Pour votre information concernant la qualité des photos: nous avons dû adapter le format des photos pour l’optimisation du site mais finalement la qualité n’est pas suffisante, surtout pour les grandes photos… nous avons donc dès ce jour augmenté la définition sur celles-ci. A voir si c’est concluant! Il faut jouer entre la rapidité de chargement et la qualité…
Mardi 17 mai
Nous quittons Hobro sous un ciel voilé, la température est fraîche. La petite voie verte nous emmène à travers les pâturages et les champs où poussent des hordes d’éoliennes qui valsent avec vigueur dans le vent du nord…et ce vent du Nord souffle contre nous, c’est dur, ça rajoute quelques kilomètres effort à la fin de la journée, et les épaules et la nuque sont un peu meurtris par les tensions…
Ici au Danemark, les routes sont vraiment nickel, même les petites routes de campagne sont super bien entretenues. C’est la même chose pour les infrastructures, comme dans les campings où les sanitaires, les cuisines sont hyper propres. Les Danois sont méticuleux… Ce qu’on a pu aussi constater, c’est qu’au niveau de l’éducation ils sont très avant-gardistes. Les lieux scolaires et leurs extérieurs sont très riches en installations diverses et ludiques, on voit de nombreux adultes et accompagnants jouer avec les enfants qui sont beaucoup à l’extérieur. Il semble qu’ils ont beaucoup de personnel engagé dans l’enseignement. Ainsi que pour les crèches, on croise souvent des dames promenant des enfants dans des poussettes à 4-6 enfants comme des petits carrosses, hi hi, ou de petits chariots… c’est chou.
On croise maintenant aussi de grandes exploitations de vaches laitières, qui peuvent sortir dans de très grands pâturages, contrairement aux porcs…
On s’arrête pour pic-niquer à l’entrée de l’une des plus grandes forêts du Danemark, la forêt de Rold Skov qui couvre 8 600 ha. On parcourt de petits chemins menant à un beau lac bleu roi, ou cheminant dans des zones de hêtres tortueux, ou des zones humides…c’est magnifique, et nous croisons quelques promeneurs et des jeunes à vélo, on se demande s’il y vont à l’école par là …
En sortant de la forêt on poursuit dans une réserve naturelle où coule une petite rivière. On croise encore un faisan qui crie pour défendre sa poule…
On traverse encore de petits villages qui ont chacun leur église, de la même architecture mais qui se différencient dans la quantité de chaux qui recouvre ou non les différentes façades. Elles sont en général de 1700 et des poussières…
En fin d’après-midi on rejoint Aalborg, grande ville portuaire du Limfjord qui sépare le continent de l’île du Nord du Danemark à laquelle on accède par des ponts levi…
Un bateau de croisière monstrueux Le Viking a mouillé dans le port!!!
On s’arrête au camping Family et on est bien content de pouvoir se reposer…
Mercredi 18 mai
Après un p’tit déj sur les tables de la terrasse du camping, nous enfourchons nos montures pour affronter le…vent! Qui a changé de direction mais nous aussi on va se diriger vers l’est. Et comme le vent ne trouve pas d’obstacle sur ces grandes étendues toutes planes…il s’engouffre dans nos oreilles et nous chante sa rengaine continuelle, il nous crispe la nuque et les épaules, il chante dans nos roues, il nous déstabilise lorsqu’il nous pousse par ses rafales irrégulières… il nous fait mal à la tête, mais je suppose qu’il faudra qu’on s’y habitue. Ce doit être un phénomène habituel, vu le nombre d’éoliennes qui se dressent sur ces terres!!!
On voit un couple de cygnes s’envoler entre ces monstres…
On s’arrête pour croquer une morce dans le parc d’une belle et grande église, à Dronninglund…
Et on arrive sur la côte est, face à la mer de Kattegat…et c’est étrange de voir les cultures qui touchent presque l’eau!
Nous arrivons au camping de Saeby exténués par notre lutte contre le vent et le froid, et bien contents de trouver une cuisine chauffée…et avec vue sur la mer s’il vous plaît!
Jeudi 19 mai
Nous démontons tranquillement le campement, nous avons le temps pour rejoindre Frederikshavn d’où nous prendrons le ferry Stena Line pour Göteborg à 13h50. Il n’y a que 12 km à faire, les derniers sur le sol danois…
Nous avons vite fait le tour de cette bourgade et nous nous installons dans un joli parc pour attendre midi et pour croquer une morce…
On se met sur la terrasse du Fiskebaren Café et on commande un fish-and-ships …pour changer! Et là, nous revoyons le couple de Hollandais que nous avions croisé le premier jour au Danemark. Ils vont prendre le ferry pour Göteborg aussi, mais demain… et on voit ensuite arriver encore un couple de cyclorandonneurs qui s’arrête dans ce café. Ce sont des bâlois, qui sont partis de chez eux il y a deux mois et qui montent aussi au cap Nord. Ils vont prendre le ferry tout-à l’heure. On fait le chemin ensemble jusqu’à l’embarquement. La mer est calme aujourd’hui heureusement, car hier ça aurait été plus mouvementé! Sur le port on trouve encore un jeune couple de veveysans qui vont faire le sud de la Norvège… décidément c’est le jour des suisses, hi hi.
Le ciel se couvre et il fait plus froid lorsque nous quittons le port. Nous passons les trois heures de voyage en compagnie de Monika et d’Alex, les bâlois rencontrés à midi et passons un moment très chaleureux avec eux. On espère vraiment que nos chemins se croiseront à nouveau lors de nos périples respectifs, le leur les conduisant par la côte baltique de la Suède pour rejoindre le cap Nord…en fait l’itinéraire que nous avons prévu pour le retour.
Göteborg
Pour sortir du ferry… impressionnant non? Ils sont monstrueux, mais sympas…ils nous ont laissé sortir avant de nous réduire en bouillie…
Quelle histoire pour trouver notre camping…c’est déjà l’heure de pointe, il faut se faufiler entre les voitures, les très nombreux cyclistes qui rentrent du boulot et qui foncent sur les pistes cyclables…arrivés devant l’adresse de Google, en fait il n’y a pas de camping! Alors il faut refaire des recherches pour finalement en trouver un autre et y arriver…le Liseberg camping. Ces voyages en transports publics, que ce soit le train ou le ferry, ça nous épuise, pire qu’une grande journée de pédales!!! Demain on reste ici et on visite Göteborg …
Nous avons passé une bonne nuit, seuls dans ce terrain de camping municipal. Pas de pluie cette nuit, mais il tombe quelques gouttes lorsque nous nous réveillons à …8h45! Il nous faudra quand même enclencher un réveil sinon on va passer nos matinées à dormir!!! Surtout qu’on a remarqué qu’en général il fait assez beau le matin et la pluie arrive vers midi, donc si on veut rouler au sec, il faut se lever hé hé… le ciel est déjà bien chargé, et le vent souffle toujours très fort sud-ouest, on l’aura encore dans le dos aujourd’hui…quel bonheur! Profitons de cette sensation de légèreté et de se laisser pousser dans le courant plutôt que de lutter contre lui! Toujours ces magnifiques tableaux dorés qui défilent au gré de notre route…
Encore des pâturages recouverts de belle herbe tendre et appétissante qui rassasie les chevaux…
Nous empruntons une petite route sablonneuse et à la fin d’un petit béquet bien raide qui nous essouffle, voici un grand chien berger suisse qui se dresse en aboyant contre nous! Que faire? Poser le pied et ne plus pouvoir repartir ou bien continuer et faire les braves tout en parlant au monstre? On opte pour la deuxième solution et finalement après avoir bien défendu son territoire, une fois passés le chemin menant à sa ferme, il nous laisse tranquille…c’est la première fois que nous rencontrons un chien non attaché. Le paysage change, la végétation aussi. Ici nous traversons une réserve naturelle, des zones de bruyère encore toutes sèches de l’hiver recouvrent le sol. Et instant magique, nous faisons la rencontre d’une grande femelle cerf qui traverse notre chemin… quelle beauté!
On fait nos courses à Norre Snede, petite bourgade où va visiblement passer le Tour de France…ils ont décoré les rues avec des vélos et des itinéraires eurovélo!
Le ciel devient vraiment très menaçant… et voilà la pluie qui se met à tomber, il faut s’abriter et s’équiper! Nous arrivons dans la région des lacs, ici le lac Torup So…
On trouve un très joli coin pour manger, au bord d’un pâturage où broutent des moutons…on s’installe, on enlève nos habits de pluie, on sort le pic nic, on coupe le pain, et voilà qu’il se met à pleuvoir à nouveau…oh mince alors!!! On a faim, mais on doit remettre à plus tard le moment de rassasier nos estomacs!
On poursuit la route jusqu’à Vrads, et là il y a des dizaines de cyclistes qui circulent dans tous les sens. C’est un des coins intéressants pour faire du vélo, car il y a du dénivelé!!! Et c’est le croisement de l’eurovélo 3 et 4 . C’est la première fois qu’on voit autant de cyclistes. Là la pluie fait une interruption et nous permet de manger en vitesse…
On continue courageusement notre route sous la pluie, la route sinueuse monte sur des collines puis redescend et remonte… dans les endroits exposés, le vent tempêtueux nous déstabilise lorsque nous l’avons latéral. On arrive à Silkeborg au bord du lac Ornso, dont les vagues fouettent le rivage.
On s’arrête dans le camping Silkeborg So, qui semble très occupé…on est vendredi et il y a des amateurs pour le week-end. Ils louent aussi des bungalows et des roulottes. Il est au bord du lac Silkeborg Langso. Par contre à l’emplacement réservé pour les tentes, il y a juste un couple qui occupe une place au bord du lac, sous de grands arbres, on est à l’abri du vent. On va y rester deux nuits, pour se reposer un peu…on ne s’est encore pas pris de jour de congé… la pluie a cessé mais il fait bien crû et humide. On peut quand même se faire à souper devant la tente tout en guettant une recrudescence de pluie!
Samedi 14 mai
On a bien dormi, je me suis réveillée à 4h, et voici la lumière du jour qui pointe déjà à l’horizon!!! Le coucou chante déjà, il est matinal!
Petit déjeuner au soleil, quand il ne joue pas à cache-cache avec les nuages… le vent souffle toujours continuellement. On a vraiment une jolie place sous ces arbres, et on est bien tranquilles.
On va se balader à pedibus jusqu’au centre ville, dont voici un aperçu.
Cette rivière est la Gudena…en fait c’est même un fleuve! c’est le plus long fleuve côtier du Danemark. Son bassin s’étend dans la partie est de la péninsule du Jutland. Il mesure 176 km de longueur et se jette dans le Cattégat par le Randers Fjord au Nord Est. Il y a même une course de Kayak et de canoë, le Tour de Gudena qui parcourt le fleuve sur près de 120 km!
Les canoés sont prêts pour la location…
De retour au camping, on profite d’un petit coin pour rédiger le blog et pour faire charger nos power-bank! Il y a même des herbes aromatiques à disposition qui poussent dans les murets…chouette! Et là on est au soleil et assez abrités du vent.
Belle ambiance du soir au bord du lac. Le ciel s’est complètement dégagé, youpie… Le coucou chante plusieurs fois pas bien loin de nous. Deux familles avec enfants sont venues s’installer dans le coin des tentes. Un des petits n’a pas l’air très content, il pleure beaucoup. Ce n’est pas évident de dormir sous tente à cet âge-là. Mais c’est surtout nos deux jeunes voisins qui parlent fort jusqu’à tard le soir, comme s’ils étaient seuls au monde…
Dimanche 15 mai
Ce matin il fait beau et le vent a tourné, il souffle de l’Ouest-Nord-Ouest, on l’a un peu plus en face, mais ça va, on est si contents de rouler sous le soleil. Il nous apporte des effluves de lisier, l’itinéraire serpente entre de grands domaines agricoles ou des fermes plus modestes et plus anciennes.
Mais là, c’est le plus gros élevage intensif de porcs qu’on a croisé… c’est immense!
On préfère les petites exploitations, bucoliques et dans le respect des animaux…
Encore des lacs…ici c’est le Nipgard So.
A Thorning nous faisons halte pour avaler un ice coffee devant le magasin (ici les commerces sont ouverts tous les jours de 8-20h!!! Même dans les villages…) Une dame âgée poussant son vélo nous accoste et nous demande d’où on vient. Elle nous explique qu’elle et son mari ont tenu un petit hôtel dans le village et ils ont eu beaucoup de randonneurs et de cyclistes de tous horizons. Elle nous explique ce que nous allons découvrir dans la région de Viborg , que c’est très joli et varié pour le vélo et qu’il y a beaucoup de petits lacs. Elles sont vraiment sympa ces petites dames sur leur vélo et admiratives de notre but, hi hi… c’est drôle, les gens qu’on croise nous disent souvent « god tur », je croyais comprendre « bonjour » et me demandais pourquoi ils savaient qu’on parlais français…mais non! Ils nous disent « bon voyage » en danois!!! Alors on répond « Tak tak » qui veut dire merci…
Et du colza… Yves a les yeux larmoyants de tous ces pollens!!! Le pauvre chéri…
Plus loin dans les petites collines on croise un renard qui traverse la route pour s’enfiler dans ce champ de colza… peut-être va-t-il chercher son dîner à la ferme là-haut?
On s’arrête pour dîner à l’orée d’une forêt où passe le chemin des pèlerins. Deux filles débouchent du bois avec de gros sacs à dos, et la plus âgée a de la peine à marcher et s’aide d’une canne! Quel courage…
On a même pu retirer nos jambières, chaussettes et polaires et mettre de la crème solaire!!! C’est dire que la température s’est réchauffée aujourd’hui… Nous avons découvert une nouvelle voie verte qui vient d’être mise en service et qui relie Skelhoje à Viborg. C’est une ancienne voie ferrée, c’est donc tout plat. Et ça nous a évité de descendre dans un vallon sur un petit chemin de gravier qui ne nous inspirait pas trop… une petite biche déguerpit devant nous!
Nous arrivons à Viborg au milieu de l’après-midi et trouvons un camping sympa au bord du lac Sonderso, c’est le DCU-Camping Vibor So. On peut faire une lessive car on a encore le temps de la faire sécher au soleil! Génial…
Lundi 16 mai
Ce matin le ciel est tout couvert, la toile de tente bien humide de rosée. On déjeune sur place en se préparant un bon bircher puis départ. On longe le lac Norreso et traversons des quartiers chics de villas avec vue, jardin magnifiques et petit ponton privatif…
On s’arrête à Rodding pour acheter le pic-nic. En repartant, on croise toute une horde de petits cyclistes qui traversent la route accompagnés de leurs maîtresses… c’est trop chou, et c’est super de préparer les enfants déjà si jeunes à circuler sur la route!!!
Toujours et encore d’immenses étendues de terres agricoles, que les paysans arrosent d’engrais ou de lisier… un gros lièvre qui bondit dans un champ à côté de nous.
Les propriétés agricoles sont éloignées de la route, une allée y conduit. Et on peu déduire si la construction est ancienne ou récente selon la taille des arbres qui bordent l’allée!!!
A un moment donné, l’itinéraire nous fait passer par un chemin forestier bien barricadé… et un peu cross !
Un peu crispée pour traverser ce ruisseau
Avant d’arriver à Hosbro, on débouche sur le Musée Viking à Fyrkat, très joli endroit où d’anciennes bâtisses ont été restaurées et transformées en musée.
Et nous arrivons à Hosbro, sans avoir eu de pluie, mais il fait cru et le vent du nord s’est renforcé, brrr… vivement une bonne douche chaude pour se réchauffer après avoir monté le camp.
On a même droit à un concert de fanfare, des enfants répètent sur la place.
La ville se situe au bout du fjord Mariagerfjord qui relie à l’est la baie d’Aalborg. Celui-ci mesure environ 35 km et c’est le plus long fjord du Danemark.
