Voici quelques informations concernant notre ancien site internet. Ce site n’était plus adapté pour engloutir un nombre considérable de photos, cela le ralentissait et on devait faire des compromis avec la qualité des photos, ce qui n’était pas optimal.
Nous avons repensé le site et nous avons pris la décision d’en créer un nouveau, nouveau design, nouveau nom, https://baumeym.wixsite.com/avec-nos-vlos , les récits de voyage peuvent être lu en cliquant sur des liens PDF et vous pouvez même les télécharger en haute résolution, meilleur qualité pour les photos.
Vous avez également la possibilité de télécharger nos itinéraires.
Donc, bienvenue sur notre nouveau site dédié à nos aventures à vélo en Europe ! Depuis quelques années maintenant, nous avons parcouru de nombreux kilomètres sur nos deux-roues, à travers différents pays européens.
Notre amour pour ce type de voyage est né de notre passion pour le vélo et pour la découverte de nouvelles cultures. Nous avons ainsi décidé de partager nos expériences sur ce nouveau site internet, en espérant vous donner envie de vous lancer dans l’aventure à votre tour.
Sur ce site, vous pourrez découvrir nos itinéraires, nos photos, nos conseils pratiques, nos bonnes adresses et bien plus encore. Nous avons à cœur de vous faire vivre notre passion pour le vélo et pour le voyage, tout en vous transmettant notre savoir-faire en matière d’autonomie sur les routes.
Nous espérons que vous apprécierez la visite de notre nouveau site et on se réjouit déjà de partager nos nouvelles aventures avec vous.
Départ de Dinkelsbühl ce matin sans trop de « dégâts » sur la tente…un peu de boue sur le bas de la toile, mais on s’en sort bien après ces grosses pluies de hier soir. Le ciel est encore bien couvert et la température fraîche. On pédale gaillardement sur de petites routes à travers la campagne et la forêt, puis le long du Danube.
On passe même en plein milieu d’une discussion entre deux compères arbres…
Tout le long de notre itinéraire en Allemagne nous avons vu des milliers de pommes jonchant le sol que personne ne ramasse et qui font la joie des guêpes, et qui pourrissent tristement. La même chose pour des mirabelles, des pruneaux et autres fruits parfois sauvages telles les délicieuses mûres au bord des chemins qui nourrissent les oiseaux ou les insectes, et dont nous nous sommes délectés!
Pause café à Nördlingen où nous dégustons un délicieux express…
Et une charmante visite lors de notre pause pic-nic 🤩 semble-t-il bien affamé, et heureux de goûter le salami!
Une belle petite grimpette pour arriver au dessus de Harburg, et au sommet quelle surprise…une magnifique forteresse nous accueille et nous récompense de nos efforts. Il fait tellement chaud…
On poursuit jusqu’à Donauwörth où on projette de passer la nuit sur un terrain d’un club de canoé. Mais arrivés sur place, le responsable nous dit que c’est impossible de rester ici car nous serions submergés par le cours d’eau qui se jette dans le Danube quelques centaines de mètres plus bas. Il a tellement plu que le fleuve est très haut. Et les prochains campings sont à 10 km et pas sur notre itinéraire… il se remet à pleuvoir, on est un peu désespéré… on passe à l’office du tourisme et la réceptionniste nous propose d’appeler les chambres d’hôtes pour nous. C’est bien occupé, mais elle nous trouve une chambre dans la Pension Haus Gertrud…tout en haut d’une petite colline avec une route d’accès à bien 20% mais qu’on atteint sans descendre de notre monture!
C’est super, une grande chambre avec accès à la terrasse et au jardin où nous pouvons faire sécher la tente et toutes nos affaires ainsi que les sacoches…la pluie a cessé et même un rayon de soleil nous fait l’honneur de sa visite. On va manger dans un petit restaurant italien.
Délicieux vin rouge…
Dimanche 21 août
Aujourd’hui est un jour spécial…30 ans de mariage! On passait devant l’officier d’état civil au Sentier pour commencer cette grande aventure à deux, et on peut même déjà dire à trois🤩 car Marie était nichée, bien accrochée depuis six semaines et décidée à nous accompagner sur cette route qui s’ouvrait à nous ❤️
En quittant la chambre d’hôte, le gars nous dit « Vérifiez vos freins, car en bas de la côte c’est le Danube! » et Yves lui répond « C’est tout bon, on sait nager, ha ha ». Une magnifique journée ensoleillée pour ce jour particulier, tout comme il y a 30ans. On quitte Donauwörth dont les maisons colorées sont éclatantes sous les rayons chauds du soleil… c’est magnifique.
Ils ont même décoré notre route pour l’occasion on dirait 😂
C’est depuis ici que nous suivons l’eurovélo 6, la route du Danube.
Des champs détrempés par les fortes pluies de ces derniers jours…
On s’arrête boire un café au château de Höchstädt où de nombreuses personnes sont là pour un brunch gargantuesque…
Le Danube est très haut et son eau est brune, elle avance telle la lave épaisse et indomptable…ce n’est pas le Blau Donau des valses de Strauss.
C’est à Lauingen que nous nous arrêtons pour manger notre pic-nic à l’ombre de l’hôtel de ville, face à un magnifique clocher datant de 1478…
Nous arrivons à ULM en fin d’après midi sous une chaleur torride… on avait réservé une chambre dans un petit hôtel juste à côté du Münster. C’est un cadeau de la part de François et Mimosa, témoin de mariage d’Yves. Un GRAND MERCI à VOUS DEUX pour votre générosité 🤩🥳 et …santé 🍷
La cathédrale d’ULM a la flèche la plus haute du monde avec 161 mètres …elle est en rénovation actuellement. Quelle incroyable minutie dans les détails des sculptures!
Lundi 22 août
Après une excellente nuit dans un bon lit et un duvet tout doux, on avale un délicieux et copieux petit déjeuner avant d’entamer notre journée. On longe les murailles qui bordent le Danube et protègent la vieille ville d’ULM, toujours sous un magnifique ciel limpide.
Le fleuve se rétrécit au fur et à mesure qu’on le remonte… par endroits il est magnifique, plus sauvage.
Terres moissonnées, labourées, fauchées pour les regains, survolées par des oies sauvages qui s’apprêtent à entamer leur migration.
Et encore un petit compagnon de pic-nic gourmand…qui est moins affamé que le minou d’hier et qui repart après quelques câlins😉
A Munderkingen, village des cigognes décorées par les enfants de la commune, on s’arrête pour se rafraîchir un peu avec un café glacé…qui s’avèrera plutôt spécial! Et qui nous coupera l’appétit quand Yves découvrira une guêpe noyée dans la glace…
On repart l’estomac un peu retourné, mais il faut bien se redonner du courage…quelques montées nous attendent après Rechtenstein.
Nous poursuivons notre route jusqu’à Riedlingen où nous nous arrêtons dans un tout petit camping à la ferme.
On trouve de l’ombre pour se mettre au frais. D’autres cyclistes arrivent par la suite. Même une famille avec trois enfants. Ils sont bien courageux, on les admire !
Mardi 23 août
Après un bon bircher pris à la table devant les écuries, on part de bon matin … quelle lumière splendide et mystérieuse, un voile de brume recouvre le sol et laisse filtrer les premiers rayons du soleil, Par contre le froid mordille nos orteils et nos mains. On aurait dû ressortir les chaussettes et les jambières, rangées depuis un mois au fond des sacoches!
On suit le Danube qui devient vraiment étroit, sa source n’est plus très loin, mais nous n’irons pas jusque là, nous le quitterons avant.
Une montgolfière très haut dans le ciel …Petite pause au soleil pour sécher et réchauffer ces pauvres orteils gelés…
Les oies sauvages se rassemblent par centaines! C’est vraiment impressionnant. Elles doivent faire des réserves en se nourrissant copieusement avant de prendre leur envol pour le grand voyage vers le sud…
On se dirige maintenant en direction du lac de Constance. Quelques grimpettes puis c’est la plongée vers Ludwigshafen où nous nous trouvons un peu submergés par la foule de vacanciers sur les terrasses et le bord du lac.
Beaucoup de vélos électriques…
Nous avons projeté de nous arrêter deux nuits au camping de Radolfzell pour nous reposer avant de prendre le train pour rentrer sur Lausanne… mais nos plans sont bouleversés! Le camping est archi bondé, plus une place même pour notre modeste tente… on décide de prendre le train jusqu’à Constance. Il est bondé, mais on se rend compte qu’on est dans la mauvaise direction, on descend au prochain arrêt. On n’a pas de masque, tous les usagers allemands nous regardent de travers…ici ils n’ont pas encore supprimé le port du masque dans les transports publics. On arrive finalement à Constance et on est absorbé par la foule qui grouille autour de la gare. On essaie de se remettre les idées en place en buvant un grand coca chez Mac Do et en grignotant des frites et mac Nuggets🤪…
J’appelle plusieurs campings qui sont tous complets!!! Alors on décide de rentrer ce soir sur Lausanne. Train Constance-Zürich et Zürich -Lausanne. Voyage plutôt éprouvant…on doit monter les vélos dans le train par les escaliers après les avoir déchargés de tous les bagages… et ensuite on a que 8 minutes à Zürich pour changer de quai en prenant un ascenseur…course effrénée puis station debout à côté des vélos jusqu’à Lausanne car ce n’est pas prévu pour des vélos de voyage chargés… et dernier trajet avec le métro qui n’est pas de tout repos non plus…mon vélo reste coincé dans les portes qui se referment! Personne ne lève le petit doigt pour m’aider. Ensuite c’est au tour d’Yves de se faire accrocher… On est mort de fatigue en arrivant chez mes parents à 22h30 dans la nuit, c’est la première fois qu’on roule dans le noir (mise à part les tunnels!)
Et voilà…la boucle est bouclée! Fin de ce merveilleux voyage scandinave, cette épopée fantastique pour atteindre le cap Nord, Norvège si belle, si variée, si sauvage et imprévisible… tu resteras dans notre cœur à tout jamais. Nous sommes infiniment reconnaissants et remplis de gratitude d’avoir pu mener à bien ce projet qui nous tenait à cœur depuis si longtemps….
Et merci à vous tous qui nous avez suivi par l’intermédiaire de ce blog, encouragés, et soutenus. Merci pour vos messages, pour votre intérêt, qui m’a bien motivée à vous raconter notre quotidien, à vous emporter avec nous dans les moments magiques comme dans les moments difficiles ou heureux… merci à nos familles de nous avoir encouragés à partir même si la séparation était difficile!
Merci à tous les cyclo-voyageurs que nous avons croisé, les partages, les échanges de tuyaux et informations sur tel ou tel itinéraire… merci à ces dames norvégiennes rencontrées qui nous ont aiguillé sur d’autres possibilités d’itinéraires… qui se sont avérés magnifiques!
Merci à Abdoulaye, le boulanger formidable d’Honningsvag qui nous a fait passer une super soirée lors de laquelle nous avons gouté le KingCrab dans un petit village de pêcheurs au cap Nord.
Merci à Rita et Joris, nos compagnons de route pendant un mois , qui partageaient le même rêve que nous et qui sont devenus des amis…
Et pour finir, voici quelques chiffres…
114 jours de voyage
Allemagne aller: 249 km
Danemark aller: 438 km et dénivelé 1272 m
Suède: 298 km et dénivelé 575 m
Norvège: 2592 km et dénivelé 24923 m
Danemark retour: 504 km et dénivelé 904 m
Allemagne retour: 1457 km et dénivelé 5959 m
TOTAL: 5538 km et 33673 m Mais le dénivelé est sous estimé car le GPS ne faisait que des pointages en mode économie d’énergie….
Gros becs à tous, belle fin d’été et à la prochaine pour de nouvelles aventures!!!
Ce matin départ à 6h30, l’ambiance est quelque peu automnale…une brume légère recouvre le sol par endroit et ajoute du mystère à notre chemin… c’est si beau! Et cheminer vers le soleil qui se lève et qui change l’intensité des paysages traversés me procure une joie profonde… je sens les odeurs âcres de la terre qui a été labourée, les senteurs subtiles de la forêt dont les feuilles ont absorbé la pluie d’hier comme une manne tombée du ciel… le craquement des glands sous mes roues. Le bruissement dans les feuilles des animaux à l’affût de notre passage. L’air vivifiant et frais du petit matin sur mon visage. Ces moments où l’on se sent seuls dans cette belle Nature sont vraiment précieux! Et nous les apprécions à leur juste valeur.
Nous traversons plusieurs ponts sur la Fulda sur lesquels trônent des Saints… sont-ils les protecteurs des voyageurs?
Nous nous arrêtons à Fulda et découvrons sa magnifique cathédrale baroque Saint-Sauveur… elle est dédiée à Jésus-Christ. Construite en 1704 sur les bases de l’ancien sanctuaire.
Les fresques des plafonds sont très belles.
