La vélo Francette, d’Angers à Domfront, en suivant la Mayenne…

J 48 – J 50 30 juin au 2 juillet

Ce matin nous partons plus tard, horaire d’ouverture oblige, pour effectuer une tentative de remplacement de ma casquette perdue hier…nous allons chez Décathlon en faisant un détour par les petits passages labyrinthiques d’Angers selon Googlemap, et miracle, je ressors avec le même modèle datant de quatre ans. Je suis vraiment soulagée d’être à nouveau équipée pour affronter les éventuelles insolations, si l’été veut bien se donner la peine d’entrer en scène maintenant… Arrêt petit déjeuner avant de quitter l’itinéraire de la Loire à Vélo et de s’engager dans la Vélo Francette qui relie normalement La Rochelle à Caen, mais nous allons la suivre jusqu’à Domfront d’où nous bifurquerons pour partir à l’ouest en direction du Mont Saint-Michel par la Véloscenie … tout un programme, qui découle d’un petit éclat de verre qui s’est malencontreusement logé dans le pneu du vélo d’Yves , qui nous a conduit chez le Docteur Vélo, qui nous a conseillé de suivre cet itinéraire plutôt que celui que nous avions prévu au départ! Cette première journée le long de la Mayenne nous séduit et nous conforte dans notre choix… nous sommes loin des routes et du trafic, nous circulons sur le chemin de halage qui est un petit chemin de gravillons; nous longeons d’un côté la rivière et de l’autre une réserve naturelle marécageuse où chantent les grenouilles et chassent les aigrettes garzettes et les hérons. On retrouve des écluses et des anciens moulins et des minoteries tout le long du cours d’eau. Il y a aussi des petits ports de plaisance. Mais très peu de trafic fluvial… ainsi que très peu de cyclistes!

Petite méditation avant de savourer la bonne baguette française 😂

Nous rencontrons un troupeau d’ânes et de leurs petits, élevés pour le lait d’ânesse à but cosmétique. Ils ont une étrange fourrure qui semble muer et se détacher par pans… de belles demeures bordent la Mayenne ou la surplombent du haut des coteaux. Nous croisons quelques cyclistes mais ce n’est pas encore la foule des grands jours… par contre les châteaux et les belles propriétés se succèdent au fil de l’eau , certaines très joliment restaurées, et d’autres qui mériteraient de l’être mais n’ont pas trouvé d’acquéreurs! Nous entrons dans le département de la Mayenne. Nous terminons notre étape au niveau de Château-Gonthier, au camping du Parc, où nous attendent des petits lapins 😉 Ce camping offre de petits chalets qui ont l’air bien confortables, ils sont occupés pour certains par des ouvriers qui rentrent de leur journée de travail avec les bus d’entreprise… nous sommes heureux de voir que le ciel s’éclaircit et augure une belle amélioration pour demain!

Départ de Château-Gontier un peu plus tard ce matin puisque la pluie ne s’annonce pas pour aujourd’hui, ce qui nous laisse une marge de manœuvre pour avancer plus tranquillement. Arrêt à la boulangerie pour acheter le petit déj et les sandwichs pour le dîner. La boulangère est aux petits soins lorsqu’elle aperçoit nos vélos…elle me prépare un sandwich spécial au bleu avec œufs crudités et jambon cru. La chance! Formule avec boisson est dessert, c’est le top! Elle me coupe les sandwichs en deux pour qu’ils entrent dans les sacoches, vu leur taille, en me disant que c’est comme ça qu’elle fait pour elle même…parole de cycliste🤪 Magnifique lumière matinale pour traverser le pont sur la Mayenne…

Arrêt pour déjeuner au niveau de l’écluse de Bonchamp-lès-Laval où arrive justement l’éclusier qui débute sa journée de boulot. Il nous explique qu’il a la chance d’avoir à disposition la maison de l’écluse car habituellement elles sont mises en location, mais celle-ci est spéciale…elle est occupée par 35 nids d’hirondelles (qui sont protégées et qu’on ne peut donc pas déloger…) et la maison est considérée comme insalubre à cause de toutes les crottes et les saletés qu’elles laissent…d’ailleurs il y en a une qui me fait un clin d’œil en me l’argüant un souvenir sur mon téléphone 😳 ! Ce monsieur très sympa nous raconte qu’avec le Covid il y a beaucoup moins de touristes et de passages de bateaux…il en a comptabilisé que 87 sur ce dernier mois au lieu de 180 habituellement…donc les journées sont longues à attendre les embarcations à faire descendre ou monter dans l’écluse! Et les cyclistes sont moins nombreux aussi. Il espère que maintenant que les vacances d’été commencent ça va changer. Il nous explique aussi qu’à chaque écluse nous pouvons avoir de l’eau , parfois des wc et même la possibilité de prendre une douche ou d’installer sa tente selon le bon vouloir de l’éclusier…et que si on avait besoin d’électricité c’était possible de recharger un appareil.

Quelques kilomètres plus loin nous nous arrêtons pour observer des vaches noires qui ressemblent aux vaches d’Hérens…un énorme taureau siège parmi elles. Et un jeune gars qui est là pour s’en occuper nous explique que ce sont des vaches japonaises, qui appartiennent aux propriétaires de la magnifique maison d’hôtes qui surplombe les pâturages et qu’elles sont élevées pour la viande, pour un marché de niche dont le kilo s’achète à 300 euros… mais pas n’importe qui a le privilège de la manger! Le taureau vaut 28 000 euros!!! Et il doit trouver une solution pour que ces bovins ne parviennent plus à ouvrir les barrières…elles sont intelligentes et retirent les rondins de leurs gonds!!! Quand on lui explique qu’on est parti de Suisse, il s’exclame que s’il l’avait su au début, il ne nous aurait pas parlé!!! Vu le résultat du match de l’Euro des 8èmes de finales 😂😂😂 où la Suisse a finalement éliminé la France! On calme le jeu en disant que « nous ne sommes pas trop foot », mais nous n’insistons pas… puis petite pause café délicieux au soleil!!! ça change tout…

Très belle cathédrale à Laval…nous nous arrêtons à l’ombre de son clocher pour croquer les sandwichs au bleu et nous rafraîchir un peu. Nous apprécions aujourd’hui chaque petit coin d’ombre que ce soit le long du chemin dans les sous-bois au travers desquels il nous conduit ou sous les parasols des terrasses où nous buvons un café.

Nous arrivons au bout de notre étape du jour à Mayenne, où nous nous posons dans un très joli camping, le camping du Parc qui vient d’être rénové. Nous profitons des nouveaux appareils pour faire une bonne lessive … puis cuisinons un émincé de bœuf dans notre super petite poêle, qui nous permet de faire des menus top chef 😜… et quel bien cela fait de profiter de cette douceur revenue et enfin rester un peu le soir hors de nos sacs de couchage 🤪…

J’ai mal dormi…difficultés à trouver le sommeil puis réveil trop matinal…les oiseaux chantent déjà avec tant de joie et d’énergie , les pigeons toujours bien assez nombreux roucoulent sans se décourager ! Mais le soleil est là et la réjouissance de la perspective d’une journée sans pluie me tire du lit, enfin c’est un grand mot, plutôt du sac de couchage… pleine d’entrain, je m’habille, puis range mon petit coussin dans sa fourre, mon drap housse et mon sac de couchage dans la leur…dégonfle mon matelas et le fourre aussi dans sa pochette, chaque chose à sa place, dans mon boudin de 30 l qui se place sur le porte bagages. Puis je range chaque petit sac d’habits, chaussures, veste, trousse de toilette et linge dans mes deux sacoches arrières… départ aux sanitaires faire ma toilette, et ensuite aider Yves à démonter et ranger la tente, charger les vélos…et départ. Tout ça en une heure… aujourd’hui l’itinéraire quitte le chemin de halage de la Mayenne pour emprunter une ancienne voie ferrée sur les hauteurs de la ville , au sommet de la colline…bonne grimpette pour les gambettes! Stop boulangerie pour achat du déjeuner et du pic nic, puis on s’enfile dans un « tunnel de verdure » qui nous conduira à travers la campagne qu’on n’apercevra que par moments tant la forêt est dense… et bien fraîche ce matin, profitons-en avant la chaleur orageuse de l’après-midi! Nous ne croisons que très peu de monde…

A un moment du parcours, nous longeons l’ancienne voie ferrée qui est utilisée comme « vélo-rail » pour les touristes, une sorte de wagon vélo qui avance à la force des mollets et des coups de pédales. Mais ça doit être ouvert le week-end, en tout cas pas aujourd’hui. Nous traversons la Varenne, un cours d’eau qui se jette dans la Mayenne et qui a la même couleur brune…

Puis nous quittons la voie verte sur conseil d’un habitant rencontré en bordure de chemin, pour passer par Saint- Fraimbault, petite bourgade fleurie et par les collines environnantes, ce qui nous change de notre tunnel de verdure 😜 et nous apprécions de monter et surtout de descendre ces collines…

Nous arrivons en début d’après-midi à Domfront, très pittoresque bourgade moyenâgeuse dominant la campagne du haut d’une colline qu’il faut gravir à la force de nos mollets déjà bien fatigués! Nous sommes contents de trouver un joli camping municipal où nous mettons tout d’abord sécher le tapis de tente, la tente ainsi que le double toit qui étaient bien humide ce matin, mais qui sont rapidement secs et installés 😉 , ensuite, aérer les sacs de couchage et gonfler les matelas.

Une fois rafraîchis par une bonne douche, nous partons visiter le bourg et ses ruines , une forteresse datant du XII ème siècle … « Domfront reste l’avant-dernière place forte tenue par les Anglais lors de la reconquête de la Normandie par le Roi de France en 1450. »

Et nous découvrons une magnifique église faisant partie du patrimoine du XXème siècle en Normandie, l’église Saint-Julien. « Elle date de 1924, correspond à une œuvre originale de style Noé-byzantin avec une structure en béton armé, un décor art-déco teinté de réminiscences arméniennes et de la présence d’un important clocher éteignoir ». Elle est vraiment originale et magnifique…

Nous préparons notre souper ( risotto aux poireaux et lardons) en buvant l’apéro et en encourageant la Nati dans le match des 8èmes de finales de l’Euro😉… dommage pour ces tirs aux buts mais bravo quand même à eux!

J51- J52 3 – 4 juillet La Véloscenie

Depuis Domfront nous empruntons maintenant la Véloscenie qui part de Paris et va jusqu’au Mont Saint-Michel. C’est aussi une ancienne voie ferrée qui nous emmène à travers la campagne normande mais sans vraiment traverser des villages…nous trouvons quand même un petit bar à Bion qui fait dépôt de pain où nous pouvons nous ravitailler pour le pic nic et boire deux bons cafés pour nous donner un petit coup de fouet. Le ciel est très menaçant, nous dépassons deux jeunes cyclistes attablés et dégustant leur pic nic qui nous font joyeusement signe. Nous les retrouverons plus tard au Mont Saint Michel… et quelques minutes plus tard un rideau de pluie s’abat soudain sur nous ! Heureusement nous sommes plus ou moins à l’abri sous des arbres et nous attendons que la rincée passe. On se demande comment les deux jeunes ont pu s’abriter, car c’est si soudain qu’il faut être bien rapide pour tout rempaqueter!!!

Mais le soleil revient vite et nous permet de sécher nos sacoches et nos vestes avant de les ranger pour un moment… nous décidons d’aller jusqu’au Mont Saint-Michel et de passer le week-end là-bas, on n’est plus très loin! Les paysages sont magnifiques, plus vallonnés et les contrastes de couleurs splendides avec le soleil jouant dans de nombreux châtaigniers en fleurs qui se découpent sur le ciel noir… je pédale à toute vitesse, pleine de cette énergie joyeuse qui m’habitait lorsqu’enfant nous allions en famille retrouver la mer!!! Quel magnifique panorama s’offre à nous en arrivant à l’embouchure de la Sélune… un vaste estuaire où la rivière serpente entre des pâturages où paissent des centaines de moutons. L’odeur de la mer, de l’iode nous prend les narines et nous respirons à fond pour nous en imprégner…nous voilà arrivés jusqu’à la Manche. Nous avons fait à peu près 1300 Km depuis notre départ de Lausanne il y a pas encore 3 semaines. Génial…

Il nous reste encore une quinzaine de kilomètres jusqu’au Mont Saint-Michel. Nous l’a percevons de loin et sous toutes les coutures…Il est majestueux! Un fort vent de face nous ralentit et nous sommes bien contents d’arriver au camping … une fois la tente montée nous prenons nos vélos pour aller le voir de plus près! C’est vraiment particulier ces immenses étendues de sable à perte de vue, la mer est si loin, c’est marée basse. Des reflets de l’eau qui brille dans lesquels joue la lumière … nous avançons sur la digue construite il y a quelques années et où des navettes conduisent les touristes qui ont dû déposer leur véhicule dans des parkings. Nous aurons le temps de visiter le rocher demain lors de « notre journée de congé »…

Nous prenons un bon repas au restaurant, pièce de bœuf pour Monsieur et pavé de saumon pour Madame 😂…

Journée de dimanche très variable avec de la pluie en début de matinée, une grosse averse lorsque nous prenons la navette qui nous conduit au Mont Saint-Michel, mais le ciel se dégage vite, et à nouveau une petite rincée … il y a du monde mais ça va, nous arrivons à nous faufiler jusqu’à l’Abbaye où est donné la messe du dimanche, c’est un vrai labyrinthe de salles et d’escaliers qui nous mènent sur les terrasses surplombant la baie…incroyable comme c’est beau, on resterait des heures à scruter l’horizon et regarder la marée envahir cette grande baie, dont la mer pour l’instant est à des kilomètres! Les goélands prennent la pause et font des joyeux discours , les mouettes ricanent…

Nous redescendons par de petites ruelles où nous croisons les deux jeunes cyclistes Ewan et Marius avec qui nous échangeons un moment sur nos expériences…ils sont partis de Rouan et ils vont jusqu’à Brest et reprennent le train pour Strasbourg dans cinq jours. C’est leur premier voyage à vélo et ils sont tout contents de glaner des renseignements sur notre matériel entre autres… rencontre bien sympa, mais ils sont un peu pressés de visiter et de repartir sur Saint Malo pour y dormir ce soir. Nous on va se manger une bonne galette bretonne avec une bolée de cidre délicieux, miam…

On aperçoit pas mal de groupes sur les sables de la baie à marée basse qui se promènent avec un guide, c’est très fortement déconseillé voire peut-être interdit de se lancer seul à la conquête de ces grands espaces qui sont menacés de différents dangers…sables mouvants, marée qui monte très vite… il y a d’ailleurs les secours qui sont sur pied de guerre car la marée remonte lorsque nous quittons le rocher…

Retour au camping et entretien des vélos pour Yves, avec présence inédite d’une petite compagne qui ne veut pas quitter son vélo 😅…et écriture du blog pour ma part. Et je voulais vous remercier, vous qui me donnez des retours positifs de la lecture de notre blog, ce qui m’encourage à poursuivre car c’est un travail important🤪 et c’est trop bien de pouvoir garder un lien « avec notre vie d’avant » par votre intermédiaire… et d’avoir des nouvelles de la Suisse!