Le camping est sympa, sur une petite butte au dessus de la ville. Il est bien équipé avec une belle cuisine où on se prépare un bon risotto aux asperges… et aux morilles du yukon offertes par notre ami Mathias…
A côté de nous s’est installé un cycliste allemand de Cologne qui voyage aussi en direction du cap Nord. Mais lui il va faire le Sud de la Norvège, puis la côte ouest. Comme ce qu’avait fait Yves en 2016. On va peut-être se recroiser plus haut dans le Nord.
On passe donc la frontière et nous voici au Danemark… on va faire du change des euros contre des couronnes danoises dans un guichet tenu par…le garagiste du coin. Et on s’installe dans un grand et beau camping à Krusa. Il y a personne à la réception, il faut appeler un numéro de téléphone, heureusement qu’ici les gens parlent bien anglais…car le danois est incompréhensible! Il faut prendre une carte dans une pochette déposée à l’entrée du bureau, carte donnant accès à la douche et au lave linge. Nous pourrons donc faire une lessive et la faire sécher au soleil… un couple de Hollandais à la retraite arrive plus tard, leurs vélos chargés comme les nôtres. Ils sont aussi partis le 1er mai pour le cap Nord et vont suivre à peu près le même itinéraire que nous. On risque de se recroiser…
Mardi 10 mai
C’est Yves qui a testé le nouveau matelas, qui n’est pas inconfortable mais n’est pas aussi isolant et épais que le premier. Mais il n’a pas mal au dos, c’est donc encourageant! Moi je le testerai la nuit prochaine… Il fait assez lourd et orageux ce matin. On roule sur des routes de gravier, pas du tout roulantes pour nos montures bien chargées, et on manque plusieurs fois de se retrouver par terre…
P
On croise de très grandes fermes, des porcheries qui ne sentent pas bon la rose… et sous une bâche, quelques pauvres cochons morts attendant l’équarrisseur… de quoi sont-ils morts? Il vaut peut-être mieux ne pas le savoir, mais en tout cas ça ne donne pas envie de manger de la viande. D’anciennes fermes ont été rénovées en maison d’hôte.
Des oies bernaches s’envolent à notre passage…
Ici le colza est cultivé en grandes quantité. Ce qui met un peu de lumière dans ce ciel tout gris…
Pause café dans une boulangerie, le café danois n’a rien à voir avec le café italien :-(( On traverse des régions de pépinières, les sapins nordmann qu’ils vendent à Noël chez IKEA… et vers midi la pluie s’invite. On s’assoit dans l’abri de bus d’Oster Logum pas loin de l’église à l’architecture particulière.
L’itinéraire traverse une région de tourbières et de petits étangs, c’est très beau…et toujours bien plat!
Par la suite, de petites collines verdoyantes sous la pluie mettent un peu de variété dans ces paysages si plats!
La pluie continue à tomber, et il fait plus froid maintenant. On est content d’arriver à Vojens où nous pouvons nous installer dans le camping municipal. En attendant une accalmie pour monter la tente, on se met au sec et au chaud dans le local commun mis à disposition des campeurs. C’est vraiment très appréciable!
On est les seuls sous tente!
Évènement tout à fait improbable et magnifique…on se retrouve avec Antoine, notre neveu jurassien, pour partager un fish-and-chips dans le seul fast-food du village… il est en voyage pour la Norvège avec son bus. Quel plaisir de partager cette soirée avec lui…et bon vent pour la suite cher Antoine!
Une nuée de corneilles colonisent les arbres aux alentours du camping et font un sacré boucan jusqu’à la tombée de la nuit!!!
Mercredi 11 mai
Je suis réveillée à 5h30 par le jour et par les corneilles qui reprennent à tue-tête leur concert de coassements aigus… puis ce sont les avions militaires qui reprennent l’entraînement et à 7h c’est l’église qui carillonne de toutes ses cloches! Me voila bien réveillée… mais pas trop bien dormi sur ce matelas. Yves me dit qu’il va l’utiliser car il lui convient bien finalement! Merci mon chéri! La toile de tente est mouillée mais il ne pleut pas encore. Départ après un petit déjeuner au chaud dans la cuisine du camping. L’itinéraire est très chouette, on emprunte de petits chemins de gravier mais beaucoup plus roulant que hier. On passe au bord de petits étangs et des pâturages où broutent des chevaux et des vaches avec une bouille très sympa!
Petite pause sur un banc pour déguster des œufs ragusa que le lapin de Pâques a dû déposer sur le vélo! En compagnie d’un drôle de scarabée…
La pluie arrive juste quand on repart, et elle nous tiendra compagnie jusqu’à ce soir… Ici les boîtes aux lettres ne sont pas vraiment étanches contre la pluie… ce sont des morceaux de tuyau accrochés en bordure de route! On s’équipe avec sûr-chaussures et pantalons contre la pluie. Ainsi on est au sec et au chaud.
Nous découvrons au bord de la rivière Kongea une place de camping pour les randonneurs et les cyclistes, avec deux abris pour dormir, des wc et un point d’eau, ainsi qu’un panneau d’information digital!!! Cette halte fait partie du sentier de Kongea qui part de Hafdrup et longe cette rivière jusqu’à la mer à l’ouest près de Esbjerg. Cette rivière a marqué la frontière entre le Danemark et l’Allemagne pendant plusieurs siècles. Ce sentier fait 67 km de long et a l’air d’être une super randonnée… en tout cas nous sommes ravis de l’infrastructure qu’ils proposent, et il semble qu’il y ait plusieurs endroits tels que celui-ci le long du chemin de randonnée. Il y a même une petite plateforme pour la baignade! Dommage, aujourd’hui n’est pas le bon jour…
Nous découvrons à Skibelund Krat un lieu particulier dans une belle forêt de hêtres. Des monuments commémoratifs de personnes importantes pour la région sont érigées autour d’une arène. Il a été créé en 1865 après la perte du Jutland du Sud au profit de la Prusse et a été utilisé comme lieu de rassemblement pour les célébrations. Il témoigne des efforts de longue date pour réunifier le Jutland du Sud avec le Royaume du Danemark.
On s’arrête à Vejen dans un café très sympa pour se réchauffer…on discute avec le barman qui nous dit qu’il connaît la Suisse et que c’est le plus beau pays du monde!
On reprend la route avec courage, toujours sous la pluie, mais l’estomac plein d’un bon café qui fait tourner nos pédales à toute vitesse! On arrive à Vorbasse après quelques kilomètres supplémentaires. On parvient à monter la tente rapidement juste entre deux gouttes d’eau… et il y a une incroyable grande cuisine toute équipée et chauffée où nous pouvons préparer un bon plat de pâtes aux poivrons. D’autres personnes cuisinent, dont une pizza!
Nous discutons avec un gars, un français de Clermont-Ferrand qui bosse sur un projet de gazoduc depuis la Norvège. Il vit dans un caravane le temps de ce boulot. La pluie et le vent tempêtueux s’acharnent sur notre tente, on espère qu’elle ne va pas s’envoler!
Jeudi 12 mai
La lumière du jour me réveille à nouveau à l’aube, décidément comment je vais pouvoir dormir lorsque la nuit ne durera que 2h au Cap Nord ! Le vent souffle toujours fort mais le soleil sèche bien la tente qui se tend et elle « crépite » comme notre maison en madrier du Brassus… souvenirs mélancoliques! Avant de reprendre la route, pendant que je prépare un bon bircher, Yves s’occupe de huiler nos chaînes car avec toute la poussière sur ces chemins de campagne elles sont dans un drôle d’état…
Aujourd’hui le parcours est superbe, plus varié que les jours précédents. On longe des forêts cultivées de différentes essences, mais toujours en monoculture…des mélèzes, des hêtres, des épicéas. Ils font des coupes rases puis replantent. Je préfère de loin les forêts sauvages où cohabitent toutes les essences! Rien de tel que la mixité… et le relief se modifie, on quitte les étendues de cultures et les terrains plats à perte de vue pour enfin… descendre…
Et remonter… de véritables petites montagnes russes. Le ciel est magnifique, parsemé de tous ces jolis petits moutons blancs! Ici les pissenlits fleurissent seulement depuis aujourd’hui, certainement encouragés par toute cette pluie et le retour du soleil…
Le premier château que nous apercevons…
Ici au Danemark on n’a pas vu beaucoup de troupeaux de vaches… par contre des chevaux, en veux-tu en-voilà!!!
On arrive à Jelling vers midi et on s’arrête faire des courses dans un supermarché. A la sortie lorsqu’on range nos courses dans les sacoches, une dame nous accoste et s’intéresse à notre voyage. Les Danois sont plutôt sympas, ils nous demandent souvent où nous allons et font de gros yeux lorsqu’on dévoile notre destination… « it’s a very long way… » et ils parlent couramment anglais. Cette dame nous dit que Jelling est le plus vieux village du Danemark. Elle nous encourage à aller voir les tumulus funéraires, les pierres runiques et l’église. Ils ont été classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Il y a aussi un musée sur les vikings.
Le Tour de France passera devant le musée le 3 juillet! Une grande affiche jaune sur le devant annonce cela et les gens en sont très fiers. Ils ont décoré le site avec plein de vélos…
Voici ce que j’ai trouvé sur le web, sur le site de l’Unesco:
Valeur universelle exceptionnelle
Brève synthèse
Situé dans le centre de la péninsule du Jutland, Jelling était un monument royal sous le règne de Gorm et de son fils Harald à la dent bleue, au 10e siècle. Il est possible que ce site soit antérieur à cette époque. L’ensemble est constitué de deux tumulus à toit plat, de 70 mètres de diamètre et de 11 mètres de haut, qui sont presque identiques par leurs formes, leur taille et leur construction en tourbe, empilée en couches égales, la partie herbeuse vers le bas. Après l’introduction du christianisme au Danemark et l’intégration de la Norvège au pays, Harald à la dent bleue a célébré sa réussite en érigeant une pierre entre les deux tumulus et en construisant la première église en bois à Jelling.
La grande pierre runique est située précisément à mi-chemin des deux tumulus. Sur son inscription gravée, sous un dragon nordique entrelacé, on peut lire: » le Roi Harald a souhaité la construction de ce monument en mémoire de Gorm, son père, et de Thyra, sa mère, parce qu’Harald a conquis tout le Danemark et la Norvège et a rendu les Danois chrétiens ». Sur le coté sud-ouest de la pierre, on peut voir une représentation antérieure du Christ en Scandinavie, avec une inscription relative à la conversion des Danois au Christianisme entre 953 et 965. La position d’origine de l’autre pierre runique, voisine de la première et plus petite, n’est pas connue. Elle est, cependant, à cet emplacement depuis environ 1630. Sur une inscription, on peut y lire: « Le Roi Gorm a construit ce monument pour sa femme Thyra, ornement du Danemark ». Une petite église très simple en pierres blanchies à la chaux est présente sur le même site que trois églises en bois antérieures, toutes trois détruites par des incendies. En 2006, des fouilles ont révélé l’existence d’une superbe enceinte autour du bâtiment et des parties d’un grand navire de pierres dont la taille est inconnue.
Marquant le début de la conversion du peuple scandinave au christianisme, les tumulus, les pierres runiques et l’église de Jelling sont de remarquables manifestations d’un événement d’une importance exceptionnelle. Cette transition entre des croyances païennes et la foi chrétienne est illustrée de façon très vivante par les différents tumulus funéraires païens, une pierre runique païenne, une autre célébrant l’introduction du christianisme, enfin par la construction d’une église symbole de la prédominance chrétienne. L’ensemble est exceptionnel en Scandinavie et dans toute l’Europe.
Le musée est super, et interactif…
On peut même se découvrir sur le chemin qui mène au Valhalla…
On reprend la route, le vent s’est encore renforcé!!! Il souffle par rafales à plus de 50 km/h… heureusement qu’on l’a dans le dos, car quand on doit y faire face c’est pas Cotton! Profitons, car ça ne sera pas toujours ainsi.
On s’arrête à Kollemorten, il y a un emplacement pour camper, avec accès libre pour les camping-cars et les tentes, ainsi que quelques petits bungalows. Il n’y a personne à l’accueil, c’est gratuit. Il y a une douche-WC et une salle commune avec cuisine. Nous sommes seuls…
On est content de pouvoir se mettre au chaud pour préparer un bon petit risotto aux poireaux.
Après un copieux petit déjeuner à l’hôtel, nous voilà partis ! Le soleil nous fait le grand plaisir d’être de la partie, mais accompagné par son ami le vent…qui souffle de face toute la journée et nous teste pour ce premier jour de voyage! Nous longeons l’Elbe, le quartier de St Pauli au soleil cette fois…
Nous passons le quartier du marché aux poissons, et nos narines sont remplies de cette odeur typique des trésors de la mer et elle qui nous poursuit encore quelques coups de pédales… je cherche les chaluts de pêche et les trouve finalement à Altona au niveau du nouveau tunnel sous l’Elbe qui passe sous le port. Ils sont bien alignés et attendent impatiemment de retourner en mer … en face on aperçoit les grues du port de marchandises qui déchargeront les conteneurs du cargo que nous croisons quelques kilomètres plus loin!
De belles maisons surplombent le fleuve, et une longue plage de sable borde l’Elbe et doit faire la joie des habitants lors des chaudes journées estivales!
On trouve des phares le long de notre itinéraire mais on se demande pourquoi ils sont nécessaire sur un fleuve, même si l’Elbe s’élargit progressivement… peut-être à cause du brouillard qui est fréquent?
Au niveau de l’usine électrique de Wedel nous devons gravir des marches bien raides pour passer la digue…c’est pas vraiment adapté pour des vélos si chargés! On se met à deux pour les hisser au sommet.
Nous poursuivons le long de la digue qui protège l’arrière pays des crues et des inondations sur des kilomètres… en 1962, Hambourg a connu une tragédie: 340 personnes perdent la vie car l’Elbe déborde, une tempête sur la mer du Nord et une grande marée exceptionnelle fragilisent la digue sur de nombreux endroits et elle cède, le sud de la ville est inondé… depuis des travaux de surélévation ont été entrepris.
Sur la digue on découvre des centaines de moutons qui pâturent, la voie verte passe au milieu de ces troupeaux de brebis et de leurs agneaux… ils bêlent, s’appellent, se répondent, les petits se poursuivent de haut en bas et de bas en haut… c’est vraiment impressionnant de voir tous ces moutons, et nous en rencontrerons sur tout notre parcours qui longe d’autres affluents.
Lors de notre arrêt pause banane-choc, dans un chouette petit endroit pic-nic, deux messieurs nous demandent s’ils peuvent partager ce coin avec nous.
Au cours de la discussion, ils nous disent que nous ne pourrons peut-être pas traverser les deux prochains affluents en direction de Glückstadt. Le Pinnau et le Krückau se traversent grâce à un pont qui se tourne alors qu’il est ouvert normalement pour laisser passer le trafic fluvial… voici ce que nous avons trouvé sur le web, car nous n’avons pas pu le traverser finalement! Il y a des horaires d’ouverture, et flûte, nous sommes arrivés trop tard.
Nous devons remonter à l’intérieur des terres pour trouver un autre passage, mais cet itinéraire est très chouette et nous fait découvrir de jolis paysages et des rencontres sympas!
Nous pensions pouvoir traverser le Krügau à la hauteur de Seester car les panneaux signalétiques de l’itinéraire nous indiquaient un joli petit chemin bordé de pommiers en fleurs…
Il y avait une petite barque de l’autre côté de la rivière, bien rangée, mais personne n’a répondu à la cloche qu’Yves a fait tinter…
Nous avons dû encore poursuivre jusqu’à Elmshorm, ce qui nous a rallongé notre étape, mais nous avons aperçu de très jolies maisons aux toits de chaume et de vieilles fermes…
Nous arrivons en fin de journée à Kollmar, dans un joli camping , Elbdeich-camping, tenu par un monsieur très sympa qui installe le drapeau français en notre honneur…croyant que nous étions de là-bas. Il ne retrouve pas son drapeau suisse parmi tous ceux qu’il a dans sa corbeille…
Encore la compagnie des moutons et de leurs bêlements… ils sont sur la digue qui protège le camping. Je monte pour découvrir un magnifique point de vue, et des moutons qui font les fous…
Un couple de cyclistes s’installent à côté de nous. Ce sont des bernois qui commencent aussi un voyage de 10 semaines de Hambourg au cap nord. Ils ont un tandem, mais avec un siège couché pour celui qui pédale à l’avant. On va peut-être les croiser ces prochains jours, selon leur itinéraire…mais ils ne semblent pas enclins à nous mettre dans la confidence.