Nous poursuivons notre chemin en quittant la Fulda. Le relief se fait plus présent et nous devons gravir des collines. Il fait très chaud, je me sens oppressée, mon cœur fait un peu le fou! Il nous faut faire pas mal de pauses à l’ombre pour le calmer. Il n’aime pas l’effort par forte chaleur… au sommet d’une colline, deux cyclistes arrivant en sens inverse nous interpellent . Ils veulent savoir s’il existe un autre chemin pour aller à Fulda, si c’est encore très vallonné. Ils sont suisses aussi et partis du lac de Constance pour monter jusqu’au Nord de l’Allemagne à Cuxhaven. Elle nous demande si elle peut nous prendre en photo, impressionnée par notre chargement. En poursuivant notre route on se rend compte qu’ils ont dû affronter de grandes et raides montées jusqu’ici (nous on les fait en sens inverse et nos montées sont un peu moins raides…)
On arrive en fin d’après midi à Oberzell. Il y a un petit camping tenu par un original rigolo. Il y a des statues d’animaux un peu partout, pas mal de résidents qui se réunissent de 15 à 19h à la Stammtisch pour boire des bières avec lui. On trouve une jolie place ombragée, on est bien content! Le sol est complètement brûlé.
Mercredi 17 août
Petit déjeuner à 6 heures à la Stammtisch😉 mais sans personne d’autre que nous… une montée nous attend avant une très grande descente…qui nous amène dans le Sinntal où coule la rivière Sinn.
Les chevaux n’ont plus rien à se mettre sous la dent…les prés sont brûlés! Nous apercevons une biche et son faon au loin à la lisière de la forêt. Elles nous observent un moment avant de sauter gracieusement dans les fourrés. Nous voyons pas mal d’animaux…des biches, des lièvres, des hérons, des cigognes qui attendent patiemment devant les trous de souris?
ObersinnEncore un pont et son saint protecteur…
L’architecture des maisons n’est plus la même, les villages sont moins pittoresques. Nous changeons d’itinéraire à Gemünden an Main et nous allons suivre le fleuve Main avec le D5.
Neustadt am Main
Nous arrivons à Lengfurt Triefenstein au milieu d’après-midi et nous nous installons au camping après avoir gravi un petit béquet bien sec qui nous a coupé carrément les jambes! Heureusement il y a un banc devant le bureau de la réception où s’asseoir en attendant son ouverture 😂
Une pelouse? Ou ça? C’est dramatiquement brûlé…
Jeudi 18 août
Ce matin le long du Main on découvre les premières vignes bien exposées sur les coteaux raides qui surplombent la rivière. On se croirait presque à Sion 🤭…mais il manquerait l’arrière plan, les montagnes que je me réjouis de retrouver tout bientôt! Quelques gouttes de pluie nous accompagnent en début de matinée.
Homburg am Main, Wertheim…
C’est à Wertheim nous suivons le Tauber. Nous poursuivons notre descente vers le sud dans une petite vallée où la pluie nous a rejoint…
Mais bientôt le ciel se dégage…nous nous arrêtons à Tauberbischofsheim pour boire un café, une très jolie petite ville touristique et pittoresque, où les gens font la queue pour pouvoir s’asseoir sur les terrasses!
Nous arrivons en fin de journée à Weikersheim dans un très joli camping à la ferme, avec des sanitaires dans une écurie transformée…magnifique. Et on se rend compte qu’on a passé le cap des 5000 km!!! Ouaw… bravo les p’tits Baume👍🚴♂️🚴♀️, tous ces kilomètres parcourus à la force des gambettes, en autonomie, sans avoir recours à de l’énergie extérieure…pas de gazole, pas de gaz, pas de solaire, pas d’électricité…juste des bananes, des snickers, du bircher et quelques autres mets un peu plus élaborés🤪. Et la persévérance… le plaisir de s’asseoir sur sa selle le matin après déjeuner et d’envisager la journée à pédaler par monts et par vaux. Quelle chance on a!!!
Vendredi 19 août
Ce matin le ciel est couvert, nous ne verrons du soleil que ces premiers rayons qui essaient de se frayer un passage pour nous encourager…
A Röttingen nous pouvons déjà nous alléger de notre polaire, il fait lourd…la fraîcheur du Tauber que nous longeons nous amène quelques bienfaits.
Creglingen…
Nous montons sur les coteaux d’une jolie petite vallée où s’enchaînent les petits vignobles ou les champs moissonnés. On rencontre un drôle d’énergumène dans un engin spatial qui nous baragouine des propos incompréhensibles…😂
A Rotenburg ob der Tauber, on grimpe sur la colline de la ville fortifiée et on découvre une magnifique petite cité moyenâgeuse grouillante de touristes…les maisons sont toutes plus belles les unes que les autres, de toutes les couleurs, décorées, à colombages, les ruelles pavées que nous gravissons sur nos vélos sous l’œil admiratif des touristes, qui vérifient bien si nous avons un moteur 😅 nous amènent au sommet pour y être accueillis par la pluie…on se croirait dans un décor de cinéma.
On poursuit notre route jusqu’à Dinkelsbühl où on a prévu de dormir. C’est aussi une petite ville fortifiée très sympa. Il se met à tomber des cordes et on se met vite à l’abri sous un parasol sur une terrasse pour boire une bière et finalement pour y manger.
L’arrivée au camping et l’installation de la tente sous la pluie est un moment difficile…tout est trempé. On essuie tant bien que mal le sol de la tente afin d’y mettre nos matelas, ensuite les gouttières se forment et l’eau goutte sur nos lit car les deux toiles se sont collées l’une sur l’autre lors du montage…c’est un peu la cata!!! On peut finalement mettre nos vestes et affaires de pluie au séchoir pour repartir demain au sec…
Nous quittons Porta Wesfalica de bon matin, dans la fraîcheur encore bien appréciable avant d’avancer dans les vagues d’air brûlantes qui nous envelopperont bientôt… Nous apercevons au loin les premières collines depuis bien longtemps! Nous sommes heureux de pouvoir à nouveau titiller nos gambettes qui sont devenues un peu paresseuses avec ce relief si peu prononcé depuis notre traversée sur le Danemark. Nous suivons toujours le fleuve Weser.
Arrêt dans une station service pour faire le plein de nos bouteilles pour notre réchaud! Nous recommençons à l’utiliser car il n’y a plus vraiment de cuisines dans les campings ici. On reprend donc nos vieilles habitudes. Nous traversons de jolies bourgades, de vieilles maisons à colombages bien retapées, des ruelles parfois encore pavées. Ici c’est Rinteln.
Toutes sortes de routes et voies vertes se croisent et se suivent… nous suivons la 9, c’est le sigle de la roue demi rouge-blanc.
Nous croisons énormément de cyclistes, vélos électriques avec 2 sacoches, donc pas des voyageurs du même type que nous…très souvent peu sympathiques, ils ne répondent pas à nos saluts🥺 peut-être se sentent-ils si différents de nous?
Arrêt tout à fait indispensable et bienvenu pour avaler une limonade sur une petite terrasse ombragée où il fait si bon se reposer un moment… et étudier notre nouvelle carte d’Allemagne que j’ai fini par dénicher dans une librairie…
Nous arrivons à Bodenwerder, dans un grand camping où nous trouvons heureusement un arbre pour nous faire de l’ombre, ce qui n’était pas gagné d’avance! En face de nous, tout une zone de sapins morts…quelle tristesse de voir ces arbres périr à cause du changement climatique!
Et l’ombre apportée par la colline en fin de journée est une bénédiction…
Jeudi 11 août
Lever à 5h et départ à 6h30. Il fait froid ce matin à l’ombre! On est content de rouler dans les zones où le soleil apparaît entre les collines, ha ha…ce qui sera le contraire dans quelques heures! La lumière est toujours extraordinaire de bon matin…et personne sur les voies vertes! Les cyclistes sont encore sous les plumes du bon duvet de leur hôtel 😅
Les ombres longues et la lumière douce donnent au paysage un sentiment de paix profonde …si seulement elle pouvait inspirer certains de nos dirigeants pour faire la paix dans le monde! Je suis heureuse de me remplir les poumons de cette fraîcheur matinale et de me sentir vivante…
On rencontre des petits bacs à plusieurs endroits le long du parcours pour faire traverser les cyclistes car on peut parfois faire des dizaines de kilomètres avant de trouver un pont! Le bétail se met à l’ombre, même de bon matin.
Beverungen, Karlshafen puis arrivée à Gieselwerder dans l’après-midi dans un camping bien occupé…
Vendredi 12 août
Nous quittons Geselwerder sous un beau ciel bleu, mais la rivière fumant témoigne de la fraîcheur de l’air du petit matin!
Toujours ces contrastes entre l’ombre et la lumière…la fraîcheur et la chaleur.
On arrive à Kassel juste avant midi dans une chaleur étouffante. On pense rester deux nuits pour se reposer s’il y a de l’ombre, mais le camping est bondé et il y a un festival de musique juste de l’autre côté de la Weser… on va se réfugier dans un parc voisin, sous l’ombre de majestueux chênes.
Et nous finissons par aller manger sur une terrasse d’un chinois, un buffet à volonté de toutes sortes de plats!!! On se goinfre quelque peu de fritures, sushis et autres riz et poulet curry… heureusement qu’on y est venu à pied, histoire de digérer un peu avant de se coucher!
Samedi 13 août
Mauvaise nuit…très bruyante d’une part par le retour des festivaliers au milieu de la nuit et d’autre part par la musique. Nous sommes les premiers debout! On est étonné que les collègues cyclistes ne se lèvent pas aux aurores pour profiter de la fraîcheur et prendre de l’avance sur l’étape du jour. La lune est pleine au dessus des moissons…et nos ombres se découpent dans la douce lumière du premier soleil. On vous fait coucou😉
C’est depuis Münden que nous suivons la Fulda, car c’est la réunion de la Fulda et de la Werra qui donne la Weser. Elle est bien sûr de plus en plus étroite puisque nous la remontons, et il n’y a plus que de petits bateaux qui la naviguent. Elle est plus sauvage et moins canalisée. Bordée de forêts et le parcours est bien ombragé.
Pause café à Melsungen, jolie petite bourgade avec de hautes maisons à colombages de 5 étages, et qui ne sont pas accolées les unes aux autres mais distancées d’un mètre environ. C’est la première fois qu’on voit ce genre de procédé.
On dépasse un couple de cyclistes, lui traînant une charrette avec un drapeau suisse, et en les entendant parler, c’est des vaudois tout craché! On taille une longue bavette au milieu d’un carrefour où les e-cyclistes nous regardent en passant avec désapprobation ou impatience…ils viennent de Vevey et sont partis mi mai de Hambourg, sont monté à Oslo puis traversé sur Copenhague- Berlin et vont rejoindre le Rhin pour rentrer en Suisse.
On pédale à découvert sous le soleil brûlant et on s’arrête dans un magnifique petit camping au bord de la Fulda où l’emplacement pour les tentes est dans une petite forêt plantée. Comme c’est bien! On va y rester deux nuits.
Rotenburg… toujours ces jolies petites bourgades pittoresques. Les maisons ne sont pas toujours très droites…on dirait qu’elles vont tomber en avant comme si elle piquaient du nez sur la rue.
Dimanche 14 août
Le camping se vide au fur et à mesure de la matinée, et on se retrouve bientôt les seuls sous tente…journée tranquille à l’ombre, bien appréciée. Les camping-cars sont en plein soleil et rôtissent! Création de notre itinéraire sur BikeMap jusqu’à Radolfzell au bord du lac de Constance. Si tout va bien nous y serons le 23 août! Puis nous verrons en fonction de nos envies si nous continuons à vélo ou si nous rentrons en train…nous avons déjà fait cet itinéraire plusieurs fois… on se réjouit quand même un peu d’être chez nous après toutes ces nuits sous tente, chaque fois dans un endroit différent, c’est finalement assez énergivore de chaque soir s’adapter à de nouvelles conditions environnementales. On approche des 5000 km…
Lundi 15 août
Ce matin le ciel est nuageux…ils annoncent un peu des orages et des précipitations en petites quantités! Quel bonheur pour la Nature qui va apprécier cette manne du ciel… on poursuit notre itinéraire le long de la Fulda, qui devient plus étroite et moins profonde.
Le ciel devient de plus en plus menaçant et finit par donner une averse importante. On se met à l’abri sous les arbres mais elle ne dure pas trop longtemps.
Et nous arrivons à Schlitz et nous nous installons dans le camping municipal qui fait partie de la piscine et où de nombreux enfants s’amusent et se rafraîchissent joyeusement. Nous allons faire un tour dans le bourg qui s’étend sur une petite colline. Les ruelles pavées nous conduisent dans de très jolis quartiers…
Une fois l’Elbe traversée avec le ferry, nous voici donc entrés dans le comté de Brême-Basse Saxe… nous longeons une petite rivière du nom de Grosse Rönne et passons le long de magnifiques propriétés rénovées et de jardins luxuriants et arborisés de façon à donner beaucoup d’ombre, ce qui est un bienfait aujourd’hui!
La pluie joue à cache-cache avec le soleil aujourd’hui, et nous mettons et enlevons de nombreuses fois notre équipement…
Alors que la pluie cesse, nous nous arrêtons pour pic-niquer dans le village d’Osten, traversé par l’Oste… et pour l’enjamber, nous prenons un « pont transbordeur », c’est à dire une passerelle suspendue qui se déplace d’une berge à l’autre, pour les piétons et les cyclistes ainsi que pour les anciennes voitures de collection🤪. Il n’y en n’a que deux en Allemagne et une dizaine dans le monde.