J 117- J 122 du 7- 12 septembre

Mardi 7. Une petite brume se lève alors que nous plions la tente, en évitant de marcher sur de grosses limaces qui sortent du bosquet à côté duquel nous nous étions installés pour être à l’ombre hier soir! Nous avions prévu le coup et mis nos sacoches avant sur les vélos pour éviter l’invasion de ces petites bêtes gluantes et pas du tout les bienvenues lorsqu’elles se hissent jusqu’à l’intérieur de nos affaires si nous avons le malheur d’oublier de fermer correctement nos sacoches … nous quittons Hesperange après nous être arrêté à la station d’essence pour prendre un café à l’emporter et un croissant. Là nous observons toutes sortes d’ouvriers, maîtres d’état ou commerciaux qui ressortent avec leur déjeuner… et nous imaginons notre fils Samuel qui doit être aussi dans cette situation 😉. Ici au Luxembourg, les routes sont bordées d’arbres alors que chez nous ils les ont tous rasé pour cause de risque d’accident… on peut repérer les routes dans les collines lorsqu’un serpentin d’arbres se dessine au loin! Nous apercevons quatre cheminées de centrale nucléaire au loin, qui sont en fait en France…

Nous roulons sur une petite route agricole et nous nous arrêtons pour admirer le paysage qui se déploie à nos pieds et déguster encore un croissant avant de plonger en bas de la colline et de remonter de l’autre côté… les champs sont fraîchement labourés et dégagent cette odeur de terre humide que j’aime particulièrement.

Nous continuons l’itinéraire en suivant une ancienne voie ferrée qui suit le relief tout autour des collines mais en restant à plat. Nous traversons de belles forêt puis soudain nous débarquons dans un paysage tout différent, des coteaux recouverts de vignes. C’est la qu’on s’aperçoit qu’on descend vers le sud et qu’on retrouve les vignobles…

Yves s’arrête pour goûter le raisin…le blanc est acide mais le noir est plus sucré, pourtant on sent les pesticides sur la langue, dommage.

Nous rencontrons encore des troupeaux de vaches allaitantes et lorsque nous nous arrêtons pour les saluer, le taureau veille au grain et nous observe 😅…

Nous rejoignons la Moselle à Remich où nous nous arrêtons pour boire un café. C’est assez touristique et il y a des grands bateaux de croisière.

Nous arrivons à Schengen, une maison plutôt incroyable surplombant la rivière se dresse majestueusement … il nous suffit de passer le pont pour traverser la Moselle et nous nous retrouvons en Allemagne…

Puis quelques centaines de mètres plus loin…nous sommes en France!

La France… la Lorraine

Nous devons remonter sur le plateau, il y a des endroits où la côte est bien raide…c’est dur, et sous le soleil de midi tapante, je dégouline 😅… c’est drôle car les noms des localités sonnent allemand. Au vu de l’histoire mouvementée de cette région qui passa au gré des périodes historiques du côté germanique ou francophone…Au loin nous apercevons le château de Malbrouck, perché sur une colline.

Nous continuons la montée jusqu’au sommet au niveau de Launstroff où nous bifurquons sur une petite route indiquant « menhirs de l’Europe » qui est un projet artistique initié par un allemand Paul Schneider en 1991 , visant à créer un symposium sur la route qui longe la frontière entre Launstroff ( France) et Wellingen ( Allemagne). il y a 32 sculptures monumentales dont en voici quelques-unes… je suppose qu’à l’époque il n’y avait pas encore ce grand parc éolien tout le long du relief…

Lorsque nous arrivons en bas de la longue descente, nous nous rendons compte que nous sommes en Allemagne 😅

L’Allemagne

Depuis Wellingen nous suivons une route principale puis une voie verte à travers la forêt nous amène jusqu’à Rehlingen-Siersburg où nous avons prévu de dormir au camping au bord de la rivière Nied.

Nous nous installons sur une jolie place ombragée trop contents de pouvoir se mettre au frais. Et nous entendons nos voisins parler français, on regarde les plaques de la voiture, ce sont des bernois… un couple âgé dont la dame est de Lausanne , ils sont là depuis 15 jours, habitués de ce camping car leur fille habite tout près. Après avoir babillé un moment, Mme se déplace et nous apporte des branches de chocolat ovomaltine pour notre voyage de demain🤩😉. Trop sympa. On voulais leur proposer de faire un apéro, mais ils se mettent à table pour souper à 17 h … et leur fille passe les voir après, donc pas d’apéro! Des canards ont élu domicile au bord de la rivière et viennent picorer les pommes tombées sur les places de camping, par groupes de deux ou trois.

Mercredi 8. Ce matin, trois demoiselles canes se dandinent autour de nous alors que nous rangeons nos affaires et préparons un bircher. Elles sont marrantes, elles se déplacent toujours les trois ensemble, ça doit être trois sœurs🦆🦆🦆… aujourd’hui l’itinéraire nous fera longer la Sarre sur une voie verte.

Début bucolique où nous croisons des péniches et un jeune gars qui se déplace sur son paddle…David et Goliath 😅

Plus on avance, plus la région devient industrielle. On passe de l’agriculture à la sidérurgie en passant par les nombreuses centrales nucléaires qui ne sont plus en fonction mais toujours debout…

Petite pause baguette et nutela pour se donner un peu d’énergie …les pigeons sont en conférence au sommet😂! Et un petit écureuil cherche son déjeuner sans nous avoir vu 🐿

A la hauteur de Völklingen, nous passons à travers une ancienne usine de métallurgie? Pour le moins très impressionnant…

Nous croisons étonnement beaucoup de gens à vélo, des personnes d’un certain âge en balade avec leur vélo électrique, alors que nous trouvons que cet itinéraire n’est vraiment pas des plus intéressant…mise à part qu’il est plat😂… par la suite une fois que nous avons quitté ces importantes zones industrielles l’itinéraire redevient plus sympa…

Re- la France…

La Sarre fait la frontière entre l’Allemagne et la France depuis la sortie de Sarrebruck, et nous sommes en France sur les deux berges depuis Sarreguemines… nous n’aurons pas été très longtemps en Allemagne! Il fait encore très chaud aujourd’hui, ils annonçaient 27 degrés. Nous recherchons de l’ombre pour faire une pause, il y a deux bancs au bord du canal, un cycliste y est déjà assis. Nous engageons la conversation, au début nous ne comprenons pas bien ce qu’il dit, ils ont un accent allemand ici en Moselle 😅 ils sont bilingues nous dit-il. Il nous raconte qu’il a vu plusieurs biches qui se sont noyées en voulant boire dans le canal sans pouvoir remonter sur la berge à cause des murets…et que l’année passée deux enfants se sont noyés dans le canal, quelle tragédie !

Nous quittons le canal à Sarralbe pour y faire des courses pour le souper, très jolie petite bourgade…

Puis nous arrivons à Keskastel où nous avons décidé de passer la nuit dans le camping municipal au bord d’un petit lac, très sympa.

Il y a une zone baignade qui est encore bien occupée par des familles locales et des jeunes qui font les fous 😂…et de l’autre côté ce sont les pêcheurs qui qui lancent leurs appâts et autres leurres pour attraper des brochets ou des carpes…on est gâtés, il y a une table de pic nic à proximité ! Sinon, le camping est relativement désert…

Jeudi 9. En étant sous les arbres, la tente est beaucoup moins humide de rosée, c’est une bonne constatation à retenir😉 … nous profitons encore de la table de pic nic pour déjeuner avec un bon bircher, il y a pire comme petit dej 😂…

Nous suivons le canal parallèle à la Sarre, le ciel devient bien menaçant et nous finissons par avoir une petite averse, mais qui s’avérera être la seule que nous rencontrerons aujourd’hui, même si nous passons après la pluie à certains endroits où il reste de bonnes flaques d’eau comme preuve d’une averse orageuse… nous enfreignons l’interdiction de circuler rencontrée à un moment et nous nous retrouvons nez à nez avec une camionnette de géomètres qui font des mesures en vue certainement de travaux sur la voie verte qui s’affaisse sur plusieurs kilomètres déjà…ils rient en nous voyant arriver!

Nous traversons une zone de lacs et le canal passe au milieu… une expo photo en pleine nature, c’est sympa.

C’est l’heure de la pause …Miam, un escargot au chocolat!

A un moment donné, il y a une bifurcation où le canal de la Sarre se jette dans le canal de la Marne-au-Rhin, direction Nancy à l’ouest et direction Strasbourg à l’est. Et un obstacle pour les cyclistes chargés de grosses sacoches comme nous nous attend😅 le concepteur de cette passerelle nous permettant de traverser le canal ne doit certainement pas être un cycliste!!! Il y a une rampe très étroite et collée à la barrière, on est obligé de décharger les vélos pour les monter sur ces escaliers très raides et se mettre à deux…

Ce canal de la Marne-au-Rhin en très frequenté par des bateaux de tourisme, des petites péniches de location ou même des grandes luxueuses avec personnel de bord😂… et lorsqu’elles doivent croiser dans un virage, les petites doivent reculer pour laisser passer Madame…

Les prémices de l’automne se dévoilent au fil de l’itinéraire, mais aujourd’hui beaucoup de feuilles jonchent le sol.

Nous approchons de l’Alsace, les cigognes en sont la preuve😃!

Un petit béquet que je n’ai pas anticipé, et me voilà bonne pour pousser mon vélo car je n’ai pas la bonne vitesse pour l’appréhender 😅

Comme c’est lourd!😱😅

A la hauteur de Arzviller, nous descendons le long d’un canal désaffecté de 16 écluses, la Vallée des Éclusiers, sur une longueur d’un kilomètre. Elles ont été remplacées par un ascenseur à bateau sur un nouveau tronçon de canal… c’est une magnifique petite vallée dans la forêt, dominée par de hautes falaises de roches rose-rouge qui sont très impressionnantes. Un écureuil géant veille sur les écluses…et même la végétation s’y installe en s’accrochant dans les failles. Certaines de ces maisons d’écluse ont été retapées . La végétation a repris ses droits et a envahi le canal… comme cela devait prendre du temps pour les péniches de remonter toutes ces écluses! Aujourd’hui elles passent par le plan incliné de Saint-Louis-Arzwillwe, cet ascenseur à bateaux ayant un dénivelé de 45 m… il a été mis en service en 1969. Nous ne sommes pas passé par là, mais j’ai trouvé cette photo sur Google qui vous donnera une idée…

La voie verte emprunte l’ancien canal sur une passerelle, puis rejoint le canal de la Marne au Rhin qui longe la petite rivière Zorn, petit clin d’œil à Monique 😉🤩… nous passons en Alsace puis nous arrivons à Saverne, jolie petite bourgade perchée sur une colline et nous nous installons pour deux nuit au camping sous un grand et magnifique saule-pleureur. Nous avons une table de pic-nic à disposition.

L’Alsace

Vendredi 10. Longue nuit , nous nous réveillons à 9h30…comme ça fait du bien 😃. Journée repos, lessive, maintenance des vélos, changement de plaquettes de freins pour Yves. Et il fait beau, alors qu’ils annonçaient de la pluie! En fin d’après midi arrive un jeune cyclo-voyageur. C’est Mathieu, un genevois qui voyage depuis trois mois aussi mais il vient du Nord, il a fait l’Islande puis la Norvège et redescend chez lui… il roule aussi sur un vélo Papalagi comme nous 😉🚲🚴‍♂️

En fin d’après midi nous descendons à pied à Saverne puis nous nous installons sur la grande place pour boire une bière. Arrive Mathieu avec son vélo, qu’on invite à se joindre à nous. Nous passons une super soirée avec lui, mangeons un délicieux repas sur une terrasse au bord du canal. Une très belle rencontre, merci Mathieu pour ce chouette moment. Nous rentrons au camping sous une petite pluie fine, qui est finalement quand même tombée…

Samedi 11. Petit déjeuner encore au camping avant de repartir pour Strasbourg. Le ciel est bien menaçant mais la tente est sèche, pas de rosée cette nuit en ayant installé la tente sous le saule. Nous continuons de suivre le même canal de la Marne au Rhin. Petit arrêt réglage car il y a un petit bruit suspect…heureusement vite réglé.

Pause du matin dans un chouette endroit en bord de voie verte 🚤… une dame nous dit en passant en rigolant « la pause c’est seulement possible si on a une saucisse de viande »😂…vu le nom de l’endroit, muni d’un grill pour y faire rôtir des saucisses!

Nous rencontrons à nouveau des cigognes qui se réunissent souvent en grand groupe… le ciel devient de plus en plus noir 😅

Strasbourg

On arrive à Strasbourg avec la pluie… le tram circule aussi sur une voie verte 😂…quartier européen et on continue à longer le canal jusqu’au camping. Architecture très moderne…

A l’accueil, on nous annonce que le camping est complet quand nous demandons une petite place … on nous donne une liste des campings situés 20 km à la ronde, mais ce n’est pas ça qu’on veut! On a l’intention de visiter la ville demain, donc ce n’est pas pour s’en éloigner de 20 km… on pose la question d’une location, on nous propose tout de suite un chalet mais finalement on parvient à obtenir une tente pour 48€ la nuit. Ça faisait longtemps qu’on se demandait comment c’était ce genre de location, c’est donc l’opportunité d’essayer, et en plus vu la météo ça nous évite de monter la tente sous la pluie… on goûte les flamenküche au bar du camping et on passe un début de nuit très bruyant, la tente d’à côté est occupée par huit jeunes qui font la bringue jusqu’à point d’heure😅🥺🥴

Dimanche 12. Le soleil brille ce matin, super, on prend notre petit déjeuner sur la terrasse et on enfourche nos vélos pour rejoindre le centre. Il y a beaucoup de pistes cyclables et beaucoup de monde à vélo, par contre très peu de voitures ce qui est vraiment agréable.

Quartier de Notre Dame, bien fréquenté, la cathédrale est absolument magnifique… tellement de détails minutieux, quand on imagine le travail de ces artisans qui ont tout donné pendant plusieurs générations ( 150 ans de construction…) on la verrait de très loin, depuis la forêt Noire avec ses 142 m de hauteur!

Horloge astronomique, chef d’œuvre de la Renaissance…

Nous poursuivons notre visite à vélo, parfois à pied car les ruelles sont très fréquentées… quartier de la petite France avec ses canaux et ses ponts. Les maisons typiques alsaciennes, à colombages, c’est très beau et les décorations florales ajoutent de la vie et de la couleur. Nous nous arrêtons sur une petite terrasse à La Bedaine 😂 où nous savourons un délicieux hamburger Angus sauce xérès et chanterelles avec frites belges. Ici tout est fait maison nous explique le patron très jovial et ressemblant à son enseigne 😃… il cuisine des produits de qualité et nous explique cuire sa viande à cuisson très lente , et frire les frites dans de la graisse de bœuf ce qui évite les odeurs de friture et les rend moins grasses…

J 123 – J 128 du 13 – 18 septembre

Lundi 13. Aujourd’hui est un grand jour pour notre fille aînée Marie… elle défend son travail de Master à Lausanne, nous allons penser très fort à elle. La fin de nombreuses années d’études récompensées! Et c’est une magnifique journée qui s’annonce…ici en tout cas et à Lausanne aussi 🌞. Nous quittons Strasbourg par une voie verte qui nous emmène au sud ouest de la ville et nous croisons beaucoup de personnes à vélo qui se déplacent pour aller au boulot. Yves me dit plusieurs fois de « tenir ma droite » car j’ai tendance à rouler au milieu de la voie 🥴La ville se prête bien à la mobilité douce. Nous longeons le canal de Muehlbach, qui semble désaffecté, les écluses ne sont plus utilisées et c’est plutôt du ressort des castors de gérer le cours d’eau 😂🦫🪵🦫. Nous passons sous un énorme chantier autoroutier…ça doit être une nouvelle autoroute nord-sud? Il y a encore des budgets pour l’automobile 😱🥺🥴… et les alternatives alors?!