Vendredi 6 mai
On a super bien dormi mais la tente est passablement humide. A l’aube le brouillard s’étendait tout autour de nous. On n’a pas eu froid, bien enmitoufflés dans nos bons sacs de couchage. On part sous le soleil, pas besoin de mettre la veste ce matin. On poursuit sur l’itinéraire de l’eurovélo 12 de la Mer du Nord jusqu’à Glückstadt où nous le quittons pour monter en direction du nord. Très jolie petite ville pittoresque où nous nous arrêtons avec plaisir pour boire un bon café…
Nous longeons la rivière Stör, derrière la digue… toujours et encore des moutons!
…et des lamas qui se dorent la pilule au soleil…
On arrive dans un très joli petit camping à Hodorf . Le tenancier en bleu de travail fait des aménagements extérieurs et nous propose de piquer une tête dans sa piscine naturelle qui doit faire 18-20 degrés. Au sommet de la digue on peut s’installer sur un banc pour y boire une bonne bière locale…en compagnie des moutons, avec vue sur la rivière!
Les sanitaires sont très propres et le seigneur des lieux vient nous rendre visite lors de notre souper! Et ronronne avec joie sous nos mains baladeuses…
Romantique, non? Et on peut même apercevoir les moutons sur la digue…
Samedi 7 mai
Cette nuit nous avons eu droit à un concert de batraciens heureux de chanter au clair de lune… et ce matin à l’aube ce sont les merles et autres oisillons qui ont pris le relai et nous encouragent à ouvrir l’œil! Les agneaux appellent leur maman… le soleil est là pour démonter le campement et déjeuner. Le propriétaire du camping nous explique sa situation lorsque nous lui demandons qui est la femme sur la photo encadrée sur un petit hôtel orné de fleurs et de bougies. Son épouse avec qui ils ont créé ce camping il y a 10 ans s’est donné la mort il y a juste une année…et c’est tellement dur pour lui de continuer tous ces projets d’aménagement qu’ils avaient élaboré ensembles…c’est pourquoi on a l’impression qu’il y a différentes choses restées en plan et qu’il porte sur ses épaules une si grande tristesse!
Nous suivons la rivière Stör jusqu’à Itzehoe le long de la digue. Nous nous arrêtons pour faire des courses chez Penny car les commerces sont fermés le dimanche et nous avons besoin de réserves… le ciel se couvre dangereusement, ils annoncent de la pluie pour ces prochaines heures. Nous sortons les vestes. Ensuite nous quittons la digue et nous suivons une départementale, mais ce qui est génial ici en Allemagne c’est qu’il y a toujours une piste cyclable en contrebas des grandes routes.
Puis nous empruntons de petites routes de campagne et traversons de grandes forets de feuillus dont le vert lumineux égaie quelque peu cette journée pluvieuse… à d’autres moments la route devient sablonneuse, ce qui s’avère bien difficile! On pense à ceux qui roulent dans le désert, ça ne doit pa être une mince affaire!!!
ça commence à monter…jusqu’à présent on a eu que du plat!
On longe des champs labourés , des agriculteurs plantent des patates, d’autres épandent de l’engrais qui sent super mauvais…on essaie de retenir notre souffle ! Arrivés à Ridders, petit clin d’œil à Lucas pour le Riders’Palace à Laax…nous nous arrêtons pour pic niquer à côté d’une ferme dont les propriétaires semblent être des adeptes de voyage dans le désert avec leur bus tuné!
L’estomac plein, on s’est refroidi pendant le repas, on pédale énergiquement pour se réchauffer…un petit coin de ciel bleu apparaît à l’horizon, youpie, c’est bon signe!
On passe le long d’un immense domaine agricole, dont les bâtiments sont nombreux et très conséquents…font-ils du biogas sous ces coupoles? Et il y a un bassin d’eau stagnante sur laquelle flotte de la mousse… envie de piquer une tête dans la mare pour te rafraîchir? Pas moi en tout cas… la piscine naturelle de hier soir était plus bucolique!
Les moutons sont maintenant au ciel…
Nous traversons le Nord-Ostsee-Kanal sur un bac qui est en service cette fois! Ce canal est important, il est fréquenté par un important trafic fluvial et relie la mer du Nord de Brunsbüttel dans l’estuaire de l’Elbe à la mer Baltique à Kiel.
A Breiholz, au bord d’un petit canal de l’Eider nous trouvons un terrain de camping pour nous installer cette nuit, qui va être fraîche on dirait… il fait partie d’un restaurant où nous pourrons déjeuner demain matin.
On a même mis le bonnet pour la nuit !
Dimanche 8 mai
La nuit a été très froide, la température a passé sous la barre du zéro. La tente est bien humide de rosée. Après avoir rangé et empaqueté nos affaires, nous montons déjeuner au restaurant. L’estomac bien plein pour entamer notre journée, nous retournons chercher le canal Nord-Ostsee (canal de Kiel en français). Ce canal relie la mer du Nord à Brunsbüttel à la mer Baltique à Kiel. Il fait 99 km de long et permet un raccourci de 519 km…Avec 120 bateaux en moyenne par jour, c’est une des voies d’eau non naturelle les plus fréquentées au monde. Il fut construit sur 8 ans et inauguré en 1895. Nous croisons de nombreuses oies avec leur progéniture, des cygnes, des cormorans… ainsi que des bateaux cargo et de grands voiliers.
Petite pause à Nübbel au bord de l’Eider sur une jolie place de pic nic…nous éviterons Rendsburg en passant par de petites routes campagnardes traversant d’immenses étendues d’exploitation du sol … de jolies sculptures sablonneuses attirent mon regard…
Nous traversons à nouveau de belles forêts sur des chemins de terre sablonneuse, ici ce sont des mélèzes, mais différents de ceux du valais. Nous croisons peu de promeneurs dans ces bois, on se sent un peu seuls au monde. On s’arrête sur une jolie place , dans une petite clairière où il semble qu’ils fabriquaient le charbon. Nous sommes sur le chemin des pélerins qui relie Frederikshaven à Hambourg. Nous croisons deux pèlerins chargés d’un gros sac à dos, ça doit être très lourd pour le dos. On se dit qu’on est bien avec nos sacoches sur le vélo, et les épaules toutes légères…
Menu de la fête des mères: hamburger de sardines avec carottes du marché! Au milieu de cette forêt magique, c’est tout simplement délicieux…
Dans cette région, nous observons beaucoup de bâtiments couverts de panneaux photovoltaïques, surtout des fermes, mais aussi des maisons individuelles. L’énergie solaire et l’éolien semblent être très développés.
Nous faisons halte à Schuby pour déguster une pâtisserie sur la terrasse d’une boulangerie ouverte le dimanche! Il semble que les commerces soient fermés aujourd’hui… pleins d’énergie nous poursuivons entre les champs de colza et les forêts…
Nous montons la tente au camping de Süderholz à Sieverstedt, un petit camping à la ferme, sympa. Petite réunion de famille avec les enfants par FaceTime, c’est trop bien! Joli cadeau pour la fête des mères…
Lundi 9 mai
Mon matelas s’est progressivement dégonflé…on a dû y remédier par deux fois, on ne comprend pas, il est neuf et ça doit venir de la valve car si c’était un trou il se dégonflerait beaucoup plus rapidement! On cherche un revendeur Exped sur Google qu’on pourra trouver à Flensbourg… en y passant aujourd’hui.
Nous arrivons à Flensburg en fin de matinée. Une fois dans le shop de matériel de randonnée, on explique la situation au vendeur. Il n’a pas ce même matelas avec les plumes, mais il propose de l’envoyer au service après-vente et de le faire rapatrier en suisse. Il pense que ça devrait le faire… on suit donc ses conseils et on achète un autre matelas, pas aussi confortable…on croise les doigts pour que ça aille!
Rien de tel qu’un délicieux petit espresso pour se remettre de ses émotions!
Flensburg est la ville frontière avec le Danemark. Elle se situe au bout du fjord de Flensburg donc sur la mer…
Après avoir rassasié notre estomac avec des croustillants fish-and-chips on quitte l’Allemagne pour rentrer au Danemark…
Nous quittons la maison de mon enfance et mes parents chéris par un bel après-midi ensoleillé, après avoir dit au revoir à la famille, une larme au coin de l’œil… c’est à nouveau difficile de laisser ses enfants pour plusieurs mois, et l’idée de ne plus pouvoir les serrer dans mes bras me chagrine beaucoup! Mais ils seront là, dans notre cœur et…au bout du fil aussi :-))
C’est donc le grand départ, pour six mois si tout va bien, si la santé ne nous fait pas défaut et la situation géopolitique si tendue ne se péjore pas au point où nous devrions rentrer au plus vite… dans cette période tellement chahutée et incertaine, il faut une bonne dose de confiance pour se lancer dans l’aventure…
Nous tentons notre chance, et nous sommes heureux de pouvoir repartir sur nos belles montures, astiquées et rutilantes grâce à l’huile de coude de mon cher mari! Merci Yves…
Au départ de la gare de Lausanne, le train pour Bern est annoncé annulé pour problème technique! ça commence bien… mais chanceux que nous sommes, au dernier moment, un train de remplacement est mis en place! Nous pourrons prendre notre correspondance pour Bâle, chouette!
La gare de Bâle est très jolie avec ses arceaux et ses verrières abritant les quais. Nous nous installons sur une terrasse joutant la gare pour manger une délicieuse salade orientale chez Tibits…
Nous montons dans le train de nuit pour Hambourg, les vélos déposés dans la voiture 305, les bagages ( chacun 4 sacoches, un gros boudin et une sacoche avant, soit 27 et 30 kg par personne) transportés en vitesse jusqu’à la voiture 301… et le contrôleur nous annonce que nos places ont été attribuées à des voyageurs montés à Zürich! Après un moment de panique il nous propose la cabine voisine qui par bonheur est libre… ouf, on se couche exténués par toutes ces émotions! Un départ est toujours un bouleversement émotionnel, même si aujourd’hui c’est plus sereins que nous mettons les voiles qu’il y a une année.
Mardi 3 mai 2022
Après une nuit quelque peu agitée, nous arrivons à Hambourg sous un ciel bien bas et bien gris… nous quittons notre étroite cabine-couchette à la gare d’HAMBOURG ALTONA qui est le terminus, ce qui nous laisse plus de temps pour descendre les bagages sur le quai et aller chercher nos vélos dans la voiture en tête du train! La majorité des voyageurs descendent à la Haupt Bahnhof, donc nous sommes tranquilles.
Nous descendons au bord de l’Elbe, face aux docks et aux grues portuaires qui se détachent dans le ciel gris. Il se met à pleuviner, on sort nos vestes et on s’emmitoufle pour se tenir bien au chaud…un vent froid nous accompagne dans la découverte de cette ville magnifique.
Le quartier de St Pauli,
puis nous cherchons à nous mettre à l’abri de la pluie dans le tunnel qui passe sous l’Elbe, l’Alter Elbtunnel: construit en 1911 pour relier le centre-ville aux docks et aux chantiers navals du port. Il mesure 426 m de longueur et se trouve à 24 m sous la surface de la terre. On emprunte un ascenseur qui peut contenir 80 personnes ainsi que des cyclistes et on se retrouve en face de notre point de départ.
La pluie tombe toujours à notre sortie, nous cherchons un petit coin où nous mettre au chaud, tout en ayant un œil sur nos vélos car on nous a dit qu’à Hambourg, les vélos disparaissent vraiment rapidement! Voilà l’endroit idéal… café ALEX , nos montures sont à l’abri des grands parasols et nous bien au chaud devant un café et un cappuccino fumant, avec vue sur le port. Lorsque nous reprenons notre chemin, la pluie a cessé et le ciel s’éclaircit…
Binnenhafen… et le pont des serments des amoureux… avec leurs cadenas accrochés à la barrière.
Nous allons au gré des ruelles et nous en prenons plein les yeux … cette diversité sans fin d’architecture ancienne et moderne se côtoyant harmonieusement est un vrai régal! La ville est très arborisée, beaucoup de verdure dans les rues.
Sandtorhafen…
Place Magellan
Canal Ste Ann, instant magique avec l’ambulance qui passe au dessus de la péniche :-)…
Pause dîner sur la Rathausplatz où le soleil fait son apparition et nous réchauffe un peu de ce vent froid… puis découverte d’une belle vue sur la vieille ville et ses clochers depuis le bord du lac sous le Lombardsbrücke. Plusieurs bancs attirent de nombreux amateurs contemplatifs dont nous faisons partie.
Puis direction St Michaelis, quartier dans lequel nous avons réservé deux nuits d’hôtel aux Citadines… grâce à un bon offert avec générosité par l’ex employeur d’Yves. Un grand merci! Très chouette petit studio avec une belle vue sur les toits. Nous pouvons mettre nos vélos dans le garage souterrain à l’abri des éventuels voleurs…
Après une sieste nécessaire pour récupérer de notre mauvaise nuit, notre estomac criant famine nous tire de notre sommeil profond et nous conduit dans un très sympathique quartier populaire à 300 m de l’hôtel, le GrossNeumarkt Platz où nous avons le choix de nombreux bistrots. Nous choisissons le Capriccio, super resto italien que nous vous conseillons vivement! Des gnocchis aux asperges pour moi et des raviolis aux épinards pour Yves, tout ça fait maison et fondant dans la bouche…tout simplement délicieux! Accueil très sympa par du personnel italien 🙂
Mercredi 4 mai 2022
Nous avons savouré notre avant dernière nuit dans un bon lit et profité d’une dernière grasse matinée dans une chambre chauffée… avant de repartir à la découverte de la ville à pieds cette fois-ci. Le soleil est là, mais il fait froid et la doudoune est toujours de mise. Le jeune homme à la réception nous dit que nous avons de la chance avec la météo car il est habituel qu’il pleuve chaque jour à Hambourg!!! Ce n’est pas le Valais, hi hi…
Nous découvrons l’église St Nicolas, dont il ne reste que le clocher et quelques pans de murs ayant échappé au bombardement des alliés en 1943… elle sert de mémorial contre la guerre, et de point de repère architectural. Le clocher culmine à 147 m. Les gravas furent partiellement utilisés pour renforcer les quais de l’Elbe…
De nombreux groupes de touristes se déplacent dans les rues et occupent les places de la vieille ville. Beaucoup de mendiants font la manche le long des terrasses peuplées ou assis sur les trottoirs des rues marchandes. Le soir venu on croise des sans abris portant leur matelas de fortune sur le dos, ou déplaçant leurs affaires dans un caddie de supermarché. Certains font les poubelles pour récolter des bouteilles de pet, ou des cannettes qu’ils doivent certainement échanger contre quelques euros quelque part…
Balade jusqu’à l’Elbsymphonie, majestueux bâtiment s’avançant tel un navire féérique d’où sortent des flots de touristes…
A midi nous avons la chance d’assister à un concert d’orgue dans l’église de Ste Catherine…
Après avoir planché sur le blog et préparé l’itinéraire pour demain, nous ressortons souper dans une taverne typique où se pressent les locaux n’ayant pas peur du froid et avalant des pannierschnitzel et des pommes de terres rôties sur la terrasse. Nous préférons l’intérieur car demain nous pourrons jouir de la fraîcheur du soir à volonté, ha ha… chouette déco hétéroclite et chaleureuse.
Quelques nouveautés sur le site, vous trouverez différentes rubriques dans « voyages 2021 ». Ce menu est composé des différentes régions que nous avons traversées lors de ce voyage.
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Préparatifs
Nous préparons nos affaires, moins de stress que l’année passée… Les différentes sacoches sont remplies avec soin; répartition du poids, volume et étiquetage de celles-ci.
Le départ est prévu lundi 2 mai, par le train depuis Lausanne jusqu’à Bâle et ensuite par le train de nuit, Bâle-Hambourg. Nous passerons 2 nuits dans cette ville avant de commencer à pédaler.