Le soleil s’invite à nouveau pour nous accompagner le long de pittoresques voies vertes. Nous rencontrons des cigognes et des lièvres.
Nous arrivons à Bremervörde sous un ciel à nouveau très menaçant, l’air est lourd et orageux. Il n’ y a pas de camping, mais seulement une aire pour camping-car… on s’arrête pour boire une bière et se rafraîchir les idées!
On décide d’aller voir à quoi ressemble cette aire, qui s’avère très bien organisée! Il y a même deux gars qui s’occupent de prendre les inscriptions. C’est complet…mais heureusement pour nous, j’arrive à négocier une minuscule place devant un camping-car Argovien! C’est à côté d’un magnifique parc en bordure d’un petit lac. Comme on ne peut pas cuisiner, on va en ville pour souper.
Samedi 6 août
Nous quittons le camping dans une belle lumière matinale et traversons de magnifiques parcs publics , royaumes de grands et majestueux arbres séculaires…
Notre itinéraire nous conduit dans de petits villages typiques, où des dizaines de vieilles fermes semblent encore être exploitées. Puis le chemin de gravier parcourant les grandes étendues de champs moissonnés, fauchés, ou cultivés devient progressivement un chemin d’herbe puis de terre meuble où nous devons pousser nos montures…
Par cette chaleur, la pause hydratation s’impose…
Nous cherchons un endroit ombragé pour manger et de belles bâtisses au loin de la route nous font de l’œil…nous nous approchons et trouvons un très beau parc ouvert au public, un ancien hameau agricole qui a été reconstruit comme à l’époque. Les différents bâtiments sont magnifiques…et nous profitons d’en faire le tour avant de croquer un morceau.
Nous arrivons à Brême en début d’après-midi et nous nous installons au camping qui se trouve au bord d’un petit lac et d’une grande forêt qui semble très appréciée par les habitants qui s’y promènent en famille, à vélo, à pied, qui flânent sur les pelouses jouxtant le lac et y font des grillades…comme à Vidy😉. On va rester deux nuits ici, afin de visiter la ville demain.
Dimanche 7 août
Après avoir fait la lessive et une révision des vélos, on part visiter la ville de Brême. Quantité de cyclistes sur les pistes qui parcourent toute la ville, les habitants se déplacent beaucoup à vélo. Il faut dire que c’est vraiment facile et bien adapté. Pas de montées difficiles, contrairement à Bergen qui était difficile d’accès et où les vélos étaient électriques… beaucoup de monde sur les places et dans les rues, et sur les terrasses des Biergarten ombragées aussi. Ce qui nous tente! Nous testons les currywurst et frites avec une bière, menu qui semble très apprécié des allemands ici.
De retour au camping, nous rencontrons Patrice, un cycliste français qui veut aller au Danemark mais qui a des soucis avec un genou et se déplace pas mal avec le train… c’est bien problématique quand la mécanique ne suit pas🤭.
Lundi 8 août LA ROUTE ROMANTIQUE, NO 9
Nous quittons le camping de Brême par un beau début de matinée, de petits moutons parsèment le ciel. Nous allons suivre le fleuve Weser pendant près de 400 kilomètres, c’est la route romantique, une voie cyclable nationale, numéro 9. L’itinéraire est très bien indiqué, des panneaux de signalisation à chaque carrefour. Une voie verte réservée aux cyclistes… parfois des tronçons sur de petites routes agricoles. L’itinéraire n’est pas du tout en ligne droite, vu qu’il emprunte des routes et des chemins très peu fréquentés!
De très jolies bourgades bien pittoresques jalonnent le parcours. Ici Verden… il fait bien chaud, et il y a peu d’ombre sur certains tronçons, quand on roule au milieu des champs moissonnés où le soleil tape fort! On pensait avoir un camping après 80 km, mais ce n’est qu’une place privée! Et le suivant juste un stationnement pour camping-cars…on doit même changer de rive par l’intermédiaire d’un petit ferry, et nous arrivons juste à temps avant la fermeture! Même le paysan avec son tracteur traverse ainsi pour aller travailler dans ses parcelles! Il a intérêt à bien tenir son horaire😅
on poursuit encore notre route et après 100km, on trouve un endroit sympa où poser la tente! A Drakenburg. Un camping où il y a beaucoup de résidents à l’année, mais un coin pour les cyclistes au bord de la rivière.
Mardi 9 août
Départ dans un décor de rêve, une lumière douce et mystérieuse rend le paysage magnifique. L’air est bien frais à 6h, et la rivière fume…
La fraîcheur matinale fait rapidement place à la chaleur de la journée, comme si ces champs rasés et secs absorbaient les rayons ardents du soleil…on est soulagé de trouver de l’ombre sur le parcours… comme les animaux qui ont la chance de pâturer dans des enclos où trônent de magnifiques chênes séculaires 🤩
Certains arbres se parent déjà de leur robe automnale! Des troupeaux d’oies sauvages ont colonisé tous les lacs d’extraction de sable des environs.
Petite pause à Minden, où nous prenons un expresso sur la terrasse d’un glacier italien, et qui se termine en une orgie de crème glacée!
Nous poursuivons jusqu’au camping de Porta Wesfalica et nous trouvons une place à l’ombre pour installer la tente, alors que le tenancier nous avait attribué une en plein soleil. On ne s’est pas gêné, et il n’a rien dit lorsque je suis retournée lui annoncer notre changement.
Et nous y voilà…Bonjour l’Allemagne! C’est la dernière frontière qu’on passe avant de retrouver notre cher pays, la Suisse! Voici 3 mois jour pour jour que nous quittions Lausanne par le train pour rejoindre Hambourg et commencer notre montée vers le Cap Nord! Nous avons traversé l’Allemagne, le Danemark, la Suède, La Norvège, le Danemark et nous revoici en Allemagne🤪… on a passé les 4000 km juste avant de franchir la frontière! il nous faudra ressortir notre vocabulaire de base pour pouvoir converser la moindre avec les habitants de ce pays, aïe, aïe, aïe… 83 millions d’habitants sur 360’000 km2. Nous avons encore une longue route devant nous!
L’itinéraire nous emmène à travers une réserve naturelle par un petit chemin chaotique, ça nous change de hier et de la piste cyclable toutes droite longeant la digue… nous sommes contents de retrouver de beaux arbres au bord de la route qui nous amènent un peu de fraîcheur.
De ce côté-ci de la frontière, les parcs éoliens sont tout aussi nombreux qu’au Danemark…nous arrivons à Leck où nous décidons de renvoyer par poste toutes nos cartes routières du Danemark et de Norvège à la maison…mais ça semble très compliqué, car il faut une adresse ici pour pouvoir faire un envoi! Finalement, je peux les envoyer à Cologne chez mon frère François…mais impossible de trouver une carte de l’Allemagne! Est-ce que c’est une chose révolue? Les gens utilisent maintenant le GPS pour s’orienter… peut-être dans une grande ville on trouvera notre bonheur? Nous nous installons au camping de Leck juste avant l’arrivée de la pluie qui rafraîchit l’atmosphère orageuse. Je ne me suis pas rendue compte, mais j’ai attrapé un coup de soleil sur les bras… le premier du voyage! Mince… Le soleil est beaucoup plus intense depuis que nous avons quitté la Norvège…
Un petit camping sympa, pas trop de monde, une cuisine et des tables pour s’installer et manger tranquillement. Il y a même des bières et boissons fraîches à vendre en self service ainsi que toutes sortes de préparation venant d’une ferme voisine… c’est vraiment chouette, et ça fonctionne sur la confiance.
Mercredi 3 août
Il fait déjà bon chaud au réveil, la tente est sèche. Yves nous a concocté un bel itinéraire à travers la campagne, sur de petites routes qui se croisent et forment un vrai réseau de possibilités diverses pour descendre vers le sud. Des éoliennes par dizaines, voire centaines🤭, tout au long de la journée, nous apercevons des parcs éoliens. C’est que de ce côté-ci du pays il y a beaucoup de vent.
Nous croisons de nombreuses fermes, de toutes sortes, des très grandes qui doivent faire de l’élevage intensif, des anciennes avec quelques bêtes, certaines fois les unes à côté des autres dans certains villages, encore actives… ici des petites chèvres qui posent pour la photo😉
Pause café à l’ombre bienvenue …
Et des passages en forêt qui nous apportent un grand bol d’air frais. Nous arrivons à Stapel au bord de la rivière Eider et nous nous installons au camping Ferienpark Suderstapel… pas extraordinaire, il y a un espace pour les tentes à côté du compost de gazon… et pas vraiment d’ombre. On monte la tente et on va faire des courses au village où se dressent de belles maisons de maître du 19ème. Une petite glace dégustée sur le banc sous un grand arbre nous amène un peu de réconfort et de fraîcheur.
Après cela, graissage des chaînes de nos montures, elles sont sèches à cause de ce vent fort et du sable et de la poussière engrangés le long des chemins de campagne!
Jeudi 4 août
Réveil à 5h30 ce matin car ils annoncent très chaud… la tente est trempée d’humidité, de rosée. Pas le temps de la faire sécher! Départ à 7h par une magnifique lumière matinale, douce et rasante qui révèle les nombreuses toiles d’araignées le long du petit chemin de campagne que nous empruntons. Une petite biche détale en faisant des sauts impressionnants dans le champ qui borde notre chemin.
Nous rejoignons le bord d’un petit canal, et là, deux têtes nous regardent, dépassant des hautes herbes … deux petites génisses qui ont pris la poudre d’escampette 😂
A Albersdorf nous traversons une belle forêt où se trouve un parc historique de l’âge du fer, Dithmarschen. Il semblerait que nous sommes sur une ancienne route bordée de murs sur lesquels les arbres ont poussé? C’est un drôle de phénomène, les racines sont apparentes, comme si le sol autour se serait érodé…
Et nous nous trouvons confronté à un obstacle de taille et ne pouvons poursuivre sur ce petit chemin forestier…une tornade a dû passer par là récemment!
Nous traversons le canal Nord-Ostsee tout d’abord par un pont, puis plus bas avec un ferry car nous ne pouvons continuer sur la berge est qui a été endommagée par un cargo qui a défoncé le terrain…
Il fait super chaud, on se désaltère avec un bon coca frais sur une terrasse au bord du débarcadère. Comme ça fait du bien! Puis on repart le long de ce canal, très peu d’ombre. Un pont ferroviaire long de 2218 mètres et haut de 42 mètres enjambe le cours d’eau. Sacré ouvrage datant de 1913 .
On s’arrête dans un petit camping au bord de l’Elbe que nous avons rejoint à Brunsbüttel. On retrouve les moutons sur la digue, comme à Kollmar lorsque nous étions sur le trajet aller au cap nord… on pensait pouvoir faire des courses près du camping, mais pas de magasins…et il fait tellement chaud, et après une grande étape on ne veut pas refaire encore 10 km pour trouver à se faire à souper! Donc repas sur une terrasse d’un excellent bistro italien! Ici les prix ne sont plus ceux de la Norvège, et plus accessibles à notre bourse…
Vendredi 5 août
Le ciel est bien bas ce matin, départ le long de l’Elbe, zone très industrialisée…itinéraire moins bucolique que hier matin! Et la lumière est bien différente aussi.
Il faut quand même 20 minutes de traversée… et nous voici dans le comté de Basse Saxe.
Alors que nous nous apprêtons à partir, la dame du camping Thorager nous questionne sur notre voyage. Et elle nous explique que le vainqueur du Tour de France, le Danois Jonas Vingegaard, vient d’un petit village pas bien loin d’ici, sur la côte, et qu’il travaillait dans une usine de poisson, à découper les filet…et que c’est vraiment formidable que quelqu’un venant de ce milieu puisse gagner le Tour de France. Ils sont très fiers, et une foule immense s’est déplacée l’autre jour dans son village natal pour le fêter. Et s’il est comme ça fort, c’est parce qu’il s’entraîne contre le vent!😅 Eh oui, nous aussi nous devons l’affronter, mais nous ne gagnerons rien du tout, mise à part une nouvelle belle étape qui nous rapproche de notre chez-nous.
Le soleil est là et il fait vite une température bien agréable. Nous longeons un lac en zone de réserve naturelle où se réunissent de très nombreux cygnes…
Le ciel se charge par endroits de gros nuages noirs. Les paysages sont toujours identiques, des champs de céréales de toutes sortes de tous côtés, qui se balancent et bruissent dans le vent. De jolies maisons anciennes au toit de chaume qui apparaissent perdues au milieu de ces étendues lumineuses…
Puis nous rejoignons la côte et ses plantations de dunes, ses quartiers de maisons secondaires en grande partie louées pour les vacances par des allemands ou des hollandais… une piste cyclable serpente entre les dunes et les maisons. Il y a pas mal de monde qui se promène à pied ou à vélo, et c’est parfois un peu encombré…
Nous arrivons à Hvide Sande, petite ville portuaire qui se trouve sur le canal qui relie la mer du Nord au Fjord de Ringkøbing… hyper touristique! On ne s’attarde pas.
