de l’océan à Quilty où nous mangeons du chedar et du chorizo (seul genre de saucisson que nous avons pu trouver) et nous donnons notre pain sec aux goélands qui sont ravis de se chipoter pour ce maigre butin 😅. Nous suivons la côte jusqu’au Spanish Point, grande plage fréquentée par les écoles de surf et les baigneurs courageux… le vent d’ouest souffle très fort et de violentes rafales nous déstabilisent . Le soleil revient, nous aurons eu tous les temps aujourd’hui!

Petite pause à Lahinch, station touristique où ça grouille de monde… là aussi les gens s’en donnent à cœur joie pour se baigner et surfer. Ou savourer des glaces ou des frites…

Puis nous montons par une petite route, la Burren old route qui nous paraît sans fin, à cause du vent, du dénivelé pour passer un petit col à 170 m et la fatigue de l’étape de la journée… oh que c’est dur, mais on a l’impression d’être au bout du monde, c’est sauvage, quelques maisons isolées…

Et enfin nous apercevons l’autre côté du contrefort…avec une vue plongeante et magnifique sur Doolin, et des descentes à 15% selon les écriteaux mais qui doivent être bien plus pentues! Circuler à vélo dans le sens contraire aurait été tout simplement impensable…

Nous arrivons au Nagle ´s camping après 16 h et sommes bien soulagés, après concertation avec le responsable, qu’on nous accorde une place pour deux nuits. Il y a beaucoup de monde, c’est le départ des bateaux pour aller visiter les îles Aran et les Cliffs of Moher, ces célèbres falaises où a été tourné un des épisodes d’Harry Potter… il faut ruser contre le vent pour monter la tente😂…

Dimanche 31. Petite grasse matinée, comme ça fait du bien 🤩. Nous avions commandé des croissants et une baguette, sans trop d’espoir sur la qualité de ces friandises, mais nous avons été ravis de prendre ce petit déjeuner français délicieux… la journée commence bien! Nous allons réserver des billets pour l’excursion en bateau pour les Cliffs of Moher. Il y a aussi des offres pour aller sur les îles Aran. Quel monde… et on a l’impression que les irlandais ont complètement oublié le Covid… nous attendons 45 minutes avant de pouvoir embarquer mais avons la chance de trouver une place sur le pont supérieur. Le ciel est bien gris, mais un rayon de lumière nous donne un peu d’espoir… le bateau longe les falaises, mais à distance. Elles sont impressionnantes, 200 mètres de haut. On aperçoit la grotte de Harry Potter, mais malheureusement le capitaine ne nous embarque pas jusqu’à l’intérieur 🥺…

Nous allons manger un fish and chips (encore me direz-vous…mais c’est super bon, un filet de cabillaud bien croustillant😜 avec purée de petits pois et frites!) à Doolin, il y a beaucoup de monde…dans le premier pub on nous refuse car pas de réservation faite, mais un peu plus bas au bord de la rivière nous trouvons un joli petit bar The Ivy Cottage où on nous propose une table sur une terrasse très sympa. Nous sommes servis par une fille belge qui nous parle … en français 😉

Dimanche 1er août. Nous nous levons de bonne heure car une grande étape nous attend encore et nous avons voulu réserver le prochain camping mais ils ne prennent pas de réservation…les premiers arrivés sont les premiers servis et il faut se dépêcher! Donc départ à 7h habillés en long et chaussettes(pour la première fois…) et le bonnet sur la tête, la température est fraîche, 10 degrés je pense! Mais une fois qu’on pédale, on se réchauffe vite. Nous traversons l’intérieur des terres pour rejoindre la baie de Galway, en évitant la route de la côte car nous sommes dimanche et à voir le monde qu’il y avait hier aux Cliffs, nous préférons être tranquilles… et nous suivons l’itinéraire de l’eurovélo qui emprunte de petites routes, le tracé est bien vallonné pour parcourir le parc national du Burren . Des pâturages délimités par des murs de pierres à perte de vue qui ont été édifiés au cours des siècles pour libérer les terres de leurs roches et permettre au bétail de pâturer plus facilement. Elles ont aussi été utilisées comme matériel de construction. « L’Irlande est principalement une île rocheuse composée de calcaire carbonifère formé il y a environ 370 millions d’années. A cette époque elle faisait partie d’une mer peu profonde entre deux masses terrestres qui soulevèrent une partie du fond marin au dessus du niveau de la mer, qui devint plus tard l’Irlande, et sur des millions d’années, la boue se transforma en un calcaire dur. »

Pour atteindre le sommet de ce vaste plateau, la route plonge tout d’abord au fond d’une dépression pour remonter une pente de passé 15% 😱 et nous sommes obligés de poser pied à terre et de pousser nos montures, qui prennent un poids énorme au fur et à mesure de l’inclinaison très importante du terrain! Plusieurs pauses sont nécessaires pour reprendre notre souffle, mais au sommet nous entrons dans un autre paysage, quelques petites falaises dominent des pâturages où paissent des vaches et des moutons… quelques fermes et maisons isolées…un cimetière avec son église en ruine… nous sommes confrontés à un fort vent qui balaie ces hautes terres. Les murs nous protègent de ses assauts et sont de bons boucliers!

Après quelques kilomètres parcourus sur ce plateau se dévoile un étrange et fascinant paysage lunaire… un immense pavement rocheux parsemé de crevasses et de fissures, aux courbes douces, avec l’océan au loin… pour un 1er août, ce « clin d’œil calcaire » à notre cher jura tombe à pic😉

Nous devons rejoindre la nationale qui longe la côte jusqu’à Galway, il y a beaucoup de trafic, nous avons fait le bon choix de passer par les montagnes, même si ce fut difficile, ça en valait largement la peine… ça bouchonne dans la ville de Galway, nous devons la traverser pour atteindre le camping de Salthill . Nous y resterons deux nuits car la pluie est annoncée pour demain…

Lundi 2. La pluie nous garde au chaud dans la tente jusqu’à 10h, ensuite nous allons nous abriter dans le local de cuisine commun pour déjeuner et flâner … des familles irlandaises y viennent griller leurs saucisses et leurs eggs and bacon les uns après les autres, nous empestons la friture au bout d’un moment😩… une fois la pluie ayant donné tout son quota du jour, nous prenons le bus jusqu’à Galway où nous flânons dans le quartier latin, très sympa, après avoir mis les pieds dans le centre commercial très old school, où les enfants peuvent encore rêver de faire tomber « une boule à 10 » dans leur menotte et la déguster avec délice 🤪

les rues sont bien animées , les gens prennent l’apéro sur les terrasses. Nous trouvons une place à l’extérieur d’une trattoria et dévorons d’excellents raviolis aux épinards et ricotta faits maison.

Petite promenade du soir le long de la baie avec une magnifique lumière du soleil couchant… nous apercevons au loin les montagnes de calcaire du Burren, et nous découvrons un spot où les baigneurs locaux pleins de courage se rafraîchissent avant d’aller dormir d’un sommeil paisible . Il y a même un panneau avec des conseils pour les baignades en hiver, ce qui semble être une habitude ici !!!

L’IRLANDE

J 71- 75 23- 27 juillet De Cork à Killarney

Vendredi 23. Nous plions la tente en fin de matinée avant la pluie et nous quittons ce bel endroit où nous avons passé une semaine avant de reprendre notre aventure dans un nouveau pays…l’Irlande que nous nous réjouissons de découvrir! Nous arrivons rapidement à Roscoff et la pluie nous y accueille. Il faudra trouver des astuces pour se mettre à l’abri en attendant le départ du ferry prévu à 22h15! Nous mangeons nos dernières moules-frites bretonnes. Le serveur nous dit qu’avant le Covid il y avait 3 bateaux anglais en provenance de Playmouth quotidiennement et 2 hebdo depuis l’Irlande, mais actuellement ils ne reçoivent plus qu’un anglais par jour et un irlandais par semaine…ce qui a fait chuter grandement leurs revenus! Ensuite une accalmie nous permet de visiter le vieux port et la vieille ville très pittoresque .

Et la pluie reprend de plus belle, nous pouvons nous arrêter pour un moment dans une crêperie où nous nous régalons et apprécions à sa juste valeur la chance d’être à l’abri de la tempête qui s’annonce…de fortes rafales secouent la toile de la terrasse sous laquelle se pressent les touristes trempés!

Nous devons finalement nous résigner à quitter ce petit havre de tranquillité pour rejoindre la gare maritime sous la pluie. Nous nous présentons au guichet de Brittany Ferries où tout semble en ordre au niveau des papiers…ouf, je suis soulagée! Nous avons cinq heures à patienter. Nous pouvons être à l’abri dans la gare. Nous rencontrons un jeune irlandais à vélo qui rentre chez lui passer l’été, car il vit a Bordeaux depuis cinq ans. Jonas est très sympa et il parle bien le français. Nous patienterons avec lui dans la file d’embarquement. C’est très long car il y a deux passages de contrôle des documents. Je pense que ça a pris une heure, heureusement la pluie a fait un break…

Nous rejoignons notre cabine c’est un vrai labyrinthe 😅…il ne faut pas être claustrophobe, je ressens une bouffée d’angoisse en pensant à un naufrage éventuel , pour sortir de là ça ne serait pas des plus faciles! Nous sommes au fond de la cale donc pour rejoindre le pont et les canots de sauvetage… c’est tout petit mais propre, et dormir dans un vrai lit après cinq semaines de matelas pneumatique ça va faire du bien à mon dos qui se rappelle à moi aujourd’hui 😩, peut-être le manque d’activité sportive? Nous montons sur le pont, le ciel est noir et la tempête s’annonce! Le vent souffle fort. Nous sentons la houle une fois que le ferry est parti, ça tangue fort! On a l’impression d’être complètement saoul! on boit une bière devant un spectacle de magie😉 mais moins poétique que ce que faisait il y’a quelques années mon mari chéri pour les enfants des colos!

Samedi 24. Nous voilà arrivés en Irlande, le ferry entre dans l’estuaire de Cork. Nous longeons la côte et la petite ville de Cobh au bord de l’eau offre un magnifique panorama de bienvenue avec ses maisons de toutes les couleurs😍…

Nous quittons le ferry dans les premiers et passons le contrôle douanier, tout est en ordre. Ils nous demandent de contrôler nos bagages avec le chien…on a l’air de trafiquants de drogue🤭🥺😂? Le chien a senti quelque chose, Yves doit ouvrir son sac à dos…c’est son porte-monnaie, mais il n’y a que quelques billets d’euros, les douaniers sont très sympas. Ils nous laissent repartir. Les filles à vélo après nous se font aussi contrôler alors que Jonas peut passer sans autres. Il propose de nous accompagner jusqu’à Cork où il va prendre le train pour rejoindre sa maman. Trop sympa, on se laisse guider, merci beaucoup cher Jonas, et peut-être à plus tard quelque part vers Galway😉. Nous trouvons un chouette camping près de Blarney. Il y a beaucoup d’irlandais. Les enfants jouent au foot sur le grand terrain à côté de nous … on est toujours sur une place près des enfants, à croire qu’Yves à la nostalgie de leur compagnie 😂

Dimanche 25. Départ matinal à 6h30, ils annoncent encore plus chaud aujourd’hui… les Irlandais nous disent qu’ils sont un peu sous le choc de ces températures tropicales! La tente est très mouillée, pas de pluie mais d’humidité. Nous empruntons une petite route pour rattraper l’itinéraire et l’euro vélo 1 et nous longeons une grande propriété où il est spécifié « no shooting » …on se demande d’abord si ça concerne l’appareil photo, dans ce cas nous serions hors la loi😅 mais c’est sûrement une histoire de chasse… le paysage est très joli, et vallonné, nous montons puis redescendons. Nous nous arrêtons dans une station d’essence pour prendre un café à l’emporter et des sandwichs, nos premiers pic nics irlandais… il y a même la possibilité de laver son linge ici, en grande quantité! Des bus à deux étages c’est impressionnant 🤪

L’itinéraire de l’eurovélo n’est pas du tout balisé, il n’y a aucun écriteau. Heureusement que nous avons le GPS et l’application Bikemap pour nous orienter. Nous longeons des pâturages, des cultures de céréales, de maïs. Nous circulons dans une petite vallée entourée de chaîne de colline de chaque côté.