Nous voilà prêts pour repartir en voyage avec nos vélos, nous avons planifié un départ début mai pour une période d’environ six mois. Nous allons monter au Cap Nord en Norvège, ce voyage prévu initialement l’année dernière mais auquel nous avions dû renoncer à cause de la pandémie…
Nous prendrons le train de nuit de Bâle à Hambourg, ensuite nous envisageons de remonter sur le Danemark, nous emprunterons l’Eurovélo 3 qui passe au centre du pays pour rejoindre Frederikshavn, et nous traverserons avec un bac sur Göteborg en Suède.
Nous continuerons sur l’Eurovélo 3 en direction d’Oslo, Lillehammer, Trondheim. A partir de là, ce sera l’Eurovélo 1 que nous allons emprunter, et ceci jusqu’au Cap Nord en passant par les îles Loofhoten.
Pour le retour, nous envisageons un itinéraire passant par la Finlande, puis la Suède en longeant la mer baltique, l’Eurovélo 7 «Route du Soleil » pour finalement arriver à Stockholm. A partir de là il y a plusieurs possibilités, soit un itinéraire par l’Eurovélo 9 qui longe la mer baltique par les pays de l’Est mais cela dépendra de l’actualité du moment concernant la guerre en Ukraine… en espérant de tout cœur que la paix soit revenue, ou alors poursuivre l’Eurovélo 7 pour rejoindre Berlin, Prague et l’Autriche.
Nous avons appris à nous adapter et nous ferons en fonction de ce qui sera possible… mais nous avons hâte d’enfourcher à nouveau nos vélos pour repartir à l’aventure! Alors à tout bientôt si vous le voulez bien…
Ce matin nous partons plus tard, horaire d’ouverture oblige, pour effectuer une tentative de remplacement de ma casquette perdue hier…nous allons chez Décathlon en faisant un détour par les petits passages labyrinthiques d’Angers selon Googlemap, et miracle, je ressors avec le même modèle datant de quatre ans. Je suis vraiment soulagée d’être à nouveau équipée pour affronter les éventuelles insolations, si l’été veut bien se donner la peine d’entrer en scène maintenant… Arrêt petit déjeuner avant de quitter l’itinéraire de la Loire à Vélo et de s’engager dans la Vélo Francette qui relie normalement La Rochelle à Caen, mais nous allons la suivre jusqu’à Domfront d’où nous bifurquerons pour partir à l’ouest en direction du Mont Saint-Michel par la Véloscenie … tout un programme, qui découle d’un petit éclat de verre qui s’est malencontreusement logé dans le pneu du vélo d’Yves , qui nous a conduit chez le Docteur Vélo, qui nous a conseillé de suivre cet itinéraire plutôt que celui que nous avions prévu au départ! Cette première journée le long de la Mayenne nous séduit et nous conforte dans notre choix… nous sommes loin des routes et du trafic, nous circulons sur le chemin de halage qui est un petit chemin de gravillons; nous longeons d’un côté la rivière et de l’autre une réserve naturelle marécageuse où chantent les grenouilles et chassent les aigrettes garzettes et les hérons. On retrouve des écluses et des anciens moulins et des minoteries tout le long du cours d’eau. Il y a aussi des petits ports de plaisance. Mais très peu de trafic fluvial… ainsi que très peu de cyclistes!
Petite méditation avant de savourer la bonne baguette française 😂
Nous rencontrons un troupeau d’ânes et de leurs petits, élevés pour le lait d’ânesse à but cosmétique. Ils ont une étrange fourrure qui semble muer et se détacher par pans… de belles demeures bordent la Mayenne ou la surplombent du haut des coteaux. Nous croisons quelques cyclistes mais ce n’est pas encore la foule des grands jours… par contre les châteaux et les belles propriétés se succèdent au fil de l’eau , certaines très joliment restaurées, et d’autres qui mériteraient de l’être mais n’ont pas trouvé d’acquéreurs! Nous entrons dans le département de la Mayenne. Nous terminons notre étape au niveau de Château-Gonthier, au camping du Parc, où nous attendent des petits lapins 😉 Ce camping offre de petits chalets qui ont l’air bien confortables, ils sont occupés pour certains par des ouvriers qui rentrent de leur journée de travail avec les bus d’entreprise… nous sommes heureux de voir que le ciel s’éclaircit et augure une belle amélioration pour demain!
Départ de Château-Gontier un peu plus tard ce matin puisque la pluie ne s’annonce pas pour aujourd’hui, ce qui nous laisse une marge de manœuvre pour avancer plus tranquillement. Arrêt à la boulangerie pour acheter le petit déj et les sandwichs pour le dîner. La boulangère est aux petits soins lorsqu’elle aperçoit nos vélos…elle me prépare un sandwich spécial au bleu avec œufs crudités et jambon cru. La chance! Formule avec boisson est dessert, c’est le top! Elle me coupe les sandwichs en deux pour qu’ils entrent dans les sacoches, vu leur taille, en me disant que c’est comme ça qu’elle fait pour elle même…parole de cycliste🤪 Magnifique lumière matinale pour traverser le pont sur la Mayenne…
Arrêt pour déjeuner au niveau de l’écluse de Bonchamp-lès-Laval où arrive justement l’éclusier qui débute sa journée de boulot. Il nous explique qu’il a la chance d’avoir à disposition la maison de l’écluse car habituellement elles sont mises en location, mais celle-ci est spéciale…elle est occupée par 35 nids d’hirondelles (qui sont protégées et qu’on ne peut donc pas déloger…) et la maison est considérée comme insalubre à cause de toutes les crottes et les saletés qu’elles laissent…d’ailleurs il y en a une qui me fait un clin d’œil en me l’argüant un souvenir sur mon téléphone 😳 ! Ce monsieur très sympa nous raconte qu’avec le Covid il y a beaucoup moins de touristes et de passages de bateaux…il en a comptabilisé que 87 sur ce dernier mois au lieu de 180 habituellement…donc les journées sont longues à attendre les embarcations à faire descendre ou monter dans l’écluse! Et les cyclistes sont moins nombreux aussi. Il espère que maintenant que les vacances d’été commencent ça va changer. Il nous explique aussi qu’à chaque écluse nous pouvons avoir de l’eau , parfois des wc et même la possibilité de prendre une douche ou d’installer sa tente selon le bon vouloir de l’éclusier…et que si on avait besoin d’électricité c’était possible de recharger un appareil.
Quelques kilomètres plus loin nous nous arrêtons pour observer des vaches noires qui ressemblent aux vaches d’Hérens…un énorme taureau siège parmi elles. Et un jeune gars qui est là pour s’en occuper nous explique que ce sont des vaches japonaises, qui appartiennent aux propriétaires de la magnifique maison d’hôtes qui surplombe les pâturages et qu’elles sont élevées pour la viande, pour un marché de niche dont le kilo s’achète à 300 euros… mais pas n’importe qui a le privilège de la manger! Le taureau vaut 28 000 euros!!! Et il doit trouver une solution pour que ces bovins ne parviennent plus à ouvrir les barrières…elles sont intelligentes et retirent les rondins de leurs gonds!!! Quand on lui explique qu’on est parti de Suisse, il s’exclame que s’il l’avait su au début, il ne nous aurait pas parlé!!! Vu le résultat du match de l’Euro des 8èmes de finales 😂😂😂 où la Suisse a finalement éliminé la France! On calme le jeu en disant que « nous ne sommes pas trop foot », mais nous n’insistons pas… puis petite pause café délicieux au soleil!!! ça change tout…
Très belle cathédrale à Laval…nous nous arrêtons à l’ombre de son clocher pour croquer les sandwichs au bleu et nous rafraîchir un peu. Nous apprécions aujourd’hui chaque petit coin d’ombre que ce soit le long du chemin dans les sous-bois au travers desquels il nous conduit ou sous les parasols des terrasses où nous buvons un café.
Nous arrivons au bout de notre étape du jour à Mayenne, où nous nous posons dans un très joli camping, le camping du Parc qui vient d’être rénové. Nous profitons des nouveaux appareils pour faire une bonne lessive … puis cuisinons un émincé de bœuf dans notre super petite poêle, qui nous permet de faire des menus top chef 😜… et quel bien cela fait de profiter de cette douceur revenue et enfin rester un peu le soir hors de nos sacs de couchage 🤪…
J’ai mal dormi…difficultés à trouver le sommeil puis réveil trop matinal…les oiseaux chantent déjà avec tant de joie et d’énergie , les pigeons toujours bien assez nombreux roucoulent sans se décourager ! Mais le soleil est là et la réjouissance de la perspective d’une journée sans pluie me tire du lit, enfin c’est un grand mot, plutôt du sac de couchage… pleine d’entrain, je m’habille, puis range mon petit coussin dans sa fourre, mon drap housse et mon sac de couchage dans la leur…dégonfle mon matelas et le fourre aussi dans sa pochette, chaque chose à sa place, dans mon boudin de 30 l qui se place sur le porte bagages. Puis je range chaque petit sac d’habits, chaussures, veste, trousse de toilette et linge dans mes deux sacoches arrières… départ aux sanitaires faire ma toilette, et ensuite aider Yves à démonter et ranger la tente, charger les vélos…et départ. Tout ça en une heure… aujourd’hui l’itinéraire quitte le chemin de halage de la Mayenne pour emprunter une ancienne voie ferrée sur les hauteurs de la ville , au sommet de la colline…bonne grimpette pour les gambettes! Stop boulangerie pour achat du déjeuner et du pic nic, puis on s’enfile dans un « tunnel de verdure » qui nous conduira à travers la campagne qu’on n’apercevra que par moments tant la forêt est dense… et bien fraîche ce matin, profitons-en avant la chaleur orageuse de l’après-midi! Nous ne croisons que très peu de monde…
A un moment du parcours, nous longeons l’ancienne voie ferrée qui est utilisée comme « vélo-rail » pour les touristes, une sorte de wagon vélo qui avance à la force des mollets et des coups de pédales. Mais ça doit être ouvert le week-end, en tout cas pas aujourd’hui. Nous traversons la Varenne, un cours d’eau qui se jette dans la Mayenne et qui a la même couleur brune…
Puis nous quittons la voie verte sur conseil d’un habitant rencontré en bordure de chemin, pour passer par Saint- Fraimbault, petite bourgade fleurie et par les collines environnantes, ce qui nous change de notre tunnel de verdure 😜 et nous apprécions de monter et surtout de descendre ces collines…
Nous arrivons en début d’après-midi à Domfront, très pittoresque bourgade moyenâgeuse dominant la campagne du haut d’une colline qu’il faut gravir à la force de nos mollets déjà bien fatigués! Nous sommes contents de trouver un joli camping municipal où nous mettons tout d’abord sécher le tapis de tente, la tente ainsi que le double toit qui étaient bien humide ce matin, mais qui sont rapidement secs et installés 😉 , ensuite, aérer les sacs de couchage et gonfler les matelas.
Une fois rafraîchis par une bonne douche, nous partons visiter le bourg et ses ruines , une forteresse datant du XII ème siècle … « Domfront reste l’avant-dernière place forte tenue par les Anglais lors de la reconquête de la Normandie par le Roi de France en 1450. »
Et nous découvrons une magnifique église faisant partie du patrimoine du XXème siècle en Normandie, l’église Saint-Julien. « Elle date de 1924, correspond à une œuvre originale de style Noé-byzantin avec une structure en béton armé, un décor art-déco teinté de réminiscences arméniennes et de la présence d’un important clocher éteignoir ». Elle est vraiment originale et magnifique…
Nous préparons notre souper ( risotto aux poireaux et lardons) en buvant l’apéro et en encourageant la Nati dans le match des 8èmes de finales de l’Euro😉… dommage pour ces tirs aux buts mais bravo quand même à eux!
J51- J52 3 – 4 juillet La Véloscenie
Depuis Domfront nous empruntons maintenant la Véloscenie qui part de Paris et va jusqu’au Mont Saint-Michel. C’est aussi une ancienne voie ferrée qui nous emmène à travers la campagne normande mais sans vraiment traverser des villages…nous trouvons quand même un petit bar à Bion qui fait dépôt de pain où nous pouvons nous ravitailler pour le pic nic et boire deux bons cafés pour nous donner un petit coup de fouet. Le ciel est très menaçant, nous dépassons deux jeunes cyclistes attablés et dégustant leur pic nic qui nous font joyeusement signe. Nous les retrouverons plus tard au Mont Saint Michel… et quelques minutes plus tard un rideau de pluie s’abat soudain sur nous ! Heureusement nous sommes plus ou moins à l’abri sous des arbres et nous attendons que la rincée passe. On se demande comment les deux jeunes ont pu s’abriter, car c’est si soudain qu’il faut être bien rapide pour tout rempaqueter!!!
Mais le soleil revient vite et nous permet de sécher nos sacoches et nos vestes avant de les ranger pour un moment… nous décidons d’aller jusqu’au Mont Saint-Michel et de passer le week-end là-bas, on n’est plus très loin! Les paysages sont magnifiques, plus vallonnés et les contrastes de couleurs splendides avec le soleil jouant dans de nombreux châtaigniers en fleurs qui se découpent sur le ciel noir… je pédale à toute vitesse, pleine de cette énergie joyeuse qui m’habitait lorsqu’enfant nous allions en famille retrouver la mer!!! Quel magnifique panorama s’offre à nous en arrivant à l’embouchure de la Sélune… un vaste estuaire où la rivière serpente entre des pâturages où paissent des centaines de moutons. L’odeur de la mer, de l’iode nous prend les narines et nous respirons à fond pour nous en imprégner…nous voilà arrivés jusqu’à la Manche. Nous avons fait à peu près 1300 Km depuis notre départ de Lausanne il y a pas encore 3 semaines. Génial…
Il nous reste encore une quinzaine de kilomètres jusqu’au Mont Saint-Michel. Nous l’a percevons de loin et sous toutes les coutures…Il est majestueux! Un fort vent de face nous ralentit et nous sommes bien contents d’arriver au camping … une fois la tente montée nous prenons nos vélos pour aller le voir de plus près! C’est vraiment particulier ces immenses étendues de sable à perte de vue, la mer est si loin, c’est marée basse. Des reflets de l’eau qui brille dans lesquels joue la lumière … nous avançons sur la digue construite il y a quelques années et où des navettes conduisent les touristes qui ont dû déposer leur véhicule dans des parkings. Nous aurons le temps de visiter le rocher demain lors de « notre journée de congé »…
Nous prenons un bon repas au restaurant, pièce de bœuf pour Monsieur et pavé de saumon pour Madame 😂…
Journée de dimanche très variable avec de la pluie en début de matinée, une grosse averse lorsque nous prenons la navette qui nous conduit au Mont Saint-Michel, mais le ciel se dégage vite, et à nouveau une petite rincée … il y a du monde mais ça va, nous arrivons à nous faufiler jusqu’à l’Abbaye où est donné la messe du dimanche, c’est un vrai labyrinthe de salles et d’escaliers qui nous mènent sur les terrasses surplombant la baie…incroyable comme c’est beau, on resterait des heures à scruter l’horizon et regarder la marée envahir cette grande baie, dont la mer pour l’instant est à des kilomètres! Les goélands prennent la pause et font des joyeux discours , les mouettes ricanent…
Nous redescendons par de petites ruelles où nous croisons les deux jeunes cyclistes Ewan et Marius avec qui nous échangeons un moment sur nos expériences…ils sont partis de Rouan et ils vont jusqu’à Brest et reprennent le train pour Strasbourg dans cinq jours. C’est leur premier voyage à vélo et ils sont tout contents de glaner des renseignements sur notre matériel entre autres… rencontre bien sympa, mais ils sont un peu pressés de visiter et de repartir sur Saint Malo pour y dormir ce soir. Nous on va se manger une bonne galette bretonne avec une bolée de cidre délicieux, miam…
On aperçoit pas mal de groupes sur les sables de la baie à marée basse qui se promènent avec un guide, c’est très fortement déconseillé voire peut-être interdit de se lancer seul à la conquête de ces grands espaces qui sont menacés de différents dangers…sables mouvants, marée qui monte très vite… il y a d’ailleurs les secours qui sont sur pied de guerre car la marée remonte lorsque nous quittons le rocher…
Retour au camping et entretien des vélos pour Yves, avec présence inédite d’une petite compagne qui ne veut pas quitter son vélo 😅…et écriture du blog pour ma part. Et je voulais vous remercier, vous qui me donnez des retours positifs de la lecture de notre blog, ce qui m’encourage à poursuivre car c’est un travail important🤪 et c’est trop bien de pouvoir garder un lien « avec notre vie d’avant » par votre intermédiaire… et d’avoir des nouvelles de la Suisse!