On continue sur la piste cyclable de l’eurovélo 1 qui est parfois un peu ensablée😅… c’est vraiment difficile de voir la mer qui se trouve bien au-delà de la barrière des dunes…et avec les vélos, difficile, impossible d’y accéder. Voici comment j’ai pu apercevoir la mer…
On a laissé les vélos en bas.
L’ombre de cette petite forêt est la bienvenue, le soleil tape fort.
On trouve un petit camping un peu à l’intérieur des terres, celui près de la côte est bondé et nous nous dépêchons de nous en éloigner… c’est le camping Tipperne à Nymindegab. Et on monte la tente à l’ombre d’une petite forêt. On est bien heureux d’être dans ce coin ombragé et tranquille…et il y a peu de monde!
Dimanche 31 juillet
Ce matin le ciel est bien couvert, mais le vent a faibli, chouette! Départ sur une jolie piste cyclable qui serpente à travers de jolies forêts.
Puis nous suivons de petites routes pour rejoindre à nouveau l’eurovélo 1 . Il y a parfois en bordure des cultures des bandes de prairies fleuries…quel régal pour les yeux…et pour les abeilles et les papillons!
Petite pause coffee-time dans un super chouette endroit au détour du chemin!
Petit clin d’œil par WhatsApp à Rita et Joris qui quittent Bergen aujourd’hui pour rejoindre le Danemark…
On traverse la petite ville de Varde et on s’arrête boire…un café sur la place. Là, on discute avec un couple de cycliste lucernois qui sont en voyage, avec des vélos électriques. Moment très sympa! Elle est partie seule il y a 6 semaines et est passé par la Pologne, la côte allemande de la mer du Nord puis Hambourg, et son compagnon l’a rejoint là. Mais il n’est pas encore très assidu pour les voyages à vélo, elle tente de lui transmettre le virus😜.
Puis c’est la pluie qui nous rejoint pour le restant de la journée. Heureusement on a pu s’abriter dans un abri-bus pour pic-niquer.
Que de feuilles déjà tombées au sol… et on n’est pas encore au mois d’août! On arrive à Esbjerg en début d’après-midi, les statues face à la mer qu’Yves avait photographiées il y a 6 ans lors de son voyage en Norvège…
On poursuit notre route jusqu’à Store Darum, où nous nous installons pour la nuit dans un camping sous de grands arbres qui nous protègent de la pluie alors que nous préparons notre souper…
Lundi 1er août
Beau soleil pour notre fête nationale! Et cerise sur le gâteau, vent du Nord ouest, donc nous l’aurons de dos pour nous pousser en direction de l’Allemagne! Nous rencontrons un couple de fribourgeois à vélo 45Km/h à la réception du camping en partant. On taille une bavette avec eux. Ils ont leur chien dans une charrette et c’est aujourd’hui son premier anniversaire. Ils n’ont pas pu venir avec le train de nuit jusqu’à Hambourg, car complet…ils ont laissé la voiture là-bas et font un tour de 15 jours. Ils peuvent avaler de longues distances avec ce genre d’engin! Mais nous on préfère de loin nos vélos de voyage😜
Le vent nous pousse fort et nous pédalons à toute allure sur les 20 premiers kilomètres qui nous amènent à Ribe, petite bourgade moyenâgeuse bien touristique, mais très jolie, où nous nous arrêtons le temps d’un café…
Puis nous rejoignons la côte…fini les dunes…c’est maintenant une digue qui nous cache la mer! Et il faut monter au sommet pour l’apercevoir au loin, sur des kilomètres parfois à marée basse…
Parfois la piste cyclable trace une courbe en suivant la digue…qui n’est pas en droite ligne en direction du sud! Heureusement ça nous apporte un peu de variété😂! Des étangs, des troupeaux de vaches, des troupeaux de moutons, des oiseaux appréciant la herse du tracteur pour se mettre des vers sous la dent… ou plutôt sous le bec😅
Nous arrivons à Ballum en début d’après-midi, on est allé vite avec ce vent, mais demain sera un autre jour 🥺 ce sera vent de face, venant du sud! Et on passera en Allemagne… C’est dommage, je n’aurai pas pu me baigner dans la mer du Nord au Danemark! Peut-être que l’occasion se présentera en Allemagne…
Mardi 2 août
La tente est trempée de rosée ce matin… on la fait sécher dans le vent, ce qui est assez vite réglé. Dernier petit déj au Danemark. Départ sous le soleil, on est vite mis au parfum de l’obstacle de la journée…un fort vent du Sud en pleine figure! Il faudra de la persévérance et de la patience pour avancer. On fait des relais entre nous. Mais la route est…droite, en avant toute! On aperçoit encore la mer au loin, et on traverse encore et toujours des cultures, très peu de forêts ou de bosquets en vue.
Petite pause à Højer devant le musée du village, un moulin à vent. Des touristes attendent l’heure de la visite guidée autour du village. Nous on boit notre petit café et on avale un snickers pour se redonner un peu d’énergie pour continuer notre bataille avec MR le Vent!
Au revoir Danemark! Et merci pour ces découvertes…nous passons la frontière à Rudbøl au Danemark puis à Rozenkranz en Allemagne.
Ce matin, diane debout à 6h par la remise au pas du haut parleur… débarquement à Hirtshals à 7h30, on n’est pas mécontent de quitter le navire bondé! Et nous voilà de retour au Danemark… sous le soleil, génial. On en prend plein les narines, l’air océanique n’est pas le même que celui des fjords! Le sel, le vent du Sud-ouest en face de nous, le sable, les dunes…les forêts, quel plaisir d’entendre à nouveau le chant des oiseaux, plus mélodieux que les cris stridents des mouettes et goélands défendants leurs nids…
On retrouve l’eurovélo 1, des voies vertes en pleine forêt ou serpentant dans les dunes…
De nombreuses petites échoppes libre-service avec dépôt de bois, de légumes ou de fleurs…P’tit déj sous les arbres 🤩
On retrouve les cultures de céréales, bien mûres aujourd’hui…
Les vaches sont presque à la plage…
On rejoint le bord de mer à Lønstrup, petit village typique très touristique!!! On voudrait boire un café mais on se fait apostropher sèchement par le gérant en allemand, que c’est encore fermé! Ouh là…pas très sympa les commerçants par ici! Je pense qu’ils en ont peut-être assez de tous ces touristes…mais c’est quand même leur gagne-pain…
Alors on se replie dans le supermarché pour y acheter un café glacé qu’on boit en discutant avec une famille bretonne qui voyage à vélo depuis Kiel et qui va passer sur la Suède pour redescendre ensuite sur Kiel. Ils nous disent avoir eu très peu de pluie depuis un mois qu’ils sont sur la route. Ils voulaient aller aux Lofoten, mais n’ont pas pu refaire leur carte d’identité à temps…en mars c’était déjà trop tard pour l’avoir en juillet!!! Et la Norvège est très à cheval sur la validité des papiers d’identité… leur fils rêve de faire du surf là-bas. Il a pris son skateboard avec lui 😉
De nombreuses fermes se succèdent à l’horizon…les tons clairs et la sécheresse contrastent avec les images verdoyantes de Norvège. On aperçoit au loin le phare de Rubjerg Knude et l’immense dune qui l’encercle, et des toutes petites silhouettes qui se détachent sur le sommet. Beaucoup de trafic sur la petite route que nous empruntons… c’est toujours très touristique!
Un peu d’ombre même si le ciel se couvre et devient menaçant!
A Løkken, on traverse une région de dunes où se cachent de très nombreuses habitations secondaires, tout le long de la côte…
On trouve un camping pas trop fréquenté à Blokhus, en retrait de la côte… on en a vu plusieurs qui étaient affichés complets!!! Quelques gouttes de pluie essaient de nous faire peur, mais c’est raté… on est vacciné 😂!
Lundi 25 juillet
Quelques bonnes ondées nous ont arrosé cette nuit, mais le vent souffle et sèche la toile de tente avant que nous pliions le camp. Petit déj dehors avant d’enfourcher nos vélos. Nous empruntons un petit chemin forestier en gravillons, bien roulant. Le ciel est noir et nous fait cadeau de quelques petites averses. On pousse jusqu’à la mer, personne sur la plage! Il fait trop froid et venteux pour se baigner… le sable n’est pas blanc et fin comme en Norvège 😅
Notre petite route traverse des régions de « culture de dunes », recouvertes de végétation pour en éviter l’érosion… avec ces maisons de vacances en bois toutes du même style architectural qui s’implantent bien dans le paysage, elles ne font qu’un étage généralement.
Nous traversons des régions agricoles, de nombreuses parcelles de céréales bien mûres, des haies de résineux ou d’arbustes coupe-vent pour les protéger… des parcs éoliens en quantité. Des grandes fermes pour de l’élevage intensif…
Petite pause à l’abri de la pluie…dans un arrêt de bus pour boire notre petit café😉
Puis il faut mettre les lumières pour traverser la forêt et être visible! Il fait bien sombre…
On est trempé…et on s’arrête dans un kebab pour se mettre au sec et manger un fish-and-ships😋. On est bien content d’être un peu au chaud et on profite de ce moment de répit! On s’arrête ensuite dans un petit camping à l’abri du vent un peu dans les terres à Bulbjerg, tenu par un original qui semble un peu dépassé … l’endroit est joli, bien boisé, des places sympas, mais les infrastructures sont complètement obsolètes! Et pas des plus propres 😅. Mais on est content de se trouver ici un peu en retrait de ce vent qui nous fait mal à la tête…
Mardi 26 juillet
Cette nuit a été humide, plusieurs ondées ont passé et ont bien arrosé notre camping… on déjeune dans la salle commune avant de partir. Vu le vent tempêtueux aujourd’hui, qui vient de l’ouest, on décide de ne plus suivre la côte car on l’aurait en pleine face! On quitte l’eurovélo 1 et on emprunte des itinéraires locaux, qui sont nombreux ici…On va descendre au sud plus à l’intérieur, en passant entre les lacs et les fjords. Et bien nous nous avons fait le bon choix! Déjà c’est difficile de rouler quand on l’a latéralement, quand on change de direction et qu’on doit l’affronter de face, c’est …vraiment très difficile! Ils annoncent des rafales à 80 km/h.
Les éoliennes tournent à toute allure. On emprunte un petit chemin voie verte qui est en parallèle avec la route, qui est parfois bien abrité entre deux lignées d’arbres ou même une forêt, pour notre plus grand bonheur!
De magnifiques chevaux accourent pour nous saluer🤩…
Nous passons dans une réserve naturelle, équipée d’une jolie tour pour observer les nombreuses espèces d’oiseaux qui l’occupent…
Dans cette région, la végétation semble moins souffrir de la sécheresse que plus au nord. Ou est-ce la pluie qui permet déjà de reverdir un peu?. Nous apercevons beaucoup de sapins qui sèchent sur pied, et le sol est par endroits déjà tapissé de feuilles mortes! C’est vraiment trop tôt… la Nature est bien chamboulée, et nous aussi de voir cela.
La météo oscille entre 🌞, 🌧, 💨… on se prend quelques petites ondées, mais surtout une tornade en traversant sur un étroit passage entre deux lacs!!! Je dois même descendre de mon vélo pour affronter ce vent latéral qui dévale sur l’étendue d’eau et ramasse avec lui des embruns en quantité! Qu’on aperçoit au loin…
Et voici depuis la colline, la vue de cet étroit passage où deux ouvriers essaient de travailler contre le vent…
Et maintenant tout semble à nouveau calme… arrêt pic-nic un peu plus loin lorsqu’on trouve un endroit abrité en bordure de route!
Puis arrivée à Thisted, dans un camping, on a eu notre dose d’effort contre le vent! Une bonne bière bien méritée!
Et pouvoir cuisiner à l’abri du vent et de la pluie, c’est génial…
Mercredi 27 juillet
C’est l’anniversaire de notre fils Samuel aujourd’hui…21 ans! On pense fort à lui, tristes de ne pas pouvoir être là-bas au pays… cela fait partie des contre-parties du voyage. Mais aujourd’hui c’est une magnifique journée ensoleillée, le vent n’a pas encore baissé malheureusement! On va poursuivre notre descente vers le sud, vent de face ou latéral…l’itinéraire n’est pas du tout direct et fait des zig-zags continuels, mais sur de petites routes peu fréquentées.
Des cultures de tous côtés, toutes les parcelles sont occupées… ils ont commencé à moissonner.
Peu de monde sur les petites routes…nous ne sommes plus dans les zones touristiques, plus de camping-cars étrangers…C’est bien agréable! Vestige du passé…
Petite pause au bord du fjord Nissum Bredning dont nous allons traverser l’extrémité par un pont, mais pas de l’envergure des norvégiens! Visite d’un joli chien qui fait sa ronde… les vaches pâturent dans des zones marécageuses…
Nous nous arrêtons à Humlum, dans un camping bondé, les uns sur les autres…des familles danoises, c’est très animé. On ne va pas faire notre jour de repos ici…
Petit air de Norvège ici…
Jeudi 28 juillet
Ce matin on quitte le camping bondé pour retrouver un très chouette itinéraire concocté par mon mari chéri à travers la campagne et les petites routes… on se rapproche un peu de la côte ouest, vu que le vent est annoncé un tant soit peu plus acceptable pour y faire face…toujours venant d’ouest, mais un peu plus nord-ouest!