Pose au soleil car il n’y a trop d’ombre, en compagnie d’une drôle de petite vache 🐄. Les sandwichs ne sont pas si mauvais que ça…

Après nous prenons une route plus importante, la R585 où il y a beaucoup de trafic. Ici les routes sont souvent en mauvais état, il y a régulièrement des trous et il faut être bien attentif de regarder sa route plutôt que le paysage! Ce qui, vous l’aurez compris me frustre un peu 😂 On aperçoit des petites montagnes au loin qu’on devra gravir pour passer un col à 200 et quelques mètres… les irlandais roulent vite mais en général font attention aux cyclistes et attendent d’avoir une visibilité suffisante pour nous doubler. Nous sommes sous le soleil de midi pour monter, c’est difficile, mais heureusement que nous sommes partis de bonne heure. Des centaines de moutons paissent tranquillement dans ces immenses pâturages recouvrants les montagnes. Ils nous saluent en bêlant joyeusement…

Puis la route nous emmène jusqu’à Ballylickey en bord de mer , on remarque au lit de la rivière que c’est marée basse! Nous nous annonçons au camping Eagle Point, un coin magnifique sur une pointe s’avançant dans la baie de Bantry. Il semblerait que le camping est plein, pas au niveau des places disponibles mais au nombres de campeurs autorisés avec la pandémie…mais heureusement on nous accepte quand même, pour une nuit. Nous trouvons une place éloignée avec de l’ombre. Il fait tellement chaud que même le goudron fond, ce qui doit être exceptionnel en Irlande… on récupère gentiment de notre effort, je vais me baigner dans la petite crique, mais il y a plein de méduses pour la plupart mortes, j’arrive à me faufiler entre elles pour me rafraîchir, mais la baignade sera de courte durée…

Le camping est super grand, nous n’avons vu aucun étranger, ce sont beaucoup des familles irlandaises logeant dans d’immenses tentes, toutes du même genre. C’est un endroit idéal pour faire du canoë, la mer est très calme vu que nous sommes dans une crique abritée. Ça doit être super de naviguer entre les îlots. Nous n’avons croisé aucun cyclorandonneur depuis notre arrivée en Irlande mise à part les deux couples présents sur le ferry. On voit s’installer un irlandais à vélo bien chargé et épuisé avec un drôle de casque, plutôt genre spéléo . Belle lumière du soir sur la crique à marée haute…

Lundi 26. Nous levons le camp de bonne heure car nous avons une grosse étape devant nous avec beaucoup de dénivelé dans les montagnes…la toile de tente extérieure est trempée d’humidité. Le ciel est nuageux mais le soleil présent nous accompagne lors de notre ascension par la N71 en direction de Killarney. Nous passons à côté d’un cimetière , ces lieux de repos éternel sont très différents de chez nous, souvent sur des terrains irréguliers et les tombes ne semblent pas « parquées » comme souvent ailleurs… un « mouton old school » juché sur sa voiture nous regarde passer d’un air nonchalant 😂…

La région est très sauvage, quelques maisons isolées, des forêts, des bosquets, des pâturages…différentes teintes de vert. A certains endroits la roche effleure en surface, dévoilant les différentes couches géologiques. Ce périple dans ces montagnes nous rappelle la Corse… la lumière très atténuée par les nombreux nuages ne révèle pas toute la beauté des paysages traversés, hélas les photos ne sont pas aussi belles que je souhaiterais, mais c’est l’ambiance irlandaise😅, et nous sommes aussi soulagés d’un côté de ne pas souffrir de la chaleur comme hier! Ce qui rendrait l’effort du jour plus difficile qu’il ne l’est déjà… mais ces paysages valent tous les efforts du monde🤪…

Longue descente sur Kenmare , la route se faufile à travers des tunnels. Petit stop à Molly Gallivans Cottage, bar et boutique de l’artisanat celtique. Nous goûtons et dégustons nos premiers scones avec confiture et crème fouettée, un délice qui nous requinque pour la prochaine ascension une fois passé la petite ville balnéaire très touristique de Kenmare.

Nous longeons à un moment donné la rivière Sheen et nous arrêtons pour faire une photo…l’eau court entre de gros blocs rocheux et soudain, je me trouve face à une biche qui me regarde, elles sont même deux. Instant magique…

Arrêt pic nic juste avant Kenmare avec vue sur la baie.

Nous montons à nouveau, toujours accompagnés par les jolis encouragements des moutons au bord de la route 🐏🐑. Un peu avant le col, la pluie nous rejoint et restera avec nous jusqu’au soir…

Le paysage est à couper le souffle, nous entrons dans la réserve naturelle de Killarney, que je vous conseille chaleureusement de visiter si vous voyagez en Irlande! Vue imprenable sur les lacs, forêt incroyablement mystérieuse et bouleversante avec ses arbres tortueux qui semblent nous raconter l’Histoire de cet endroit…je ne serais pas étonnée de me trouver nez à nez avec une licorne dans ces sous-bois merveilleux, où des petites fées dansant sur la mousse toute douce recouvrant les gros rochers aux pieds des arbres…j’aurai voulu rester pour m’imprégner de cette énergie formidable. Quel contraste entre toute cette beauté et toutes ces voitures nous doublant sur cette route sinueuse, un choc entre passé et présent, comme si ce présent n’avait pas de sens.

Nous arrivons à Killarney après une journée riche en émotions et en effort physique, 800 m de dénivelé et deux étapes de 80 km en montagne, nous décidons de passer deux nuits ici et de visiter les alentours demain. Nous montons la tente sous la pluie, et allons nous réchauffer avec une bonne douche chaude . Nous allons chercher un resto pour souper mais ils sont complets ou réservés pour les clients des hôtels 🥲… finalement comme la pluie semble se calmer on va s’acheter quelques victuailles dans un shop de la station d’essence près du camping et on se régalera avec du riz et des crevettes au curry.

Mardi 27. Moment de nostalgie pour moi aujourd’hui… notre cadet Samuel fête ses 20 ans et nous sommes si loin, je ne peux pas le serrer dans mes bras pour son anniversaire 🥲… mais nous pensons fort à lui❤️! Le ciel s’est éclairci pendant la nuit et le soleil fait son apparition, ce qui nous permet de mettre sécher les affaires de vélo et les sacoches. Comme d’habitude, nous sommes placés à nouveau à l’endroit où les enfants viennent jouer au foot, et nous sommes les seuls campeurs sous tente… Yves fait le service des vélos et moi le blog, puis départ sur nos vélos pour faire le tour du petit lac . Il y a une location de vélos à la sortie du camping , un garage souterrain d’où sortent des dizaines de vélos pour suivre la voie verte traversant la forêt et longeant le lac.

Que dire de plus que ce que nous racontent ces images… je suis touchée au plus profond de moi par la beauté de cette Nature et de ses arbres séculaires et majestueux qui dégagent une telle ouverture et une énergie dont nous devrions nous inspirer pour protéger et prendre soin de notre Terre… je suis remplie de gratitude de pouvoir vivre sur une si belle planète, mais aussi si triste de savoir comment nous la traitons et ce que nous lui faisons subir…et de quel droit?

J 63 – J 70 15 – 22 juillet

Jeudi 15 départ après avoir mis un bon bircher dans notre estomac et dit au revoir à la famille vaudoise dont la fille cadette était montée aux Grandes Roches et qu’Yves avait reconnue… nous entrons dans le Finistère et remarquons des tentes et camping-cars sur un terrain sauvage au dessus de la mer, avec un panneau qui doit autoriser de s’arrêter aussi la nuit.

Nous découvrons une côte plus sauvage que la côte de granit rose avec des endroits magnifiques, la côte sauvage du Trégor …Loquirec entre autres, petit village sur une pointe dont nous faisons le tour. Pause café dans un petit bistrot du port où s’arrête aussi un couple de cyclistes allemands en tandem avec une charrette… c’est un vrai convoi exceptionnel 🤭. Nous grimpons à nouveau sur la colline et nous arrêtons pour nous déshabiller et mettre de la crème solaire au niveau d’un joli petit transformateur électrique décoré en trompe-l’œil. Juste à côté un gars avec une échelle sur l’épaule nous salue et nous entamons la discussion. Il travaille sur une chouette maison en bois dont il est le concepteur et qu’il a construite lui-même. Il a voulu expérimenter un système d’isolation extrêmement performant avec une couche de gore tex entre-autres laine de verre et structure-bois… il n’y a pas de chauffage mise-à-part un chauffe serviette à la salle de bain et un poêle à mazout portable qu’il a utilisé 2 ou 3 fois lorsqu’il y a une semaine de brouillard en hiver et que la maison ne peut pas être chauffée par le soleil à travers les baies vitrées… Nicolas nous invite à boire un café et nous découvrons un super endroit! Avec un puit de lumière sur le salon qui vient d’une plateforme qui est en fait un …trampoline 😂😁! Il nous explique que ses enfants ont été d’accord qu’il construise leur 3ème maison, mais à condition qu’il y ait un trampoline dedans!!! Nous passons un très chouette moment en sa compagnie avant de reprendre la route.

Notre itinéraire nous conduit toujours sur ces montagnes russes où nous apprécions les descentes avant de remonter sur de bons béquets bien raides… mais le vent nous apportant ces odeurs marines et tonifiantes nous donnent l’énergie pour pédaler, et le paysage plongeant sur la mer bleue et le grand large nous régale…le ciel qui se dégage se confond avec l’horizon. Quelques magnifiques maisons surplombent la mer… c’est un coin où nous viendrions volontiers nous installer, car ce n’est pas touristique comme ce que nous avons déjà vu plus à l’est.

La côte pour remonter du bord de mer sur Plougasnou est vraiment rude, et sous le soleil de midi, on déguste… mais récompense, on déguste ensuite pour de bon un morceau de quiche devant l’église. Le soleil est super chaud, on est KO! Une femme s’avance vers nous vêtue d’une combinaison en polaire noire et traînant un petit caddie. Très gentiment elle nous explique qu’elle a besoin d’argent pour manger, qu’elle est à la rue et n’ayant pas encore l’âge de la retraite n’a plus aucun revenu… elle vit dans sa voiture . Quelle tristesse… cette dame semble cultivée, elle s’intéresse à notre voyage et nous avons un échange sympa. N’importe qui peut se retrouver dans une situation semblable après des histoires de vie éprouvantes… puis c’est l’engrenage duquel il est super difficile de s’extraire. Il semblerait qu’elle est connue dans la région.