Mardi 7. Une petite brume se lève alors que nous plions la tente, en évitant de marcher sur de grosses limaces qui sortent du bosquet à côté duquel nous nous étions installés pour être à l’ombre hier soir! Nous avions prévu le coup et mis nos sacoches avant sur les vélos pour éviter l’invasion de ces petites bêtes gluantes et pas du tout les bienvenues lorsqu’elles se hissent jusqu’à l’intérieur de nos affaires si nous avons le malheur d’oublier de fermer correctement nos sacoches … nous quittons Hesperange après nous être arrêté à la station d’essence pour prendre un café à l’emporter et un croissant. Là nous observons toutes sortes d’ouvriers, maîtres d’état ou commerciaux qui ressortent avec leur déjeuner… et nous imaginons notre fils Samuel qui doit être aussi dans cette situation 😉. Ici au Luxembourg, les routes sont bordées d’arbres alors que chez nous ils les ont tous rasé pour cause de risque d’accident… on peut repérer les routes dans les collines lorsqu’un serpentin d’arbres se dessine au loin! Nous apercevons quatre cheminées de centrale nucléaire au loin, qui sont en fait en France…
Nous roulons sur une petite route agricole et nous nous arrêtons pour admirer le paysage qui se déploie à nos pieds et déguster encore un croissant avant de plonger en bas de la colline et de remonter de l’autre côté… les champs sont fraîchement labourés et dégagent cette odeur de terre humide que j’aime particulièrement.
Nous continuons l’itinéraire en suivant une ancienne voie ferrée qui suit le relief tout autour des collines mais en restant à plat. Nous traversons de belles forêt puis soudain nous débarquons dans un paysage tout différent, des coteaux recouverts de vignes. C’est la qu’on s’aperçoit qu’on descend vers le sud et qu’on retrouve les vignobles…
Yves s’arrête pour goûter le raisin…le blanc est acide mais le noir est plus sucré, pourtant on sent les pesticides sur la langue, dommage.
Nous rencontrons encore des troupeaux de vaches allaitantes et lorsque nous nous arrêtons pour les saluer, le taureau veille au grain et nous observe 😅…
Nous rejoignons la Moselle à Remich où nous nous arrêtons pour boire un café. C’est assez touristique et il y a des grands bateaux de croisière.
Nous arrivons à Schengen, une maison plutôt incroyable surplombant la rivière se dresse majestueusement … il nous suffit de passer le pont pour traverser la Moselle et nous nous retrouvons en Allemagne…
Puis quelques centaines de mètres plus loin…nous sommes en France!
La France… la Lorraine
Nous devons remonter sur le plateau, il y a des endroits où la côte est bien raide…c’est dur, et sous le soleil de midi tapante, je dégouline 😅… c’est drôle car les noms des localités sonnent allemand. Au vu de l’histoire mouvementée de cette région qui passa au gré des périodes historiques du côté germanique ou francophone…Au loin nous apercevons le château de Malbrouck, perché sur une colline.
Nous continuons la montée jusqu’au sommet au niveau de Launstroff où nous bifurquons sur une petite route indiquant « menhirs de l’Europe » qui est un projet artistique initié par un allemand Paul Schneider en 1991 , visant à créer un symposium sur la route qui longe la frontière entre Launstroff ( France) et Wellingen ( Allemagne). il y a 32 sculptures monumentales dont en voici quelques-unes… je suppose qu’à l’époque il n’y avait pas encore ce grand parc éolien tout le long du relief…
Lorsque nous arrivons en bas de la longue descente, nous nous rendons compte que nous sommes en Allemagne 😅
L’Allemagne
Depuis Wellingen nous suivons une route principale puis une voie verte à travers la forêt nous amène jusqu’à Rehlingen-Siersburg où nous avons prévu de dormir au camping au bord de la rivière Nied.
Nous nous installons sur une jolie place ombragée trop contents de pouvoir se mettre au frais. Et nous entendons nos voisins parler français, on regarde les plaques de la voiture, ce sont des bernois… un couple âgé dont la dame est de Lausanne , ils sont là depuis 15 jours, habitués de ce camping car leur fille habite tout près. Après avoir babillé un moment, Mme se déplace et nous apporte des branches de chocolat ovomaltine pour notre voyage de demain🤩😉. Trop sympa. On voulais leur proposer de faire un apéro, mais ils se mettent à table pour souper à 17 h … et leur fille passe les voir après, donc pas d’apéro! Des canards ont élu domicile au bord de la rivière et viennent picorer les pommes tombées sur les places de camping, par groupes de deux ou trois.
Mercredi 8. Ce matin, trois demoiselles canes se dandinent autour de nous alors que nous rangeons nos affaires et préparons un bircher. Elles sont marrantes, elles se déplacent toujours les trois ensemble, ça doit être trois sœurs🦆🦆🦆… aujourd’hui l’itinéraire nous fera longer la Sarre sur une voie verte.
Début bucolique où nous croisons des péniches et un jeune gars qui se déplace sur son paddle…David et Goliath 😅
Plus on avance, plus la région devient industrielle. On passe de l’agriculture à la sidérurgie en passant par les nombreuses centrales nucléaires qui ne sont plus en fonction mais toujours debout…
Et tout un « essaim » de pigeons que nous dérangeons alors qu’ils se régalaient de graines de céréales moissonnées et restées dans le champ 😃
Petite pause baguette et nutela pour se donner un peu d’énergie …les pigeons sont en conférence au sommet😂! Et un petit écureuil cherche son déjeuner sans nous avoir vu 🐿
A la hauteur de Völklingen, nous passons à travers une ancienne usine de métallurgie? Pour le moins très impressionnant…
Recyclage du métal?… ce sont des voitures en cube?
Nous croisons étonnement beaucoup de gens à vélo, des personnes d’un certain âge en balade avec leur vélo électrique, alors que nous trouvons que cet itinéraire n’est vraiment pas des plus intéressant…mise à part qu’il est plat😂… par la suite une fois que nous avons quitté ces importantes zones industrielles l’itinéraire redevient plus sympa…
Re- la France…
La Sarre fait la frontière entre l’Allemagne et la France depuis la sortie de Sarrebruck, et nous sommes en France sur les deux berges depuis Sarreguemines… nous n’aurons pas été très longtemps en Allemagne! Il fait encore très chaud aujourd’hui, ils annonçaient 27 degrés. Nous recherchons de l’ombre pour faire une pause, il y a deux bancs au bord du canal, un cycliste y est déjà assis. Nous engageons la conversation, au début nous ne comprenons pas bien ce qu’il dit, ils ont un accent allemand ici en Moselle 😅 ils sont bilingues nous dit-il. Il nous raconte qu’il a vu plusieurs biches qui se sont noyées en voulant boire dans le canal sans pouvoir remonter sur la berge à cause des murets…et que l’année passée deux enfants se sont noyés dans le canal, quelle tragédie !
Nous quittons le canal à Sarralbe pour y faire des courses pour le souper, très jolie petite bourgade…
Puis nous arrivons à Keskastel où nous avons décidé de passer la nuit dans le camping municipal au bord d’un petit lac, très sympa.
Il y a une zone baignade qui est encore bien occupée par des familles locales et des jeunes qui font les fous 😂…et de l’autre côté ce sont les pêcheurs qui qui lancent leurs appâts et autres leurres pour attraper des brochets ou des carpes…on est gâtés, il y a une table de pic nic à proximité ! Sinon, le camping est relativement désert…
Jeudi 9. En étant sous les arbres, la tente est beaucoup moins humide de rosée, c’est une bonne constatation à retenir😉 … nous profitons encore de la table de pic nic pour déjeuner avec un bon bircher, il y a pire comme petit dej 😂…
Nous suivons le canal parallèle à la Sarre, le ciel devient bien menaçant et nous finissons par avoir une petite averse, mais qui s’avérera être la seule que nous rencontrerons aujourd’hui, même si nous passons après la pluie à certains endroits où il reste de bonnes flaques d’eau comme preuve d’une averse orageuse… nous enfreignons l’interdiction de circuler rencontrée à un moment et nous nous retrouvons nez à nez avec une camionnette de géomètres qui font des mesures en vue certainement de travaux sur la voie verte qui s’affaisse sur plusieurs kilomètres déjà…ils rient en nous voyant arriver!
Nous traversons une zone de lacs et le canal passe au milieu… une expo photo en pleine nature, c’est sympa.
C’est l’heure de la pause …Miam, un escargot au chocolat!
Certaines maisons d’écluse sont abandonnées, d’autres bien entretenues…
A un moment donné, il y a une bifurcation où le canal de la Sarre se jette dans le canal de la Marne-au-Rhin, direction Nancy à l’ouest et direction Strasbourg à l’est. Et un obstacle pour les cyclistes chargés de grosses sacoches comme nous nous attend😅 le concepteur de cette passerelle nous permettant de traverser le canal ne doit certainement pas être un cycliste!!! Il y a une rampe très étroite et collée à la barrière, on est obligé de décharger les vélos pour les monter sur ces escaliers très raides et se mettre à deux…
Ce canal de la Marne-au-Rhin en très frequenté par des bateaux de tourisme, des petites péniches de location ou même des grandes luxueuses avec personnel de bord😂… et lorsqu’elles doivent croiser dans un virage, les petites doivent reculer pour laisser passer Madame…
Les prémices de l’automne se dévoilent au fil de l’itinéraire, mais aujourd’hui beaucoup de feuilles jonchent le sol.
Nous approchons de l’Alsace, les cigognes en sont la preuve😃!
Un petit béquet que je n’ai pas anticipé, et me voilà bonne pour pousser mon vélo car je n’ai pas la bonne vitesse pour l’appréhender 😅
Comme c’est lourd!😱😅
A la hauteur de Arzviller, nous descendons le long d’un canal désaffecté de 16 écluses, la Vallée des Éclusiers, sur une longueur d’un kilomètre. Elles ont été remplacées par un ascenseur à bateau sur un nouveau tronçon de canal… c’est une magnifique petite vallée dans la forêt, dominée par de hautes falaises de roches rose-rouge qui sont très impressionnantes. Un écureuil géant veille sur les écluses…et même la végétation s’y installe en s’accrochant dans les failles. Certaines de ces maisons d’écluse ont été retapées . La végétation a repris ses droits et a envahi le canal… comme cela devait prendre du temps pour les péniches de remonter toutes ces écluses! Aujourd’hui elles passent par le plan incliné de Saint-Louis-Arzwillwe, cet ascenseur à bateaux ayant un dénivelé de 45 m… il a été mis en service en 1969. Nous ne sommes pas passé par là, mais j’ai trouvé cette photo sur Google qui vous donnera une idée…
La première écluse s’est recyclée en crêperie, et nous en profitons…
La voie verte emprunte l’ancien canal sur une passerelle, puis rejoint le canal de la Marne au Rhin qui longe la petite rivière Zorn, petit clin d’œil à Monique 😉🤩… nous passons en Alsace puis nous arrivons à Saverne, jolie petite bourgade perchée sur une colline et nous nous installons pour deux nuit au camping sous un grand et magnifique saule-pleureur. Nous avons une table de pic-nic à disposition.
L’Alsace
Vendredi 10. Longue nuit , nous nous réveillons à 9h30…comme ça fait du bien 😃. Journée repos, lessive, maintenance des vélos, changement de plaquettes de freins pour Yves. Et il fait beau, alors qu’ils annonçaient de la pluie! En fin d’après midi arrive un jeune cyclo-voyageur. C’est Mathieu, un genevois qui voyage depuis trois mois aussi mais il vient du Nord, il a fait l’Islande puis la Norvège et redescend chez lui… il roule aussi sur un vélo Papalagi comme nous 😉🚲🚴♂️
En fin d’après midi nous descendons à pied à Saverne puis nous nous installons sur la grande place pour boire une bière. Arrive Mathieu avec son vélo, qu’on invite à se joindre à nous. Nous passons une super soirée avec lui, mangeons un délicieux repas sur une terrasse au bord du canal. Une très belle rencontre, merci Mathieu pour ce chouette moment. Nous rentrons au camping sous une petite pluie fine, qui est finalement quand même tombée…
Samedi 11. Petit déjeuner encore au camping avant de repartir pour Strasbourg. Le ciel est bien menaçant mais la tente est sèche, pas de rosée cette nuit en ayant installé la tente sous le saule. Nous continuons de suivre le même canal de la Marne au Rhin. Petit arrêt réglage car il y a un petit bruit suspect…heureusement vite réglé.
Pause du matin dans un chouette endroit en bord de voie verte 🚤… une dame nous dit en passant en rigolant « la pause c’est seulement possible si on a une saucisse de viande »😂…vu le nom de l’endroit, muni d’un grill pour y faire rôtir des saucisses!
Nous rencontrons à nouveau des cigognes qui se réunissent souvent en grand groupe… le ciel devient de plus en plus noir 😅
Strasbourg…
On arrive à Strasbourg avec la pluie… le tram circule aussi sur une voie verte 😂…quartier européen et on continue à longer le canal jusqu’au camping. Architecture très moderne…
A l’accueil, on nous annonce que le camping est complet quand nous demandons une petite place … on nous donne une liste des campings situés 20 km à la ronde, mais ce n’est pas ça qu’on veut! On a l’intention de visiter la ville demain, donc ce n’est pas pour s’en éloigner de 20 km… on pose la question d’une location, on nous propose tout de suite un chalet mais finalement on parvient à obtenir une tente pour 48€ la nuit. Ça faisait longtemps qu’on se demandait comment c’était ce genre de location, c’est donc l’opportunité d’essayer, et en plus vu la météo ça nous évite de monter la tente sous la pluie… on goûte les flamenküche au bar du camping et on passe un début de nuit très bruyant, la tente d’à côté est occupée par huit jeunes qui font la bringue jusqu’à point d’heure😅🥺🥴
Dimanche 12. Le soleil brille ce matin, super, on prend notre petit déjeuner sur la terrasse et on enfourche nos vélos pour rejoindre le centre. Il y a beaucoup de pistes cyclables et beaucoup de monde à vélo, par contre très peu de voitures ce qui est vraiment agréable.
Quartier de Notre Dame, bien fréquenté, la cathédrale est absolument magnifique… tellement de détails minutieux, quand on imagine le travail de ces artisans qui ont tout donné pendant plusieurs générations ( 150 ans de construction…) on la verrait de très loin, depuis la forêt Noire avec ses 142 m de hauteur!
Horloge astronomique, chef d’œuvre de la Renaissance…
Nous poursuivons notre visite à vélo, parfois à pied car les ruelles sont très fréquentées… quartier de la petite France avec ses canaux et ses ponts. Les maisons typiques alsaciennes, à colombages, c’est très beau et les décorations florales ajoutent de la vie et de la couleur. Nous nous arrêtons sur une petite terrasse à La Bedaine 😂 où nous savourons un délicieux hamburger Angus sauce xérès et chanterelles avec frites belges. Ici tout est fait maison nous explique le patron très jovial et ressemblant à son enseigne 😃… il cuisine des produits de qualité et nous explique cuire sa viande à cuisson très lente , et frire les frites dans de la graisse de bœuf ce qui évite les odeurs de friture et les rend moins grasses…
Lundi 13. Aujourd’hui est un grand jour pour notre fille aînée Marie… elle défend son travail de Master à Lausanne, nous allons penser très fort à elle. La fin de nombreuses années d’études récompensées! Et c’est une magnifique journée qui s’annonce…ici en tout cas et à Lausanne aussi 🌞. Nous quittons Strasbourg par une voie verte qui nous emmène au sud ouest de la ville et nous croisons beaucoup de personnes à vélo qui se déplacent pour aller au boulot. Yves me dit plusieurs fois de « tenir ma droite » car j’ai tendance à rouler au milieu de la voie 🥴La ville se prête bien à la mobilité douce. Nous longeons le canal de Muehlbach, qui semble désaffecté, les écluses ne sont plus utilisées et c’est plutôt du ressort des castors de gérer le cours d’eau 😂🦫🪵🦫. Nous passons sous un énorme chantier autoroutier…ça doit être une nouvelle autoroute nord-sud? Il y a encore des budgets pour l’automobile 😱🥺🥴… et les alternatives alors?!