On se retrouve sur un petit chemin forestier tout sablonneux, qui s’appelle le « chemin du paradis ». Il parcourt de magnifiques forêts, des zones de sagne, des petits vallons sauvages ou longe des zones de forêts cultivées.
Une fourmilière a élu domicile au pied du banc de pic-nic 🐜…
Et au bout du « chemin du paradis », on se trouve nez-à-nez avec une femme qui sort de sa maison…c’est un lieu alternatif, une ferme du nom de Lystbaekgaards. Après avoir discuté un moment au sujet des alentours et de cette régions magnifique et plus sauvage que nous venons de traverser, elle nous explique que c’est denrée rare ici au Danemark… que les cultures et les exploitations agricoles prennent énormément de place, et il reste peu de régions sauvages. Elle nous fait visiter l’ancienne écurie qu’ils ont transformé en lieu de travail. Ils ont un troupeau de 800 moutons scandinaves qu’ils élèvent pour la laine et la viande. Ils font des saucissons, transforment eux-mêmes. Les moutons défrichent ces grandes régions sauvages et entretiennent ainsi la Nature. Ils valorisent la laine en faisant même des « peaux de mouton végane » sans le cuir, seulement la laine travaillée d’une certaine façon, en la feutrant à la base pour qu’elle tienne dans son ensemble après avoir tondu le mouton en une seule pièce!!! Sacré savoir-faire et belle façon de respecter l’animal… Ils font des ateliers de tricot, des stages pour les écoles d’agriculture, ils sont au programme d’Erasmus.
Une amie à elle qui vient de Flensbourg et nous raconte avoir passé des vacances en valais il y a vingt ans est là et fabrique des petits moutons en laine, ils ont fait des crèches de Noël qui ont eu beaucoup de succès. Elle nous montre comment elle procède, en piquant dans une boule de laine serrée avec une aiguille comme un harpon, et plus elle pique, plus la laine se structure. C’est juste magnifique… Alors que nous partons , moi à contre-coeur car j’aurais voulu acheter une de ces peaux de mouton « végane » si belles et douces, cette dame allemande va me chercher un de ses petit mouton et m’en fait cadeau…ça prendra moins de place dans mes bagages…je suis vraiment très touchée! Et ravie comme une gosse de ce cadeau inattendu…
On poursuit notre route jusqu’à Tim Kirkeby où on trouve un magnifique petit camping au bord d’un étang, à l’abri du vent dans une forêt. On y restera deux nuits pour se reposer.
Vendredi 29 juillet
Le soleil est de la partie pour ce jour de repos passé à faire la lessive, se couper mutuellement les cheveux, faire l’entretien des vélos, écrire le blog car certains s’impatientent d’avoir de nos nouvelles 😂 et flâner au soleil.
Réveil à 4h pour empaqueter nos affaires en vue de notre départ sur le bateau de l’Hurtigruten… il pleuvine sur les 8 km qui nous amènent au port de Honningsvåg. Et là nous trouvons de nombreux cyclistes qui vont monter dans le Vesterålen. Tous redescendent du cap Nord et prendrons soit un train ou un avion depuis Tromsø, Bodø ou Trondheim… on prend possession de notre cabine, qui n’est finalement pas si étriquée qu’imaginée, deux lits superposés dont on peut escamoter le supérieur pour avoir un canapé la journée. Mais pas de hublot sur l’extérieur, ce qui aurait alors allégé notre portemonnaie…on part ensuite à la découverte du navire, qui est encore bien tranquille, les passagers dorment encore, le petit déjeuner est servi à partir de 7h… la déco est sympa, c’est un bateau qui date de 1983 et a été rénové en 2019. C’est un des plus petits de la flotte et des plus intimiste…490 passagers, 108 mètres de longueur sur 16 de large. Le plus grand a une capacité de 822 personnes!
Les vélos sont stockés dans la soute et patienteront jusqu’à vendredi!Plein de petits coins sympas sur les différents ponts…
On ne va pas rester trop longtemps dans la cabine car je me sens un peu oppressée, on entend les vagues frapper la coque du navire et le bruit sourd des moteurs ronronner… on essaie de se repérer dans ce labyrinthe de couloirs et d’escaliers et on se dirige vers le restaurant pour prendre le petit déj, buffet à volonté, tous les cyclistes sont au rendez-vous 😜. Et sont bien heureux de se remplir la panse… mais pas de dépense d’énergie ces prochains jours! On va se remplumer! Ces kilos qu’on a laissé sur les routes au fil du voyage vont vite à nouveau s’accumuler autour de la taille… heureusement qu’on a pas pris la pension complète! Bon, ben on a encore quelques centaines de kilomètres à pédaler d’ici notre retour au pays… mais nous ne retrouverons plus ces dénivelés énergivores qui après deux heures de route faisaient crier mon estomac! Le bateau tangue vraiment beaucoup pour notre entrée en matière de la croisière🤪 il faut garder son équilibre lorsque les mains chargées du bon buffet p’tit déj on essaie de rejoindre sa table!
On trouve un beau coin, un salon au 5ème deck qui domine la mer et de grandes fenêtres traversantes offrent une belle vue sur la mer et les îles. Ça fait tout bizarre de se retrouver inactif… on sort nos cartes géographiques afin de repérer les endroits au travers desquels nous avons voyagé. Et on suit la progression de notre bateau. Parfois on reconnaît le paysage, mais les sensations sont très différentes…
Hammerfest…
On en profite pour descendre se dégourdir les jambes… un flot de voyageurs se dirige vers la sortie du port, on les suit un peu sans réfléchir, mais on se rend vite compte que ça ne nous intéresse pas de déambuler dans les rues de la sorte, à la recherche de quelques commentaires touristiques de la part du guide… alors on rebrousse chemin et se pose sur un banc un instant! Avant de remonter dans le navire. Ils scannent notre carte d’embarquement chaque fois qu’on descend et qu’on remonte, pour savoir s’ils laissent des voyageurs en rade… si on manque le départ, on doit se débrouiller pour retrouver le bateau au prochain port où il va s’amarrer!!! Ce qui peut bien poser quelques problèmes j’imagine…
On navigue proche des côtes, entre les îles rocheuses dont les sommets disparaissent dans les voiles de brouillard… belles ambiances, parfois une éclaircie, un rayon de soleil illumine un endroit qui semble alors magique…
Port de Skjervøy
Mardi 19 juillet Harstad- Ørnes
Après une bonne nuit passée sur un bon lit, je me suis habituée à cette ambiance un peu oppressante de la cabine… heureusement pour moi, le bruit des vagues, le bateau qui tangue, le ronron du moteur et les annonces par le haut-parleur des différents arrêts dans les ports me deviennent familiers. Des voyageurs descendent, d’autres commencent leur trip… on voit de nouvelles têtes. Beaucoup de personnes âgées, mais aussi quelques familles avec enfants. Ce matin la météo est meilleure, et le ciel est embelli par ces gros cumulus qui ornent les sommets tout le long de la côte…
La sensation est très différente en passant dans ces paysages connus…aujourd’hui, je glisse sur l’eau, spectatrice inactive, observant de loin les côtes et les routes gravissant le relief. Les montagnes n’ont pas la même « saveur » que lorsque nous étions sur nos vélos, à vivre vraiment cette nature grandiose, en faire partie en s’imprégnant des odeurs, des couleurs, de la chaleur ou du froid, du vent, de la pluie…des éléments, de l’effort fourni, de la sueur et la joie ressentie…
On reconnaît les ponts qu’on a traversé…Risøyhamn…
On passe sous le pont reliant Stokmarknes , où se trouve le siège et le musée de l’Hurtigruten à son aéroport sur l’autre rive. Je me souviens y avoir été un peu stressée par un camping-car belge qui m’avait coupé la route…
On descend pour faire des courses à la Coop… histoire de se mettre quelque chose dans l’estomac puisqu’on n’a pas pris la pension complète… et on grignote nos sandwichs devant le musée 😅.
Le Vesterålen continue sa descente vers le sud à travers les fjords, se faufilant parfois dans d’étroits passages entre des îles rocheuses de toutes tailles….
En fin d’après-midi, le haut-parleur annonce qu’il est absolument indispensable que chacun sorte sur le pont pour admirer le fjord des Trolls, cet endroit incroyable qui est révélé par un rayon de soleil soudain et le navire s’engage dans un fjord étroit surplombé par de grandes falaises brillant dans le soleil… juste magique! Ces couleurs, l’eau ruisselant sur la roche, la neige s’accrochant dans les failles des montagnes…c’est magnifique, magique…on verrait même avec un peu d’imagination des trolls cachés derrière les arbres qui poussent dans les fissures de la paroi!
On en a pris plein les yeux, tous les passagers sont enthousiastes… nous on a trouvé de nouveaux compagnons de route pour partager notre aventure mutuelle du cap Nord! Pierre et Patrick, des français qui descendent aussi sur Bergen mais qui vont rentrer en avion. Pierre vient de Biarritz et Patrick des Sables d’Olonne. Ils sont juste retraités et ont partagé cette aventure histoire de bien commencer leur nouvelle vie! Leurs compagnes ont été bien sympas de les laisser partir deux mois ainsi en vadrouille… mais je crois que lors de leur prochain voyage, elles seront aussi de la partie😜…
On longe les îles Lofoten qui nous ont tellement plu… Svolvaer et ses étendages de têtes de morues qui sèchent en plein air…
Une magnifique lumière du soir caresse les îles qui semblent vouloir s’endormir…
Arrivée à Stamsund, là où on avait débarqué le 27 juin, ébahis par cette Nature grandiose des Lofoten…
Mercredi 20 juillet Ørnes – Trondheim
Aujourd’hui le temps est maussade et bien venteux, mais nous sommes moins impactés par cet inconvénient… le voyage commence à nous sembler un peu longuet! Yves, Pierre et Patrick ont trouvé un écran pour voir les dernières étapes du Tour de France! Les coureurs sont actuellement dans les Pyrénées…il ne faut pas manquer cela! Quant-à moi je lis, je passe des coups de fils, j’écris le blog depuis ma tour d’observation du 5ème deck!
Voici le fameux rocher troué de Torghatten…
Après avoir admiré cette attraction naturelle, nous immortalisons cette nouvelle amitié sur le pont, une femme rigolote nous photographie sous tous les angles😂…
Jeudi 21 juillet Trondheim – Måløy
On se réveille à Trondheim, le navire y fait escale 3 heures. De nombreux passagers descendent ici et sont remplacés par d’autres…il y a de plus en plus de monde on dirait! On commence à connaître un peu le personnel de bord, ils sont chouettes, ce sont pas mal des jeunes qui font un job d’été…d’autres sont plus âgés. Ils s’essaient à parler quelques mots de français 😊 Ils travaillent 22 jours de suite, puis ont le même temps de congé. Mais les journées doivent être bien longues et bien remplies.
Nous on squatte à nouveau une place dans notre tour d’observation 😅 et Patrick nous y rejoint. On se dit que quand on avait atteint Trondheim on pensait qu’on se rapprochait grandement de notre objectif mais …mais il nous restait encore tant à découvrir!
Arrivée à Kristiansund, joli petit port dont les maisons colorées recouvrent le relief… je suis abandonnée par les gars qui sont devant le Tour de France 2 étages plus bas 😂… mais je préfère profiter des paysages ici que sur l’écran de télévision…
Dernière soirée sur le Vesterålen…des fous de Bassan jouent à nous suivre et piquer au raz des vagues pour remonter et virevolter à notre hauteur, c’est magique! Et le soleil nous fait sa révérence juste au creux du relief, dans un feu incandescent illuminant la grisaille du soir! Patrick nous offre une tournée dégustation d’ Aquavit, l’alcool fort typique de la Scandinavie! A base de pomme de terre… un couple de suisse allemand qui a soupé à notre table se joint à nous. Et la serveuse, une jeune suédoise nous explique les différentes sortes d’Aquavit et nous les fait déguster…24 verres sont nécessaire à cette expérience!
Vendredi 22 juillet Måløy – Bergen
Notre dernière nuit sur le navire a été très houleuse…Yves a dormi comme un loir, mais je me suis réveillée de nombreuses fois, un peu inquiète par le tangage important de notre bateau!!! Nous avons dû passer en pleine mer ce qui explique cette agitation inhabituelle… le soleil est au rendez-vous, tout le monde est sur le pont pour admirer les derniers paysages à travers les fjords…
Nous entrons dans le North Sea, le fjord de Bergen et de sa banlieue…
Là, les habitations deviennent plus denses progressivement, les maisons plus grosses et plus cossues…puis des immeubles, on n’en n’a pas vu souvent en Norvège… mais densification oblige, même ici…
Et voici Bergen au fond du fjord, avec ses jolies maisons égrenées sur les collines, son port et ses navires…
Nous attendons avec impatience le moment de débarquer… on est descendus dans le garage, c’est ici qu’ils font le plein de fuel pour la croisière aller-retour… un bateau-pompe se tient aux côté du Vesterålen et remplit les réservoirs…150’000l si j’ai bien compris le jeune moussaillon que j’interroge!