Nous redescendons sur la pointe de Primel…splendide. Et nous nous installons au camping municipal qui est pratiquement complet. Il y a beaucoup d’allemands ici. Nous n’avons pas du tout d’ombre! Comment on va tenir le coup? Heureusement il y a un petit havre de fraîcheur sous des pins qui nous permettent de souffler un peu 🥺

Lorsqu’il fait un peu moins chaud, nous partons nous balader sur la pointe de Primel qui donne sur le port du Diben. « Ce site naturel à l’allure défensive sera utilisé comme tel par l’homme qui le fortifiera sur ses parties les plus faibles jusqu’au XX ème siècle. »

Nous profitons de l’ombre bienvenue du bus camping qui se trouve à côté de nous pour faire notre souper, le soleil étant un peu descendu de son perchoir! Il se couche à 22h30 ici…

Vendredi 16. Grasse matinée et lorsque nous mettons le nez dehors on est très étonné de voir la brume recouvrir toute la côte, on la sent même sur la peau…la tente est toute détendue et humide. Nous partons nous promener sur la plage de Primel, quelques baigneurs et de jeunes enfants qui glissent avec joie sur les planches de surf en bois juste sur la fin de la vague qui se retire…et ils sont déjà bien experts! ça nous rappelle nos enfants à leurs âges , petit moment de nostalgie et de beaux souvenirs. Puis le soleil fait son apparition et modifie complètement l’atmosphère…

Lorsque nous regagnons le camping pour préparer notre dîner, le voisin du bus camping dont l’ombre nous a été salvatrice hier🤪 engage la conversation et nous invite à partager leur dîner et à goûter les palourdes et les bigorneaux tout frais de leur pêche d’hier dans la crique… quelle gentillesse et spontanéité! Jean-Pierre et Martine 😉 sont des bretons du Finistère et sont venus voir des amis vivant à Primel-Trégastel. Nous passons un très sympathique moment en leur compagnie … trop sympas ces bretons! Le temps passe si vite que nous sommes déjà en fin d’après-midi et nous repartons nous balader de l’autre côté cette fois et débusquons un super joli coin à l’ombre des pins dans le port…

Et nous finissons par trouver un chouette petit bar sur la terrasse duquel nous buvons une bonne bière…

Samedi 17 nous levons le camp sous un magnifique ciel bleu, la bruine maritime n’est pas revenue ce matin…quelle chance nous avons car si ça avait été le cas, nous n’aurions rien vu des magnifiques paysages qui nous attendent! Départ à 7h30 avec une demi banane dans l’estomac. Bien vite je me retrouve en hypoglycémie, les jambes en coton et plus de jus pour affronter les montées…pas de boulangerie en vue, nous avalons à nouveau une banane, qui est un bon carburant pour les efforts sportifs! Nous descendons sur la baie de Morlaix avec vue sur Carantec et l’île de Callot. Un cheval broute tranquillement au bord de la mer, se rend-il compte de la chance qu’il a d’être dans un si bel endroit 🤭😉?

Arrêt café pour se requinquer… dans un super petit resto qui affiche déjà complet pour midi! Avec vue sur le port et entrepôts de vente d’huîtres. Puis nous longeons la rivière de Dourduff sur un joli petit chemin dans la forêt.

Et nous sommes déjà à Morlaix, entrée dans la ville le long du port et cet impressionnant viaduc de chemin de fer qui passe au dessus de la ville… c’est jour de marché, il y a du monde dans les rues. Nous entendons des manifestants scander des slogans contre les nouvelles mesures sanitaires décidées par Emmanuel Macron, qui semblent peu appréciées par les français…et on les comprend absolument.

ici trois itinéraires se rencontrent…là vélo route de Bretagne, la vélo Maritime (eurovélo 4) et la Vélodyssée (eurovélo 1).

Nous prenons la direction de Saint-Pol de Léon. A Penzé dans un jardin public nous tombons sur deux voyageurs dont l’un est vraiment bien chargé et son vélo a fière allure avec une guitare accrochée sur un des côtés… c’est Yann, un parisien en tournée chant et vélo sur 1600 km, il voyage en itinérance pendant 24 jours et a prévu 12 concerts! Très chouette moment d’échange sur nos expériences respectives. Il est admiratif et envieux de notre projet et nous déclare des « VDI » c’est à dire des VOYAGEURS À DURÉE INDÉTERMINÉE 😂 sympa comme identification, on va garder…Son ami Vincent est venu le rejoindre ce matin en lui faisant une surprise, et d’autres potes doivent arriver ce soir et passer le week-end avec eux. Ce voyage est un super projet, on aurait bien aimé aller l’écouter ce soir mais nous nous arrêtons avant , dommage! Si vous êtes intéressés d’aller voir ce qu’il fait, voici son site: http://www.lautre.xyz Il compose et chante avec sa guitare.

Après ce chaleureux moment nous continuons notre route le long du Penzé qui offre de belles images…le lit de la rivière doit subir aussi les grandes marées qui recouvrent alors ces bancs de sable et la végétation.

Nous passons sur le bord de la baie dans un petit hameau appelé St Yves… où ils cultivent des artichauts.

En début d’après-midi nous arrivons à St-Pol de Léon et sommes enthousiasmés par ce magnifique endroit où nous avons prévu de résider jusqu’au 23 juillet, date de notre départ sur l’Irlande. Nous nous inscrivons au camping Ar Kléguer. Il y a une magnifique piscine avec toboggans, un petit bar et accès à la plage…c’est le grand luxe, sanitaires nickel avec papier we et savon à un endroit. Nous avons une jolie place, un peu en pente mais on va s’en accommoder, qui donne sur la mer, et une petite colline boisée avec de magnifiques pins qui nous apportent de l’ombre en fin d’après-midi et où nous pourrons aller nous réfugier si le soleil est trop fort 😅

Sur la place en dessous de notre tente, je remarque un bus camping avec des plaques valaisannes…en remontant des sanitaires, j’engage la conversation avec le voisin compatriote 😁 et en repartant lui propose qu’on se fasse un apéro… et devinez quoi, on se fait inviter chez eux , mais je suis un peu confuse de recevoir tant de gentillesse de la part de personnes inconnues, hier et encore ce soir…Patrick et Catherine nous ont préparé un délicieux petit souper sur le pouce avec des produits de la région! Algues, homard, artichauts, radis, pommes de terre…on s’est régalé et on a bu un délicieux chardonnay valaisan. Un grand merci à eux pour ce beau moment de partage 🙏…

Dimanche 18. Une belle et chaude journée s’annonce avec une magnifique lumière matinale. La marée est haute, après déjeuner nous allons marcher sur la grande plage où les locaux commencent à arriver pour se baigner. Tout un groupe de dames d’un certain âge papotent en sortant de l’eau, les courageuses ont l’air d’avoir l’habitude de se baigner sûrement tous les jours… « Elle est bonne aujourd’hui, elle doit faire 17°!! » Quoi🥺 pas un tout petit peu plus?… je n’ai pas encore eu l’occasion de me baigner depuis tous ces kilomètres que je trimbale mon maillot de bain!!! Il faut dire qu’il n’est pas trop lourd, mais je compte bien l’utiliser. Yves est plus frileux et c’est rare que j’arrive à l’entraîner dans l’eau. Il se trempe volontiers les pieds, mais en général ça s’arrête là. Nous nous dirigeons vers une petite plage jouxtant le grande, c’est très chouette et il y a personne. Je prends mon courage à deux mains et après avoir pris le temps de « m’acclimater » je finis par plonger dans cette eau froide et vivifiante. Elle est transparente et ondule sous de petites vagues. J’y aperçois des crabes plus ou moins grands, noirs ou clairs qui se balades entre mes pieds, on aperçoit le camping sur sa petite bute depuis la plage.

Lundi 19. Le soleil est toujours au rendez-vous, mais le ciel est légèrement voilé. C’est marrant, beaucoup de gens font l’aller retour le long de la plage en marchant dans l’eau jusqu’aux hanches ou poitrine, ce qui fait une séance de fitness 🤪. Moi je nage, la mer est plus calme. Le soleil est chaud et nous devons chercher l’ombre sous les pins , petite balade jusqu’à la pointe du camping où nous avons une magnifique vue sur Roscoff et sur Carantec. Aujourd’hui je coupe les cheveux à Yves, mais la tondeuse n’est pas chargée suffisamment et nous devons finir après l’avoir fait recharger un moment… ce n’est pas aussi bien que quand c’est notre coiffeuse préférée qui nous les coupe, Manon tu nous manques…😂😘

Nous montons la côte pour aller faire des courses à St Pol de Léon, la ville est bien animée. J’entre dans la cathédrale Saint-Paul-Aurélien et je fais le tour juste avant qu’elle ne ferme ses portes, il y a de très beaux vitraux.

Mardi 20 Magnifique lumière de l’aube …

Et de jour…

Mercredi 21. Aujourd’hui est un grand jour, nous avons rendez-vous avec nos amis Béa et Marc de la Vallée qui sont en vacances en Bretagne et sont à Morlaix avec leurs vélos. C’est génial de retrouver des têtes connues après tout ce temps à côtoyer des étrangers 😉. Nous passons la journée ensemble avec beaucoup de plaisir. L’eau a 17 degré, Béa et moi nous nous baignons un bon moment, une fois dedans, la mer est bonne et on en profite…

Jeudi 22. Nous nous retrouvons à Carantec pour aller visiter l’île de Callot qui est accessible par une route seulement à marée basse. Nous arrivons en retard par ma faute car je n’ai pas eu leur sms pour l’heure du rendez-vous tout de suite, mon téléphone étant sous silencieux, resté dans la tente 😅. On a roulé à toute allure pour les retrouver. L’île est très jolie mais bien fréquentée par les promeneurs… on en fait le tour, il y a une église datant de 500 …

Après cette balade on remonte la colline de Carantec à la recherche d’un petit bistro où casser la croûte , c’est jour de marché, difficile de trouver de la place mais nous parvenons finalement à manger sur une terrasse puis baignade dans une eau encore plus froide qu’hier à 16 degrés… super journée avec les amis qu’on doit quitter en fin d’après-midi 🥲. Un Grand Merci Béa et Marc pour ces moments en votre joyeuse compagnie! Et très bonnes vacances à vous sur vos vélos le long de la côte bretonne.

Demain 23 juillet se termine notre aventure française (1700km) et normalement si tout va bien, nous embarquons à 22h à Roscoff avec la Brittany Ferries pour rejoindre Cork où commencera notre aventure Irlandaise.

J 57- J 62 9-14 juillet

Vendredi 9 Nous prenons le temps de déjeuner au petit bistro du camping pour soutenir la jeune tenancière qui nous prépare une bonne crêpe et on se régale avec baguette beurre confiture et…caramel beurre salé 😍 de quoi nous permettre d’amorcer notre itinéraire « les montagnes russes= côtes d’armor ». Elle propose même des pic-nic à l’emporter pour les randonneurs du GR 34 ou les cyclorandonneurs…très bonnes idées de la demoiselle que nous félicitons et encourageons dans son projet de développement.