On passe à côté de l’écluse numéro 2 qui fait buvette, un endroit vraiment adorable, mais qui est malheureusement fermé…

A Wolxheim nous rencontrons encore des oies, qui ne sont absolument pas farouches et qui semblent vouloir me croquer les mollets lorsque je passe à leur hauteur😅…

Quelles jolies habitations tout au long du parcours, des anciennes maisons en colombage , de toutes les couleurs.

On trouve aussi d’anciens lavoirs au bord de l’eau, avec les deux blocs de pierre sur lesquels les lavandières frottaient le linge encore et encore de la force de leurs bras et leurs poignets… quel mérite elles avaient alors, et leur travail n’était peut-être pas reconnu à sa juste valeur… aujourd’hui on remplit le lave-linge et « Omo lave plus blanc! »

A la hauteur de Avolsheim on aperçoit les vignes sur les coteaux au dessus des champs cultivés, on retrouve les asperges, comme en Bretagne… on quitte le canal à Molsheim sur un joli petit pont de bois😉

Depuis Dorlisheim je ne dorlote pas mes cuisses, hi hi hi…car nous devons passer un petit col dans les vignes et la route a une pente de 17% 😱…mais j’y arrive sur le vélo, avec une pause au milieu pour reprendre mon souffle, boire un coup et laisser le temps à mon pauvre cœur de retrouver un rythme raisonnable! le soleil tape fort et n’arrange pas la tolérance à l’effort…

Depuis le sommet on a une magnifique vue sur la plaine et on distingue au loin Strasbourg et le clocher de Notre Dame !

on redescend sur Rosheim et on aperçoit le massif des Vosges à l’horizon. Petit arrêt pour goûter le raisin et vérifier sa teneur en sucre 😉

Nous nous accordons un bon petit expresso dans cette bourgade bien touristique…

Une surprise en levant les yeux lors d’une pause à l’ombre au milieu des vignes 😂🍾🍾…deux bouteilles accrochées à une branche! Dommage elles sont vides…est-ce une offrande à Bacchus, le dieu du vin, pour que la vendange soit exceptionnelle?

Nous atteignons Barr au milieu de l’après midi et nous nous installons dans le tout petit camping St Martin juste à côté de l’école où les enfants crient et courent dans le préau, jusqu’à ce que la récré soit terminée et que la maîtresse les remettent à l’ordre pour écouter les consignes…on entend alors les mouches voler😅. On appelle Marie en fin d’après-midi pour avoir ses impressions. Elle est d’ores et déjà « masterisée » et son travail va même être publié 🤩🥳💥🍾🥂💐👩‍🎓 on est très fier d’elle et de son parcours atypique et enrichissant!

Mardi 14. Nos jeunes voisines, trois randonneuses du GR 5 allemandes , ont bien toussé la nuit passé…j’espère qu’elles n’ont pas contracté le Covid les pauvres! Nous nous arrêtons au centre ville pour boire un café et dévorer un croissant avant d’attaquer la route. Le ciel est encore bleu, ils annoncent de la pluie pour l’après-midi. L’itinéraire nous emmène dans les vignes sur de petites routes, nous suivons aussi la « route du vignoble» qui serpente entre les collines et parfois nous fait grimper un peu… cet itinéraire dans le vignoble alsacien est vraiment très très beau 😍

Nous traversons les petites bourgades alsaciennes typiques, toutes plus jolies les unes que les autres, où se succèdent les enseignes de vignerons… Mittelbergheim,

Eichhoffen, où nous découvrons « les dessous » de ces anciennes maisons à colombages 😉… qui sont pour la plupart restaurées, où en voie de l’être! On aperçoit des châteaux forts, perdus dans les forêts sur les hauteurs et surplombant la plaine d’Alsace.

Itterswiller…

Et en général pratiquement chaque vignoble a son autel ou sa croix…

Nous croisons énormément de cyclistes ou de touristes sur leur vélos électriques, qui nous regardent de haut d’un air snob😂… pause café à Scherwiller. En Alsace, les fleuristes doivent y trouver leur compte, avec ces quantités de géraniums et autres massifs floraux qui ornent maisons, ponts, ruelles et mairies! C’est vraiment très beau…

Nous arrivons dans la région de Ribeauvillé, lieu d’origine de ma famille paternelle, les de Ribaupierre… la filiation remonte vers 1160, puis elle se serait éteinte au XVII ème siècle, mais une branche de la famille a survécu lorsqu’elle s’est enfuie en Suisse! On voit encore sur les hauteurs surplombant le village les trois châteaux forts en ruine ayant appartenu à cette famille… heureusement que ces seigneurs n’étaient pas que des sanguinaires, ils étaient aussi sensibles aux Arts, car les Ménétriers (ménestrels, saltimbanques, musiciens…) étaient sous leur protection au Moyen-Âge et le siège de leur corporation était à Ribeauvillé…il y a d’ailleurs la Fête des Ménétriers le premier dimanche de septembre, une fête médiévale qui attire beaucoup de monde…

Le Ménestrel a l’air d’avoir un doux et fidèle copain 😂 et qui a l’habitude de poser pour les touristes 📸 !

On s’installe au camping municipal, accueil très chaleureux par une adorable dame qui nous attribue une jolie place … le camping est plein, et ce sont surtout des danois, bizarre… c’est la première fois qu’on en voit dans notre voyage, et en telle concentration 😅…

Après s’être requinqué avec un café et un croustillant chausson aux pommes, on se sent mieux, mais il fait tellement lourd… on attend la pluie, qui ne nous donnera que quelques gouttes. Une bonne douche puis nous partons manger au bistrot de l’Ami Fritz. On ne se refuse rien 😂 un menu complet avec entrée, plat, fromage et dessert🤭🤪 accompagnés de bons vins alsaciens…

Retour au camping sur nos vélos, pas croisé de voiture de police 😅, et pas de pluie non plus…

Mercredi 15. Le ciel a finalement déversé quelques averses cette nuit, mais nous pouvons plier la tente entre deux…et un petit compagnon en profite pour grimper sur le casque d’Yves, espérant aller plus vite à destination 😂🐌…

La brume s’accroche au relief et donne une ambiance mystérieuse lorsque nous quittons Ribeauvillé.

Maître corbeau sur sa vigne perché…

Nous poursuivons notre route à travers de grands vergers d’arbres fruitiers, et de petits arbustes (framboisiers, cassis, myrtilles…) et ici le maire doit être un agriculteur qui ne tolère pas trop les cyclistes, vu le panneau de bienvenue qu’il a dressé sur l’itinéraire 🥺🤭

Ici les corbeaux surveillent les amateurs de grappes de raisin…

Nous retrouvons avec plaisir une voie verte qui se faufile dans la forêt, puis une route barrée…que nous allons contourner puis rejoindre par un chemin de traverse, et croiser un camion qui a dû se demander qu’est-ce qu’on faisait là! Mais on avait la route pour nous tout seuls !

Nous arrivons dans une région où les vignes sont remplacées par du maïs…mais sur des kilomètres, que des champs de maïs! Qu’est-ce qu’ils peuvent bien faire avec tout ce maïs 😱 ?

Nous nous arrêtons pour manger nos sandwichs à Neuf-Brisach, une petite ville fortifiée conçue par Vauban dans les années 1680 , avec une vue aérienne très belle géométriquement, mais une fois dedans, elle nous paraît quelconque…

Nous avons quitté l’euro vélo 5 pour rejoindre le 15 qui fait le Rhin. A l’ouest nous voyons le massif des Vosges et à l’est celui de la Forêt Noire…le ciel est très menaçant, nous nous disons que nous avons très souvent passé entre les gouttes de tous ces fronts pluvieux et que nous sommes chanceux. Petite pause dégustation d’éclairs au chocolat 😋

Au moment où le GPS annonce le 4000 ème kilomètre , le ciel nous tombe sur la tête !!! Une énorme averse comme cadeau pour nos efforts et comme clin d’œil à notre réflexion de toute à l’heure où nous nous félicitions d’avoir échappé aux nombreux rideaux de pluie laissés derrière nous…

BRAVO nos chères montures et merci pour nous avoir fait voyager sur ces magnifiques routes d’Europe …

Nous nous installons au camping de Bantzenheim, l’emplacement est plutôt joli, nous plantons la tente sous un bel arbre à haricots ! … par contre les sanitaires très peu propres et précaires… la pluie a cessé, ouf, mais il faut essayer de faire sécher nos sacoches…

Demain nous serons à Bâle! Nous retrouverons la Suisse après ce long périple de trois mois… eh oui, nous sommes partis le 15 juin, et aujourd’hui nous sommes le 15 septembre😅… 13 semaines! Nous avons vu tellement de beaux paysages, divers et variés, des fleuves, des canaux, des rivières, la mer, l’océan, des montagnes…pas comme celles de Suisse 🤪 mais des montagnes quand même… qui nous ont donné du fil à retordre et nous ont fait transpirer! Traversé des villes, des bourgades médiévales, des banlieues chics ou des villages déserts, pris des ferrys, des trains…fait de belles rencontres, partagé de super moments avec des parfaits inconnus, reçu des encouragements, des sourires, des regards admiratifs, des témoignages très touchants, mais aussi croisé des gens snobs et hautains sur leurs vélos électriques n’ayant aucune conscience de ce qu’est réellement un voyageur à vélo musculaire 😂… nous sommes très reconnaissants de cette magnifique aventure, que tout se soit bien passé. Un grand merci à nos vélos qui se sont comportés comme des chefs, fidèles et loyaux, chaque matin prêts à repartir sur la route.

Notre projet de passer l’hiver en Nouvelle Zélande tombe malheureusement à l’eau vu les circonstances sanitaires actuelles… mais nous espérons que l’année prochaine sera meilleure, et que nous pourrons repartir au printemps pour le Cap Nord, notre projet initial. On verra bien! Ce qu’on a appris, c’est l’adaptation, la souplesse, vivre l’instant présent et faire avec ce qui nous est donné… il y a toujours une solution, un chemin différent à prendre si un obstacle se présente 😉.

Sortir de sa zone de confort, autant au niveau de la sécurité, la prise de risque, l’inconnu, que le manque de confort lui-même… supporter le froid, l’humidité tenace qui s’insinue partout, le vent, la pluie, la chaleur, la boue… et la satisfaction de vaincre ces difficultés et de se soutenir l’un l’autre pour y parvenir. C’est une belle aventure 😍

Mais il faut aussi se reposer pour pouvoir avancer, donc je vous laisse et range l’iPad pour sombrer dans un bon sommeil réparateur…

Jeudi 16. La pluie est encore tombée cette nuit, nous partons plus tard ce matin pour la laisser s’éloigner… un petit escargot a trouvé refuge pour la nuit sur mon porte gourde 🥴. Nous décidons de quitter les champs de maïs pour suivre plutôt l’itinéraire du bord du Rhin qui nous fait passer sur la rive allemande . Nous le traversons sur un pont qui est en travaux et la piste cyclable qui rejoint le fleuve est fermée 🥺… Yves descend en éclaireur un petit chemin pédestre, les barrières ont déjà été ouvertes par d’autres cyclistes et nous nous engageons pour passer sous le pont. Des ouvriers sont en train d’installer des échafaudages et nous font signe lorsque je sors mon téléphone pour les photographier 😂…

Il se remet à pleuvoir, nous remettons la veste, puis cinq minutes après c’est fini…on se déshabille puis de nouveau, une averse plus importante nous oblige à nous abriter sous les arbres…

Nous nous rapprochons de Bâle, le ciel s’éclaircit.

Retour en Suisse…

Nous passons la frontière en traversant le pont …nous revoilà à notre point de départ, Bâle, où nous pensions pouvoir partir pour le cap Nord début avril lorsque nous avons quitté la Vallée …

Nous nous arrêtons boire un café dans une petite guinguette sur les quais…et là, on prend conscience qu’on est à nouveau en Suisse! Le prix du café 😅😱… en France 1€50… ici 4.50frs… ainsi que le camping. Hier soir nous avons payé 10€ la nuit, ce soir nous paierons 35 frs.

Nous passons la nuit à Reinach, les vélos ont besoin d’un petit coup de dépoussiérage 🤭🥴 merci chéri pour le ménage 🤪!

Vendredi 17. Le soleil nous accompagne alors que nous quittons Reinach , nous suivons la voie ferrée sur une petite route qui passe entre les massifs rocheux du Jura…c’est à ce moment-là que nous nous sentons enfin de retour au pays🤩

Les petites vaches jurassiennes 😍…

Nous nous installons à Delémont et sortons toutes nos affaires pour les faire sécher… tout est très humide. On en a un peu marre de cette humidité! Et ils annoncent le retour de la pluie… on va voir la famille d’Yves ces prochains jours, puis rentrer à vélo jusqu’à Lausanne.