C’est le moment de dire au revoir à nos chers compagnons de croisière qui vont s’envoler demain pour la France, avec une promesse de se revoir chez eux lorsque nous irons voyager à l’Ouest, et en Suisse s’ils désirent découvrir notre beau pays… c’était vraiment très sympa de passer ces moments en leur compagnie!
Alors qu’on s’éloigne du port, on croise les jeunes filles qui nous servaient au restaurant du navire et elles nous crient chaleureusement « Au revoir! Bon voyage!!! » On découvre cette magnifique petite ville de Bergen sous le soleil éclatant… les gens ont l’air heureux de se promener en short et liquette…. On s’arrête dans un magasin de vélos pour un câble qui nous manquait dans la trousse à outils, et le jeune vendeur nous dit que tout le mois de juillet ici a été très très pluvieux!
Le petit hôtel Klosterhagen que nous avons réservé est sur la colline…très sympa!Parking un peu risqué!!! La pente a un pourcentage…certain!
On fait notre bain de foule après toutes ces semaines tranquilles et un peu sauvages… on traverse le marché aux poissons, Torget, Bryggen, la foule fait la queue pour entrer dans les restaurants, pour s’installer sur les terrasses pour boire des verres… des quantités d’américains en tenue cow-boys arpentent les rues…il doit y avoir un festival de country ce week-end à Bergen! Des yachts alignés attendent les clients…c’est étrange de se retrouver à nouveau dans la société de consommation!
On s’éloigne un peu des rues bondées et on peut à nouveau respirer 😅…
On parcourt les petites ruelles en bois du quartier des anciennes maisons du port de pêcheurs, des petites boutiques d’artisanat qui ont pris la place des étals de poissons, se ferment les unes après les autres…il est 18h30!
On finit sur une petite terrasse chez Stephano, un petit bistro italien, et dégustons une délicieuse pizza. On essaye de se débarrasser de nos couronnes norvégiennes, mais ils ne prennent que la carte….ici en Norvège, il ne faut pas s’encombrer de cash, la très grande majorité des commerces, restaurants, campings, hôtels ne prennent que la carte de crédit!!!!
Samedi 23 juillet
Une excellente nuit dans un excellent lit et nous voici fin prêts pour quitter ce beau pays…le ciel est gris et la température a chuté. On a eu tellement de chance de voir Bergen sous le soleil! On se dirige sur le port, il faut attendre longtemps avant de pouvoir embarquer sur le BergenFjord, un immense navire qui peut accueillir 1600 personnes. Une fois montés, c’est toute une aventure pour trouver la cabine. Il y a tellement de monde, de bruits…les odeurs de saucisses, de frites et de nourriture me soulèvent le cœur. On se croirait dans un grand centre commercial. Nous en avons jusqu’à demain 7h30. Patience…on pourra à nouveau retrouver notre quiétude et pédaler à notre rythme, dans le calme de la nature . Nous avons reçu des nouvelles de Rita et Joris, qui ont été malades tous les deux, les pauvres…dans le mauvais temps cette semaine, ils partent lundi pour la croisière de l’Hurtigruten…
De ce côté-ci c’est plus feutré…
Après une dernière bière norvégienne dégustée dans le brouhaha ambiant, c’est le moment d’aller se reposer dans notre cabine…avec vue sur la mer! Et prendre des forces pour demain😉 on se réjouit de retrouver la route et de pédaler à nouveau à notre rythme, et vivre dans notre petite bulle voyage 🚴♂️ et découvertes… de merveilleuses images et souvenirs plein la tête et le cœur… MERCI LA NORVÈGE!!!
Nous voilà passé de l’autre côté du tunnel du Nordkapp! Youpie, nous sommes soulagé d’un poids certain. Nous sommes maintenant sur l’île de Magerøya. Le Cap Nord n’est plus qu’à une cinquantaine de kilomètres… mais ce sera pour demain. Aujourd’hui fût une grosse étape de 99km!
On aperçoit Honningswag au loin, avec un bateau de croisière au port. Après quelques courses au Rema 1000 on poursuit jusqu’au camping du Nordkapp.
Rita et Joris arrivent plus tard, bien heureux d’avoir passé le tunnel sans trop d’encombres! Ils vont se reposer deux jours ici puis monter avec tous leurs bagages et camper après coup dans le dernier camping avant le cap. Ils prennent l’Hurtigruten le 25 juillet une semaine après nous…ils ont donc encore du temps à passer ici. Pour nous la dernière étape sera pour demain.
Mercredi 13 juillet
Lever à 5h par une magnifique journée, fort vent du Sud-Est… on avale notre petit déjeuner très heureux d’enfourcher nos vélos pour attaquer cette montée à 9% qui nous attend juste derrière le camping! Nos sacoches arrières sont légères des vêtements de pluie et du pic nic pour midi. On a l’impression de décoller! La vue depuis le haut de la première montée est magnifique…
Arrivés en haut c’est une succession de montagnes russes qui nous attendent… nous croisons très peu de monde sur la route. Le vent est fort et lorsqu’on l’a latéralement il nous déstabilise… alors on imagine avec tous les bagages sur le vélo comme ça doit être difficile!
C’est juste incroyable de pouvoir se rapprocher ainsi de notre but, dans l’allégresse et la légèreté de cette magnifique journée, traversant ces paysages si sauvages balayés par le vent… et avoir une telle visibilité , pas de brume, pas de pluie… je laisse Yves dévaler la pente, il n’est plus qu’un tout petit point qui se rapproche de son rêve… les larmes coulent sur mes joues, des larmes de joie et de reconnaissance, mais aussi de tristesse de voir la fin poindre à l’horizon… de soulagement aussi d’avoir surpassé mes peurs et mes difficultés, repoussant mes limites, d’avoir pu endurer ces conditions météo parfois bien difficiles, ces étapes mémorables en montagne sous une pluie battante, transpirant sous mes habits protecteurs et jurant, pleurant parfois de désespoir… mais toujours soutenue par mon mari chéri, m’encourageant, me disant comme il est fier de moi, des progrès effectués lors de ce voyage.
On a l’impression d’arriver au bout du monde… cette route qui s’étire à l’horizon.
Et voilà la fin de la route, on l’aperçoit au loin…des camping-cars à profusion garés sur le parking, les tentes des cyclistes ayant passé la nuit ici…
Mais c’est génial, sur le site il n’y a presque personne… on grimpe sur le promontoire où se trouve le fameux globe, pour se faire photographier par une jeune fille bien sympa!
Et on profite de la tranquillité du coin avant l’arrivée des touristes… il y a une très belle statue d’une mère et son enfant, un projet qui a vu le jour en 1988: « Children of the Earth » c’est 7 enfants de différents endroits du monde qui y ont participé afin de montrer qu’ils peuvent se comprendre, travailler ensemble et avoir du plaisir malgré la différence de culture, couleur de peau et religion…
Il symbolise la co-opération, l’amitié, l’espoir et la joie au delà de toutes les frontières…
Statue d’Eva Rybakken « Mother and child »
Depuis 1989, le monument et le Cap Nord sont le lieu de remise du prix annuel de Children of the Earth, qui récompense une personne, une organisation ou un projet pour améliorer les conditions de vie, les droits et la santé des enfants.
On va passer du temps à l’intérieur du bâtiment moderne, architecture sympa et lumineuse. L’entrée est gratuite pour les cyclistes! Shop de souvenirs… petit musée avec film sur les 4 saisons au cap Nord, son et lumière, histoire et découverte de ce lieu…
Il y a même une chapelle oecuménique car le cap Nord attirait et attire encore des pèlerins.
Alors qu’on grignote notre pic nic au soleil à l’abri du vent, un gars s’arrête et engage la conversation très intéressé par nos vélos qu’il a déjà vu il y a un moment. Il est allemand et s’appelle Imhof, un nom suisse 🤪 il est tout content de parler avec des suisses et nous explique que ses ancêtres seraient venus vivre en Allemagne. C’est un bon cycliste, il parcourt 6000 km/an et nous montre une photo d’un de ses vélos, un vélo de l’armée suisse sur lequel il aime se balader… il demande à sa copine de faire une photo de nous trois, il est vraiment très sympa et drôle.
Le monde commence à arriver, 5 cars déversent des touristes en excursion ayant quitté leur navire de croisière… on se dit qu’il est temps de partir! Et le ciel devient bien menaçant! On a le vent bien de face et très fort… et il se met à pleuvoir, heureusement ce n’est pas encore le déluge!
Finalement on arrive pour le « Coffee-Time » Rita et Joris nous attendent à la cuisine et nous félicitent chaleureusement. Alors que nous racontons joyeusement notre journée, un orage s’abat sur le camping…des trombes d’eau en l’espace de 20 minutes…et on retrouve notre tente flottant dans 10 cm d’eau!!! On l’avait installée en bas du terrain à l’abri du vent près du bloc sanitaire, mais pas pensé que l’eau ruissellerait jusqu’en bas et formerait un lac!!! Nous remplissons nos sacoches et mettons tout sécher à la buanderie, les matelas sont bien mouillés. On déplace la tente en la portant montée sur les arceaux jusqu’en haut du terrain et on essaie de faire sécher le sol en intercalant des bouteilles pour surélever la toile. Heureusement la pluie cesse rapidement et le vent permet d’améliorer la situation. Après une bonne douche, on rejoint Rita et Joris…
Ils ont proposé de nous faire à souper ce soir pour fêter notre réussite, c’est trop sympa! Et un magnifique gratin de pommes de terre, poireaux et tofu bien épicé…délicieux! Accompagné d’une bonne bière (pas trouvé de vin) et le tout dans une ambiance festive et joyeuse, aux couleurs de la Hollande 🤩
Un grand MERCI les amis et compagnons de voyage! Avec qui cela fait maintenant presque 4 semaines nous avançons, vers le même rêve, sur la même route, s’encourageant lors des difficultés, se tirant mutuellement en avant, mais tout cela dans le respect et la liberté de chacun. S’aidant la nuit lorsque la tempête nous oblige à déplacer notre tente au risque de s’envoler dans la mer…Se retrouvant pour le « Coffee-time » sur la route, Rita a toujours un Thermos de café à portée de main, chocolat et biscuits partagés au gré des montées et descentes, dans des abris de bus lorsqu’il pleut, ou assis à une table de pic-nic ou dans l’herbe… l’étude du parcours le soir après souper, la carte de la Norvège étendue sur la table, les horaires des ferry, les heures d’ouverture des supermarchés ainsi que leur emplacement, avant ou après le camping…ces petits moments d’amitié tout simples vont nous manquer pour la suite de notre voyage.
Jeudi 14 juillet
Après une bonne et longue nuit réparatrice, on se lève et on prend nos vélos pour aller faire des courses à Honningswag. On repère où se trouve le quai de départ du bateau pour lundi matin, puis on va boire un café à la terrasse de la …boulangerie!!! C’est bien la première qu’on voit en Norvège! On entre dans la boutique et un comptoir d’appétissants petits croissants, chaussons aux pommes et escargots à la cannelle ou aux raisins nous font de l’œil! Je m’extasie et le patron en face nous lance: »French? » « no Swiss » qu’on lui répond. Il a vécu à Renens et cela fait 15 ans qu’il est en Norvège après avoir suivi son amoureuse norvégienne rencontrée à la gare de Lausanne… on parle un bon moment, il est très content visiblement de rencontrer des suisses romands! Il nous propose même de nous prêter sa voiture pour visiter l’île plus facilement qu’à vélo! Après avoir savouré un excellent espresso italien et une pâtisserie, on se déplace de l’autre côté de la rue pour visiter le musée du cap Nord en attendant que le pain soit cuit.
Le musée est intéressant…la chasse a la baleine, lors de la dernière moitié du 19ème siècle a été excessive! Les gros baleiniers à vapeur armés de canons à harpon ont décimé la population des baleines, jetant la majore partie de la viande et ne valorisant que la graisse pour en extraire l’huile…après le soulèvement côtier des pêcheurs de Mehamn en 1903, une loi interdisant la chasse à la baleine fut édictée, mais abrogée en 1924 et remplacée par des critères plus stricts pour les nouvelles concessions. Aujourd’hui seuls 3 pays pratiquent la chasse à la baleine: le Japon, la Norvège, qui exporte la majorité de sa pêche au Japon…et l’Islande qui pense mettre un terme à cette pratique. Or les baleines sont importantes pour la protection du climat, elles piègent environ 33 tonnes de CO2 tout au long de leur vie! Et c’est tout à fait révoltant je trouve de traquer et tuer ces magnifiques créatures à des fins gustatives et industrielles!!!
Hornvika, à l’est du plateau du Cap Nord, était l’accès le plus courant pour les touristes avant l’ouverture de la route. Les croisières de bateau à vapeur de Hammerfest au Cap Nord ont débuté en 1845, 30 ans plus tard, des anglais ont organisé les premières visites de groupe. Hurtigruten, la compagnie norvégienne de bateaux à vapeur côtiers , a commencé à atterrir à Hornvika en 1893. Les passagers devaient gravir les 300 mètres d’altitude sur un chemin escarpé…
Cette formation rocheuse était déjà un point de repère important pour la navigation à l’époque viking. Le nom de Cap Nord lui fut donné en 1553 par le capitaine anglais Richard Chancellor à la recherche du passage du Nord-Est. Le prêtre italien Francesco Negri est considéré comme le premier touriste, en 1664. Depuis lors de nombreux autres touristes ont suivi. La route a été ouverte en 1956. Cette route est même ouverte en hiver, mais il faut attendre le « convoi » ouvert par un chasse neige 2x/jour!