On passe à côté de l’écluse numéro 2 qui fait buvette, un endroit vraiment adorable, mais qui est malheureusement fermé…
A Wolxheim nous rencontrons encore des oies, qui ne sont absolument pas farouches et qui semblent vouloir me croquer les mollets lorsque je passe à leur hauteur😅…
Quelles jolies habitations tout au long du parcours, des anciennes maisons en colombage , de toutes les couleurs.
On trouve aussi d’anciens lavoirs au bord de l’eau, avec les deux blocs de pierre sur lesquels les lavandières frottaient le linge encore et encore de la force de leurs bras et leurs poignets… quel mérite elles avaient alors, et leur travail n’était peut-être pas reconnu à sa juste valeur… aujourd’hui on remplit le lave-linge et « Omo lave plus blanc! »
A la hauteur de Avolsheim on aperçoit les vignes sur les coteaux au dessus des champs cultivés, on retrouve les asperges, comme en Bretagne… on quitte le canal à Molsheim sur un joli petit pont de bois😉
Depuis Dorlisheim je ne dorlote pas mes cuisses, hi hi hi…car nous devons passer un petit col dans les vignes et la route a une pente de 17% 😱…mais j’y arrive sur le vélo, avec une pause au milieu pour reprendre mon souffle, boire un coup et laisser le temps à mon pauvre cœur de retrouver un rythme raisonnable! le soleil tape fort et n’arrange pas la tolérance à l’effort…
Depuis le sommet on a une magnifique vue sur la plaine et on distingue au loin Strasbourg et le clocher de Notre Dame !
on redescend sur Rosheim et on aperçoit le massif des Vosges à l’horizon. Petit arrêt pour goûter le raisin et vérifier sa teneur en sucre 😉
Nous nous accordons un bon petit expresso dans cette bourgade bien touristique…
Une surprise en levant les yeux lors d’une pause à l’ombre au milieu des vignes 😂🍾🍾…deux bouteilles accrochées à une branche! Dommage elles sont vides…est-ce une offrande à Bacchus, le dieu du vin, pour que la vendange soit exceptionnelle?
Nous atteignons Barr au milieu de l’après midi et nous nous installons dans le tout petit camping St Martin juste à côté de l’école où les enfants crient et courent dans le préau, jusqu’à ce que la récré soit terminée et que la maîtresse les remettent à l’ordre pour écouter les consignes…on entend alors les mouches voler😅. On appelle Marie en fin d’après-midi pour avoir ses impressions. Elle est d’ores et déjà « masterisée » et son travail va même être publié 🤩🥳💥🍾🥂💐👩🎓 on est très fier d’elle et de son parcours atypique et enrichissant!
Mardi 14. Nos jeunes voisines, trois randonneuses du GR 5 allemandes , ont bien toussé la nuit passé…j’espère qu’elles n’ont pas contracté le Covid les pauvres! Nous nous arrêtons au centre ville pour boire un café et dévorer un croissant avant d’attaquer la route. Le ciel est encore bleu, ils annoncent de la pluie pour l’après-midi. L’itinéraire nous emmène dans les vignes sur de petites routes, nous suivons aussi la « route du vignoble» qui serpente entre les collines et parfois nous fait grimper un peu… cet itinéraire dans le vignoble alsacien est vraiment très très beau 😍
Nous traversons les petites bourgades alsaciennes typiques, toutes plus jolies les unes que les autres, où se succèdent les enseignes de vignerons… Mittelbergheim,
Eichhoffen, où nous découvrons « les dessous » de ces anciennes maisons à colombages 😉… qui sont pour la plupart restaurées, où en voie de l’être! On aperçoit des châteaux forts, perdus dans les forêts sur les hauteurs et surplombant la plaine d’Alsace.
Itterswiller…
Et en général pratiquement chaque vignoble a son autel ou sa croix…
Nous croisons énormément de cyclistes ou de touristes sur leur vélos électriques, qui nous regardent de haut d’un air snob😂… pause café à Scherwiller. En Alsace, les fleuristes doivent y trouver leur compte, avec ces quantités de géraniums et autres massifs floraux qui ornent maisons, ponts, ruelles et mairies! C’est vraiment très beau…
Nous arrivons dans la région de Ribeauvillé, lieu d’origine de ma famille paternelle, les de Ribaupierre… la filiation remonte vers 1160, puis elle se serait éteinte au XVII ème siècle, mais une branche de la famille a survécu lorsqu’elle s’est enfuie en Suisse! On voit encore sur les hauteurs surplombant le village les trois châteaux forts en ruine ayant appartenu à cette famille… heureusement que ces seigneurs n’étaient pas que des sanguinaires, ils étaient aussi sensibles aux Arts, car les Ménétriers (ménestrels, saltimbanques, musiciens…) étaient sous leur protection au Moyen-Âge et le siège de leur corporation était à Ribeauvillé…il y a d’ailleurs la Fête des Ménétriers le premier dimanche de septembre, une fête médiévale qui attire beaucoup de monde…
Le Ménestrel a l’air d’avoir un doux et fidèle copain 😂 et qui a l’habitude de poser pour les touristes 📸 !
On s’installe au camping municipal, accueil très chaleureux par une adorable dame qui nous attribue une jolie place … le camping est plein, et ce sont surtout des danois, bizarre… c’est la première fois qu’on en voit dans notre voyage, et en telle concentration 😅…
Après s’être requinqué avec un café et un croustillant chausson aux pommes, on se sent mieux, mais il fait tellement lourd… on attend la pluie, qui ne nous donnera que quelques gouttes. Une bonne douche puis nous partons manger au bistrot de l’Ami Fritz. On ne se refuse rien 😂 un menu complet avec entrée, plat, fromage et dessert🤭🤪 accompagnés de bons vins alsaciens…
Retour au camping sur nos vélos, pas croisé de voiture de police 😅, et pas de pluie non plus…
Mercredi 15. Le ciel a finalement déversé quelques averses cette nuit, mais nous pouvons plier la tente entre deux…et un petit compagnon en profite pour grimper sur le casque d’Yves, espérant aller plus vite à destination 😂🐌…
La brume s’accroche au relief et donne une ambiance mystérieuse lorsque nous quittons Ribeauvillé.
Maître corbeau sur sa vigne perché…
Nous poursuivons notre route à travers de grands vergers d’arbres fruitiers, et de petits arbustes (framboisiers, cassis, myrtilles…) et ici le maire doit être un agriculteur qui ne tolère pas trop les cyclistes, vu le panneau de bienvenue qu’il a dressé sur l’itinéraire 🥺🤭
Ici les corbeaux surveillent les amateurs de grappes de raisin…
Nous retrouvons avec plaisir une voie verte qui se faufile dans la forêt, puis une route barrée…que nous allons contourner puis rejoindre par un chemin de traverse, et croiser un camion qui a dû se demander qu’est-ce qu’on faisait là! Mais on avait la route pour nous tout seuls !
Nous arrivons dans une région où les vignes sont remplacées par du maïs…mais sur des kilomètres, que des champs de maïs! Qu’est-ce qu’ils peuvent bien faire avec tout ce maïs 😱 ?
Nous nous arrêtons pour manger nos sandwichs à Neuf-Brisach, une petite ville fortifiée conçue par Vauban dans les années 1680 , avec une vue aérienne très belle géométriquement, mais une fois dedans, elle nous paraît quelconque…
Nous avons quitté l’euro vélo 5 pour rejoindre le 15 qui fait le Rhin. A l’ouest nous voyons le massif des Vosges et à l’est celui de la Forêt Noire…le ciel est très menaçant, nous nous disons que nous avons très souvent passé entre les gouttes de tous ces fronts pluvieux et que nous sommes chanceux. Petite pause dégustation d’éclairs au chocolat 😋
Au moment où le GPS annonce le 4000 ème kilomètre , le ciel nous tombe sur la tête !!! Une énorme averse comme cadeau pour nos efforts et comme clin d’œil à notre réflexion de toute à l’heure où nous nous félicitions d’avoir échappé aux nombreux rideaux de pluie laissés derrière nous…
BRAVO nos chères montures et merci pour nous avoir fait voyager sur ces magnifiques routes d’Europe …
Nous nous installons au camping de Bantzenheim, l’emplacement est plutôt joli, nous plantons la tente sous un bel arbre à haricots ! … par contre les sanitaires très peu propres et précaires… la pluie a cessé, ouf, mais il faut essayer de faire sécher nos sacoches…
Demain nous serons à Bâle! Nous retrouverons la Suisse après ce long périple de trois mois… eh oui, nous sommes partis le 15 juin, et aujourd’hui nous sommes le 15 septembre😅… 13 semaines! Nous avons vu tellement de beaux paysages, divers et variés, des fleuves, des canaux, des rivières, la mer, l’océan, des montagnes…pas comme celles de Suisse 🤪 mais des montagnes quand même… qui nous ont donné du fil à retordre et nous ont fait transpirer! Traversé des villes, des bourgades médiévales, des banlieues chics ou des villages déserts, pris des ferrys, des trains…fait de belles rencontres, partagé de super moments avec des parfaits inconnus, reçu des encouragements, des sourires, des regards admiratifs, des témoignages très touchants, mais aussi croisé des gens snobs et hautains sur leurs vélos électriques n’ayant aucune conscience de ce qu’est réellement un voyageur à vélo musculaire 😂… nous sommes très reconnaissants de cette magnifique aventure, que tout se soit bien passé. Un grand merci à nos vélos qui se sont comportés comme des chefs, fidèles et loyaux, chaque matin prêts à repartir sur la route.
Notre projet de passer l’hiver en Nouvelle Zélande tombe malheureusement à l’eau vu les circonstances sanitaires actuelles… mais nous espérons que l’année prochaine sera meilleure, et que nous pourrons repartir au printemps pour le Cap Nord, notre projet initial. On verra bien! Ce qu’on a appris, c’est l’adaptation, la souplesse, vivre l’instant présent et faire avec ce qui nous est donné… il y a toujours une solution, un chemin différent à prendre si un obstacle se présente 😉.
Sortir de sa zone de confort, autant au niveau de la sécurité, la prise de risque, l’inconnu, que le manque de confort lui-même… supporter le froid, l’humidité tenace qui s’insinue partout, le vent, la pluie, la chaleur, la boue… et la satisfaction de vaincre ces difficultés et de se soutenir l’un l’autre pour y parvenir. C’est une belle aventure 😍
Mais il faut aussi se reposer pour pouvoir avancer, donc je vous laisse et range l’iPad pour sombrer dans un bon sommeil réparateur…
Jeudi 16. La pluie est encore tombée cette nuit, nous partons plus tard ce matin pour la laisser s’éloigner… un petit escargot a trouvé refuge pour la nuit sur mon porte gourde 🥴. Nous décidons de quitter les champs de maïs pour suivre plutôt l’itinéraire du bord du Rhin qui nous fait passer sur la rive allemande . Nous le traversons sur un pont qui est en travaux et la piste cyclable qui rejoint le fleuve est fermée 🥺… Yves descend en éclaireur un petit chemin pédestre, les barrières ont déjà été ouvertes par d’autres cyclistes et nous nous engageons pour passer sous le pont. Des ouvriers sont en train d’installer des échafaudages et nous font signe lorsque je sors mon téléphone pour les photographier 😂…
Il se remet à pleuvoir, nous remettons la veste, puis cinq minutes après c’est fini…on se déshabille puis de nouveau, une averse plus importante nous oblige à nous abriter sous les arbres…
Nous nous rapprochons de Bâle, le ciel s’éclaircit.
Retour en Suisse…
Nous passons la frontière en traversant le pont …nous revoilà à notre point de départ, Bâle, où nous pensions pouvoir partir pour le cap Nord début avril lorsque nous avons quitté la Vallée …
Nous nous arrêtons boire un café dans une petite guinguette sur les quais…et là, on prend conscience qu’on est à nouveau en Suisse! Le prix du café 😅😱… en France 1€50… ici 4.50frs… ainsi que le camping. Hier soir nous avons payé 10€ la nuit, ce soir nous paierons 35 frs.
Des petits moineaux prennent leur bain🤩
Nous passons la nuit à Reinach, les vélos ont besoin d’un petit coup de dépoussiérage 🤭🥴 merci chéri pour le ménage 🤪!
Vendredi 17. Le soleil nous accompagne alors que nous quittons Reinach , nous suivons la voie ferrée sur une petite route qui passe entre les massifs rocheux du Jura…c’est à ce moment-là que nous nous sentons enfin de retour au pays🤩
Les petites vaches jurassiennes 😍…
Nous nous installons à Delémont et sortons toutes nos affaires pour les faire sécher… tout est très humide. On en a un peu marre de cette humidité! Et ils annoncent le retour de la pluie… on va voir la famille d’Yves ces prochains jours, puis rentrer à vélo jusqu’à Lausanne.
Nous serons en Valais jusqu’au prochain voyage, qui on l’espère pourra se faire au printemps… on vous tiendra au courant 😉. On vous remercie de tout cœur pour votre intérêt et votre fidélité à nous lire si régulièrement… prenez soin de vous. Gros becs à tous 😘
Mercredi 1er. Nous plions la tente toujours bien humide mais surtout pleine de gazon qui colle au tapis de sol, ils avaient tondu hier, le premier jour de sec depuis longtemps, après avoir été inondé lors d’un gros orage le 14 août… nous en avons aussi plein les sandales. Nous nous arrêtons à la station service pour faire le plein…de nos bouteilles pour le réchaud à essence. Yves devient plus adroit et parvient maintenant à ne plus en mettre partout 😅… c’est qu’il ne nous en faut que 0,4 l par bouteille et le pistolet crache à bon débit! Le ciel est gris et il fait froid, nous sommes contents d’avoir la veste mais nous nous réchauffons rapidement en pédalant…Nous longeons la Meuse et nous arrêtons pour laver nos pieds et nos sandales dans l’eau. De très belles maisons sont juchées sur les hauteurs surplombant le cours d’eau où alors presque les pieds dans l’eau…
Nous arrivons à Dinant, très jolie petite ville colorée qui doit être bien touristique, mais désertée aujourd’hui car les vacances sont finies… la semaine passé avait lieu le festival de jazz, quel dommage on l’a juste manqué! Le pont est même orné de saxophones de toutes les couleurs…
nous quittons la Meuse pour nous enfoncer dans une petite vallée étroite et remontons sur le plateau en empruntant une petite route qui se faufile dans la forêt. Des chouettes cabanes dans les arbres sur le domaine d’un gîte nous font envie… ça serait un super projet pour la suite de faire de l’accueil avec ce genre de logement…la route est en mauvais état il faut bien regarder où on met nos roues🥴 des trous, des bosses, des bletz…
Puis après la montée dans la vallée reste encore une bonne grimpette jusqu’à un village du nom de Thynes et qui se compose d’un autre style d’architecture, de maisons de pierres grises plus grosses et que l’on retrouvera plus loin dans d’autres agglomérations. Jusqu’à présent les maisons étaient surtout bâties avec des pierres rectangulaires dans les tons rouges, et les nouvelles constructions sont dans le style des anciennes, mais avec seulement une « garniture » de ce style appliquée sur un mur en briques. Il y a certainement des directives communales à respecter quant au style …
Sur le plateau nous retrouvons les immenses étendues cultivées ou labourées à perte de vue…et les grands domaines agricoles , des fermes composées de nombreux hangars et bâtiments divers. Ils ont l’air de stocker le fumier au bord des champs et de le laisser se composter. Ensuite ils le chargent sur les épandeuses et étendent cet engrais qui a une autre odeur mais toute aussi forte et tenace😅
Nous arrivons à Hogne en fin d’après midi au camping du Relais au bord de l’autoroute🥺… mais nous n’avons pas vraiment le choix. Il n’y a personne à l’accueil, au téléphone il nous dit qu’il viendra ce soir . Il y a pas mal de bungalows résidentiels, on se demande bien comment les gens supportent ce bruit toute la journée 😩… les sanitaires ont en partie été refaits mais le système de jeton pour la douche ne fonctionne pas, et les autres sont vraiment sales et en mauvais état . Le jeune gars arrive lorsque nous préparons le souper et nous explique qu’il a rénové une partie mais que les banques ne veulent plus avancer de l’argent depuis la pandémie et il n’a pas pu acheter les 300 jetons nécessaires à son distributeur flambant neuf!!! Quelle misère ces banques… ça doit être bien difficile pour tous ces gens qui n’ont plus leur soutien pour mener à bien leur entreprise.