Nous serons en Valais jusqu’au prochain voyage, qui on l’espère pourra se faire au printemps… on vous tiendra au courant 😉. On vous remercie de tout cœur pour votre intérêt et votre fidélité à nous lire si régulièrement… prenez soin de vous. Gros becs à tous 😘

J 111 – J 116 du 1er – 6 septembre

Mercredi 1er. Nous plions la tente toujours bien humide mais surtout pleine de gazon qui colle au tapis de sol, ils avaient tondu hier, le premier jour de sec depuis longtemps, après avoir été inondé lors d’un gros orage le 14 août… nous en avons aussi plein les sandales. Nous nous arrêtons à la station service pour faire le plein…de nos bouteilles pour le réchaud à essence. Yves devient plus adroit et parvient maintenant à ne plus en mettre partout 😅… c’est qu’il ne nous en faut que 0,4 l par bouteille et le pistolet crache à bon débit! Le ciel est gris et il fait froid, nous sommes contents d’avoir la veste mais nous nous réchauffons rapidement en pédalant…Nous longeons la Meuse et nous arrêtons pour laver nos pieds et nos sandales dans l’eau. De très belles maisons sont juchées sur les hauteurs surplombant le cours d’eau où alors presque les pieds dans l’eau…

Nous arrivons à Dinant, très jolie petite ville colorée qui doit être bien touristique, mais désertée aujourd’hui car les vacances sont finies… la semaine passé avait lieu le festival de jazz, quel dommage on l’a juste manqué! Le pont est même orné de saxophones de toutes les couleurs…

nous quittons la Meuse pour nous enfoncer dans une petite vallée étroite et remontons sur le plateau en empruntant une petite route qui se faufile dans la forêt. Des chouettes cabanes dans les arbres sur le domaine d’un gîte nous font envie… ça serait un super projet pour la suite de faire de l’accueil avec ce genre de logement…la route est en mauvais état il faut bien regarder où on met nos roues🥴 des trous, des bosses, des bletz…

Puis après la montée dans la vallée reste encore une bonne grimpette jusqu’à un village du nom de Thynes et qui se compose d’un autre style d’architecture, de maisons de pierres grises plus grosses et que l’on retrouvera plus loin dans d’autres agglomérations. Jusqu’à présent les maisons étaient surtout bâties avec des pierres rectangulaires dans les tons rouges, et les nouvelles constructions sont dans le style des anciennes, mais avec seulement une « garniture » de ce style appliquée sur un mur en briques. Il y a certainement des directives communales à respecter quant au style …

Sur le plateau nous retrouvons les immenses étendues cultivées ou labourées à perte de vue…et les grands domaines agricoles , des fermes composées de nombreux hangars et bâtiments divers. Ils ont l’air de stocker le fumier au bord des champs et de le laisser se composter. Ensuite ils le chargent sur les épandeuses et étendent cet engrais qui a une autre odeur mais toute aussi forte et tenace😅

Nous arrivons à Hogne en fin d’après midi au camping du Relais au bord de l’autoroute🥺… mais nous n’avons pas vraiment le choix. Il n’y a personne à l’accueil, au téléphone il nous dit qu’il viendra ce soir . Il y a pas mal de bungalows résidentiels, on se demande bien comment les gens supportent ce bruit toute la journée 😩… les sanitaires ont en partie été refaits mais le système de jeton pour la douche ne fonctionne pas, et les autres sont vraiment sales et en mauvais état . Le jeune gars arrive lorsque nous préparons le souper et nous explique qu’il a rénové une partie mais que les banques ne veulent plus avancer de l’argent depuis la pandémie et il n’a pas pu acheter les 300 jetons nécessaires à son distributeur flambant neuf!!! Quelle misère ces banques… ça doit être bien difficile pour tous ces gens qui n’ont plus leur soutien pour mener à bien leur entreprise.

Jeudi 2. Départ avec la brume qui donne une ambiance mystérieuse au début de notre journée , puis le soleil fait son apparition avec un magnifique ciel bleu. Quel bonheur.

Nous nous arrêtons à Marche-en-Famenne pour prendre un café sur la place du village. Nous avons croisé une magnifique maison d’architecte.

Une voie verte longe sur plusieurs kilomètres une base militaire royale , mais top secret, bien cachée par une épaisse forêt…

Nous rejoignons les bords d’une nouvelle rivière, l’Ourthe, qui se faufile entre des reliefs recouverts de forêts et trace des méandres sinueux 😍

Des moutons tout mignons et tout câlins qui se reposent à l’ombre d’un arbre …

Et ici, même s’ils n’ont pas de montagnes, il semble que les belges puissent aussi profiter … « des plaisirs d’hiver »😉

Nous trouvons un joli camping à La Roche-en-Ardenne, le camping de l’Ourthe. Au bord de l’eau, mais il reste encore des dégâts suite aux inondations d’il y a six semaines où la rivière est montée d’un mètre cinquante et a emporté 40 caravanes 😱 Heureusement qu’il n’y a eu aucune victime, seulement des dégâts matériels. La tenancière nous explique que suite à de très importantes précipitations ils ont dû ouvrir le barrage qui se situe plusieurs kilomètres en amont et qu’ils ont évacué le camping un peu en catastrophe.

Nous allons au village à pied histoire de nous dégourdir les jambes🥴

Vendredi 3. Il fait si bon ici, le calme de la rivière et le bruissement de l’eau qui nous berce, le soleil matinal déjà au rendez-vous nous décident à rester une journée supplémentaire pour profiter de tout cela… et un petit rouge gorge essaie de faire avancer mon vélo, mais je lui dis qu’il doit encore manger quelques insectes pour renforcer ses gambettes avant de pouvoir partir en voyage 🐦…

Samedi 4. La nuit fut un peu bruyante car hier soir sont arrivés beaucoup de campeurs pour le week-end. Nous partons un peu après 8 heures et l’air est vraiment frais😅… un bel ange sur notre chemin se dresse et réchauffe ses ailes au soleil.

Nous montons dans une petite vallée qui est encore à l’ombre et on se gèle les orteils, les oreilles frisent et nos doigts sont prêts à tomber 😂… on est bien content de retrouver le soleil au coin d’un carrefour. La route est très jolie, on traverse des forêts de sapins qui ont été plantés très serrés, et parfois c’est si dense qu’il fait vraiment sombre là dessous!

Nous suivons Une petite rivière qui doit être fréquentée par des castors, à voir l’état de certains arbres😅

Différents types d’habitations se trouvent le long de notre route…une ferme où toutes les chèvres ont leur nom sur la façade de l’écurie 🐐, un château, des maisons très modernes … et certaines appellations de village nous font sourire…

Nous continuons à traverser des petites vallées latérales mais devons aussi parfois monter au sommet pour redescendre ensuite de l’autre côté, et avec la chaleur qui s’installe ça devient plus difficile😅 on n’a plus l’habitude de rouler en été! Mais on n’a pas le toupet de se plaindre…on l’a tellement attendu ce retour du beau temps!

Il y a toujours un petit cours d’eau au fond des vallées, et nous trouvons un chouette endroit pour les randonneurs au bord de la route, avec un petit banc, une table de pic nic et même une cabane pour y dormir sur la paille et sous le regard bienveillant de la vierge Marie 🤩

Petit ruisseau se faufile au gré du relief et forme de jolis méandres…

Des jardins bucoliques à souhait, très joliment fleuris et…où se prélassent des chevrettes sur de petites terrasses ensoleillées 😂

Nous nous arrêtons boire un café sur la terrasse d’un très joli restaurant , où la déco est originale…Ici en Belgique, on ne nous a jamais demandé de pass-sanitaire ni au camping, ni dans les restaurants… ce n’est pas comme en France. Ici les gens n’ont pas trop l’air de se soucier de la pandémie, personne ne porte de masque dans la rue ni au camping, alors qu’en Normandie nous avions souvent croisé des familles même à vélo qui portaient le masque🥺… c’était plus la psychose en France qu’en Belgique…on verra au Luxembourg comment ils gère la situation, nous y serons demain soir normalement. Alors que nous buvons notre café arrive un groupe de cyclistes qui s’installent à côté de nous. Des flamands…et devinez quoi, un seul sur les huit répond à notre salut😩… décidément, ils sont bien bougons, fiers , égoïstes ou indifférents…

Ici les animaux sont bien considérés on dirait 😉

Nous arrivons à Bastogne vers 15h, et nous nous installons au camping de Renval au bord d’un petit étang prisé par quelques pêcheurs et aussi par des canards et des oies qui font leurs besoins partout, les bancs sont inutilisables 😅 et ils se baladent dans le camping à la recherche de quelque nourriture…

Dimanche 5. On sent que l’automne est là…la rosée est vraiment très conséquente, la tente est très mouillée! On voit la trace de nos pas dans l’herbe rosée 😅 Le soleil sera de la partie aujourd’hui mais nous n’avons pas le temps de faire sécher la tente avant d’enfourcher nos vélos, une longue étape nous attend… les canards font un brin de toilette matinale 😉… et la douce lumière du début de journée rend ces petits ânes encore plus tendres, on aurait envie de les prendre dans nos bras 😍… encore des plantations de sapins, ici c’est noté que ce sont des sapins…de Noël 🎄🎄🎄

Nous croisons encore ces drôles de vaches belges, qui sont vraiment difformes, on dirait qu’elles ont été botoxées avec leur énorme arrière-train. Je me suis renseignée sur le net, c’est la race « blanc bleu belge », une race bouchère très spécialisée issue d’une race mixte et sélectionnée à l’excès selon certains… on les trouve difformes. On préfère de loin la blonde d’Aquitaine 😂 croisée au bord du chemin au Luxembourg…

Nous roulons quelques kilomètres sur une route secondaire entre les collines, passons au travers de quelques villages où rien ne bouge, le temps y semble suspendu…

Et par la suite nous serons toute la journée sur des Ravel, c’est à dire des routes à vélo où il n’y a pas de voiture…c’est trop bien, on traverse de magnifiques forêts, on suit des petites vallées et on longe des ruisseaux, des zones marécageuses comme la Sagne de notre chère Vallée …

Le Luxembourg

Puis en fin de matinée nous arrivons à Martelange la frontière avec le Luxembourg, et nous voilà encore dans un nouveau pays… et là, c’est encore mieux que la Belgique😂…les Ravel sont incroyables, un revêtement très roulant, une signalétique très claire, un marquage au sol qui indique le passage d’une voie verte sur une route principale…

Et il y a 600 km de voies vertes déjà réalisées sur les 950 km projetées … c’est le paradis pour venir faire des vacances à vélos, avis aux amateurs…et les paysages sont magnifiques. C’est toujours les Ardennes, valloné et boisé de belles forêts de feuillus ou de cultures de résineux, on croise plus de cyclistes que de l’autre côté de la frontière. Mais ce sont surtout des promeneurs en vélo électrique…ici les gens disent beaucoup plus volontiers « Moien » qui veut dire bonjour, qu’en Belgique. Ici ils parlent le luxembourgeois (dialecte incompréhensible 😅), le français ou l’allemand. On se fait apostropher par deux jeunes à vélo qui nous demandent un renseignement sur la Ravel que nous descendons, puis s’en suit une longue et très sympathique discussion sur notre voyage.

Nous suivons une ancienne voie ferrée … et passons dans un long tunnel où ruisselle pas mal d’eau, les phares sont les bienvenus!

Le long de la Ravel il y a une exposition de photographies anciennes qui nous donnent matière à réflexion sur notre mode de vie actuel, mais sans faire de morale, juste pour une prise de conscience… en voici quelques-unes.

« Celui qui jadis possédait un vélo s’offrait un bout de liberté. Le vélo s’est rapidement développé comme moyen de locomotion courant, que ce soit pour aller au travail, faire ses courses ou rendre visite à des connaissances. Mais n’oubliez pas que les gens n’avaient pas nos belles pistes cyclables d’aujourd’hui. Dans le temps on ressentait chaque trou et chaque pierre. »
« Qui se déplace de nos jours encore à pieds hormis pour faire de la randonnée? Dans le temps on n’avait pas le choix. Tout le monde ne pouvait pas se payer un cheval, de sorte que la marche à pied restait le moyen le plus courant pour aller par exemple, faire réparer ses chaussures chez le cordonnier ou pour amener le linge jusqu’au lavoir. Si on avait la chance de posséder une brouette ou de pouvoir emprunter celle du voisin, il fallait encore avoir suffisamment de force et dextérité pour la manœuvrer. »

Nous arrivons à Septfontaines en fin de journée après 75 km. Il y a un petit camping de bungalows mais qui accepte les tentes, ouf… il fait vraiment super chaud😅…la tente trempée est vite sèche une fois installée sur le sol et nous pouvons monter le campement avant d’aller prendre une bonne douche et d’aller manger une assiette de frites et jambon au petit bistrot du camping.

Lundi 6. L’air est vivifiant ce matin, nous quittons Septfontaines en nous plaignant du froid, mais bien vite nous allons nous réchauffer 😅… nous devons passer un petit col pour rejoindre la voie verte que nous avions dû abandonner hier pour trouver le camping à plusieurs kilomètres de celle-ci. On monte de 100 m sur peut-être un kilomètre , c’est raide et c’est dur! Je suis déjà en nage à 8heures du matin… Mais ensuite vient la descente, youpie! Et les rayons du soleil filtrent à travers la forêt , c’est un instant magique…

J’aime capter la lumière qui se révèle à travers les sous-bois…

Quelle puissance…

Nous quittons les Ardennes pour arriver sur le plateau au niveau de Mamer, et là nous entrons dans les banlieues aisées de Luxembourg. De petits locatifs modernes et tout neufs sortent de terre, il y a des grues qui laissent deviner de nouveaux chantiers de construction à plusieurs endroits. Les villas individuelles se succèdent, plus pimpantes les unes que les autres, entourées de jardinets coquets et leurs arbustes taillés au millimètre près… et devant le garage, une Audi quattro, une Jaguar ou une Mercedes! On sent qu’il y a beaucoup d’argent par ici. J’ai lu que le PIB du Luxembourg est un des plus élevé au monde… mais malheureusement au prix d’un des impacts environnementaux les plus catastrophiques de la planète. Depuis le mois de mars 2020, les transports publics dans tout le pays sont gratuits! C’est incroyable… la Suisse devrait en prendre de la graine! Mais ce n’est pas pour autant qu’ils renoncent à leur gros 4×4… Le Luxembourg est un paradis fiscal des plus attractifs… il n’est pas grand en surface, il fait un poil plus de 2500 km2 avec une population de 635 000 habitants. Et c’est une démocratie représentative et une monarchie constitutionnelle avec un grand duc pour chef d’état , dont on verra le palace en traversant la ville de Luxembourg aujourd’hui, ainsi que la relève de la garde!

Puis nous pénétrons dans la ville de Luxembourg et nous nous posons dans un grand et magnifique parc.

Nous nous baladons dans les rues de la vieille ville où de nombreuses terrasses se côtoient…

Et au coin d’une rue, quelques badauds attroupés, avec leur téléphone en l’air pour photographier quelque chose d’inédit…nous passons devant le Palace du Duc , où se fait le changement de la garde 💂 💂‍♀️ , ce qui nous semble très comique, mais en fait c’est tout ce qu’il y a de plus sérieux !

Nous essayons de trouver le chemin qui nous mènera dans la ville basse car nous devons rejoindre la voie verte qui longe la rivière…mais ce n’est pas facile.

C’est là en bas qu’on doit descendre 😅

La basse ville est très jolie, la rivière Alzette se faufile entre des falaises de grès et a creusé son lit en vastes méandres qui serpentent dans la forêt…

Et dans ces falaises, on peut même voir des personnages 😅…

On dirait même qu’ici ils passent la nettoyeuse sur les voies vertes pour enlever les feuilles mortes qui commencent à tomber…

Et le cadeau de la journée…

Dans ce lieu magique…

Les crues et les intempéries font des dégâts et déstabilisent les arbres enracinés au bord du cours d’eau… ce qui donne un étrange spectacle

Nous trouvons un camping à Hesperange, à côté d’un joli parc 🦛🦒 et heureusement qu’il y a un petit bosquet pour se mettre à l’ombre, il fait tellement chaud😅😂

Demain nous quitterons le Luxembourg à la hauteur de Schengen.

La Belgique

J 105 – J 110 du 26 – 31 août

Jeudi 26. La tente est mouillée, il a plu cette nuit… le ciel est très couvert et menaçant. Mais les rayons du soleil essaient de se frayer un chemin …nous rejoignons le chemin de halage de la Deûle et la tracé de l’euro vélo 5 est bien indiqué. On espère que ça nous évitera les mauvaises surprises😅. La Deûle est une voie d’eau très empruntée, chaque année plus de 9000 passagers et 4,5 millions de tonnes de marchandises y transitent. On se demande comment le transport fluvial peut être rentable, les péniches avancent si lentement, et les nombreux passages d’écluses prennent beaucoup de temps. Mais si ce n’était pas rentable, il n’y aurait plus de trafic fluvial…

Des oies sauvages ont élu domicile au bord du canal , on se demandait si elles apprécieraient nos mollets, mais elles nous laissent passer sans faire d’histoires!