Plusieurs tableaux exprimant la rudesse du climat et des conditions extrêmes des pêcheurs et de leurs femmes angoissées scrutant la mer…
Lors de la deuxième guerre mondiale, Honningsvåg a été occupée par les Allemands et bombardée plusieurs fois par les alliés et les russes…il n’est resté que l’église! Le 28 octobre 1944 Hitler ordonna l’évacuation forcée de la population du Finnmark. Près de 50’000 personnes sont devenues des réfugiés dans leur propre pays…environ 25’000 habitants se sont échappés pour se cacher dans les grottes et les cabanes de montagne isolées où ils ont survécu pendant l’hiver 44-45!!! La ville a été reconstruite en deux ans.
On retourne à la boulangerie chercher notre pain, et alors que nous refusons la proposition de la voiture, Abdoulaye nous propose de nous inviter à souper samedi soir dans un petit bistrot de pêcheur!!! Que c’est sympa, on n’en croit pas nos oreilles… on revient samedi matin boire le café et on verra si ça tient toujours à ce moment-là. On remonte au camping sous un beau ciel bleu…
Ce soir c’est nous qui cuisinons le souper pour nos amis Rita et Joris…dernière soirée à passer ensemble avant leur départ demain de bonne heure pour le Cap Nord! Je profite du four pour préparer des aubergines gratinées, un de mes plats préférés. Miam… et on profite du soleil pour faire sécher nos affaires.
Vendredi 15 juillet
Il a beaucoup plu cette nuit, à notre réveil il ne reste qu’une seule tente à côté de la nôtre. Rita et Joris sont partis à 4h, et les autres cyclistes avaient le bateau à 6h. La journée passe à bricoler les vélos, faire la lessive qui sèchera rapidement grâce à un fort vent et au soleil qui revient… des « coffee-time » sans nos amis.
Samedi 16 juillet
Ce matin on plie la tente avant la pluie, elle est bien sèche, c’est super! On avait réservé une chambre pour deux nuits, et on se dit qu’on a bien fait! Le temps se gâte vraiment depuis la mi-journée…
On passe à la boulangerie boire un excellent ristretto et déguster un pain aux raisins et un pain aux pistaches délicieux. Il y a bien du monde, des locaux habitués à ces bonnes pâtisseries, des touristes descendus du bateau Vesterålen de la compagnie de l’Hurtigruten…en fait c’est ce bateau-là que nous prendrons lundi matin. Aujourd’hui il remonte vers Kirkenes. Il a l’air sympa, c’est le plus petit et le plus ancien navire de la compagnie. La vitrine des pâtisseries nous met l’eau à la bouche…tout est fait par Abdoulaye qui travaille jours et nuits! Macarons, chocolats, pains, viennoiseries, tartelettes au citron meringuées, crêpes et galettes bretonnes au King crab entre-autres…rendez-vous est pris pour 17h, on l’attendra au bord de la route.
Abdoulaye nous emmène voir le petit village de Kamøyvaer où nous rencontrons Eva l’artiste allemande dont nous avons acheté des illustrations à Honningsvåg. C’est une amie d’Abdoulaye qui connaît tout le monde ici… elle nous explique comment elle travaille. Les habitants de l’île lui apportent des magazines qu’elle récupère pour faire des collages qu’elle fait ensuite imprimer.
On poursuit sur la route du cap Nord jusqu’à Skarsvåg, bien à l’abri de la pluie, du vent et du brouillard dans la voiture 🤪. Le voyage est si différent de mercredi à vélo, à notre rythme, les narines ouvertes, le maillot flottant au vent, le soleil chauffant nos mollets, et la route à perte de vue…les couleurs éclatantes de la mer… là, on ne voit pas à 10 mètres. Deux pèlerins marchent en bordure de route, un énorme sac à dos sur les épaules…quel courage, quelle détermination et quelle persévérance! Abdoulaye nous raconte qu’un jour des journalistes sont entrés dans son tea-room avec un marcheur pour faire un reportage sur ce gars, qui voulait relier le cap Nord au Cap de l’Afrique du Sud!!! Incroyable… Arrivés dans le village, nous découvrons les fameux King Crab, des énormes crabes qu’on ne trouverait qu’ici, entrelacés dans un bassin, attendant d’être mis à la casserole 😔. Des pêcheurs allemands sont à l’ouvrage pour dépecer la pêche du jour. Ici c’est le paradis pour les pêcheurs, bungalows à louer avec bateaux, local de découpage, barbecue…
On s’attable dans un petit bistro sympa tenu par un anglais, un ami d’Abdoulaye et on nous sert une excellente bacalhau, morue, tomates, pommes de terre…
On se régale…et soudain, le serveur nous apporte une petite patte de King Crab à goûter! Mmmh…c’est ma fois il faut bien l’avouer délicieux. Alors il nous apporte la grande version!!! Deux grandes pattes et des crevettes…mais où va-t-on pouvoir caler tout ça dans notre estomac?!?
Impossible de régler l’addition, ce magnifique repas nous est offert! Un immense MERCI Abdoulaye pour ton grand cœur et ta générosité. C’est vraiment trop sympa de découvrir le coin avec un « local » qui nous explique la région… et qui nous conduit encore jusqu’au cap où nous buvons un verre, histoire de revoir l’endroit mais dans une toute autre atmosphère … on échange nos coordonnées et on lui fait promettre de nous appeler quand il passera en suisse pour qu’on puisse lui rendre la pareille.
Dimanche 17 juillet
Quelle bonne nuit on a passé, dans la petite chambre cosy au chaud et à l’abri du vent qui a soufflé très fort cette nuit… on commence à récupérer de notre fatigue accumulée lors du voyage. A la cuisine en déjeunant on rencontre un jeune italien qui est parti de Côme et monte au cap aujourd’hui par un temps vraiment pas engageant… il rentrera chez lui en prenant le bus depuis là-haut et en changeant plusieurs fois pour ensuite s’envoler depuis Oslo…
Un renne solitaire traverse le camping… on se réjouit de bouger demain et de descendre prendre le bateau. On espère retrouver le soleil et une météo plus clémente au Danemark. On pense bien à nos amis Rita et Joris qui ont encore une semaine à passer ici avant de prendre eux-aussi le bateau pour Bergen. Ils annoncent une amélioration depuis mercredi. On leur souhaite de belles randonnées à travers ces steppes sauvages… et encore une fois on est vraiment reconnaissants d’avoir pu pédaler dans ces paysages grandioses sous le soleil!!!
Nous avons pédalé 3570 km et gravi 26’770 mètres… de quoi s’affûter les mollets😅😂… le voyage de retour sera moins montagneux!
Départ sous la pluie, la brume s’accroche aux parois des montagnes, mais rapidement nous pouvons enlever nos habits de pluie et faire une pause café-snickers où sont déjà installés nos compagnons de route.
Et arrive un cycliste hollandais redescendant du cap. Il est monté par la Finlande et la Suède où il a été la proie de moustiques et taons hyper agressifs, expérience très difficile… des forêts à perte de vue et pas de signe de vie humaine pendant des kilomètres… pas très fun tout ça. Il a dû attendre deux jours à Honningswag pour pouvoir monter car le temps était trop mauvais. On laisse les compatriotes discutailler et on s’attaque au col qui nous attend du haut de ses 401 mètres. Il fait frais et la montée est assez régulière, ce qui facilite grandement le travail à nos gambettes!
Il y a encore de la neige sur les sommets…on s’arrête pour boire un café au chaud dans le restaurant du col, invités par Rita et Joris pour déguster une délicieuse pâtisserie. Trop bien, et bien méritée! Un groupe de touristes autrichiens de Salzbourg sont là aussi et à la sortie, alors que nous enfourchons nos montures, ils me questionnent sur notre voyage et sont tous admiratifs, hi hi…et ils veulent nous prendre en photo. On est l’attraction de la place!
Plus que 370 km jusqu’au Cap Nord!!!
Un deuxième col nous attend après être redescendu au bord du fjord à Badderen. Nous avions prévu de dormir là, mais comme nous avons le vent dans le dos, et que nous sommes encore plein d’énergie, on décide de poursuivre encore jusqu’à Storeng.
On se met au chaud pour la descente!
On arrive à l’Arctic Fjord camping à Storeng en fin de journée. Et un rayon de soleil nous aide à sécher la tente avant de la monter… très joli spot, mais les sanitaires sont peu nombreux, 2 douches et 2 wc, et on doit encore payer la douche 3 euros pour 5 minutes! La plus chère qu’on ai vu jusqu’à présent…
Samedi 9 juillet
Après une bonne nuit de sommeil, on se lève à 5h45 pour démonter la tente avant la pluie annoncée. Et on a encore une grande étape devant nous… on passe un petit col pour redescendre sur le fjord à Langfjordbotn.
Pause café après avoir bien avancé, on a le vent dans le dos… avant de se préparer pour passer un tunnel plutôt long, 3,5 km. On pense qu’il y a un large trottoir et je suis bien heureuse, mais après quelques mètres il se rétrécit et ça devient très difficile de rouler droit!!! On descend donc sur la route et ça va mieux. On a même mis les boules quies parce que c’est tellement bruyant…
Pause pic-nic avec vue plongeante sur le bord de mer, où on aperçoit des rennes… puis un beau mâle qui se promène sur la route, entre les camping-cars…
On poursuit, il y a encore des tunnels, où même les rennes peuvent s’y égarer…
Ce soir, c’est camping sauvage à Kåfjord, un spot répertorié dans l’application NorCamp, juste magnifique…
Et ce soir c’est pas sorcier, on ne se casse pas la tête pour le souper…c’est « dry flood » et ce n’est pas si mauvais, ha ha…bien épicé le chili de tofu et beans! Mais bonjour les moustiques…
Dimanche 10 juillet
On a super bien dormi, réveillés ca matin par la chaleur du soleil sur la tente à 5h, mais pu se rendormir jusqu’à 7h après avoir ouvert les portes extérieures pour ventiler! Bonne petite montée bien raide pour arriver sur un plateau de forêts de pins, d’un côté des stands de tir, de l’autre un golf! Puis descente sur Alta par une super piste cyclable empruntant l’ancienne route, maintenant qu’ils ont fait un tunnel depuis le Kafjord qui sort en dessus d’Alta.
Petite pause café à Alta après avoir pu faire quelques courses dans un Kiwi ouvert le dimanche, oh miracle… les rues sont presque désertes!
On s’arrête au camping Solvang, super joli, arborisé avec des pins et vue sur la baie d’Alta et la rivière. Check-up des vélos et lessive.
A la salle commune, c’est très animé, deux familles avec des petits enfants préparent leur souper. Un couple de cyclistes venant d’Afrique du Sud nous racontent qu’ils ont écopé d’une tempête au camping du cap nord et que leur tente et leur vélo tandem sont cassés…qu’ils avaient un vol de retour qu’ils n’ont pas pu prendre à cause des grèves actuelles et qu’ils sont bloqués ici depuis plusieurs jours…quelle galère!
La météo annonce une péjoration pour milieu de semaine prochaine…on décide de faire des étapes plus longues que projetées, en jonglant avec la présence de campings et d’épiceries pour se ravitailler.
Lundi 11 juillet
Au déjeuner, on aperçoit un écureuil qui s’attaque aux provisions d’un couple de cyclistes, sans gêne… et plus tard on découvrira que les bruits qui nous ont réveillé la nuit passé provenaient de ce petit intrus, qui a grignoté ma sacoche avant pour essayer d’y extirper quelque nourriture!!! Il va falloir réparer cela si on ne veut pas retrouver de la bouillie après la pluie…
Départ sur la E6 de bonne heure dans la fraîcheur du matin, mais le soleil est fidèle et nous accompagne en nous réchauffant les mollets. Une bonne grimpette après Rafsbotn où nous faisons des courses pour la journée car pas de commerces avant 83 km. Notre route parcourt les hauts plateaux, la vallée de Stokkedalen, où la végétation se fait progressivement de plus en plus rare. Des petits lacs et des rivières parsèment ce paysage rude et grandiose au cours duquel on découvre quelques petits hameaux, soit des caravanes précaires ou de petites maisonnettes en bois. Qui sont donc les habitants de ces régions retirées et austères? Des grands enclos bordent la route, des élevages de rennes sûrement?
Petite pause café snickers en haut du col avec nos amis Rita et Joris qui nous ont rejoint. On savoure ces beaux tableaux qui défilent tout autour de nous.
On s’encourage, après le petit café diffusant son énergie dans notre estomac et nos gambettes, l’objectif n’est plus qu’à 197 km!