Jeudi 2. Départ avec la brume qui donne une ambiance mystérieuse au début de notre journée , puis le soleil fait son apparition avec un magnifique ciel bleu. Quel bonheur.
Nous nous arrêtons à Marche-en-Famenne pour prendre un café sur la place du village. Nous avons croisé une magnifique maison d’architecte.
Une voie verte longe sur plusieurs kilomètres une base militaire royale , mais top secret, bien cachée par une épaisse forêt…
Nous rejoignons les bords d’une nouvelle rivière, l’Ourthe, qui se faufile entre des reliefs recouverts de forêts et trace des méandres sinueux 😍
Des moutons tout mignons et tout câlins qui se reposent à l’ombre d’un arbre …
Et ici, même s’ils n’ont pas de montagnes, il semble que les belges puissent aussi profiter … « des plaisirs d’hiver »😉
Nous trouvons un joli camping à La Roche-en-Ardenne, le camping de l’Ourthe. Au bord de l’eau, mais il reste encore des dégâts suite aux inondations d’il y a six semaines où la rivière est montée d’un mètre cinquante et a emporté 40 caravanes 😱 Heureusement qu’il n’y a eu aucune victime, seulement des dégâts matériels. La tenancière nous explique que suite à de très importantes précipitations ils ont dû ouvrir le barrage qui se situe plusieurs kilomètres en amont et qu’ils ont évacué le camping un peu en catastrophe.
La rivière est fréquentée par toutes sortes d’individus 😃
Nous allons au village à pied histoire de nous dégourdir les jambes🥴
Il y a vraiment d’excellents tagueurs ici en Belgique, sans doute la relève de tous ces fameux dessinateurs de BD…
On voit encore quelques restes de débris sous le pont, tels des sculptures avant-gardistes 😅
Vendredi 3. Il fait si bon ici, le calme de la rivière et le bruissement de l’eau qui nous berce, le soleil matinal déjà au rendez-vous nous décident à rester une journée supplémentaire pour profiter de tout cela… et un petit rouge gorge essaie de faire avancer mon vélo, mais je lui dis qu’il doit encore manger quelques insectes pour renforcer ses gambettes avant de pouvoir partir en voyage 🐦…
Samedi 4. La nuit fut un peu bruyante car hier soir sont arrivés beaucoup de campeurs pour le week-end. Nous partons un peu après 8 heures et l’air est vraiment frais😅… un bel ange sur notre chemin se dresse et réchauffe ses ailes au soleil.
Nous montons dans une petite vallée qui est encore à l’ombre et on se gèle les orteils, les oreilles frisent et nos doigts sont prêts à tomber 😂… on est bien content de retrouver le soleil au coin d’un carrefour. La route est très jolie, on traverse des forêts de sapins qui ont été plantés très serrés, et parfois c’est si dense qu’il fait vraiment sombre là dessous!
Nous suivons Une petite rivière qui doit être fréquentée par des castors, à voir l’état de certains arbres😅
Différents types d’habitations se trouvent le long de notre route…une ferme où toutes les chèvres ont leur nom sur la façade de l’écurie 🐐, un château, des maisons très modernes … et certaines appellations de village nous font sourire…
Nous continuons à traverser des petites vallées latérales mais devons aussi parfois monter au sommet pour redescendre ensuite de l’autre côté, et avec la chaleur qui s’installe ça devient plus difficile😅 on n’a plus l’habitude de rouler en été! Mais on n’a pas le toupet de se plaindre…on l’a tellement attendu ce retour du beau temps!
Il y a toujours un petit cours d’eau au fond des vallées, et nous trouvons un chouette endroit pour les randonneurs au bord de la route, avec un petit banc, une table de pic nic et même une cabane pour y dormir sur la paille et sous le regard bienveillant de la vierge Marie 🤩
Petit ruisseau se faufile au gré du relief et forme de jolis méandres…
Des jardins bucoliques à souhait, très joliment fleuris et…où se prélassent des chevrettes sur de petites terrasses ensoleillées 😂
Nous nous arrêtons boire un café sur la terrasse d’un très joli restaurant , où la déco est originale…Ici en Belgique, on ne nous a jamais demandé de pass-sanitaire ni au camping, ni dans les restaurants… ce n’est pas comme en France. Ici les gens n’ont pas trop l’air de se soucier de la pandémie, personne ne porte de masque dans la rue ni au camping, alors qu’en Normandie nous avions souvent croisé des familles même à vélo qui portaient le masque🥺… c’était plus la psychose en France qu’en Belgique…on verra au Luxembourg comment ils gère la situation, nous y serons demain soir normalement. Alors que nous buvons notre café arrive un groupe de cyclistes qui s’installent à côté de nous. Des flamands…et devinez quoi, un seul sur les huit répond à notre salut😩… décidément, ils sont bien bougons, fiers , égoïstes ou indifférents…
Ici les animaux sont bien considérés on dirait 😉
Des plantations de sapins blancs…pour Noël? Ou auront-ils la chance de grandir comme ceux-ci…
Nous arrivons à Bastogne vers 15h, et nous nous installons au camping de Renval au bord d’un petit étang prisé par quelques pêcheurs et aussi par des canards et des oies qui font leurs besoins partout, les bancs sont inutilisables 😅 et ils se baladent dans le camping à la recherche de quelque nourriture…
Dimanche 5. On sent que l’automne est là…la rosée est vraiment très conséquente, la tente est très mouillée! On voit la trace de nos pas dans l’herbe rosée 😅 Le soleil sera de la partie aujourd’hui mais nous n’avons pas le temps de faire sécher la tente avant d’enfourcher nos vélos, une longue étape nous attend… les canards font un brin de toilette matinale 😉… et la douce lumière du début de journée rend ces petits ânes encore plus tendres, on aurait envie de les prendre dans nos bras 😍… encore des plantations de sapins, ici c’est noté que ce sont des sapins…de Noël 🎄🎄🎄
Nous croisons encore ces drôles de vaches belges, qui sont vraiment difformes, on dirait qu’elles ont été botoxées avec leur énorme arrière-train. Je me suis renseignée sur le net, c’est la race « blanc bleu belge », une race bouchère très spécialisée issue d’une race mixte et sélectionnée à l’excès selon certains… on les trouve difformes. On préfère de loin la blonde d’Aquitaine 😂 croisée au bord du chemin au Luxembourg…
Nous roulons quelques kilomètres sur une route secondaire entre les collines, passons au travers de quelques villages où rien ne bouge, le temps y semble suspendu…
Et par la suite nous serons toute la journée sur des Ravel, c’est à dire des routes à vélo où il n’y a pas de voiture…c’est trop bien, on traverse de magnifiques forêts, on suit des petites vallées et on longe des ruisseaux, des zones marécageuses comme la Sagne de notre chère Vallée …
Le Luxembourg
Puis en fin de matinée nous arrivons à Martelange la frontière avec le Luxembourg, et nous voilà encore dans un nouveau pays… et là, c’est encore mieux que la Belgique😂…les Ravel sont incroyables, un revêtement très roulant, une signalétique très claire, un marquage au sol qui indique le passage d’une voie verte sur une route principale…
Et il y a 600 km de voies vertes déjà réalisées sur les 950 km projetées … c’est le paradis pour venir faire des vacances à vélos, avis aux amateurs…et les paysages sont magnifiques. C’est toujours les Ardennes, valloné et boisé de belles forêts de feuillus ou de cultures de résineux, on croise plus de cyclistes que de l’autre côté de la frontière. Mais ce sont surtout des promeneurs en vélo électrique…ici les gens disent beaucoup plus volontiers « Moien » qui veut dire bonjour, qu’en Belgique. Ici ils parlent le luxembourgeois (dialecte incompréhensible 😅), le français ou l’allemand. On se fait apostropher par deux jeunes à vélo qui nous demandent un renseignement sur la Ravel que nous descendons, puis s’en suit une longue et très sympathique discussion sur notre voyage.
Ici les abris de chasseurs sont de véritables cabanes…🥺
Au Luxembourg les maisons sont très colorées et de toutes sortes de styles différents …
Nous suivons une ancienne voie ferrée … et passons dans un long tunnel où ruisselle pas mal d’eau, les phares sont les bienvenus!
Le long de la Ravel il y a une exposition de photographies anciennes qui nous donnent matière à réflexion sur notre mode de vie actuel, mais sans faire de morale, juste pour une prise de conscience… en voici quelques-unes.
« Celui qui jadis possédait un vélo s’offrait un bout de liberté. Le vélo s’est rapidement développé comme moyen de locomotion courant, que ce soit pour aller au travail, faire ses courses ou rendre visite à des connaissances. Mais n’oubliez pas que les gens n’avaient pas nos belles pistes cyclables d’aujourd’hui. Dans le temps on ressentait chaque trou et chaque pierre. »« Qui se déplace de nos jours encore à pieds hormis pour faire de la randonnée? Dans le temps on n’avait pas le choix. Tout le monde ne pouvait pas se payer un cheval, de sorte que la marche à pied restait le moyen le plus courant pour aller par exemple, faire réparer ses chaussures chez le cordonnier ou pour amener le linge jusqu’au lavoir. Si on avait la chance de posséder une brouette ou de pouvoir emprunter celle du voisin, il fallait encore avoir suffisamment de force et dextérité pour la manœuvrer. »
Nous arrivons à Septfontaines en fin de journée après 75 km. Il y a un petit camping de bungalows mais qui accepte les tentes, ouf… il fait vraiment super chaud😅…la tente trempée est vite sèche une fois installée sur le sol et nous pouvons monter le campement avant d’aller prendre une bonne douche et d’aller manger une assiette de frites et jambon au petit bistrot du camping.
Lundi 6. L’air est vivifiant ce matin, nous quittons Septfontaines en nous plaignant du froid, mais bien vite nous allons nous réchauffer 😅… nous devons passer un petit col pour rejoindre la voie verte que nous avions dû abandonner hier pour trouver le camping à plusieurs kilomètres de celle-ci. On monte de 100 m sur peut-être un kilomètre , c’est raide et c’est dur! Je suis déjà en nage à 8heures du matin… Mais ensuite vient la descente, youpie! Et les rayons du soleil filtrent à travers la forêt , c’est un instant magique…
J’aime capter la lumière qui se révèle à travers les sous-bois…
Quelle puissance…
Nous quittons les Ardennes pour arriver sur le plateau au niveau de Mamer, et là nous entrons dans les banlieues aisées de Luxembourg. De petits locatifs modernes et tout neufs sortent de terre, il y a des grues qui laissent deviner de nouveaux chantiers de construction à plusieurs endroits. Les villas individuelles se succèdent, plus pimpantes les unes que les autres, entourées de jardinets coquets et leurs arbustes taillés au millimètre près… et devant le garage, une Audi quattro, une Jaguar ou une Mercedes! On sent qu’il y a beaucoup d’argent par ici. J’ai lu que le PIB du Luxembourg est un des plus élevé au monde… mais malheureusement au prix d’un des impacts environnementaux les plus catastrophiques de la planète. Depuis le mois de mars 2020, les transports publics dans tout le pays sont gratuits! C’est incroyable… la Suisse devrait en prendre de la graine! Mais ce n’est pas pour autant qu’ils renoncent à leur gros 4×4… Le Luxembourg est un paradis fiscal des plus attractifs… il n’est pas grand en surface, il fait un poil plus de 2500 km2 avec une population de 635 000 habitants. Et c’est une démocratie représentative et une monarchie constitutionnelle avec un grand duc pour chef d’état , dont on verra le palace en traversant la ville de Luxembourg aujourd’hui, ainsi que la relève de la garde!
Puis nous pénétrons dans la ville de Luxembourg et nous nous posons dans un grand et magnifique parc.
Nous nous baladons dans les rues de la vieille ville où de nombreuses terrasses se côtoient…
Drôles d’engins…
Et au coin d’une rue, quelques badauds attroupés, avec leur téléphone en l’air pour photographier quelque chose d’inédit…nous passons devant le Palace du Duc , où se fait le changement de la garde 💂 💂♀️ , ce qui nous semble très comique, mais en fait c’est tout ce qu’il y a de plus sérieux !
Nous essayons de trouver le chemin qui nous mènera dans la ville basse car nous devons rejoindre la voie verte qui longe la rivière…mais ce n’est pas facile.
C’est là en bas qu’on doit descendre 😅
La basse ville est très jolie, la rivière Alzette se faufile entre des falaises de grès et a creusé son lit en vastes méandres qui serpentent dans la forêt…
Et dans ces falaises, on peut même voir des personnages 😅…
On dirait même qu’ici ils passent la nettoyeuse sur les voies vertes pour enlever les feuilles mortes qui commencent à tomber…
Et le cadeau de la journée…
soudain Yves me dit, « regarde la biche de l’autre côté de la rivière ! » je pose mon vélo et m’avance doucement, et elle me regarde, nous restons scotchées les yeux dans les yeux pendant une bonne minute, et lorsque deux cyclistes nous dépassent, elle s’enfuit… ouaw quel magnifique rencontre 🦌
Dans ce lieu magique…
Les crues et les intempéries font des dégâts et déstabilisent les arbres enracinés au bord du cours d’eau… ce qui donne un étrange spectacle
Nous trouvons un camping à Hesperange, à côté d’un joli parc 🦛🦒 et heureusement qu’il y a un petit bosquet pour se mettre à l’ombre, il fait tellement chaud😅😂
Demain nous quitterons le Luxembourg à la hauteur de Schengen.
Jeudi 26. La tente est mouillée, il a plu cette nuit… le ciel est très couvert et menaçant. Mais les rayons du soleil essaient de se frayer un chemin …nous rejoignons le chemin de halage de la Deûle et la tracé de l’euro vélo 5 est bien indiqué. On espère que ça nous évitera les mauvaises surprises😅. La Deûle est une voie d’eau très empruntée, chaque année plus de 9000 passagers et 4,5 millions de tonnes de marchandises y transitent. On se demande comment le transport fluvial peut être rentable, les péniches avancent si lentement, et les nombreux passages d’écluses prennent beaucoup de temps. Mais si ce n’était pas rentable, il n’y aurait plus de trafic fluvial…
Des oies sauvages ont élu domicile au bord du canal , on se demandait si elles apprécieraient nos mollets, mais elles nous laissent passer sans faire d’histoires!
Des cormorans profitent aussi des coins renaturalisés à certains endroits le long du cours d’eau.
Nous passons à côté d’une entreprise qui recycle le métal…en voyant ces montagnes de déchets, nous ne sommes pas fiers de notre société de consommation…
A la hauteur de Marquette-lez-Lille nous bifurquons sur un autre canal, et suivons la véloroute voie verte du Canal de Roubaix qui nous mènera en Belgique. Il y a même des habitations fixes flottantes, très jolies…
Nous avons toujours la bise par moments de face ou latéral… il ne fait pas chaud. Elle nous transporte des odeurs chimiques épouvantables bien avant que nous ne passions à côté d’une grande usine qu’on se dépêche de dépasser pour pouvoir à nouveau respirer 😱🥺😩… et quelques centaines de mètres plus loin des quartiers chics les pieds dans l’eau…
De longs escaliers à monter, mais ils ont été bien conçus car la pente est gérable même avec nos bagages, mais à pied quand même 😅. Petit clin d’œil à Hergé le long du chemin…
Arrivée à Roubaix sous la pluie, mais le temps de mettre la veste, elle cesse…il y aura plusieurs épisodes de la sorte aujourd’hui! Mettre la veste fait cesser la pluie.