Nous arrivons à Binic, petite station balnéaire, et à notre grand étonnement il y a de nombreux gendarmes à moto sur le parking…qui montent la garde pour le Premier Ministre qui boit son café dans le coin… ce que nous explique un monsieur qui nous questionne sur notre voyage. Nous avons très souvent de chouettes échanges avec la population locale qui nous interpelle au coin d’une rue ou d’un banc public où nous prenons une pause. Les Bretons sont très sympas… l’itinéraire nous fait passer sur de petites routes très peu fréquentées au travers de petits hameaux plus bucoliques les uns que les autres avec leurs maisons typiques de pierres sèches et leurs magnifiques jardins intérieurs ornés de toutes sortes d’arbustes en pleine floraisons…dont les célèbres hortensias roses, blancs, bleus ou violets…qui sont mis en valeur par les pierres claires.

Nous descendons sur Le Petit Carihuel, magnifique petite baie entourée de roches donnant sur une belle plage de sable. Un employé communal est en train de balayer et nettoyer les bancs. Il nous dit qu’ils passent le sable au crible pour nettoyer toute la plage. Ils sont en manque de vacanciers et se réjouissent du retour du soleil annoncé pour le 14 juillet… nous en profitons pour boire un petit café sur une jolie terrasse logée dans le sable. Très sympa cet endroit, ils organisent un festival de blues au mois d’août chaque année, mais qui est malheureusement annulé pour la deuxième fois.

Remontée sur les hauteurs, chaque fois environ 70 m de dénivelé puis plongée sur Saint-Quai-Portrieux où les gendarmes sont à nouveau postés le long de la route… peut-être que le Premier Ministre y passe boire l’apéro 😂… c’est jour de marché, nous nous arrêtons pour écouter deux jeunes musiciennes placées devant une maison rigolote « cuccina Italia » et sur la balustrade supérieure se tient un homme qui la repeint en blanc. Attention de ne pas faire tomber le pot de peinture sur les passants!! Au moment de repartir, Yves me dit qu’il aimerait voir le stand des bracelets en pierre…dont nous repartons munis chacun d’un beau cadeau souvenir qui j’espère supportera les aléas du voyage… merci mon chéri😍

Nous remontons sur la route des falaises et poursuivons à l’intérieur des terres en apercevant par moments la mer… le ciel devient à nouveau menaçant mais nous n’aurons que 3 gouttes de pluie aujourd’hui…miracle! Nous achetons un brocoli au bord de la route et nous croisons deux cyclistes assis sur des vélos vraiment originaux avec 3 roues et des panneaux solaires comme toît… mais ça doit être très bizarre de rouler assis, et pas pratique pour prendre les petits single boueux qu’on a dû emprunter par moments…et impossible de monter ces engins dans un train!

A un carrefour, une dame d’un certain âge s’arrête à nos côtés et entame la discussion. Elle a un magnifique vélo électrique et nous dit être sur le chemin pour retrouver une amie avec qui elle marche beaucoup, et qu’elle aurait voulu dans sa jeunesse faire des voyages à vélo et camper comme nous mais que ça ne s’est jamais donné…qu’elle se réjouit pour nous que nous puissions réaliser notre rêve et nous souhaite tout le meilleur 🤩… et finit par dire « quand on s’entend, on peut tout réaliser… » avec de la tristesse dans la voix. « Faites-le et vous avez mille fois raison!!! » Quelle touchante rencontre…

Nous débouchons sur un magnifique point de vue , qui domine Brehec…vue panoramique sur les falaises que la route suivra jusqu’au camping du Cap de Bréhat où nous nous installons pour deux jours. Magnifique camping avec vue plongeante sur la mer et les îles 😍😍😍

Samedi 10 nous avons été bien arrosés cette nuit et il arrête de pleuvoir en milieu de matinée. Nous avons très bien dormi et profité d’une grasse mat…petit café à l’accueil puis journée pépère entre entretien des vélos, blog, étude de l’itinéraire et consultation des dernières infos par rapport à l’épidémie et l’entrée sur la Grande Bretagne ou l’Irlande…quand on cherche à réserver un ferry pour Cork, impossible de faire la transaction! Est-ce un beug informatique ou est-ce qu’ils attendent des instructions pour l’ouverture aux touristes normalement prévue le 19 juillet… peut-être qu’on devra une nouvelle fois modifier notre itinéraire. Il y a toujours la possibilité de suivre la côte atlantique puis passer sur la côte nord de l’Espagne puis le Portugal, ce qui serait aussi très plaisant…on verra, on ne s’énerve pas et on prend les choses comme elles viennent! Nous descendons sur la plage qui est formée d’une multitude de galets de toutes formes et couleurs différente, la marée est basse, on découvre les tables d’ostréiculture mises à nu où s’affairent les cultivateurs, quelques tracteurs sont descendus dans la baie, ainsi que des particuliers avec leur voiture pour accéder à leur bateau et faire de l’entretien…Le soleil fait son apparition par moments et change complètement l’atmosphère et les teintes de la mer que l’on découvre enfin BLEUE…

Dimanche 11, on déroge à notre habitude de rester tranquille et on se met en route de bonne heure car ils annoncent de la pluie en début d’après-midi, pour changer! Nous découvrons un magnifique endroit avant d’arriver à Paimpol , l’Abbaye de Beauport… je suis émerveillée devant ce paysage s’ouvrant à moi au détour du petit chemin descendant depuis l’Abbaye sur la baie, à la lumière du matin. Nous profitons d’un petit banc face à la mer pour manger une banane avec un bon carré de chocolat.

Nous repartons à l’intérieur des terres et traversons des grandes étendues de cultures diverses, dont des artichauts…que nous découvrons pour la première fois. Nous avons encore de belles petites descentes et côtes à remonter😅… et il y a différents gardiens des cultures, sont-ils efficaces? 🤪 Apres une bonne petite montée, nous trouvons au bord de la route une invitation aux cyclistes et randonneurs tout à fait charmante, qui me fait penser à Alice Au Pays Des Merveilles… quelle jolie attention!

L’itinéraire nous emmène sur des chemins plutôt sablonneux, ce qui n’est pas très roulant…et ensuite dans des chemins forestiers très gras, vu la pluie qui est tombée en abondance…et même des petits sentiers pédestres! C’est difficile, et je manque de tomber à plusieurs reprises, déséquilibrée par le poids des bagages…ce n’est pas la même chose qu’à VTT lors de nos sorties dans le Risoud où là je gérais…

Nous arrivons à Louannec dans la baie de Perros-Guirec et nous installons le campement au camping municipal . Nous allons y rester deux nuits pour pouvoir aller découvrir la côte de Granit rose … il y a quelques couples de randonneurs qui font le sentier des douaniers le GR 34, qui doit être magnifique.

Lundi 12 nous enfourchons nos vélos tous légers, sans nos bagages on a l’impression de s’envoler! Et les montées sont bien plus faciles😅 le bord de mer est magnifique, de superbes maisons sont juchées sur les rocs dominant les baies où le soleil aujourd’hui met en valeur les différentes couleurs de la mer.

Nous arrivons à Ploumanac’h, petit village en bord de mer qui siège au milieu d’ étonnantes et énormes roches de granit rose…on se promène entre des géants endormis sur le sentier des douaniers! C’est incroyable, on se dirait dans un décor de cinéma … la lande est splendide sous le soleil qui intensifie le rose de la bruyère! Nous avons vraiment de la chance avec la météo aujourd’hui…

Nous mangeons notre pic-nic assis sur un rocher quand un goéland se pose sur la table près de nos vélos et lorgne sur la sacoche ouverte! Yves se dépêche de descendre pour la refermer… une fois nous nous étions fait chaparder notre déjeuner par un de ces voleurs ailés très friands de croissants!

Nous nous arrêtons au port pour boire un café dans une crêperie… il y a beaucoup de monde mais une table se libère, le serveur nous demande d’attendre qu’il la débarrasse avant de nous installer, ok, nous attendons bien 15 minutes, on hésite à partir quand il nous fait signe enfin qu’il va la libérer… ils ne sont pas trop bien organisés, ils sont pourtant plusieurs à servir. Notre envie de café se transformera en galette et cidre, mais nous attendons passé 30 minutes avant de demander si on nous a oublié, car des clients arrivés bien après nous sont en train de se régaler … oups, la serveuse s’excuse, elle a complètement oublié de passer notre commande! Elle nous offre un autre pichet de cidre et encore deux crêpes sucrées pour le dessert en se confondant en excuses…pas de soucis la rassure-t-on! Ça peut arriver à tout le monde… et nous avons le temps! 😉 Quand nous repartons, la mer est déjà remontée et le grand voilier est dans l’eau …

mardi 13, ce matin départ à 7h30 , ciel gris et bas et vent de face… on se dit « le vent est mon ami… » pour éviter de se le mettre à dos, ha ha ha…alors qu’il serait bien plus avantageux de l’avoir dans le dos! Un couple de randonneurs plie sa tente en même temps que nous. Ils ont des gros sacs et pourtant bien moins de confort que nous n’avons… juste une petite natte et une tente légère, pas de batterie de cuisine, repas au resto. À vélo on peut transporter plus de choses, toute sa maison!… voilà 4 semaines que nous avons quitté la Suisse. Et je me fais la réflexion en passant devant une maison où entre une femme, les bras chargés de ses courses et qui les dépose sur la table de la cuisine… « 4 semaines que nous n’avons pas franchi le pas de porte d’une maison, que nous ne sommes plus entrés dans un chez nous », bien que nous n’ayons plus vraiment de chez nous… mais qu’on n’a plus pu se préparer un café et s’asseoir à la cuisine pour le boire… notre maison, c’est notre tente. Pas de table, pas de cuisine, hi hi… tout se passe dehors concernant les repas…je suis partagée entre le sentiment du manque de ma maison et la liberté que m’apporte justement le fait de ne plus avoir d’attaches !

Nous grimpons sur la colline à nouveau bien chargés de tous nos bagages et c’est plus difficile que hier 😅😜 là, on ne vole plus…après avoir traversé une forêt sur un sentier boueux +++ où j’ai dû poser les pieds par terre et me suis tartinée les sandales et les orteils avec une belle boue noire, nous arrivons dans la crique de Ploumanac’h où nous avions mangé nos crêpes hier. L’ambiance n’est plus la même, il n’y a personne, et surtout le soleil n’est pas au rendez-vous pour mettre en valeur ce magnifique site… je trouve un robinet au niveau du port et peux débarbouiller mes petits petons tous noirs… et petite pause sur les rochers pour admirer et s’imprégner de cet endroit si spécial.

Sur l’itinéraire nous découvrons les mégalithes de Kerguntuil : « Ces monuments en pierre sont des vestiges de l’époque du néolithique final vers 2000 ans av. JC. »

Un peu plus loin nous nous retrouvons face au menhir de Saint Uzec qui fût érigé aux alentours de 5000 ans av JC. Il mesure un peu plus de 7.50m, il est impressionnant et orné de belles gravures. Yves est un nain à côté de lui…nous sommes touchés par ces installations si anciennes et si imposantes, dégageant une immense force…mais comment ont-ils fait pour les ériger, ils sont si massifs et si lourds 🤭🤔

Nous rencontrons un couple de retraités voyageant avec leurs vélos électriques qui ont prévu le tour de Bretagne qui fait 1000 km. Sympathique échange au pied du Menhir…

Nous poursuivons notre chemin au dessus de la plage de Trébeurden, le soleil fait son apparition pour une courte durée mais illumine un magnifique panorama, un ciel bleu et une mer parsemée de petites voiles blanches naviguant joyeusement. Quel plaisir pour les yeux…

En rejoignant l’intérieur des terres, le ciel est à nouveau tout gris et bas… je me retrouve soudain précipitée au pays de Gulliver et des Liliputiens 🤩… prête à cuisiner une tarte à la rhubarbe pour un gentil géant!