La route n’en finit pas de monter et descendre, on traverse la vallée de Repparfjorddalen, on pense arriver et derrière la colline on la voit qui serpente encore au loin… et le vent forcit, mais heureusement que nous ne l’avons pas de face! On imagine la galère par temps de pluie et de vent du nord…
Arrivés à Skaldi on pensait avoir un camping, mais c’est un caravaning privé. Il nous faut donc poursuivre jusqu’à Olderfjord, 22 km plus loin et un col supplémentaire. Ma cheville gauche me fait mal, mais ça va le faire…courage, Martine! On a avalé 99 km aujourd’hui et 1300 m de dénivelé…
Au camping on retrouve…Noah! Qui est redescendu du Cap et déjà sur le chemin de retour, il va descendre sur Alta et puis sur la Finlande pour y prendre un train à Åkasjokisuu et rejoindre Helsinki… plusieurs cyclistes sont là de retour du nord. Certains ont dû attendre pour pouvoir faire la dernière étape de Honningsvag jusqu’au Cap car trop de vent…et la situation peut tourner très rapidement, dans le bon sens ou dans le mauvais sens.
Mardi 12 juillet
Après un début de nuit un peu difficile…deux motards finlandais à côté de nous parlaient fort jusque tard, je leur ai finalement demandé de baisser le ton et on a pu dormir…on se lève de bonne heure pour longer la côte du Porsangerfjorden sous un ciel bleu azur, et on s’est dit que le premier arrivé à Repvag informe les autres s’il y a possibilité de dormir là bas, car c’est plutôt un hôtel…sinon on fera du camping sauvage devant le tunnel pour pouvoir y passer de bonne heure le matin avant le trafic! La route est magnifique… les couleurs intenses de la mer, du ciel, des roches et de la rare végétation…les goélands semblent plus calmes que d’ordinaires, se regroupant sur les rochers au bord de l’eau, savourant ce petit matin limpide!
Comment vont-ils faire pour rejoindre leurs compagnons?
depuis Alta, Yves et moi ressentons une forte énergie et un appel du Nord qui nous donne la force, l’énergie et la motivation d’atteindre notre but. Et paradoxalement, alors que ce grand calme émanant de la terre nous remplit, nous sommes excités comme des petits enfants aboutissant à leur rêve. Alors on pédale avec ardeur à toute vitesse. Et le vent est notre ami, il nous pousse le long du chemin.
On traverse maintenant avec courage tous les tunnels qui se présentent sur notre route! Et ceux qui sont en travaux abritent quelques spécimens plutôt rigiolos!!!
On avance bien, on communique avec Rita et Joris pour leur dire qu’on va essayer de passer le tunnel jusqu’à Honningswag aujourd’hui, qu’on est bien motivé. Après une pause café sur un beau promontoire on repart à nouveau plein d’énergie.
Il y a même des téméraires qui se baignent…
En arrivant près du tunnel, un troupeau de rennes est en contrebas de la route et marche tranquillement. On s’arrête pour les observer, et on scrute la montagne dont la face est dans l’ombre quand soudainement, une incroyable apparition nous est donnée…magique, majestueux, un grand roi de lumière nous regarde, comme s’il nous encourageait pour la traversée et la plongée dans les entrailles de la terre… je me sens remplie de sa force et de sa confiance et nous pouvons nous lancer dans ce gouffre froid, venteux et bruyant, armés de nos gilets réflecteurs, casques et boules quies…
Une longue descente de 212 mètres sous le niveau de la mer à 9%…puis un plat, et une remontée idem!!! Je me concentre sur ma respiration et j’entre dans une sorte de méditation pour éviter de me faire submerger par ces peurs qui m’assaillent… ces 6870 mètres me semblent infinis, mais une fois ressortis après 45 minutes sous terre, on se dit que le temps ne nous a pas semblé durer trois long quart d’heure! YES! WE DID IT!!! On s’était fait toutes sortes de films dans notre tête, imaginé une montagne de ce tunnel, mais finalement on a réussi! Et on est vraiment fiers de nous et heureux qu’il soit derrière, car on ne voudrait pas y retourner quand même!!!
Nous nous sommes endormis dans une atmosphère paisible, sachant qu’il allait pleuvoir un peu au petit matin… mais oh surprise, à 2h30 on est réveillé par un coup de vent qui fait claquer la toile de tente. Et quelques instants après, c’est la tente qui se couche sur nous, écrasée par les rafales tempêtueuses qui s’abattent sur la côte. Elle résiste courageusement, se redresse lorsqu’il y a un répit, et se recouche, on est pris en sandwich…c’est effrayant et paralysant! Que faire? On pense que c’est juste passager et que ça va rapidement se calmer…juste un coup de vent… mais non! ça continue, et c’est de pire en pire. Yves sort pour arrimer la toile avec des sardines supplémentaires lorsqu’une fille le rejoint et lui dit qu’il faut descendre la tente plus bas, quitter le front de mer. Nous ne sommes plus dans l’axe du vent car il a tourné, ce qui ne laisse plus la capacité aux arceaux de résister. Joris apparaît aussi pour nous aider. On enlève les sardines, la toile extérieure et les arceaux et ils nous aident à tirer la tente jusqu’en bas, avec toutes nos affaires à l’intérieur. On trouve un endroit un peu moins exposé et on essaie de remonter la tente. Certaines parties des arceaux ont été courbés par la force du vent. Mais on n’a pas le temps de les redresser. On a beaucoup de peine à remettre la toile extérieure, un voisin sort de son camping car et nous aide à l’installer. Quelle aventure cauchemardesque… Rita et Joris rangent leur campement et vont se réfugier à la salle de séjour. Heureusement qu’il ne pleut pas encore. On parvient à dormir 2 heures après avoir réinstallé sommairement nos affaires. Il pleut quand on range la tente, le vent est toujours très fort. La salle de séjour est remplie de gens installés sur leurs matelas qui ont fuit la tempête… on doit prendre le ferry à 8h45 pour rejoindre Gryllefjord. Le vent vient du sud, on ne l’aura pas trop de face, heureusement. Arrivés à l’embarquement, il baisse en puissance et la traversée se fait sans problème. On débarque sur l’île de Senja, on ne voit pas le sommet des montagnes perdues dans le brouillard, mais c’est très encaissé.
On a une grande étape aujourd’hui, on a la chance de passer ici un dimanche, car il y a des travaux sur la route au niveau du Mefjord et elle est fermée. Or un cycliste parisien nous a dit qu’il y était passé de nuit, que c’est possible quand les ouvriers ne travaillent pas. On tente le coup, mais avec pas mal d’appréhension en espérant ne pas nous retrouver devant une impasse et devoir rebrousser chemin sur 50 km!!!
Mais tout d’abord il y a un col à passer, avec une montée de 8 % sur 4 km…ça monte vraiment, c’est difficile, par chance il ne pleut plus et il fait frais! Pas mal de camping-cars, certains conducteurs me regardent comme si j’étais un extraterrestre me dit Yves… moi j’ai la tête dans le guidon et je suis concentrée sur ma route, un tour de pédale après l’autre. Quel soulagement en arrivant en haut.
On se rhabille pour redescendre sur le Bergsfjorden…
Petite pause pic-nic sur une plateforme plongeant sur le fjord…à couper le souffle!
On redescend au bord du fjord pour le longer et passer à travers la montagne par un tunnel, ceci plusieurs fois… et découvrir chaque fois une nouvelle « vallée »…magnifique, c’est très sauvage et il y a peu de trafic et peu d’habitations.
On arrive enfin à l’endroit où la route est fermée…il y a un groupe de motards arrêtés, les bras ballants et l’air bien empruntés de ne pas pouvoir continuer. Une barrière est baissée et Joris essaie de la contourner. Un des motards lui dit que c’est fermé. Il lui répond « je sais ». Alors il lui monte la barrière, pas besoin de la contourner…et nous voici en terrain interdit…aie aie aie, on ne traine pas, mais c’est bien sur 15 km qu’il y a des travaux, à deux endroits. Ils élargissent et sécurisent les parois rocheuses.
On peut trouver à l’entrée des tunnels un bouton à presser pour enclencher un feu clignotant avertissant les automobilistes de la présence de cyclistes dans le tunnel. C’est une sécurité supplémentaire.
On voit ici à droite la fin des travaux, on est content d’arriver!!
Encore un petit col à passer et traverser un plateau avant de descendre sur Botnhamn où nous trouvons un chouette camping avec des sanitaires tout neufs et une grande cuisine.
Lundi 4 juillet
Départ ce matin pour rejoindre Tromsø, la ville la plus au Nord de l’Europe…Nous prenons le ferry à Botnhamn jusqu’à Brensholmen, la traversée dure une heure et demie, ce qui nous fait débuter l’étape à 10h30. On longe le fjord par la 862 qui est peu fréquentée.
Pause de midi sur une jolie place très sympa mise à disposition des cyclistes par le propriétaire de la maison d’en dessus…
On quitte les fjords pour passer un col sur un haut plateau, magnifique panorama qui change au long de la route…
Arrivée dans la région de Tromsø, on doit passer deux ponts pour rejoindre le camping…et la ville c’est comme Lausanne, ça monte, ça monte même bien raide!
On va rester deux nuits au camping pour se reposer. C’est plein…mais il y a un coin tente dans un petit bois au bord de la rivière où nous sommes les premiers à nous installer. Les autres campeurs se sont mis près des sanitaires, entassés les uns sur les autres…
Mardi 5 juillet
Nous avons décidé après mure réflexion de réserver le voyage de retour sur Bergen depuis Honnigsvåg par le bateau Hurtigruten! Nous fêtons nos 30 ans de mariage en août et nous allons nous offrir ce cadeau. Il y a un navire plus petit et plus ancien qui part le 18 juillet, et d’après nos calculs et la planification des étapes, nous pourrons terminer notre voyage au Cap pour cette date, en ayant une marge de 1-2 jours de battements… je n’ai pas la motivation pour redescendre par la Finlande, on nous a dit que les moustiques y sont très agressifs et nombreux, et que la route est monotone…plat pays, forêt à droite et à gauche du chemin, ceci sur des centaines de kilomètres, sans voir personne… et j’ai envie de redescendre plus au sud pour avoir un peu de chaleur et de soleil, et Yves aussi, donc nous prendrons un ferry de Bergen sur Hirtshals au nord du Danemark et descendre la côte ouest, puis les Pays Bas et l’Allemagne, à voir encore.
Tromsø est une petite ville sympa où se côtoient vieilles maisons en bois sur pilotis et petits immeubles modernes dans le quartier du port. Et les quartiers résidentiels se développent, on voit des chantiers un peu partout.
Mercredi 6 juillet
Il a plu toute la nuit, un vrai déluge…Joris et Rita ont déplacé leur tente car ils pensaient être inondés s’ils restaient là. On se réveille entourés de flaques, de lacs…et la rivière a changé de look! Elle est prête à déborder…
Yves fait sécher la tente dans le local de la buanderie pendant qu’on déjeune dans la super cuisine, grande et chaleureuse. On attend un moment que la pluie diminue d’intensité puis on part équipé des pieds à la tête. Il y a longtemps qu’on n’a plus eu besoin de nos pantalons et sur-chaussures , mais finalement on pourra les retirer assez vite. Pour quitter Tromsø il y a une petite route qui passe à travers les quartiers résidentiels, ce qui nous évite de rejoindre trop vite la E8 qui est bien fréquentée… on s’est équipé d’un petit Thermos et de deux tasses téléscopiques pour pouvoir boire un petit café sur le chemin…et ce matin, c’est la fête! Café et croissant pour une petite pause avant de monter dans une vallée perdue qui nous mènera à Breivikeidet d’où nous prendrons le ferry pour Svensby.
Jeudi 7 juillet
Ce matin le soleil est à nouveau là, quel plaisir de pédaler avec lui! Départ à 7h, on va prendre le ferry à Lyngseidet pour rejoindre Olderdalen, et il parait qu’aujourd’hui c’est le dernier jour d’ouverture car il va y avoir des travaux, et la liaison va être fermée. Quelle chance on a de pouvoir l’utiliser aujourd’hui, dans le cas contraire il faudrait faire un détour de 130 km!!! Je me demande comment vont faire tous les autres cyclistes! On longe le Ullsfjorden puis le Kjosen dont l’eau prend une couleur turquoise, comme certains lacs suisses…
Que de cyclistes tout à coup!Un vrai miroir…Région de Lyngsfjellan, magnifique!
On prend le ferry avec Noah, qu’on avait rencontré à Trondheim pour la première fois.
Puis on remonte en direction du nord le long du Lyngen Ivgovuotna… face au massif majestueux du Lyngsfjellan.
Nous nous encourageons pour gravir un col. Le tunnel au sommet est interdit aux cyclistes et nous empruntons l’ancienne route, donc pas de circulation, à notre grand bonheur…jusqu’à Storslett qui est à l’extrémité du Reisafjorden.
Après une longue étape de 78 km et 850m de dénivelé, on s’arrête au premier camping, le Sandnessfjord…on est bien fatigué. Il y a juste 2 caravanes, et on comprendra pourquoi! C’est un peu le taudis, les sanitaires et la cuisine sont ceux des propriétaires, tout semble en travaux, rien n’est mené à bout. Mais on est content de cuisiner dedans, par contre on mange dehors avec Rita et Joris, car la « salle à manger » est occupée par une bande de drôles de gaillards. Par contre demain matin nous prendrons le petit déj dedans car il pleuvra…