Des cormorans profitent aussi des coins renaturalisés à certains endroits le long du cours d’eau.

Nous passons à côté d’une entreprise qui recycle le métal…en voyant ces montagnes de déchets, nous ne sommes pas fiers de notre société de consommation…

A la hauteur de Marquette-lez-Lille nous bifurquons sur un autre canal, et suivons la véloroute voie verte du Canal de Roubaix qui nous mènera en Belgique. Il y a même des habitations fixes flottantes, très jolies…

Nous avons toujours la bise par moments de face ou latéral… il ne fait pas chaud. Elle nous transporte des odeurs chimiques épouvantables bien avant que nous ne passions à côté d’une grande usine qu’on se dépêche de dépasser pour pouvoir à nouveau respirer 😱🥺😩… et quelques centaines de mètres plus loin des quartiers chics les pieds dans l’eau…

De longs escaliers à monter, mais ils ont été bien conçus car la pente est gérable même avec nos bagages, mais à pied quand même 😅. Petit clin d’œil à Hergé le long du chemin…

Arrivée à Roubaix sous la pluie, mais le temps de mettre la veste, elle cesse…il y aura plusieurs épisodes de la sorte aujourd’hui! Mettre la veste fait cesser la pluie.

Et nous traversons la frontière verte…sur la voie verte, nous voilà en BELGIQUE 😃. Nous entrons en Wallonie. Et le soleil est de retour. Génial. Mais c’est encore très noir de certains côtés 😱. Nous nous arrêtons boire un café juste après la frontière à la maison du canal. Il y a un groupe de personnes qui boivent l’apéro et qui rigolent et parlent joyeusement. Ça change tout de suite l’atmosphère, comme ça fait du bien un peu de légèreté…on a trouvé que chez les Ch’tis les gens sont très déprimés, fermés, ne répondent pas à nos bonjours lancés le long du chemin… beaucoup baissent les yeux lorsqu’on les croise ou nous regardent sans nous voir. Ici une fois passé la frontière. on nous sourit et nous salue. C’est chouette. Les Bretons aussi sont des gens ouverts et au contact facile, ce que nous avons beaucoup apprécié lors de notre route sur les côtes du nord de la Bretagne… à plusieurs reprises on nous a apostrophé avec un intérêt évident pour nos vélos bien chargés, et la curiosité qu’ils éveillaient a permis de chouettes échanges.

Nous faisons halte au bord du canal de l’Escaut que suit l’euro vélo 5 , dans un chouette bar à bière, sur une terrasse au soleil. Et on déguste une bière artisanale flamande 🍻

Avant de poursuivre jusqu’au camping à la ferme Zennijs, à Sint-Denijs😅…où nous sommes très agréablement surpris par l’accueil très chaleureux de deux étudiants, des lieux magnifiques, une ferme datant de 500 ans, et du terrain de camping …

Le vent souffle toujours très fort, mais la tente sèche rapidement 😂

Et nous pouvons nous mettre à l’abri de la bise pour cuisiner …avec une jolie vue sur …les vaches faisant la sieste dans la campagne 🤪. Les sanitaires sont très propres, il y a tout ce qu’il faut, c’est à dire papier de toilette, savon, désinfectant et même un désinfectant pour les surfaces…

Vendredi 27. Le soleil éclaire la tente à notre réveil, quelle chance, le ciel est magnifique ☀️…on lève le camp et on profite encore de cette beau dégagement devant nous et de cette magnifique bâtisse si bien restaurée…

On rejoint les bords de l’Escaut où se reflètent comme dans un miroir les arbres qui la bordent. Comme c’est paisible. Les belges font beaucoup de vélo, nous nous faisons dépasser par des cyclistes aguerris à toute allure. Un monsieur plutôt âgé fait un bout de chemin avec nous, il parle bien le français même s’il est flamand. Il nous explique que la Flandre est représentée majoritairement au gouvernement et que la Wallonie est un peu restée le parent pauvre, qu’il y a de plus en plus d’inégalités sociales et d’injustice…au moment de traverser une très belle passerelle pour rejoindre la Wallonie, il nous explique que c’est un symbole pour la région, pour rapprocher les deux régions linguistiques…un peu comme le « rœsti graben » chez nous.

En général, les Belges parlent aussi le français, heureusement pour nous car le flamand est incompréhensible, un peu comme le Schwyzerdütch🤭😅🥺… nous quittons la rivière et passons à travers la campagne, de jolies maisons ont été restaurées. Ici ce sont pour la majorité des maisons en pierres rouges, avec des toits en tuiles oranges. Parfois les murs ont été passés à la chaux.

Nous empruntons une voie verte qui est une ancienne voie ferrée traversant de magnifiques forêts de feuillus. Elles n’ont pas l’air d’être entretenues et sont laissées à l’état sauvage, de nombreux arbres cassés restent au sol. De petits coins pic-nic sympas nous incitent à nous arrêter pour y croquer notre dîner. En compagnie de petites vaches qui elles sont déjà à l’heure de la sieste et de la digestion😉

Journée à nouveau agrémentée par quelques fréquents instants de pluie qui nous obligent à nous habiller puis tout retirer 5 minutes plus tard…

Ici en Belgique c’est incroyable le réseau de pistes cyclables qui sillonnent tout le pays…en voici une idée 🤩. Elles sont numérotées et il y a des petits panneaux avec le numéro de chaque voie lors des croisements. Ici vous pouvez voir le choix de balade rien qu’en Wallonie Picarde , à vélo, à VTT, à pied ou même a cheval! Elles sont appelées des RAVéL, c’est à dire des Route à Vélo… Certains devraient en prendre de la graine😂

A Lessine, nous rejoignons la Dendre pour la longer jusqu’à Grammont ( Geraardsbergen en Flamand) où nous nous installons pour deux nuits dans un chouette camping dans le Domaine Provincial de Gavers.

Il y a peu de monde sur l’emplacement pour les tentes…on sent que les vacances arrivent à la fin. Les enfants reprennent le chemin de l’école la semaine prochaine. Super, on a aussi droit à une table de pic nic👍

Samedi 28. Nous passons notre journée de repos entre grosse lessive, entretien des vélos, balade dans le parc, étude de l’itinéraire de ces prochains jours, babillages téléphoniques et écriture du blog… entre pluie, averses et soleil, temps très variable! Le ciel peut changer d’une minute à l’autre… on se réfugie plusieurs fois dans la tente😅 et on ressort, boire une bière!

Dimanche 29. Départ sous un ciel bas et gris gris… nous devons être très vigilants en roulant car des quantités de cyclistes aguerris nous devancent comme des flèches, en peloton de nombreux individus qui parfois semblent seuls au monde et propriétaires de la route 😂😱🥴. Ils sont à fond… on pense que c’est une course cyclotourisme. Les vaches les regardent passer avec intérêt, elles ne doivent pas s’ennuyer!

Nous grimpons sur plusieurs petites collines, dont une en suivant une de ces fameuses routes pavées dont la pente est de 10%… le dos et les fesses ne sont pas trop contents de ce genre de revêtement 😅 le parcours est varié, nous empruntons de petites routes campagnardes qui desservent les nombreux villages. Les champs de maïs semblent être transgéniques tellement les plants sont hauts!

Les gens roulent plutôt tranquillement, c’est agréable. Nous passons à côté de nombreuses belles maisons, de type traditionnel comme plus moderne. Les jardins sont tirés à quatre épingles, les paysagistes ont du job ici🤪… par contre nous avons remarqué que lorsque nous saluions les gens en français, ils ne nous répondaient pas, et que les flamands doivent pour certains avoir une dent contre les wallons francophones! Donc maintenant nous lançons des « hello » plutôt que des « bonjour »… et on nous répond! Notre ami Philippe qui a vécu quelques mois en Belgique, nous a averti qu’il faut s’annoncer comme suisse si on ne veut pas être mal vu! Que c’est la guerre entre les deux régions, pire que chez nous… c’est bien triste.

Petite pause café à Halle sur la place où s’arrêtent de nombreux cyclistes pour boire une bière ou un café… puis nous rejoignons le canal Brussel-Charleroi de la rivière Aa que nous avions déjà suivi précédemment (notre épisode de galère sur ce chemin de cross dans les roseaux avant d’arriver à Saint Omer 🥴 )… il y a de nombreuses éoliennes tout le long jusqu’à Bruxelles. Nous nous arrêtons pour faire sécher la tente, juste avant qu’il ne se mette à pleuvoir. Nous avons une bonne bise qui souffle bien fort et qui nous permet de ranger la tente après l’avoir débarrassée de la rosée et de la pluie de la nuit dernière …ainsi pas besoin de la remonter dans la chambre d’hôtel 😅

BRUXELLES

Nous croisons un…compteur de cyclistes pour Bruxelles, nous sommes les 544 et 545ème du jour, alors que pour cette année, il est à 286’342!!! Ça en fait du monde qui pédale! Nous traversons le quartier d’Anderlecht, une banlieue défavorisée où nous ne nous attarderions pas à certains coins de rue…

Nous arrivons vers 15h à l’hôtel Les Citadines à Sainte Catherine et sommes bien contents de pouvoir nous poser un moment avant de ressortir souper. La chambre est très chouette, elle est au rez-de-chaussée et donne directement sur l’emplacement où nous avons pu mettre nos vélos, dans la cour intérieure. Comme ça on a un œil dessus 😉 C’est tout calme. Séance coiffeur dans le salon »chez Yves » 😂… je ressors avec une belle coupe bien courte!

Lundi 30. Ouaw quelle bonne nuit , notre dos nous est très reconnaissant de ce petit intermède « confort »… on l’apprécie grandement. Ne pas avoir à se lever la nuit et sortir sous la pluie jusqu’aux sanitaires… on sort visiter la ville, le ciel est gris, il fait frais mais pas de pluie 👍. Nous buvons un café servi par un…neuchâtelois résidant à Bruxelles depuis 5 ans, qui dit retrouver son accent alors que nous parlons ensemble🤪… Bruxelles est très cosmopolite, mais nous croisons beaucoup de femmes voilées.

C’est très chouette de découvrir au coin d’une rue une fresque rigolote souvent en lien avec la BD … ici l’art est dans la rue , et l’humour aussi. Nous cheminons vers la Grand’Place, classée au patrimoine Mondial de l’Unesco. Grandiose, impressssionnant… magnifique. Il y a encore peu de monde et nous profitons d’en faire le tour avant l’arrivée des visites guidées. Ces bâtiments sont ornés de dorures et de sculptures, de statues dominant la place, de gargouilles semblant s’élancer des toits . On resterait des heures à observer tous ces détails sans voir filer le temps…

Ma préférée est la Maison du Roi, de style néo-gothique, avec ses petites statues poétiques qui dansent sur les toits… c’est là qu’habitait Charles Quint, d’où son nom. Elle fut reconstruite dans les années 1870-1890.

Toutes sortes de boutiques plus appétissantes les unes que les autres, avec de quoi s’empiffrer si on ne se raisonnait pas🤭😱🥴…

Et notre ami Tintin 🤩… bien entouré!

Et le petit mais non moins célèbre Manneken Pis, statuette qui est l’emblème de Bruxelles!!! Pour laquelle il y a une cérémonie d’habillage parfois plusieurs fois par semaine…il aurait plus de 1000 tenues offertes depuis le XVIIème siècle par différents donateurs et elles sont considérées comme patrimoine de la ville de Bruxelles et conservées comme des œuvres d’art. En voici un échantillon que j’ai trouvé sur le net…

ici dans le plus simple appareil…
Qui veut jouer à la poupée? 😂😂😂

Nous poursuivons notre balade citadine où se mêlent tous les styles d’architecture … jusqu’à la cathédrale Sainte Gudule, en passant par les galeries de la reine…

Ornée de magnifiques vitraux…

Mardi 31. Nous préparons nos vélos dans la cour intérieure de l’hôtel puis quittons Bruxelles en passant par le quartier du parlement européen et passons par le par du cinquantenaire où se trouve l’école royale militaire et croisons les soldats en jogging qui font leur entraînement… nous roulons encore plusieurs kilomètres dans la banlieue sur une piste cyclable à côté d’une grande route à quatre voies, au milieu desquelles circule le tram. Nous gardons bien notre droite car de nombreux cyclistes nous dépassent, pédalant à toute vitesse sur le chemin du travail…

Arrivés à Tervuren, nous quittons le grand axe pour entrer dans une forêt absolument magique, où d’immenses et majestueux arbres s’élancent vers le ciel et d’où se dégage une paix et une force incroyable. Nous nous trouvons en fait dans l’Arboretum Géographique de Tervuren, « qui se présente comme la couronne de la majestueuse forêt de Soignes. La collection se trouve dans un magnifique parc paysager, entouré par des allées imposantes et croisé par un labyrinthe de vallées herbeuses. Plus qu’une collection d’arbres, il s’agit d’une collection de forêts, ou plus précis, de types de forêt. D’innombrables arbres et arbustes du Nord, de l’ouest et de l’Est de l’Amérique du Nord, de l’Europe centrale et méditerranéenne, du Moyen et de l’Extrême-Orient en Asie sont regroupés par régions d’origine dans une centaine de sections. La superficie totale est de 120 ha. L’arboretum a été fondé en 1902 sur une propriété du roi Léopold II . Aujourd’hui il a été transféré à la nation belge et il est accessible en tout temps au public ». Nous l’avons traversé sur une petite partie qu’emprunte l’euro vélo 5 et nous nous sommes régalé de toute cette beauté… mais il y aurait de quoi passer des jours entiers à sillonner ce parc royal sur les nombreux chemins qui le traversent… encore un lieu qui m’a bouleversée et qui restera gravé en moi. Je suis pleine de gratitude lorsque nous découvrons des endroits si particuliers lors de notre périple et cela m’encourage à poursuivre la route.😉

Un très grand bonheur et un grand honneur de pédaler sous le regard de ces géants…je me sens humble face à leur sagesse et en même temps remplie de 💚💚💚leur puissante énergie…💚💚💚

Au moment où je reprends ces lignes je viens de lire qu’un tiers des espèces d’arbres dans le monde sont menacées d’extinction et que le changement climatique pourrait mettre à mal des écosystèmes forestiers entiers… c’est vraiment dramatique alors que les arbres sont le poumon de la planète et qu’ils permettent d’absorber le CO2, d’abaisser la température dans les villes qui étouffent et qui sont les habitats de la faune et de la flore indispensables à notre vie sur Terre… mais que fait-on actuellement pour stopper la déforestation qui laisse place à la culture d’huile de palme? C’est encore et toujours une question de fric et d’économie, de profit au moindre coût sans tenir compte des conséquences à long terme pour l’humanité et pour la Vie en général.