Nous recevons la confirmation par téléphone qu’il est bien possible d’embarquer à bord du Brittany Ferries pour Cork le 23 juillet et nous réservons notre cabine pour la traversée sur l’Irlande… c’était très compliqué pour acheter un billet sur le net car il semblait qu’il n’y avait pas de bateau pour cette destination. Je m’étais déjà faite à l’idée que nous continuerions sur l’Atlantique et l’Espagne vars le soleil et la chaleur! Mais non, nous irons quand même vers le Nord. Quelques appréhensions pour ma part alors qu’Yves est super confiant 😉… il nous reste donc 10 jours à passer en Bretagne, ils annoncent plutôt beau, c’est chouette, on pourra peut-être faire des vacances balnéaires 😂…

Nous sommes pris dans la brume maritime en regagnant le bord de mer, c’est une ambiance mystérieuse … nous nous posons au camping municipal Saint Efflam à Plestin les Grèves pour deux nuits.

Nous sommes adossés à la place de jeux qui grouille de bambins, ça crie et ça rigole jusqu’à passé 22 h😅. Ils s’encoublent dans les tendeurs de notre tente en jouant à la couratte … Tranquillou les parents se la coulent douce…et vive le camping, pour les gosses c’est une belle expérience. Ils sont choux ces petits, et disent bonjour la plus part du temps et discutent volontiers… mais parfois entre eux ils ne sont pas tendres…

Mercredi 14, journée tranquille, ciel couvert… lessive, courses, service complet pour les vélos avec décrassage 😜! Et nous allons étudier un peu comment passer ces 10 jours avant l’embarquement pour l’Irlande… nous cuisinons un délicieux risottos aux gambas pour la fête nationale 😋

Petite balade de 4 km sur la plage jusqu’à la mer où nous avons retrouvé le ☀️… l’eau est chaude, car très peu de profondeur!

La Vélomaritime du Mont Saint-Michel à Roscoff

J 53-J 56 5-8 juillet

Départ du Mont Saint-Michel ce matin sous un ciel mitigé…nous passons de la Normandie à la Bretagne en traversant le Couesnon, cette rivière qui délimite les deux Régions. Une légende raconte que le Mont aurait été situé à l’est du Couesnon au IX ème siècle ce qui l’aurait fait breton… mais par la suite attribué à la Normandie! C’est vrai qu’on peut comprendre que d’avoir un tel joyau dans sa région peut apporter beaucoup de fierté et de tunes aussi… quoi qu’il en soit nous avons eu beaucoup de plaisir à le découvrir et repartons la tête pleine de magnifiques images de ce lieu mystique…

Nous roulons sur une voie verte nichée au sommet d’une digue construite au XVIII eme siècle par la Duchesse Anne « elle est un monument historique que les gens du marais ont contribué à façonner au cours des siècles . Ce remarquable ouvrage de 36 km de long a permis la fertilisation du marais et l’implantation des populations vivant au rythme des marées mais aussi marqua le début d’une période de conquête sur la mer par la poldérisation. Les polders ainsi constitués offrent un paysage très spécifique de champs rectilignes bordés de digues plantées de peupliers . Ils sont aujourd’hui cultivés. La qualité des terres permets de développer une activité agricole maraîchère performante: carottes, navets, betteraves…et céréalières. »

Nous apercevons la mer tout au loin à marée basse… et longeons le baie sur des kilomètres.

Nous pensons avoir la berlue lorsque nous apercevons un bateau de pêche avancer sur le sable dans notre direction… ici ils ont des bateaux avec des roues pour pouvoir remonter jusqu’au port à marée basse…et livrer les huîtres et les moules !

Puis nous arrivons dans la baie de Saint Malo avec la pluie… il y a peu de monde sur les quais, c’est beau malgré l’absence du soleil! Belle ambiance bretonne…

Nous traversons la ville et montons sur la colline d’ Alet où se situe le camping. Magnifique point de vue sur la mer et le château de Solidor…

C’est la première fois que nous devons monter la tente sans pouvoir la sécher avant de le faire… la pluie nous accompagne mais finalement on s’en sort pas trop mal et on parvient à se mettre au sec un moment avant de redescendre dans le quartier de la plage des Bas-Sablons où nous marchons un peu avant de dénicher un joli bistrot Le Globe Trotteur où nous nous régalons d’un curry vert de thon rouge et crevettes…miam c’est délicieux! Et pour couronner le tout, un café gourmand, Yves boit le café et moi je déguste les gourmandises 😂 mais je les lui donne à goûter quand même…

Nous remontons au camping juste avant qu’il ne se mette à tomber des trombes d’eau et à souffler en rafales… qu’on est bien à l’abri dans notre petite tente, qui est jusqu’à présent bien robuste et résistante à l’eau et à la force du vent! Il y aura beaucoup de bruit jusqu’à tard dans la nuit…un groupe de jeunes qui font la nouba, mais nous sommes suffisamment fatigués pour dormir comme des loirs…

Mardi…voilà 14 semaines que nous avons quitté la Vallée et tourné la page professionnelle! Presque 100 jours… ça fait drôle, étrange cette appréciation du temps qui passe, car nous avons l’impression d’avoir toujours été sur la Route…Notre vie quotidienne d’avant nous semble déjà si lointaine, une autre époque…révolue. Nous découvrons tant de nouveaux endroits que le fil du temps s’étire comme pour nous permettre d’intégrer ces images… nos préoccupations sont différentes… parfois très terre-à-terre comme se mettre à l’abri avant que toutes nos affaires soient trempées et qu’on ne puisse les faire sécher car le soleil ne sera pas de la partie pendant plusieurs heures…voire plusieurs jours…donc arriver à monter la tente rapidement en évitant qu’elle se mouille à l’intérieur, dégainer agilement la toile extérieure qui colle parfois de toute l’eau accumulée la nuit précédente, glisser les sacoches à l’intérieur et s’installer dans ce petit espace de 2,5 m2 au sec! Victoire! Chercher une épicerie qui soit sur notre route et éviter de faire des kilomètres supplémentaires, et parfois tomber sur leur jour de fermeture. Comble de malchance tous les commerçants de ce coin-là se sont donné le mot pour prendre leur congé hebdomadaire le même jour… faire la chasse aux moustiques dans la tente le soir alors qu’on pensait pouvoir s’endormir tranquillement…puis soigner les piqûres les jours suivants! Soigner aussi nos montures afin qu’elles nous emmènent fidèlement d’un endroit à l’autre chaque jour de notre périple, soit graisser la chaîne, changer la chambre à air et démonter les roues quand un éclat de verre ou une épine de ronce s’est enfilée dans le profil du pneu. Contrôler les freins et les plaquettes de frein, vérifier la « visserie » pour éviter de semer sur le chemin des éléments constituant les vélos… faire le ménage, ça ça me plait 😜 car il suffit de brosser le sol de la tente avec la main et vider les brindilles d’un bon coup de souffle! La vaisselle par contre ce n’est pas toujours top, selon la propreté des sanitaires, là en général, on la fait à deux. Certains campeurs n’ont aucun égard vis-à-vis des suivants et laissent des restes de leur repas dans l’évier…La cuisine, comme vous avez sûrement déjà pu le constater, c’est Yves qui est aux fourneaux maintenant, car le réchaud à essence avec ses grandes flammes pour le mettre en route me fait un peu peur… je fais le manoillon qui prépare les aliments!

D’autres moments sont juste exquis…au petit matin dans la lumière de l’aube croiser les habitants de la forêt, renardeaux, lièvres, biches, faons, écureuils, serpents…et être accompagnés par le chant des oiseaux qui semblent si heureux du jour nouveau qui se lève!…avoir l’impression de faire partie de ce grand Tout qu’est la Nature et vivre à son rythme, être à la merci de la météo, du froid, du chaud, de l’eau et du vent…avoir la chance de porter avec nous tout ce qui est indispensable et pourtant prend si peu de place…dans 4 sacoches et un boudin… être conscient et reconnaissant d’avoir tout ce qu’il nous faut, de pouvoir manger et être autonome, être mobile … ce qui n’est pas donné à tout le monde. Les migrants croisés sur notre chemin au bord de la Loire et dépendants de la soupe populaire car n’ayant aucune ressources nous interpellent. Yves a rencontré un SDF qui léchait les emballages de nourriture dans une poubelle, il n’avait rien sur lui, aucun sac, il semblait parler anglais…mais baragouinait quelque chose d’incompréhensible, Yves est allé lui chercher notre salami et notre morceau de fromage…quelle misère, et nous ne sommes pas dans le tiers-monde…nous avons déjà tous vu cela aux infos ou à la TV mais quand nous sommes confrontés à cette réalité en face à face, ça fait mal…

Bon, arrêtons de philosopher…et reprenons, donc, nous sommes mardi. La nuit a été très agitée par une tempête de vent et de pluie…les sanitaires sont tapissés de feuillages et de branchages arrachés aux arbres voisins.Nous descendons prendre une navette de la compagnie Corsaire ce qui nous évitera de faire un détour de 30 km en contournant l’estuaire de la Rance…elle nous mène en dix minutes à Dinard en face de Saint Malo. Nous sommes les seuls passagers, la mer est plutôt agitée… un rayon de soleil illumine le port à notre arrivée.

Nous empruntons encore une fois un « couloir de verdure » qui suit une ancienne voie ferrée , puis de petites routes de campagne où il y a peu de trafic. Par contre là ça monte et ça descend… nous apercevons la mer au loin au détour du chemin.

Nous redescendons dans la baie de Guildo, la marée est basse et les petits bateaux sont couchés sur le flanc…comme s’ils faisaient la sieste 😉 nous arrivons sous la pluie sur la presqu’île du cap Fréhel et nous nous réfugions sur la terrasse d’une petite crêperie à Plévenon, en attendant que la boucherie-épicerie ouvre afin que nous puissions faire le plein pour notre souper. Nous nous régalons avec une délicieuse galette et un pichet de cidre. Nous sommes bien contents de trouver de quoi nous préparer un bon souper (émincé de bœuf aux poivrons et crème, salami, fromage et yaourts…) mais arrivés au camping du Pont de l’Etang, la pluie reprend de plus belle jusqu’au lendemain… nous avons juste le temps de monter la tente et prendre une bonne douche. Par contre, impossible de cuisiner ce soir…nous pouvons oublier notre bœuf aux poivrons 🥲, heureusement que la température ne risque pas de le faire tourner cette nuit, nous le cuisinerons demain sous condition qu’il y ait un créneau sans pluie… la solution de secours sera un petit bircher et nous sommes bien contents de pouvoir remplir nos estomacs. Il y a beaucoup de monde au camping, pas mal d’allemands et de hollandais mais beaucoup de français aussi. On peut se mettre où on veut, le camping est tellement grand que sous la pluie nous avons eu de la peine à prendre le temps pour dénicher une jolie place et demain nous changerons d’emplacement car celui-ci n’est pas plat et nous allons rester une journée pour aller jusqu’au cap Fréhel.