Et nous traversons la frontière verte…sur la voie verte, nous voilà en BELGIQUE 😃. Nous entrons en Wallonie. Et le soleil est de retour. Génial. Mais c’est encore très noir de certains côtés 😱. Nous nous arrêtons boire un café juste après la frontière à la maison du canal. Il y a un groupe de personnes qui boivent l’apéro et qui rigolent et parlent joyeusement. Ça change tout de suite l’atmosphère, comme ça fait du bien un peu de légèreté…on a trouvé que chez les Ch’tis les gens sont très déprimés, fermés, ne répondent pas à nos bonjours lancés le long du chemin… beaucoup baissent les yeux lorsqu’on les croise ou nous regardent sans nous voir. Ici une fois passé la frontière. on nous sourit et nous salue. C’est chouette. Les Bretons aussi sont des gens ouverts et au contact facile, ce que nous avons beaucoup apprécié lors de notre route sur les côtes du nord de la Bretagne… à plusieurs reprises on nous a apostrophé avec un intérêt évident pour nos vélos bien chargés, et la curiosité qu’ils éveillaient a permis de chouettes échanges.
Nous faisons halte au bord du canal de l’Escaut que suit l’euro vélo 5 , dans un chouette bar à bière, sur une terrasse au soleil. Et on déguste une bière artisanale flamande 🍻
Avant de poursuivre jusqu’au camping à la ferme Zennijs, à Sint-Denijs😅…où nous sommes très agréablement surpris par l’accueil très chaleureux de deux étudiants, des lieux magnifiques, une ferme datant de 500 ans, et du terrain de camping …
Le vent souffle toujours très fort, mais la tente sèche rapidement 😂
Et nous pouvons nous mettre à l’abri de la bise pour cuisiner …avec une jolie vue sur …les vaches faisant la sieste dans la campagne 🤪. Les sanitaires sont très propres, il y a tout ce qu’il faut, c’est à dire papier de toilette, savon, désinfectant et même un désinfectant pour les surfaces…
Vendredi 27. Le soleil éclaire la tente à notre réveil, quelle chance, le ciel est magnifique ☀️…on lève le camp et on profite encore de cette beau dégagement devant nous et de cette magnifique bâtisse si bien restaurée…
On rejoint les bords de l’Escaut où se reflètent comme dans un miroir les arbres qui la bordent. Comme c’est paisible. Les belges font beaucoup de vélo, nous nous faisons dépasser par des cyclistes aguerris à toute allure. Un monsieur plutôt âgé fait un bout de chemin avec nous, il parle bien le français même s’il est flamand. Il nous explique que la Flandre est représentée majoritairement au gouvernement et que la Wallonie est un peu restée le parent pauvre, qu’il y a de plus en plus d’inégalités sociales et d’injustice…au moment de traverser une très belle passerelle pour rejoindre la Wallonie, il nous explique que c’est un symbole pour la région, pour rapprocher les deux régions linguistiques…un peu comme le « rœsti graben » chez nous.
En général, les Belges parlent aussi le français, heureusement pour nous car le flamand est incompréhensible, un peu comme le Schwyzerdütch🤭😅🥺… nous quittons la rivière et passons à travers la campagne, de jolies maisons ont été restaurées. Ici ce sont pour la majorité des maisons en pierres rouges, avec des toits en tuiles oranges. Parfois les murs ont été passés à la chaux.
Nous empruntons une voie verte qui est une ancienne voie ferrée traversant de magnifiques forêts de feuillus. Elles n’ont pas l’air d’être entretenues et sont laissées à l’état sauvage, de nombreux arbres cassés restent au sol. De petits coins pic-nic sympas nous incitent à nous arrêter pour y croquer notre dîner. En compagnie de petites vaches qui elles sont déjà à l’heure de la sieste et de la digestion😉
Journée à nouveau agrémentée par quelques fréquents instants de pluie qui nous obligent à nous habiller puis tout retirer 5 minutes plus tard…
Ici en Belgique c’est incroyable le réseau de pistes cyclables qui sillonnent tout le pays…en voici une idée 🤩. Elles sont numérotées et il y a des petits panneaux avec le numéro de chaque voie lors des croisements. Ici vous pouvez voir le choix de balade rien qu’en Wallonie Picarde , à vélo, à VTT, à pied ou même a cheval! Elles sont appelées des RAVéL, c’est à dire des Route à Vélo… Certains devraient en prendre de la graine😂
Ils annoncent sur la piste les… « Potelets » qui se dressent parfois au milieu pour empêcher les voitures d’entrer sur la voie😉
A Lessine, nous rejoignons la Dendre pour la longer jusqu’à Grammont ( Geraardsbergen en Flamand) où nous nous installons pour deux nuits dans un chouette camping dans le Domaine Provincial de Gavers.
Il y a peu de monde sur l’emplacement pour les tentes…on sent que les vacances arrivent à la fin. Les enfants reprennent le chemin de l’école la semaine prochaine. Super, on a aussi droit à une table de pic nic👍
Samedi 28. Nous passons notre journée de repos entre grosse lessive, entretien des vélos, balade dans le parc, étude de l’itinéraire de ces prochains jours, babillages téléphoniques et écriture du blog… entre pluie, averses et soleil, temps très variable! Le ciel peut changer d’une minute à l’autre… on se réfugie plusieurs fois dans la tente😅 et on ressort, boire une bière!
Dimanche 29. Départ sous un ciel bas et gris gris… nous devons être très vigilants en roulant car des quantités de cyclistes aguerris nous devancent comme des flèches, en peloton de nombreux individus qui parfois semblent seuls au monde et propriétaires de la route 😂😱🥴. Ils sont à fond… on pense que c’est une course cyclotourisme. Les vaches les regardent passer avec intérêt, elles ne doivent pas s’ennuyer!
Nous grimpons sur plusieurs petites collines, dont une en suivant une de ces fameuses routes pavées dont la pente est de 10%… le dos et les fesses ne sont pas trop contents de ce genre de revêtement 😅 le parcours est varié, nous empruntons de petites routes campagnardes qui desservent les nombreux villages. Les champs de maïs semblent être transgéniques tellement les plants sont hauts!
Les gens roulent plutôt tranquillement, c’est agréable. Nous passons à côté de nombreuses belles maisons, de type traditionnel comme plus moderne. Les jardins sont tirés à quatre épingles, les paysagistes ont du job ici🤪… par contre nous avons remarqué que lorsque nous saluions les gens en français, ils ne nous répondaient pas, et que les flamands doivent pour certains avoir une dent contre les wallons francophones! Donc maintenant nous lançons des « hello » plutôt que des « bonjour »… et on nous répond! Notre ami Philippe qui a vécu quelques mois en Belgique, nous a averti qu’il faut s’annoncer comme suisse si on ne veut pas être mal vu! Que c’est la guerre entre les deux régions, pire que chez nous… c’est bien triste.
Petite pause café à Halle sur la place où s’arrêtent de nombreux cyclistes pour boire une bière ou un café… puis nous rejoignons le canal Brussel-Charleroi de la rivière Aa que nous avions déjà suivi précédemment (notre épisode de galère sur ce chemin de cross dans les roseaux avant d’arriver à Saint Omer 🥴 )… il y a de nombreuses éoliennes tout le long jusqu’à Bruxelles. Nous nous arrêtons pour faire sécher la tente, juste avant qu’il ne se mette à pleuvoir. Nous avons une bonne bise qui souffle bien fort et qui nous permet de ranger la tente après l’avoir débarrassée de la rosée et de la pluie de la nuit dernière …ainsi pas besoin de la remonter dans la chambre d’hôtel 😅
BRUXELLES…
Nous croisons un…compteur de cyclistes pour Bruxelles, nous sommes les 544 et 545ème du jour, alors que pour cette année, il est à 286’342!!! Ça en fait du monde qui pédale! Nous traversons le quartier d’Anderlecht, une banlieue défavorisée où nous ne nous attarderions pas à certains coins de rue…
Nous arrivons vers 15h à l’hôtel Les Citadines à Sainte Catherine et sommes bien contents de pouvoir nous poser un moment avant de ressortir souper. La chambre est très chouette, elle est au rez-de-chaussée et donne directement sur l’emplacement où nous avons pu mettre nos vélos, dans la cour intérieure. Comme ça on a un œil dessus 😉 C’est tout calme. Séance coiffeur dans le salon »chez Yves » 😂… je ressors avec une belle coupe bien courte!
Lundi 30. Ouaw quelle bonne nuit , notre dos nous est très reconnaissant de ce petit intermède « confort »… on l’apprécie grandement. Ne pas avoir à se lever la nuit et sortir sous la pluie jusqu’aux sanitaires… on sort visiter la ville, le ciel est gris, il fait frais mais pas de pluie 👍. Nous buvons un café servi par un…neuchâtelois résidant à Bruxelles depuis 5 ans, qui dit retrouver son accent alors que nous parlons ensemble🤪… Bruxelles est très cosmopolite, mais nous croisons beaucoup de femmes voilées.
C’est très chouette de découvrir au coin d’une rue une fresque rigolote souvent en lien avec la BD … ici l’art est dans la rue , et l’humour aussi. Nous cheminons vers la Grand’Place, classée au patrimoine Mondial de l’Unesco. Grandiose, impressssionnant… magnifique. Il y a encore peu de monde et nous profitons d’en faire le tour avant l’arrivée des visites guidées. Ces bâtiments sont ornés de dorures et de sculptures, de statues dominant la place, de gargouilles semblant s’élancer des toits . On resterait des heures à observer tous ces détails sans voir filer le temps…
Ma préférée est la Maison du Roi, de style néo-gothique, avec ses petites statues poétiques qui dansent sur les toits… c’est là qu’habitait Charles Quint, d’où son nom. Elle fut reconstruite dans les années 1870-1890.
Toutes sortes de boutiques plus appétissantes les unes que les autres, avec de quoi s’empiffrer si on ne se raisonnait pas🤭😱🥴…
Et notre ami Tintin 🤩… bien entouré!
Et le petit mais non moins célèbre Manneken Pis, statuette qui est l’emblème de Bruxelles!!! Pour laquelle il y a une cérémonie d’habillage parfois plusieurs fois par semaine…il aurait plus de 1000 tenues offertes depuis le XVIIème siècle par différents donateurs et elles sont considérées comme patrimoine de la ville de Bruxelles et conservées comme des œuvres d’art. En voici un échantillon que j’ai trouvé sur le net…
ici dans le plus simple appareil…Qui veut jouer à la poupée? 😂😂😂
Nous poursuivons notre balade citadine où se mêlent tous les styles d’architecture … jusqu’à la cathédrale Sainte Gudule, en passant par les galeries de la reine…
Ornée de magnifiques vitraux…
Mardi 31. Nous préparons nos vélos dans la cour intérieure de l’hôtel puis quittons Bruxelles en passant par le quartier du parlement européen et passons par le par du cinquantenaire où se trouve l’école royale militaire et croisons les soldats en jogging qui font leur entraînement… nous roulons encore plusieurs kilomètres dans la banlieue sur une piste cyclable à côté d’une grande route à quatre voies, au milieu desquelles circule le tram. Nous gardons bien notre droite car de nombreux cyclistes nous dépassent, pédalant à toute vitesse sur le chemin du travail…
Arrivés à Tervuren, nous quittons le grand axe pour entrer dans une forêt absolument magique, où d’immenses et majestueux arbres s’élancent vers le ciel et d’où se dégage une paix et une force incroyable. Nous nous trouvons en fait dans l’Arboretum Géographique de Tervuren, « qui se présente comme la couronne de la majestueuse forêt de Soignes. La collection se trouve dans un magnifique parc paysager, entouré par des allées imposantes et croisé par un labyrinthe de vallées herbeuses. Plus qu’une collection d’arbres, il s’agit d’une collection de forêts, ou plus précis, de types de forêt. D’innombrables arbres et arbustes du Nord, de l’ouest et de l’Est de l’Amérique du Nord, de l’Europe centrale et méditerranéenne, du Moyen et de l’Extrême-Orient en Asie sont regroupés par régions d’origine dans une centaine de sections. La superficie totale est de 120 ha. L’arboretum a été fondé en 1902 sur une propriété du roi Léopold II . Aujourd’hui il a été transféré à la nation belge et il est accessible en tout temps au public ». Nous l’avons traversé sur une petite partie qu’emprunte l’euro vélo 5 et nous nous sommes régalé de toute cette beauté… mais il y aurait de quoi passer des jours entiers à sillonner ce parc royal sur les nombreux chemins qui le traversent… encore un lieu qui m’a bouleversée et qui restera gravé en moi. Je suis pleine de gratitude lorsque nous découvrons des endroits si particuliers lors de notre périple et cela m’encourage à poursuivre la route.😉
Un très grand bonheur et un grand honneur de pédaler sous le regard de ces géants…je me sens humble face à leur sagesse et en même temps remplie de 💚💚💚leur puissante énergie…💚💚💚
Au moment où je reprends ces lignes je viens de lire qu’un tiers des espèces d’arbres dans le monde sont menacées d’extinction et que le changement climatique pourrait mettre à mal des écosystèmes forestiers entiers… c’est vraiment dramatique alors que les arbres sont le poumon de la planète et qu’ils permettent d’absorber le CO2, d’abaisser la température dans les villes qui étouffent et qui sont les habitats de la faune et de la flore indispensables à notre vie sur Terre… mais que fait-on actuellement pour stopper la déforestation qui laisse place à la culture d’huile de palme? C’est encore et toujours une question de fric et d’économie, de profit au moindre coût sans tenir compte des conséquences à long terme pour l’humanité et pour la Vie en général.
Au sortir de ce magnifique endroit que nous quittons à regrets, nous retrouvons des petites routes pavées 🥺🥴 éprouvantes pour notre dos et pour les vélos… nous préférons de loin les chemins blancs ou les routes bétonnées même si elles sont souvent en mauvais état car les joints entre les plaques se sont creusés avec l’infiltration de l’eau et le gel… attention aux gros trous, il faut être bien attentif ! Nous nous arrêtons pour boire notre café du matin à Genval et le soleil fait son apparition. Ici nous avons droit à la totale😂 petit biscuit et chocolat…
Nous poursuivons dans la campagne, remontons sur des collines pour redescendre à nouveau. Nous traversons d’immenses régions de cultures au dessus desquelles trônent des éoliennes, on en voit partout …
Nous arrivons à Namur, mais il n’y a pas de camping comme nous le prévoyions… le prochain est encore à 15 km alors que c’est déjà 19h30 et que nous avons 90 km dans les jambes😱😅
J’appelle le camping la Douère à Profondeville, et la dame me dit qu’elle nous attendra mais qu’il fait nuit à 21 h… je lui réponds qu’on fait au plus vite… quel dommage nous n’avons pas le temps de nous arrêter à Namur malgré toutes ces petites terrasses qui nous font de l’œil! On s’installerait bien pour manger une frite et boire une bière 😂…je n’ai même pas le temps de m’arrêter pour faire des photos, nous longeons le canal de la Meuse, qui se faufile entre des petites falaises escarpées. Yves s’arrête quand même pour faire des photos d’un château dans toute sa beauté grâce à la lumière du soir…
Nous arrivons à Profondeville à presque 20h après 7h28 de temps effectif à rouler, 102 km et 875 m de dénivelé, on est morts, et une grimpette de bien 12% nous attend pour atteindre le camping! quel joli cadeau 😉 on fait à manger au coucher du soleil et on finit à la lampe frontale… il n’y a presque plus personne dans ces campings, à part quelques résidents retraités qui sont probablement là à la saison ou même à l’année.