Au sortir de ce magnifique endroit que nous quittons à regrets, nous retrouvons des petites routes pavées 🥺🥴 éprouvantes pour notre dos et pour les vélos… nous préférons de loin les chemins blancs ou les routes bétonnées même si elles sont souvent en mauvais état car les joints entre les plaques se sont creusés avec l’infiltration de l’eau et le gel… attention aux gros trous, il faut être bien attentif ! Nous nous arrêtons pour boire notre café du matin à Genval et le soleil fait son apparition. Ici nous avons droit à la totale😂 petit biscuit et chocolat…

Nous poursuivons dans la campagne, remontons sur des collines pour redescendre à nouveau. Nous traversons d’immenses régions de cultures au dessus desquelles trônent des éoliennes, on en voit partout …

Nous arrivons à Namur, mais il n’y a pas de camping comme nous le prévoyions… le prochain est encore à 15 km alors que c’est déjà 19h30 et que nous avons 90 km dans les jambes😱😅

J’appelle le camping la Douère à Profondeville, et la dame me dit qu’elle nous attendra mais qu’il fait nuit à 21 h… je lui réponds qu’on fait au plus vite… quel dommage nous n’avons pas le temps de nous arrêter à Namur malgré toutes ces petites terrasses qui nous font de l’œil! On s’installerait bien pour manger une frite et boire une bière 😂…je n’ai même pas le temps de m’arrêter pour faire des photos, nous longeons le canal de la Meuse, qui se faufile entre des petites falaises escarpées. Yves s’arrête quand même pour faire des photos d’un château dans toute sa beauté grâce à la lumière du soir…

Nous arrivons à Profondeville à presque 20h après 7h28 de temps effectif à rouler, 102 km et 875 m de dénivelé, on est morts, et une grimpette de bien 12% nous attend pour atteindre le camping! quel joli cadeau 😉 on fait à manger au coucher du soleil et on finit à la lampe frontale… il n’y a presque plus personne dans ces campings, à part quelques résidents retraités qui sont probablement là à la saison ou même à l’année.

J 100🥳 – J 104 du 21- 25 août

Samedi 21. 100 ème jour de voyage depuis que nous avons quitté notre maison et tourné la page de notre vie à la Vallée le 30 mars… non mécontents de quitter ce camping un peu glauque, nous attaquons avec courage la remontée sur le plateau. Le ciel est gris mais il ne pleut pas…pas encore… le long de la petite route qu’emprunte l’euro vélo nous apercevons une oasis au milieu de grands champs labourés 😉 une route toute droite et toute plate, avec au loin des éoliennes. On en verra par dizaines tout le long du chemin aujourd’hui, tournant dans le vent d’ouest qui est fort et qui nous pousse, car nous nous dirigeons vers le nord-est… nous rencontrons au détour du chemin, un énorme taureau, si gros qu’on dirait un bison, un aurochs 😱, en compagnie d’un jeune. Mais il a l’air tout tranquille, ses yeux sont doux et profonds, pourtant je ne serai pas prête à entrer dans l’enclos lui donner l’accolade😅😂… il a un anneau dans le museau et une chaîne qui le relie aux cornes, pour pouvoir le manœuvrer j’imagine.

Lors de notre arrêt pour l’achat du déjeuner, un joli petit gardien surveille la rue depuis son balcon🐶

Nous retrouvons encore ces champs de céréales qui ont été fauchées mais non moissonnées…il reste les graines sur les tiges. Je veux en avoir le cœur net et je descends ramasser une cosse. En fait c’est du lin, des graines de lin se libèrent lorsque je froisse la coque, elles sont délicieuses … en fin de journée je vais voir sur internet comment se transforme le lin. La culture du lin textile est très délicate, et elle demande un savoir-faire transmis de génération en génération des équipements spécifiques, de la réactivité et de la passion…un climat océanique doux avec alternance de pluie et de soleil. Chaque année donne naissance à un millésime particulier! En fait le lin n’est pas fauché mais arraché car la fibre court des racines au haut de la tige. Le lin a besoin de sécher un peu avant de commencer le rouissage. Une semaine après les arrachages, les liniculteurs récoltent les graines en reprenant les pailles avec une écapsuleuse . Ces graines seront semées l’année suivante. Le rouissage est une étape clé . Une alternance de pluie, de soleil et de vent permet à la paille de se séparer de la fibre, et il faut les retourner régulièrement. La qualité de la fibre est contrôlée par des techniciens qui décideront s’il faut attendre encore une averse avant d’enrouler la paille de lin rouie… Très intéressant!!! Moi qui adore porter des vêtements en lin😉

Nous arrivons à un point de vue surplombant la baie du Tréport et de ses falaises… juste magnifique! On aperçoit la ville portuaire fortifiée en contrebas.

Après une belle descente, nous longeons la ville ville et traversons le port.

Pour nous retrouver de l’autre côté à…Mers-les-Bains…une station balnéaire tout à fait extraordinaire! On se croirait dans un film…

Quelques petits clins d’œil sur la route 😂

Arrivés à Saint-Valery-sur-Somme , nous n’avons toujours pas mangé et il est 14 h…nous avons la dalle et nous passons devant un super petit bistrot qui a installé des chaises longues devant le canal de la Somme … ni une ni deux, il reste deux places, nous nous asseyons et présentons notre pass sanitaire au serveur et commandons deux délicieux sandwichs et une bière 🍻 qui nous permettrons de nous redonner un peu d’énergie. Un rayon de soleil nous fait oublier le temps qui passe, et nous discutons avec notre voisin qui est à vélo aussi pour le week-end…venu de Paris en train, il a dormi dans un camping à une quinzaine de kilomètres d’ici…

On se remet en route lorsque on se rend compte que le ciel devient bien menaçant et qu’il faudrait peut-être mettre la vitesse supérieure si on ne veut pas être rattrapé par la pluie … on se dépêche, il y a beaucoup de monde sur la petite piste cyclable , nous allons encore faire des courses pour le souper au Crotoy et trouver le camping la Ferme de Mayocq tenu par un couple âgé qui se déplace dans le camp avec une petite voiture électrique afin de veiller à ce que tout se passe comme il faut…🤪 menu poulet et brocoli au curry avec pommes de terres purée 😋

Pendant qu’on cuisine, un vol d’étourneau fait le show dans le ciel au dessus de nos têtes…je m’empresse de saisir mon téléphone pour immortaliser ce ballet!

Dimanche 22. Il a plu cette nuit, nous avons bien dormi, mais le vent souffle encore super fort…il sèche la tente et elle est moins humide pour la plier! Le ciel est bien menaçant… nous longeons la réserve Naturelle de la Baie de Somme où se succèdent de petits étangs où s’ébattent cygnes, canards, poules d’eau et autres oiseaux…mais nous croisons deux dames qui nous confirment que les coups de feu que nous avons entendus hier soir au camping et ce matin de bonne heure proviennent des chasseurs 😩🥺🥲…il y aurait trop de canards et il faut les réguler…

Puis nous longeons le Parc du Marquenterre ( reservé forestière avec dunes, marécages et observation des oiseaux migrateurs) sur une jolie voie verte dans la forêt. Et une petite troupe de canards traversent la route devant nous 😂

Après avoir circulé pas mal sur des routes peu fréquentées , nous arrivons à la baie de Canche à Etaples où nous pic niquons au bord du port. Il y a une exposition de statues de Bruno Catalano , plutôt interpellantes…

Petit clin d’œil à mes très chères et regrettées ex collègues… qui œuvrent toujours pour le bien de tous 💕

Et nous prenons une piste cyclable le long d’une départementale très fréquentée et passons devant le cimetière militaire d’Etaples où reposent des centaines d’anglais… ça nous émeut et nous donne les frissons.

La route traverse une zone de dunes sur lesquelles poussent des forêts de pins qui nous font penser aux Landes, et après quelques kilomètres ce sont des collines verdoyantes où nous croirions être en Irlande… finalement, malgré l’itinéraire peu engageant vu le trafic routier en parallèle de la piste cyclable … les paysages en valent quand même la peine. Mais ce sera la moins belle étape que nous avons faite. Et nous n’avons croisé qu’un seul cyclorandonneur aujourd’hui, peut-être qu’ils évitent ce tronçon. Et pour un voyage avec des enfants ce serait vraiment pas adapté. Nous déconseillons les côtes de Normandie pour les familles avec petits enfants. Nous avions croisé à nouveau la famille d’Anvers hier en milieu de journée, ils sortaient d’un camping et semblaient être complètement à bout et épuisés…

On passe notre dernière nuit sur la côte normande à Equihen-Plage, il se met à pleuvoir après qu’on ait installé le campement , fait cuire de l’eau pour un café et mangé nos chaussons aux pommes achetés au marché à Etaples 😋. Petite accalmie à 19 h où nous pouvons juste souper et admirer un beau coucher de soleil alors qu’un de nos proche voisin logeant dans un bungalow nous casse les oreilles avec ses chansons à boire, lui qui est déjà complètement bourré 🥴 puis grosse grosse averse par la suite! On en a un peu marre de ce temps …mais vous aussi j’en suis sûre 😂

Lundi 23. On sort des plumes alors que le boulanger claxone pour avertir de son passage dans le camping. Ni une ni deux, je saute hors de mon sac et reviens avec quatre délicieux croissants bien croustillants que nous mangerons avec un café après avoir rangé nos affaires. La tente est encore mouillée, mais le vent, à nouveau bien fort la sèche en partie avant qu’elle ne soit rangée dans ses compartiments… c’est un vent du nord-est que nous aurons de face en grande partie du trajet. Ouh, c’est difficile 🥴… nous quittons les paysages côtiers et la mer, dernières prises de vue sous un ciel nuageux mais qui laisse espérer malgré tout un peu de soleil!

Nous traversons Boulogne-sur-Mer, petit stop au port, au marché aux poissons, mais sans rien emporter dans nos sacoches . De nombreux bâtiments ont été embellis par des immenses fresques, magnifiques!!!

Nous devons remonter sur la colline, 80 mètres de dénivelé, on se serait cru au petit chêne à Lausanne… au sommet trône Napoléon…encore lui😉 sur une colonne de 50 m il domine en embrasse du regard toute la baie… en 1798 il a établi le camp de Boulogne dans ce port naturel , d’où l’on aperçoit l’Angleterre qu’il voulait envahir.

Nous empruntons de petites routes très peu fréquentées qui gravissent les collines et serpentent dans la campagne entre les champs moissonnés ornés de leurs belles balles de paille dorée…et les champs de maïs dont les épis sont déjà de belle taille. Nous croisons un itinéraire pédestre qui se nomme le sentier des mille collines 😂🤪🤭…ce qui augure de belles grimpettes et de longues descentes à fendre l’air sur nos montures! Cet itinéraire s’appelle la Route de la Mer du Nord qui va de Boulogne-sur-Mer à Dunkerque, elle nous permettra de rejoindre l’itinéraire Euro Vélo 5 au niveau de Watten.

Nous traversons quelques villages mais aucun commerce pour se ravitailler, heureusement que nous avions acheté notre pic nic ce matin sur la côte… dans un village en début d’après-midi nous croisons des enfants et leurs parents se rendant à l’école, ça doit être la rentrée scolaire. Même les petits sont cachés par un masque 😱😩🥺… comme c’est triste.

Après avoir gravi une belle colline et traversé une magnifique forêt nous redescendons jusqu’à Licques où nous nous arrêtons au camping des Pommiers des Trois Pays, et on trouve un joli emplacement à l’abri de cette satanée bise qui ne faiblit pas! Nos voisins Hollandais nous apportent de la paella qu’ils n’ont pas pu finir … nous avons déjà l’estomac bien rassasié car nous finissons notre souper. Nous acceptons tout de même un petit échantillon pour goûter 😋

Mardi 24. Quelle belle surprise au réveil ce matin…le soleil est là, trônant dans un magnifique ciel bleu☀️! Ça fait longtemps que ce n’était pas arrivé…par contre la tente est trempée de rosée, c’est encore pire que lorsqu’il a plu! On lève le camp en pensant pouvoir boire un café au bar du camping, mais il n’ouvre qu’à 11h. Arrêt à la boulangerie de Licques pour faire le plein de carburant pour la journée et on avale un croissant sur le trottoir devant la boutique. A peine un kilomètre après être parti, nous nous trouvons face à une route barrée où ils ont creusé sur toute la largeur…on demande à l’ouvrier si on peut passer quand même, il nous dit que c’est ok, en faisant attention et en passant au bord du champ de maïs. Nous devons nous mettre à deux pour passer les vélos car il y a un petit fossé qui longe la route… ouf, on y arrive! Mais ce sera « une journée obstacle », plutôt particulière concernant notre cheminement… vous allez voir.

On doit s’essuyer les pieds dans l’herbe car nos sandales sont pleines de terre ramassée dans le fossé…

A Tournehem-sur-la-Hem, nous nous arrêtons pour boire notre café du matin au café de la Mairie. La tenancière est toute contente de voir le soleil et nous discutons un moment. Au moment de payer, elle hésite sur le prix et nous demande 4 euros, ce qui est plus cher qu’ailleurs…elle a peut-être pensé que comme nous sommes suisses, nous sommes riches 😂. Nous apercevons un panneau qui mentionne le chemin de pèlerinage de la via Francigena qui part d’ici . Il traverse huit départements en France sur près de 250 km, et il relie Canterbury à Rome…

En apercevant ces arbres qui se détachent sur la colline, je m’exclame : voici des beaux arbres pour une photo! Mais Yves n’est pas de cet avis et me répond que ce sont les mêmes que ceux sur la première photo du blog lors de notre départ, sur la route en dessus d’Orbe😂… mais je m’arrête malgré tout, car nous avons fait du chemin depuis ce jour là, pratiquement 4000 km séparent ces deux photos 🤭 et en plus elle est belle… en tout cas, je trouve😅

Une maison plutôt kitsch 🥴…regardez bien à gauche, il y a … des moutons. Mais ce ne sont pas ceux-là qui vont tondre la pelouse!

Je commence à avoir les jambes en coton et les mains qui tremblent après une belle grimpette…hypoglycémie. Nous nous arrêtons pour manger nos délicieux chaussons aux pommes 😋 et ça va tout de suite mieux! On peut repartir avec entrain…

A Watten, l’itinéraire sur Bikemap nous indique de suivre le canal de l’Aa. Au début, ça va, tout est normal, mais …

… après un moment, la route goudronnée s’étiole et laisse la place à un semblant de chemin…qui bientôt ne ressemblera à plus rien. On se faufile entre les roseaux, c’est l’ancien chemin de halage mais qui n’a pas été arrangé pour les cyclistes! On fait du cross sur bien 5 km avant de trouver enfin un accès pour passer par dessus le petit ruisseau parallèle au canal…

Après ces aventures, nous sommes contents de pouvoir nous arrêter et manger nos sandwichs sur le bord du canal à Saint-Omer.

À Arques, se croisent plusieurs canaux. Mais sur le principal naviguent de grandes péniches, et les écluses sont très hautes et très longues…

Encore une autre surprise nous attend sur le chemin…c’est qu’il n’y a plus de chemin possible! La route s’arrête devant une usine de ciment, une barrière en ferme l’accès. Elle n’est pas cadenassée, nous l’ouvrons et traversons sur quelques dizaines de mètres, mais malheureusement il n’y a plus de passage possible. Donc on rebrousse chemin… comment font-ils ces itinéraires vélo? Ils ne doivent pas aller vérifier sur le terrain que les chemins sont réellement praticables 😩…

Nous quittons le canal et roulons dans la campagne, et passons en bordure d’une drôle de plantation . Je m’arrête pour voir cela de plus près … on dirait des pavots, je cueille une cosse et l’écrase. Elle explose et libère une grande quantité de graines, des graines de pavots que je goûte et reconnais… miam. C’est le pavot noir, alors que le blanc est cultivé de façon très contrôlée pour la fabrication de l’héroïne et la morphine.