Il a beaucoup plu cette nuit mais ce matin c’est gris et nous échapperons à la pluie quelques heures. Nous enfourchons nos vélos pour parcourir ce fameux cap qui est très sauvage, des falaises plongent dans la mer, on aperçoit de petites plages au fond des criques que la lande surplombe , de petits chemins pédestres serpentent dans la bruyère rose et jaune…quelles couleurs magnifiques, il manque juste un rayon de soleil pour magnifier tout cela… nous sommes relativement de bonne heure et il n’y a pas encore trop de touristes, c’est juste bien! Par contre ils arrivent lorsque nous quittons le site.

Nous nous arrêtons boire un café dans un petit bistrot tout près du camping et la serveuse, une italienne, nous confie sa fierté et sa joie de soutenir son équipe pour la finale de l’Euro! Elle chante et danse avec son balais en faisant le ménage avant que les clients arrivent…nous décidons de réserver une table pour ce soir et nous régaler avec les moules-frites 😋. Et avant que la pluie ne fasse son retour, nous nous installons sur la table de la place de jeux pour préparer ce fameux boeuf aux poivrons, au milieu des enfants et de deux fans de foot qui s’entraînent pour l’Euro 🤪.

Une fois ce bon dîner dans l’estomac, nous trouvons un autre emplacement pour la tente , qui est plus plat et avec vue sur un petit bout de mer, et nous déménageons…et pouvons nous mettre au sec juste au moment où la pluie se déchaine à nouveau sur notre tête!!!Pour tout l’après midi… nous sommes contents de pouvoir sortir à 19h et aller tester ces délicieuses moules-frites à la crème, au basilic et au curcuma… miam! Et une portion gargantuesque… et pour le dessert, je goûte ce fameux kouign Amann qui m’a été recommandé par mon amie Béa, bretonne pure souche! Je me régale…

Nous avons bien digéré cette grosse marmite de moules, heureusement😅 … nous partons avec le soleil ce matin, quel bonheur, on a l’impression que ça fait si longtemps qu’on n’a pas été réconforté par ses bons rayons matinaux tout doux…Nous descendons sur Sable d’Or les Pins, petite station balnéaire un brin désuète qui nous semble être restée aux années 70… nous traversons des marais où nous croisons des cavaliers. Lors des grandes marées, ils sont immergés. Puis nous remontons pour déboucher sur la baie d’Erquy, ce sont de bonnes petites côtes aujourd’hui que nous devons gravir par la force de nos gambettes qui commencent à être bien rôdées…

Nous avons par moments de magnifiques points de vue sur la mer et je m’arrête souvent pour les immortaliser…parfois en mettant à rude épreuve la patience de mon cher et tendre époux 😂😅 mais je suis touchée et interpelée par les couleurs, les formes et les contrastes du paysage… Dans la baie de St-Brieuc nous apercevons des parcs d’ostréiculture où ils cultivent des huîtres…

Nous traversons le Gouessant sur un ancien pont de chemin de fer vertigineux…en contrebas la rivière est gonflée d’eau brune et sale, pleine de mousse blanche. Est-ce les suites des énormes précipitations de la nuit passée? Nous avons croisé une pelleteuse qui retirait des monceaux de boue des caniveaux et qui empêchaient le bon écoulement du surplus qui coulait sur la route. Nous avons des chemins très gras lorsque nous passons dans les forêts, nos pneus glissent dans la boue, c’est chaud!!! Mais par bonheur, pas de casse…

Nous descendons sur St-Brieuc, mais il nous faudra remonter, encore, et descendre et remonter, encore, de vraies montagnes russes… en fin de journée nous aurons fait 750 m de dénivelé positif!

Nous arrivons à Pordic dans un super joli petit camping familial où nous sommes accueillis très chaleureusement, nous vous le recommandons vraiment si vous passez dans la région. Le camping Les Madières… avec piscine et petit resto tenu par la fille du couple qui vient de racheter ce lieu d’accueil qui est un vrai petit paradis, un havre de verdure composé de nombreuses essences d’arbustes , de fleurs et de grands arbres, un endroit très calme loin des routes bruyantes…Monsieur nous explique qu’il va installer des abris pour les randonneurs et les cyclistes pour cuisiner à l’abri en cas de pluie, chouette, nous le confortons dans son projet! Il nous permet de nous installer sur la terrasse d’une tente pour y préparer notre repas car il commence à pleuviner…

J43 – J47 25 – 29 juin fin de l’itinéraire de la Loire à vélo

Aujourd’hui on va visiter le château de Chambord, je me réjouis… nous quittons le camping à 7h . Le ciel s’éclaircit vite. Le chemin passe sur une sorte de digue dont le fond est complètement pavé, nous apprenons qu’il y a beaucoup d’anciennes voies romaines dans le coin, c’était peut-être ça… au fil de l’eau il y a quelques embarcations amarrées sur le fleuve, c’est très beau.

Nous arrivons dans le domaine de Chambord peu après l’ouverture, il n’y a encore que peu de monde heureusement. Le château est grandiose, de nombreuses petites et grandes tourelles travaillées se découpent dans le ciel , on se croirait dans un conte de fées…

Au centre se trouve le fameux escalier à double révolution qui pourrait être l’œuvre de Léonard de Vinci… « Une des plus curieuses et des plus remarquables choses de la maison est le degré, fait d’une manière qu’une personne peut monter et une autre descendre sans qu’elles se rencontrent, bien qu’elles se voient. » Mémoires de Mlle de Montpensior, XVIIème siècle.

Les appartements sont somptueux, le mobilier, les tentures flottantes permettant d’habiller les murs et de les isoler du froid et de l’humidité, les plafonds travaillés et sculptés…

Les parties réservées au personnel telles les minuscules chambres de bonnes ou les cuisines sont bien plus modestes…

Et nous montons sur la terrasse donnant sur les toits d’où nous pouvons admirer les jardins et les tours…

En quittant ce monde somptueux, à quelques kilomètres de là, nous découvrons un magnifique petit endroit au bord d’un ruisseau qui serait plus en accord avec nos valeurs … petit clin d’œil à Manoé , Mathias et Romain 😉

C’est une journée de tous les contrastes… nous passons des ambiances richissimes et somptueuses aux visions actuelles d’exploitation humaine légalisée avec des travailleurs étrangers accroupis dans les champs à récolter des légumes… puis notre chemin nous fait traverser un coin où l’on distribue la soupe populaire aux migrants et aux personnes SDF, et qui cinquante mètres plus loin, passe à côté d’un meeting politique de droite … on en voit des choses à vélo…

Nous passons la nuit à Chaumont où nous rencontrons deux couples qui sont en canoé et nous expliquent faire des étapes de 20-30 km par jour et que c’est la bonne période pour descendre la Loire car en août il n’y a plus assez d’eau. Des vols de montgolfière sont organisés ce soir au village, des nacelles pouvant accueillir une quinzaine de personnes…

Nous quittons le camping sous la pluie après avoir pu tout ranger au sec… nous arrivons à Amboise par les hauts et surplombons la ville, petite descente bien raide pour se retrouver dans la circulation et l’agitation touristique. Un arrêt café délicieux sur une petite terrasse à l’abri de la pluie, si bon qu’on en prendra un deuxième avec croissant avant de reprendre la route plein d’énergie.

Nous remontons sur les hauteurs à Lussault-sur-Loire où les maisons sont adossées à de petites parois rocheuses qui doivent être d’anciennes mines, des caves y sont creusées, c’est très pittoresque… nous traversons des vignobles et des champs de tournesols, mais qui sont encore loin de la floraison.

En arrivant à Tours, Yves crève sa roue avant…heureusement qu’il a l’option mécano-vélo , c’est réparé en un tour de main! Un petit éclat de verre bien tranchant planté dans le pneu. Il nous faut trouver un magasin de vélo pour racheter deux chambres à air. Yves avait déjà dû changer la chambre à air arrière il y a deux jours car la valve fuyait. Après avoir savouré un délicieux sandwich devant la cathédrale, nous débusquons la boutique du Dr Vélo et le patron nous conseille de prendre l’itinéraire de la Vélo Francette d’Angers jusqu’à Caen ce qui serait plus intéressant que de suivre l’eurovélo 6 jusqu’à Nantes… ensuite nous pourrions longer la côte nord de la Bretagne jusqu’à Roscof. Nous allons étudier ce parcours demain lors de notre jour de repos (annoncé comme pluvieux, et comme un dimanche…). Nous nous installons au camping de Savonnières, au bord du Cher, et nous passons la soirée dans un petit parc à écouter un concert de musique irlandaise (pour se mettre au parfum de notre voyage en Irlande… ), à manger des galettes bretonnes et à boire de la bière artisanale locale 🙂 beau programme pour un samedi soir!

Dimanche pluvieux consacré à l’écriture du blog et à l’entretien des vélos, nous avons trouvé une alternative pour se mettre à l’abri pour effectuer ces différentes tâches:-)

Lundi matin départ à 7h , on peut plier la tente au sec avant qu’il ne se remette à pleuvoir…ils annoncent pour midi! Belle ambiance et douce lumière matinale sur le Cher…

Arrêt à la boulangerie de Savonnières, mais porte close pour cause… « d’incendie »… en effet hier soir nous avons entendu les pompiers! Mince alors, pauvre boulanger! Nous poursuivons jusqu’à Villendry et apercevons le château, mais pas de visite pour nous aujourd’hui! Petit stop café ( malheureusement pour nous c’est du jus de chaussette et les croissants ne sont pas cuits! Ils finissent à la poubelle…). Nous empruntons des chemins un peu chaotiques le long du Cher, d’anciennes routes pavées qui ne sont pas très adaptées pour les fesses des cyclistes, hi hi… nous traversons à nouveau une région dont la forêt a été dévastée par une petite tornade, les arbres ont été cassés ou déracinés, et les bûcherons ont dégagé la route il y a peu de temps selon une promeneuse que nous questionnons sur ce sinistre paysage. Il y a dix jours pendant la nuit ça a été terrible dit-elle. En tout cas il n’aurait pas fallu se trouver sur cet itinéraire à ce moment-là, on aurait été écrabouillé!

Un peu plus loin dans la forêt nous apercevons un lièvre qui détale dans les fourrés devant nous puis une biche à la lisière du champ… trop beau 🤩

Nous rejoignons la Loire à Chapelle-sur-Loire, une très jolie et pittoresque bourgade… il ne met à pleuvoir!

Nous nous arrêtons à l’abri d’un séculaire peuplier noir ( il me semble que c’est cela…) qui nous offre sa protection bienveillante pour déguster nos délicieux sandwichs… et nous décidons d’en rester là pour aujourd’hui en ce qui concerne notre étape du jour vu la pluie insistante qui nous tome sur la tête et qui va devenir très très insistante! Nous nous mettons à l’abri au camping de l’Ile Verte à Montsoreau , qui est vraiment top pour les campeurs qui n’ont pas de luxueux camping-car à leur disposition ha ha… une petite cabane est au centre des places réservées aux cyclistes, avec des tables abritées et même possibilité de dormir dedans. On parvient à monter notre campement entre deux grosses averses, youpiiie…

Et on se cuisine un délicieux souper grâce à notre nouvelle poêle, dinde à la crème, courgettes et tomates avec purée mousseline 😜

Après une bonne nuit de sommeil réparateur, nous partons sous un beau ciel bleu, mais qui ne va pas durer très longtemps malheureusement… l’itinéraire nous promène sur les coteaux surplombants la Loire, nous traversons des lieux insolites où les maisons sont en partie creusées dans la roche, des caves de vignerons de toutes sortes, nous roulons au milieu des vignes et des petits villages avec leurs jolies églises datant du XIème siècle… quelques belles petites côtes pour se mettre en jambe et éliminer les restants de fatigue grouillants dans nos mollets!