Nous arrivons après 15 h au camping de la Petite Forêt à la Lacque , près de Aire-sur-la-Lys. Nous mettons à sécher toutes les toiles de tente, que le soleil bien chaud rend rapidement utilisables 🤩☀️👍

Comme c’est agréable de pouvoir souper au soleil…sur une table 😉 c’est le grand luxe! Et il y a longtemps que nous n’avons pas en la chance de rester à l’extérieur après avoir mangé, car les températures fraîches ou la pluie nous faisaient nous rentrer bien au chaud dans notre petite tente…

Mercredi 25. La tente est trempée de rosée, nous avions la rivière juste derrière…pas de limaces ce matin heureusement. Le soleil est là quel bonheur. Comme l’euro vélo n’est pas encore bien tracé, nous essayons de suivre la Lys, canal navigable pour la plaisance, sur conseil du tenancier du camping. Il y a aussi un itinéraire qui nous permettra de rejoindre Lille. Au niveau de Aire-sur-la-Lys, nous empruntons cette voie verte qui longe le canal, c’est super joli et on est heureux de ne plus avoir de trafic à nos côtés… nous croisons des oies qui ont toute la liberté de nager dans le canal. Un petit coin pêcheur avec une chaise installée sur un ponton😉. Il y a beaucoup d’amateurs de pêche au bord de l’eau munis de tout un matériel sophistiqué et de toutes sortes de gadgets…

A la hauteur de Houleron, nous franchissons le cap des… 3000 km au compteur depuis notre deuxième départ de Lausanne le 15 juin. Ajouter encore à cela les 1000 km parcourus en Suisse en avril lorsque nous étions coincés à cause des restrictions sanitaires…ça en fait un bout de chemin🤪🤩. On peut en être un petit peu fiers😉…

On s’arrête à Saint-Venant pour prendre un petit déjeuner pour fêter ça, ha ha ha… il y a des chats partout dans le salon de thé- bibliothèque, des vrais et des décoratifs 🐱.

Le long du canal nous apercevons plusieurs usines désaffectées… ainsi qu’à nouveau une surprise de voie verte sans issue alors qu’il y a une barrière et des panneaux tout neufs! On doit rebrousser chemin…

A Lestrem, nous passons à côté d’une énorme usine dont nous a parlé le tenancier du camping, une amidonnerie de Maïs, une multinationale…et bonjour les odeurs écœurantes qui l’annoncent avant d’arriver à sa hauteur, portées par la forte bise qui souffle contre nous…

A Armentières, une ancienne brasserie désaffectée à l’air d’être transformée en appartements standing dans ce qui semble être un nouveau quartier …

A un moment donné, la voie verte se transforme en un tout petit sentier en bordure d’un terrain agricole…on suppose que c’est l’agriculteur qui n’a pas voulu que l’euro vélo passe sur son terrain… et après quelques centaines de mètres, le chemin redevient à nouveau roulant😅

Petit stop devant le bel Hôtel de Ville de Houplines où nous vérifions où nous pourrons trouver un camping pour passer la nuit. On nous donne la place voisine de la friterie qui est ouverte ce soir. Heureusement que la bise souffle du bon côté et ne nous apporte pas les odeurs de friture 😅… nous prenons deux portions de frites , mais il y en a pour un régiment! De délicieuses frites croustillantes à souhait et pas grasses(enfin…ce qu’il nous semble😂). On se régale. Il y a beaucoup d’animation dans ce coin, ça nous change du camping de hier.

Demain nous allons passer en Belgique…fin de l’épopée normande.

LA NORMANDIE

J 90- 99 11- 20 août

Mercredi 11. Excellente nuit à bord de l’Irish Ferry dans notre petite cabine. Pas de mal de mer, en forme pour le débarquement…et bien émue et excitée à l’idée de retrouver mon frère François et sa famille qui passent leurs vacances à Urville-Naqueville dans une magnifique maison avec des amis. C’est tout à fait imprévu que nous puissions nous rencontrer car notre voyage se dirige ailleurs que ce que nous pensions😉 alors que nous quittons les terres britanniques pour le continent… nous quittons le bateau dans les premiers et passons rapidement et sans encombres la douane avec nos vélos, pas de chiens renifleurs ici comme c’était le cas à Cork. Il faut se réhabituer à rouler à droite de la route, je suis un peu perturbée en traversant des voies multiples et je m’engage une fois à contresens 😅… mais heureusement il n’y a pas de trafic. Nous retrouvons rapidement le confort des pistes cyclables et des voies vertes françaises! La mer est à nouveau bleue et magnifique, le soleil est là pour nous accueillir, après une série de temps maussade ici. Nous atteignons rapidement Urville-Nacqueville et sommes tout émus par nos retrouvailles familiales ❤️…

Nous passons un magnifique après-midi entre baignade, bavardages, et apprentissage du jeu de Kubb, un jeu d’adresse en bois super chouette dans lequel nous ne pouvons pas rivaliser avec les experts qui s’en sont régalés tout l’été 😂…

Super soirée en compagnie de tout ce petit monde dans cette belle maison du début du siècle passé située sur les hauteurs dans un jardin incroyable! Merci à vous tous pour ce beau partage…

Jeudi 12. Départ en fin de matinée après un bon petit déjeuner de baguette croustillante. J’ai mal aux fesses, après un repos de 6 jours sans remonter sur ma selle, mais c’est rapidement oublié… nous passons par l’intérieur des terres après avoir salué le Napoléon chevauchant sur les quais de Cherbourg et admiré le château des Ravalets.

Nous empruntons de petites routes mais ne voyons rien du paysage… ce sont à nouveau des tunnels de verdure , un peu frustrant non? Le soleil est là et nous apprécions l’ombre bienfaisante des arbres…puis nous atteignons à nouveau la côte où s’étendent de grandes zones agricoles, ils ont moissonné en partie leur récolte mais il reste encore beaucoup de cultures sur pieds… ça n’a pas dû être facile avec ce mauvais temps! Nous croisons de petits tracteurs avec des employés qui sont affairés à planter…

Et nous retrouvons le rivage et la mer si bleue… nous décidons de nous arrêter là ce soir, à Barfleur, un joli petit village côtier avec son port que nous découvrons à marée basse. Une courte baignade pour moi alors que Yves recherche l’ombre de l’arbre trônant au centre du terrain de camping😅

Vendredi 13. Nous partons de bonne heure ce matin après s’être fait un bon bircher pour se donner des forces. Un magnifique ciel s’offre à nous sur la mer…

A Saint-Vaast-la-Hougue, nous découvrons des parcs à huîtres à marée basse et retrouvons les « bateaux-roues » comme en Bretagne… pause café au port où on nous demande notre pass-covid même pour la terrasse, notre voisin de table nous dit que c’est effectif depuis deux jours.

Un peu au milieu de nulle part…le Manoir d’Aumeville-Lestre, entouré d’un plan d’eau recouvert d’algues fluorescentes 🤭

Nous poursuivons notre chemin jusqu’au bord de mer où s’étendent de vastes zones de marais…

Puis nous arrivons dans la région des plages du débarquement de Normandie, endroit très touristique avec l’exploitation de nombreux musées de toutes sortes, de monuments commémoratifs…

Nous circulons entre de grandes étendues de pâturages et retrouvons les troupeaux de vaches.

A un moment donné nous devons passer une « embûche pour cycliste » 😅🥺🤭… à croire qu’ils ne souhaitent pas la présence de cyclistes largement chargés de sacoches . Nous devons faire une manœuvre délicate à deux pour ressortir nos montures. C’est là qu’arrive un couple de personnes âgées à vélo, des gens du coin avec qui nous discutons un moment. Monsieur tout content de nous parler de cette période de la guerre qui a très fortement marqué toute la population locale. Chaque famille a été touchée par des décès, des amputations, des accidents aussi après la guerre dûs aux munitions égarées dans la nature… sa femme s’impatiente et finit par gagner leur départ…

Nous longeons le canal qui relie la Manche à Carentan , et l’autoroute passe au dessous du canal 🤪… nous faisons halte au camping de cette petite ville et avons la chance d’assister à un concert de folk chanson française par un musicien ambulant qui nous dit avoir parcouru les campings tout l’été . Très joli moment…

Samedi 14. Départ de Carentan après avoir avalé un bon bircher, ça ça nous tient bien au ventre et nous donne de l’énergie pour le début de journée 😋. Nous devons emprunter la nationale jusqu’à Isigny-sur-mer, mais il n’y a pas trop de trafic. Nous nous arrêtons boire un café sur la place du village, puis nous longeons le canal de la Vire sur un petit chemin chaotique qui nous offre de très beaux paysages, les goélands cherchent des petits vers sur les berges à marée basse. De l’autre côté se succèdent de nombreux petits étangs privés au bord desquels sont affairés des pêcheurs. Puis nous nous trouvons rapidement au milieu de nulle part… dans l’estuaire qui s’étant à perte de vue … nous retrouvons une route goudronnée après plusieurs kilomètres. Nous croisons à nouveaux des cyclorandonneurs, qui sont beaucoup plus nombreux qu’en Irlande! Et des cyclistes locaux.

A partir de Grandcamp-Maisy l’itinéraire emprunte une magnifique voie verte toute récente qui surplombe les falaises et mène à la pointe du Hoc, site de commémoration du débarquement très touristique.

Puis nous plongeons sur le bord de mer à Port-en-Bessin-Huppin, un phare moderne trône au milieu des cultures… c’est une petite ville portuaire très touristique. Il fait super chaud, nous décidons de nous arrêter dans un petit camping La Prairie où le gérant très sympa nous donne un emplacement bien ombragé où nous plantons la tente pour deux nuits. Nous sommes un peu ko …la chaleur? Fatigue et maux de tête … nous sommes peut-être déshydratés, n’ayant pas suffisamment bu aujourd’hui? Une fois le campement installé, rafraîchis par une bonne douche et requinqués par un nescafé , nous descendons au port et faisons un bain de foule avant de remonter avec nos courses pour le souper…

Dimanche 15. Ça fait du bien de pouvoir se reposer un peu le matin et ne pas avoir à plier la tente…nous savourons ce répit à sa juste valeur. Le ciel est tout gris et le vent d’ouest souffle fort. Nous sommes contents d’avoir opté pour une journée repos aujourd’hui lorsque nous voyons le trafic infernal en allant faire nos courses au village… nous sommes le jour de la fête de l’Assomption, commémoration de la mort de la Vierge Marie , et il y a un de ces mondes dans la rue… et des voitures partout garées sur les trottoirs et dans les rues.

Lundi 16. La tente est mouillée au réveil, il a plu cette nuit… le vent n’a pas faibli, il vient du nord-ouest, c’est bien pour une fois, nous l’aurons dans le dos ce qui facilitera grandement notre effort! « Le vent est ton ami, mais quand tu l’as dans le dos, c’est vraiment un super ami », comme nous le rappelle notre cher ami et cycliste invétéré Philippe 🤩😉🌬💨. L’itinéraire nous conduit un peu à l’intérieur des terres pour commencer la journée avant de rejoindre la côte au niveau d’Arromanches-les-Bains, où se trouvent les vestiges du port de Winston Churchill, un port préfabriqué posé par les alliés juste après le débarquement de Normandie …

Nous longeons le front de mer sur une piste cyclable sur la Gold Beach où se dressent toutes sortes de belles maisons de styles très différents …

Pause sandwichs devant un poste de sauvetage, vous voyez comme le vent est fort 🤭😅💨🌬…

A Ouistreham se trouve un port pour les Brittany Ferries menant à Portsmouth en Angleterre. Il n’y a pas de pont pour traverser le canal de l’Orne, nous devons donc le longer sur 7 km avant de trouver un pont-levis qui s’enclenche justement alors que nous finissons notre pause café au petit bistrot d’en face…impressionnant!

C’est le Pegasus Bridge « le pont de la Paix entre les peuples » dont voici l’histoire…

Nous attendons un bon moment avant de pouvoir traverser. Deux voiliers passent sous le pont qui est à la verticale . Cela provoque quelques bouchons au niveau du trafic routier 😅

Et nous remontons la rivière naturelle cette fois jusqu’à une zone de marais dans l’estuaire où se trouve la Maison de la Nature, un très bel endroit qui nous invite à faire une petite pause…

Nous atteignons la mer qui est bien agitée avec ce vent… ce qui fait le grand bonheur des kite surfeurs !

nous trouvons un petit camping juste avant Cabourg. Le ciel se recouvre et nous avons soudain froid🤭😩 la polaire, le gilet en plume et la veste, ainsi que pantalons chaussettes et baskets qu’on n’avait pas encore remis depuis l’Irlande… nos voisins sont un couple de français qui dorment dans leur Citroën Berlingot, ils avaient prévus de faire le tour de Normandie à vélo, mais comme ils ne sont pas vaccinés, ils ont dû se rabattre sur le « voiture-camping » et dormir dans un camping quand le pass-vaccinal n’est pas demandé, sinon ils dorment sur des parkings…ils ne peuvent même pas aller boire un café, on ne parle même pas de manger au restaurant… ils admirent nos vélos et leurs sacoches et ça les fait rêver.

Mardi 17. Un magnifique papillon de nuit à fait escale sur la toile de notre tente et ne veut pas la quitter…avec le recul ( j’écris le blog mercredi soir…) est-ce un signe pour moi qu’il faudrait prendre les événements de la journée qui s’annonce avec légèreté? Parce que nous avons une grosse étape à affronter avec le passage du Pont de Normandie, dont plusieurs cyclistes nous ont parlé 😅🥺😩…et la traversée du port du Havre et de la ville pour continuer sur la côte. Le ciel se dégage ce matin, nous traversons Cabourg et ses quartiers de belles bâtisses .

Nous longeons la rivière Dives pour aller chercher un pont et la traverser au niveau de Dives-sur-Mer où nous découvrons deux drôles de bestioles qui broutent au bord du chemin … ce sont des chameaux, appartenant au cirque Ritz qui a monté son chapiteau à côté de la piste cyclable. Un beau rayon de soleil éclaire le banc de sable doré à l’embouchure de la rivière de la rivière qui sépare Cabourg de Houlgate …

Où nous nous arrêtons pour déjeuner 😉. De l’autre côté du trottoir une belle rose me fait coucou, dans le jardin d’une vieille maison en restauration 🌹… nous grimpons sur la colline, la pente est si raide que nous devons mettre pied à terre…comme nos vélos sont lourds😱

Nous redescendons sur Villers-sur-Mer où une créature préhistorique trône sur la place face à la mer 😉🦕

Nous traversons Deauville , très touristique et huppée où se succèdent de très grandes et magnifiques maisons, l’hippodrome, le casino…qui côtoie les bateaux de pêche, mais ce ne sont sûrement pas les pêcheurs qui viennent jouer au black-jack…

Il faut de nouveau grimper…sur la colline de Trouville-sur-Mer d’où nous avons une belle vue sur les toits du bord de mer… et où nous devons nous mettre à l’abri de la pluie qui s’est soudainement mise à tomber…

Nous descendons à nouveau, cette fois sur Villerville, d’où nous apercevons le Havre et ses grandes cheminées, les grues du port… tout ça n’est pas trop bucolique ni excitant! Jean Gabin et Belmondo ont tourné une scène du film « Un singe en Hiver » dans une rue de cette petite bourgade du bord de mer.