Puis nous redescendons au niveau de la Loire dans des Troglo…c’est incroyable, féérique, j’adore!

Ensuite c’est Saumur, nous nous arrêtons pour déjeuner sur la place principale, très jolie ville, beaucoup d’étudiants…il y a un lycée technique où de nombreux jeunes se dirigent par groupes. Et nous repassons sur la rive droite et nous roulons sur plusieurs kilomètres sur des chemins boueux …puis voilà la pluie s’invite avec joie!

Mais les nuages nous offrent de magnifiques ciels, des teintes de clair-obscur, qui mettent en valeur les champs de soucis ou de cosmos…une merveille qui vaut bien de passer du temps à enlever la veste puis la remettre pour l’enlever à nouveau…

Aujourd’hui ce n’est pas ma journée! J’ai mon pneu arrière à plat…Yves le regonfle une première fois sous la pluie…mais après quelques kilomètres, c’est à nouveau plat. Il change donc la chambre à air. Et je perds ma casquette, précieuse pour me préserver des insolations ou de la pluie…mince alors! Je suis vénère…

Nous arrivons à Angers qui signifie la fin du parcours de « La Loire à Vélo » pour nous…nous allons prendre direction Nord demain et suivre « la Vélo Francette ». Nous nous installons dans un camping au bord d’un petit lac et le soleil revient! Mais mon pneu arrière est à nouveau à plat!!! Yves démonte à nouveau tout et trouve finalement un tout petit caillou tranchant comme une minuscule dent de requin planté dans le pneu… on se dit qu’il nous faudra les changer tout prochainement lorsqu’on trouve un magasin de vélos et mettre des pneus renforcés avec une bande kévelar à l’intérieur! Car trois crevaisons en 4 jours ça fait un peu beaucoup!

J38-J42 20-24juin

Après cet énorme orage hier soir, nous avons décidé ce matin de rester tranquille car rebelotte…ça va à nouveau être ma fête! Et puis on est dimanche, quoi, jour de repos!!! Nous profitons de l’accalmie pour aller faire des courses et en passant dans le parc en bord du plan d’eau, nous discutons avec un couple de locaux qui nous racontent que le bourgmestre et son épouse qui ont été « initiateurs du projet plan d’eau » reposent sur cette île au milieu du lac et sont en bonne compagnie, une colonie de petits échassiers s’y sont installés il y a deux ans… des aigrettes. Il y a aussi plusieurs oies du Canada qui ont trouvé l’eau à leur goût depuis deux ans parce que le centre thermal de la ville voisine a brûlé et que les eaux chaudes découlant de ces thermes ne se déversent plus dans le lac… la faune reprend ses droits lorsque la pollution diminue.

Nous avons rencontré plusieurs cycle-randonneurs au camping, dont une bretonne qui était allée rendre visite à son fils vivant à Bâle et étant sur le chemin du retour, équipée d’un « Brompton » avec assistance électrique ( clin d’œil à Béa 😉), c’est un vélo pliable avec de petites roues, pas vraiment évident de faire 2500 km avec ça, mais c’est ce qu’elle avait donc, elle l’a fait! On a retrouvé Bernard et Marie avec qui nous avions passé la soirée à Palinges… et deux femmes d’environ 70 ans qui ont déjà bourlingué à travers de monde avec leurs vélos et qui descendaient à Prague cette fois-ci… c’est vraiment chouette de pouvoir échanger avec des passionnés de voyage, c’est bon-enfant et tout simple, ils ne se prennent pas la tête et ne se vantent pas de leurs performances…

Nous partons sur la départementale en direction de Cronat pour éviter un tronçon un peu moins drôle selon les dires de nos voisins… c’est les montagnes russes, une route toute droite, mais qui ne fait que monter puis redescendre, et une quantité de camions nous dépassent, heureusement ils prennent bien leurs distances contrairement à certains automobilistes…

Nous arrivons à Nevers en début d’après midi, et nous nous installons au camping en face de la ville, avec une magnifique vue sur la cathédrale… nous montons le campement et juste après éclate un orage alors que nous pouvons juste nous glisser à l’abri dans notre précieuse petite tente!

Une fois le ciel calmé, nous traversons le pont sur la Loire pour aller flâner dans la vieille ville et visiter cette magnifique cathédrale romane et gothique ( particularité très rare en France paraît-il) qui a été bombardée pendant la deuxième guerre et a dû être reconstruite en partie. De superbes gargouilles surplombent les ruelles, une partie externe de cet édifice a été restauré, et on retrouve cette magnifique pierre claire alors libérée de la pollution accumulée au cours du temps…

Après notre balade dans la vieille ville, nous nous installons dans un petit bistrot turc pour y manger… heureusement qu’on a choisi de se mettre à l’intérieur car très soudainement le ciel nous tombe sur la tête ! Un énorme orage provoque la panique sur les terrasses et les gens courent dans tous les sens pour se mettre à l’abri. Nous parviendrons à rentrer au camping entre deux averses sans se faire tremper, ouf…

Nous sommes accueillis par un troubadour dont la voiture surplombe notre tente et qui chante accompagné par sa guitare et ensuite par son harmonica… mais nous sombrerons rapidement dans un profond sommeil réparateur.

Le réveil sonne à 05.45 mais il pleut… après avoir consulté l’animation radar de météo France nous décidons de nous accorder encore une heure de sommeil et de retarder notre départ … nous parvenons à plier le campement sans se faire rincer, et malgré le ciel bien menaçant toute la journée nous passerons entre les gouttes, quels chanceux!

Nous traversons une région qui a été dévastée par de très violents orages de grêle qui ont saccagé les cultures, cassé des arbres, haché le feuillage des arbres qui recouvre le chemin, cabossé les voitures et brisé les pare-brise!!!

La Loire…tout un poème! Elle est magnifique, sauvage, sinueuse, bordée de longues plages de sable qui changent au gré des courants et de la quantité d’eau qui le charrie et sculpte de beaux tableaux… elle abrite toutes sortes d’oiseaux, cormorans, oies sauvages, hérons, échassiers…

Sur le chemin nous faisons un brin de causette avec deux petites biquettes en liberté qui nous présentent leur troupeau😉…

Nous nous arrêtons à Saint-Satur dans un petit camping au bord de …la Loire! où nous trouvons un abri confortable pour y préparer notre souper😋

Aujourd’hui nous suivons le canal latéral à la Loire, le ciel est toujours très menaçant… et les centrales nucléaires qui se succèdent le long du chemin ne sont pas pour égayer le moral 😅! Nous passons par la suite le long de l’ancien canal latéral qui est fermé à la navigation mais ouvert aux adeptes de la pêche au Black Bass… les algues ont pris le dessus et par endroits recouvrent complètement la surface du canal! Nous apercevons des petits hameaux dont plusieurs bâtisses sont à l’abandon et tombent en ruine, c’est triste… et d’autres dont le toit est très ancien mais semble encore protéger ses habitants des gros orages qui se sont abattus ces derniers jours…

Nous nous arrêtons à Châtillon-sur-Loire pour un petit café bien mérité sur une jolie terrasse à côté d’une écluse.

A Briare, nous traversons la Loire par dessus un Pont Canal magnifique… regardez!

Nous roulons entre les champs de culture de blé, d’orge, de betteraves rouges et d’…asperges, d’après ce que nous avons pu trouver sur le web, ça devrait être ça… Arrêt pic nic à Gien avec vue sur la vieille ville et son pont traversant la Loire.

Fin d’étape à Sully-sur-Loire où nous découvrons un très joli château entouré d’eau…

au camping il y a pas mal de cyclistes ainsi qu’un jeune qui descend la Loire en …paddle!!! Ça ne doit pas être de tout repos… et nous avons la visite d’un adorable petit rouge-gorge qui nous tourne autour, sans crainte, jusqu’à ce qu’il reçoive des miettes de pain dont il se régale puis s’envole vers d’autres rencontres! Nous n’avons finalement pas eu de pluie aujourd’hui, mais ce soir il fait vraiment crû, je ressors pantalons, polaire et gilet, ça faisait longtemps…

Quel jour sommes-nous aujourd’hui? Ah oui… jeudi! Quelle date? Le 24 juin, hier c’était la fête de l’indépendance jurassienne bien sûr! On n’est plus toujours orienté dans le temps 😅🤭🤪 mais on parvient quand même à s’y retrouver encore! Sur notre route nous croisons Cyril, un jeune gars de la région juché sur un étrange engin… un « Giro-roue », ça ressemble à un monocycle mais sans selle! Et électrique avec une autonomie de 150 km… il nous raconte qu’il va faire 2000 km début juillet , aller jusqu’à l’Atlantique puis redescendre sur la Méditerranée et remonter par la viaRhona jusque chez lui! Tout ça en autonomie avec un sac à dos de 15 kg, camping sauvage et recharge de sa batterie dans des endroits de fortune tels que des cimetières, les églises, les marchés, les bistrots… rigolo le gars et enthousiaste! Il nous parle d’un type qui a fait le tour du monde avec cet engin! Nous on préfère notre vélo 😉…

Fin d’étape à Beaugency, avec le soleil ☀️. Installation dans un joli camping le Val de Flux, au bord du fleuve.

J33…15 JUIN ET C’EST REPARTI!

Départ à 7h ce matin depuis Montblesson où nous avions terminé la première partie de notre voyage le 30 avril dernier sous la pluie et le froid… mais aujourd’hui la météo s’annonce beaucoup plus lumineuse et chaude!!! Nous descendons sur Ouchy au bord du lac Léman pour rejoindre la route du lac en direction de Nyon. C’est la bonne occasion pour tester les freins (350 m de dénivelé négatif) car Yves a dû changer ses plaquettes de freins lors de la pause vaccination… fraîcheur et douce lumière matinale nous réjouissent et titillent nos mollets qui pédalent à toute allure! Arrêt à Ouchy , un passant sympathique nous propose de nous immortaliser devant la Vaudoise, merci Monsieur…

De merveilleuses effluves florales nous accompagnent, provenant de quantité de buissons de fleurs éclatantes embellissant les jardins particuliers le long du chemin, ainsi que des champs de blé parsemés de coquelicots écarlates…c’est un régal pour les nez et les yeux! Par contre à d’autres moments, pédalant à côté des vignobles de la Côte, des odeurs moins sympathiques s’échappent d’un pulvérisateur qui arrose généreusement les ceps de vigne.

Arrivés à Préverenges, des travaux barrent la voie cyclable, nous nous retrouvons par mégarde au milieu du collège, heureusement que ce n’est pas l’heure de la récréation! Les enfants sont dans les classes, sûrement à rêver de leurs prochaines vacances… tout est tranquille, mais soudain nous nous heurtons à un policier qui nous fait remarquer que nous sommes dans un lieu interdit à toute circulation!!! ça ne fait qu’un tour dans la tête d’Yves, qui répond: « We haven’t find the road to Morges… » dans l’optique qu’il ne collerait peut-être pas de pauvres touristes étrangers! Hi Hi Hi… il nous dit sèchement que la route est plus haut et nous laisse partir, ni une ni deux nous enfourchons nos montures et rigolons bien lorsqu’il est hors de vue…

Nous attrapons de justesse le train Nyon- St Cergue à 10h20, car nous ne sommes pas en avance et l’ascenseur ne fonctionne pas!!! Nous devons donc emprunter l’escalier avec nos vélos super lourds, puis nous dépêcher de retirer toutes nos sacoches pour porter les vélos dans le vieux train…ouf, c’était moins une!!! Nous avons souhaité faire une première étape en douceur, nous épargnant 700 m de dénivelé pour rejoindre le Jura, c’est pourquoi nous avons opté pour le train… nous descendons à la Givrine et suivons un chemin à travers les pâturages qui nous mènera de l’autre côté de la frontière, comme si de rien…sans avoir à montrer nos papiers, carnets de vaccination ou autre tests à des douaniers. Nous sommes contents de retrouver ces paysages si familiers, et en profitons pour croquer une morse à l’ombre de grands sapins blancs et entourés de boutons d’or… wouah que c’est beau!

Nous poursuivons jusqu’aux Rousses et nous apercevons au loin la Vallée de Joux, notre chère et tendre Vallée depuis l’autre côté de la frontière…

Nous passons outre les signalisations de « route barrée » car juste pas envie de faire le détour par les golfs… et traversons les Rousses dont la route est en plein travaux, puis entamons la descente sur Morez. Nous devons nous arrêter plusieurs fois car mes mains sont tétanisées de devoir serrer les freins à fond pour ne pas se laisser emporter par cette immense descente!!! Nos vélos sont bien lourds…mais au fond du trou, il y a la remontée!!! Sous un soleil de plomb de 13h et qui nous fait suer à grosses gouttes. Et quelle circulation tout à coup, ça devient difficile, je me sens parfois frôlée par certains automobilistes pressés…Nous décidons finalement de nous arrêter au petit camping de Mortbier où nous trouvons une jolie place à l’ombre, ainsi que de ravissantes petites voisines…

J34 16 juin

Nous avons mi le réveil à 5h30 ce matin avec l’intention de partir rapidement et pouvoir profiter de la fraîcheur, mais après avoir tout rangé et déjeuné, voilà qu’il est 7h lorsque nous entamons un bon petit béquet sur les hauts de Morbier pour rejoindre la nationale et le col de la Savine… puis une grande descente sur St Laurent en Grandvaux . Les champs ont été fauchés, le foin sèche bien sous le ciel bleu et le soleil tape déjà généreusement!

Encore une descente sur Clairvaux-les-Lacs où nous dégustons un délicieux escargot aux raisins à l’ombre sur la place du village, puis petite halte au bord du lac pour se reposer un peu de cette chaleur …

Nous traversons l’Ain à Pont de Poitte sur un pont surplombant des « marmites » au fond de la rivière. C’est plutôt surprenant…

Et depuis là, en route pour une longue montée en plein soleil pendant laquelle nous suons à grosses gouttes, nous faisons halte pour nous crémer encore une fois de lait solaire, nous hydrater et récupérer quelques instants à l’ombre très rare d’un arbre généreux… jusqu’à Nogna où nous trouvons enfin un coin ombragé pour pic-niquer, ouf… ensuite ce sera une longue descente sur Lons-le-Saunier où nous passerons la nuit. Nous essayons de nous rafraîchir en prenant une douche, mais l’eau n’est pas réglable, on ne peut pas utiliser d’eau froide! Quel dommage…on est à nouveau transpirants juste après s’être lavés!

J35 17 juin

J’ai mal dormi, tellement chaud…et de la musique quelque part dans le camping m’a tenue éveillée jusqu’à minuit. Réveil réglé à 5h pour essayer de profiter un peu du frais, ce matin nous ne déjeunerons que d’une banane et 2 biscuits pour gagner du temps sur la canicule… on enfourche nos vélos à 6h et départ jusqu’à la gare d’où commence la Voie Bressane qui nous conduira à Chalon-sur-Saône par un très bel itinéraire loin de la circulation, sur une ancienne voie ferrée à travers de grandes étendues de cultures céréalières et de forets de feuillus. Ici les sapins n’ont pas l’air de résister au changement climatique…nous croisons énormément de « séchons » encore sur pieds mais bien malheureux… des troupeaux de vaches allaitantes, des moutons, des chevaux. Nous croisons aussi la route d’un petit faon apeuré qui retourne se cacher dans les hautes herbes, ainsi qu’un lièvre téméraire qui vient à notre rencontre…

Lors de notre pause de midi, assis au bord de la route à l’ombre et un peu ragaillardis (si cela se peut…) par le vent d’ouest qui souffle fort aujourd’hui, un cycliste randonneur s’arrête pour tailler une bavette. Venant d’Orléans Idriss voyage jusqu’à Venise en passant par Lausanne et le col du Simplon, mais il n’a pas l’air très au courant de son itinéraire, sympa et plein d’entrain la chaleur n’a pas l’air de lui poser problème (peut-être grâce à ses origines maghrébines ). Il a pris 15 jours de vacances et rentrera chez lui avec un car qui fait Venise-Paris et prend le vélo aussi, c’est bon à savoir. Il nous donne le numéro de sa femme qui nous recevrait volontiers pour dormir lors de notre passage à Orléans si ça se donne…

Nous arrivons en début d’après midi à Chalon-sur-Saône dans un joli camping en bordure de rivière, mais assez bruyant car pas loin de l’autoroute. Il y a déjà pas mal de campeurs, des Hollandais, Allemands, Français… aujourd’hui pour la première fois nous avons croisé des cyclo-randonneurs. Nous trouvons une jolie place à l’ombre d’un érable bien fourni mais qui perd déjà ses feuilles! Le ciel est bien menaçant, et la chaleur encore plus étouffante, ici c’est possible de faire une douche froide, hi hi hi… camping de luxe! Mais la moiteur nous rattrape bien vite.

J36 18 juin

Grosse journée en perspective, nous allons devoir faire 95 km pour atteindre un camping. Parcours bien varié, départ à 6h avec un beau lever de soleil perçant les nuages… nous suivons le chemin de halage du canal du centre qui part de Chalon-sur-Saône et rejoint Digoin, de la Saône à la Loire… confortable par l’ombre que nous procurent les arbres sur de grandes parties de l’itinéraire, mais ça se corsera en cours de journée car le temps est très lourd et orageux. Nous sommes accompagnés par des hérons qui jouent à faire la course avec nous le long du chenal… nous croisons quelques péniches touristiques qui patientent pour passer les écluses, qui de ce côté du versant méditerranéen sont automatiques, alors que de l’autre versant atlantique ils doivent faire appel à un employer pour manœuvrer l’écluse. On se dit qu’un séjour sur une péniche serait un bon moyen de décompresser après un infarctus!!!

Un bon café sur une jolie terrasse en bordure du canal nous requinque pour la suite… on croise un papi coiffé d’un casque de cycliste assis sur son rollator…et quand il se lève, nous voyons qu’il porte des rollers aux pieds, et il se lance dans une jolie balade de patinage, incroyable…quelles ressources insoupçonnées! mes chères collègues, vous pourriez proposer cette originale activité à nos aînés, hi, hi, hi…

A Saint-Vallier nous trouvons refuge sous le parvis de l’église afin d’échapper à une grosse averse… quelle chance! Ça rafraîchit un peu l’air si lourd et nous fait du bien. A partir de Monceau-les-Mines c’est bien vallonné et on s’écorche un peu les cuisses. On arrive, suants et écarlates (pas de coup de soleil mais la chaleur…), un peu après 17h au camping du Lac à Palinges, accueil chaleureux avec proposition d’un morceau de bœuf charolais local sur ardoise avec frites et salade qui fera notre bonheur ce soir!!! On mange à côté d’un couple de cyclo-touristes un peu plus âgés que nous et on partage nous voyages respectifs, c’est très sympa.

J37 19 juin

Ce matin, un sympathique petit compagnon se baladant sur notre toile de tente nous fait comprendre que la nuit a été quelque peu humide… le ciel est encore bien menaçant. Nous nous sommes accordés une heure de sommeil supplémentaire, soit réveil à 05h45 car l’étape du jour sera un peu moins longue que celle d’hier. La petite route que nous empruntons contourne une immense propriété cernée d’un grillage avec de grands portails, une jungle touffue nous empêche de deviner ce que protègent cette enceinte… puis nous découvrons enfin le magnifique château de Digoine.

Nous nous arrêtons pour visiter l’abbatiale de Paray-le-Monial et son cloître qui invite à la méditation…c’est trop bien, nous sommes de bonne heure et il n’y a aucun visiteur…

A la hauteur de Digoin, le canal passe par dessus la Loire, c’est surprenant…

Nous allons passer la nuit à Bourbon Lancy dans un camping au bord d’un plan d’eau. Nous sommes 6 couples de cyclo-randonneurs à nous prendre un énorme orage sur la tête avec des trombes d’eau…nous avons juste pu finir de cuire nos pâtes avant qu’elles ne se transforment en soupe et nous glisser dans la tente pour nous sustenter… ça gronde, ça tremble, ça s’illumine tout autour de nous! Et des énormes rafales de vent tiraillent la tente dans tous les sens! Je termine le blog et me cache dans mon sac de couchage…je n’aime pas trop les gros orages, ha ha ha…par contre Yves en est fan!

FIN DU BREAK…REPRISE DU VOYAGE

Après 6 semaines de break un peu forcé pour nous permettre d’obtenir le « sésame » qui nous servira à ouvrir les portes et reprendre notre voyage…nous voilà fin prêts à poursuivre notre route! Les jambes nous démangent depuis quelques temps déjà…

Nous sommes très reconnaissants d’avoir pu loger dans le chalet familial à la Forclaz le temps que la situation sanitaire se détende et que nous recevions le vaccin… ce printemps froid et neigeux ne nous a pas vus trop impatients de repartir, nous étions mieux au chaud près du fourneau à pierre ollaire à lire ou à préparer de nouveaux itinéraires plutôt qu’à rouler sous la pluie et dormir sous tente! Nous avons quand même pu faire de très belles balades dans cette magnifique région du val d’Hérens, en faire profiter des amis venus nous rendre visite et revoir notre famille…

là-haut le temps semble s’arrêter , la contemplation est de mise avec ces paysages enchanteurs et le calme de cette Nature préservée et sauvage… nous avons croisé beaucoup d’animaux lors de nos balades, marmottes, chevreuils, cerfs, écureuils, aigles, faucons… de très belles rencontres… nous n’avons pas l’impression d’avoir passé 6 semaines à attendre la reprise de notre aventure!

Nous voici donc à la veille de notre départ… direction jura français pour rejoindre l’eurovélo n° 6 à Châlon sur Saône jusqu’à Nantes, puis Roscof d’où nous traverserons sur l’Angleterre, si tout va bien au niveau de la pandémie … puis l’Irlande et l’Ecosse! Nous avons remis le Cap Nord au programme du printemps prochain car nous n’avons plus assez de temps!

Donc à bientôt pour la suite de l’aventure!!!