Nous débouchons sur Honfleur …et sommes éberlués par le monde qui circule dans les rues et les terrasses qui sont bondées. Nous ne nous arrêtons pas, juste une photo de ces belles maisons caractéristiques sur le port, qui font tout le charme de Honfleur…

Et après quelques difficultés pour trouver le chemin cyclable qui amène au Pont de Normandie, le voilà qui apparaît devant nous au loin. Il est vraiment impressionnant et très long, il fait plus de 2 km! Mes appréhensions vont rapidement se justifier… c’est donc l’autoroute qui passe dessus, avec une piste cyclable d’un mètre de large directement au contact de la voie autoroutière, et une piste piétonne de 80 cm protégée par un tout petit muret. Yves décide de rester sur le vélo et part devant, mais moi j’ai trop peur de me faire déporter par le vent qui souffle très fort, je suis déstabilisée par le souffle des camions qui nous frôlent, par le vertige lorsque je regarde en bas… je pousse donc mon vélo, et la pente est importante…on monte de 80 m sur un kilomètre, mais la descente ne sera pas triste non plus! Je suis au bord des larmes, toute seule avec la boule au ventre à avancer mètre par mètre, comme ça me semble long, interminable…j’aurai encore préféré faire le détour de deux jours qui nous fait passer beaucoup plus au sud dans les terres. Mais voilà, nous y sommes, il faut affronter ses peurs et avancer, il n’y a pas d’autre choix. Courage Martine! Arrivée en bas de l’autre côté après bien 30 minutes, Yves est là pour me réconforter…

Seconde épreuve du jour, la traversée du port du Havre et la ville elle même… au début il y a une piste cyclable d’où l’on aperçoit la réserve naturelle de l’estuaire de la Seine, mais après on roule à côté des innombrables camions qui viennent déposer ou rechercher des containers… quelle joie! Et ce qu’on pense être une piste cyclable est en fait…un cul de sac!😂😅 Des grues en quantité pour un énorme chantier dont on ignore le but. Puis enfin une voie cyclable qui nous emmène hors de la circulation pour un bref moment de répit, et nous profitons de nous poser au bord du chenal pour déguster des chouquettes en compagnie d’une famille de cygnes 😉🦢🦢🦢

Puis nous reprenons notre route avec courage et traversons l’autoroute puis les voies de chemin de fer, puis Le Havre sur des pistes cyclables. Et ça remonte car toute cette côte depuis ici est formée de falaises de 80 m de haut, avec des vallées transversales où coulent des rivières qui se jettent dans la Manche, et des petites villes portuaires. Donc il faut chaque fois redescendre et remonter. Ce sont de véritables montagnes russes… nous restons sur le plateau et traversons des cultures de poireaux, de céréales, de betteraves à sucre. Des centaines de rouleaux de paille jonchent les prés moissonnés. Nous empruntons des petites routes peu fréquentées jusqu’à Saint-Jouin-Bruneval, où nous nous arrêtons dans une boulangerie qui vend des … Burgers. Ils sont les bienvenus pour nous redonner un peu d’énergie et pour nous réchauffer, nous sommes transis par ce fort vent d’ouest que nous avons heureusement la plupart du temps dans le dos. Nous arrivons au camping du Grand Hameau à 18 h. Il y a un coin pour les randonneurs avec table de pic nic abritée, électricité à disposition avec un robinet. Une famille avec 4 enfants arrive à vélo à 19 h. Ce sont des Belges, et madame nous raconte leurs mésaventures pour traverser le pont de Normandie…ils ont une fille de 15 ans, donc autonome à vélo, un petit de 2 ans dans une charrette et une sorte de barre de traction avec deux chaises pour les enfants de 4 et 9 ans accrochés au vélo de madame. Le grand pédale aussi … quel équipage ! Ils ont aussi dû pousser les vélos sur la bande piétonne, les petits étaient terrorisés par les camions, et ils ont dû à la fin emprunter encore deux fois des escaliers pour passer au dessus de l’autoroute (ce que nous n’avons pas eu à faire puisque avant le péage nous avons repris la piste cyclable en imaginant qu’il y aurait des escaliers pour les piétons…) ils ont donc dû décrocher les charrettes et porter un à un tous les véhicules 😱…

Mercredi 18. Après avoir plié la tente nous déjeunons au camping avec les croissants commandés la veille et un bon café servi par le tenancier qui va partir travailler ailleurs à 9h30…sa femme et lui ont un job à côté et s’occupent encore de nettoyer les sanitaires entre midi et une heure. Et petite restauration le soir dans leur buvette. Chapeau ! Nous suivons des petites routes dans la forêt en essayant d’éviter de devoir redescendre chaque fois des falaises au bord de la mer et remonter. Nous traversons de beaux endroits à l’intérieur des terres, c’est varié tant au niveau du dénivelé, des couleurs, des courbes et des formes…

A la hauteur de Fécamp, nous découvrons une piste cyclable qui pourrait nous mener par l’intérieur des terres jusqu’à Pourville, bourgade avant Dieppe… tout en évitant la côte et toutes ces vallées perpendiculaires à traverser😅. C’est une ancienne voie ferrée, elle s’appelle la Véloroute du Lin. Elle est super bien aménagée avec des arrêts pic nic avec tables et grandes chaises relax, et elle longe une petite vallée bordée d’étangs et ensuite elle grimpe sur une colline mais tout gentiment pour redescendre sur Cany-Barville où nous nous arrêtons au camping municipal pour y passer la nuit.

On avait acheté sur le trajet des gambas congelées et nous faisons des pâtes avec un curry-gambas-poivrons du tonnerre pour nous remettre d’aplomb🤪

Jeudi 19. Il a plu la nuit passé, la tente est bien mouillée, difficile de la faire sécher avant de partir… on verra ce soir s’il y a du soleil! Nous nous arrêtons pour déjeuner au centre ville, et comme il n’y a pas de croissants au bar, nous acceptons un cookie maison, ce que nous allons vite regretter! 10 euros pour deux cafés et deux cookies, tout secs et bourratifs à souhait qu’on n’a pas pu manger en une fois…ils nous serviront de dessert et de goûter 😂😅. Avec tout ça nous nous trompons de chemin et suivons les panneaux d’un autre itinéraire qui va nous conduire…au bord de mer, alors que nous pensions nous diriger au sud ouest, nous sommes allés au Nord… pas de soleil pour nous diriger car le ciel est tout couvert.

Nous arrivons donc à Veulettes-sur-Mer, une petite station balnéaire entourée de belles falaises. Quelques jeunes en combi Néoprène sont perplexes devant la mer agitée sur laquelle ils doivent mettre à l’eau des catamarans… sinon très peu de monde. Un fort vent d’ouest souffle toujours, et nous l’avons dans le dos👍…quelle chance!

nous grimpons à nouveau la bosse pour nous retrouver en haut des falaises avec un magnifique point de vue sur la petite vallée par laquelle nous sommes arrivés …

Nous passons à côté d’un site nucléaire d’EDF à Conteville, et ce n’est pas enchanteur comme pourrait le suggérer là nom de la bourgade… des contes de fées plutôt radioactifs ☢️🥺! Il y a des hautes clôtures barbelées sur un immense terrain, et de grands parkings occupés par de nombreux véhicules, ça doit être un gros employeur pour les gens de la région. Mais ce n’est pas une centrale nucléaire comme nous avons en Suisse avec les cheminées , mais des réacteurs à eau pressurisée… après avoir bien pédalé sur le plateau nous redescendons sur Saint-Valery-en-Caux où nous croisons des cyclorandonneurs qui peinent en montant avec le vent de face…nous on a vraiment de la chance 🍀

Nous atteignons Veules-les-Roses vers midi, une magnifique petite ville très typique et très touristique où malheureusement les voitures peuvent circuler dans les ruelles bien étroites et où se presse beaucoup de monde…ah, en France, la Voiture est loin d’être recalée ! Ils pourraient pourtant valoriser le patrimoine en mettant des parkings en dehors de la bourgade et les gens iraient à pied, ce serait bien plus agréable 😉 ici coule le « fleuve le plus court de France »😂 avec ses 1100 m de longueur… qui fait tourner une roue à aube et se jette dans la Manche. De magnifiques falaises encadrent la plage de galets, mais le « fleuve » qui se nomme la Veules, n’est pas assez grand pour y mettre un port😉 nous mangeons nos sandwichs sur la jetée.

Nous poursuivons notre route en remontant à nouveau sur l’intérieur, nous croisons un randonneur à pied avec un énorme sac à dos . L’itinéraire ici doit être moins varié que celui qui passe sur les côtes bretonnes…

Encore une descente sur Pourville-sur-Mer , nous nous arrêtons dans la montée au niveau du point de vue sur les falaises… trois jeunes motards nous dépassent à fond dans les virages de la route qui serpente sur quelques centaines de mètres… plusieurs fois à la montée puis la descente, puis ils se postent dans le virage pour faire des photos chacun à leur tour😂

Et c’est la fin de journée, descente sur Dieppe dans les bouchons…puis stop dans la vieille ville pour boire un délicieux schweppes agrumes bien frais 😋

Et poursuivre jusqu’au premier camping qu’on trouve, à Barneval-le-Grand. Il a de bons commentaires sur Google, mise à part un ou deux qui mentionnent des sanitaires sales…nous demandons une place pour deux nuits. Je vois une affiche qui stipule que toute nuitée payée ne peut être remboursée…ce qui en général n’augure rien de bon… nous avons une place randonneur sur un terrain en bordure de forêt qui sert aussi de place de jeux pour les enfants avec un château gonflable, dont on nous demande de ne pas s’installer trop près. Il y a juste une petite tente. Ce camping est relativement petit, il y a plutôt des bungalows. Quand nous découvrons les sanitaires, nous comprenons l’affiche plantée sur le devant du bureau 😱🤭😩… des toiles d’araignées comme dans les galetas des granges…des insectes morts s’accumulant dans les lavabos condamnés par des banderoles pour respecter les distances prescrites…des taches brunes sur le sol qui est poussiéreux au possible, ils n’ont pas dû faire le ménage depuis des semaines!!! Nous installons la tente qui est encore très humide et qu’on ne peut pas sécher correctement car il commence à pleuvoir…donc pas de possibilité de se faire un repas chaud. Heureusement nous avons acheté des yaourts dans une petite épicerie, qui nous feront un bon bircher agrémenté de banane, pêche, céréales et fruits secs…

Vendredi 20. La nuit fut agitée, un couple sur les hauteurs du camping a crié et s’est bagarré au beau milieu de la nuit. Je n’ai pas pu me rendormir et j’ai lu un moment sur ma liseuse mais après j’ai fait des cauchemars… le temps s’améliore au cours de la journée, après lessive, repas chaud( ratatouille et polenta) et avoir coupé les cheveux à mon cher mari , nous montons au village avec nos vélos tout légers pour manger des moules frites😋

J 82 – 89 3 – 10 août

Mardi 3. Nous plions la tente de bonne heure car nous avons une grosse étape de 90 km pour atteindre le camping de Clifden … nous avons de la chance, il ne pleut pas, mais il fait bien frais, tenue longue et veste-bonnet pour la première partie du trajet. Nous longeons le golfe de Galway sur la route de la côte où le trafic est important. Nous entrons dans le Connemara où l’équipe féminine d’aviron est à l’honneur, elles doivent être originaires de la région. Il y a des drapeaux irlandais partout avec de grandes affiches où trônent les quatre sportives avec les couleurs olympiques.

Nous bifurquons en direction du Nord-Est à l’intérieur des terres où nous attendent de magnifiques points de vues sur des petits lacs ou des bras de mers s’ouvrant sur des lacs qui jouent avec les marées… qui doivent être des fjords, et où des teintes brunes et ocres recouvrent les rochers leur donnant un relief particulier. C’est le pays de la tourbe , nous découvrons qu’elle est exploitée comme combustible de chauffage. Les irlandais se chaufferaient encore actuellement avec ce combustible artisanal. Nous sommes arrêtés sur un petit chemin agricole pour manger nos sandwichs lorsqu’arrive un gars sur un quad. Yves lui ouvre le portail qui fermait le parc devant lequel nous dînions et il entame la discussion, nous demandant si nous cherchons à camper ici… qu’il a un magnifique endroit un peu plus loin pour poser la tente. Dommage, nous serions bien restés mais nous avons encore de la route à parcourir…Nous avons un chouette échange avec cet agriculteur, artisan du bois à ses heures, il nous montre des photos de ses œuvres sur son téléphone ainsi que des couchers de soleil sur les Twelve Peaks que sont les petites montagnes au loin. Il nous dit qu’il extrait la tourbe pour son chauffage.

En poursuivant notre chemin, nous découvrons quantité de monticules de briques de tourbe séchant au bord de la route, et des hommes les chargeant dans des remorques… ce plateau est incroyable, on a l’impression d’être au bout du monde…il me fait penser à la Mongolie et on ne serait pas surpris de voir débouler des cavaliers à toute allure! Ce parc National du Connemara est très sauvage, et inhabité, des moutons colorés dans d’immenses enclos, ou parfois au bord de la route en petit groupe, ils se sont échappé et ont pris la poudre d’escampette. Ils sont peints en rouge et bleu, en bleu fluo, en rouge… est-ce pour différencier les troupeaux entre eux ou pour les rendre visibles sur la route…ou les deux à la fois? Il y a souvent une sentinelle postée sur un rocher qui surveille ses congénères, ils nous appellent lorsque nous arrivons à leur hauteur. Et nous les saluons joyeusement 😉

Et ne vous méprenez pas…ceci n’est pas un camp de base au Mont Everest 😂… mais des sacs plastiques remplis de briquettes de tourbe.

Après une belle descente, nous arrivons au camping de Clifden qui se situe à 2 km de la petite ville bien touristique, plus à l’intérieur des terres dans les collines. Il est très joli, bien arborisé et sur un terrain vallonné …on nous attribue une magnifique place sous un immense et majestueux pin. Le soleil est de retour et nous mettons nos affaires humide de la nuit précédente à sécher…

Mercredi 4. Nous allons vérifier auprès de l’accueil s’ils avaient bien relevé que nous restions deux nuits, car nous n’avons payé que 28 euros…et mince alors! Ce n’était que pour une nuit, et deux familles vont venir s’installer sur notre place aujourd’hui… heureusement ils peuvent nous en proposer une autre, nous déménageons donc la tente en la transportant telle quelle avec nos matelas et sacs de couchages à l’intérieur , comme une petite tortue 🐢 ! Deux familles de poules tournicotent autour des tentes, je leur donne les pelures de carotte que je suis en train de préparer , les brunes et les noires les mangent alors que les beiges à pattes plumées font les difficiles 😂

Puis il se met à pleuvoir…encore de la pluie, tout l’après midi. Nous avons pris la décision de quitter l’Irlande avec un ferry le 10 août, départ de Dublin jusqu’à Cherbourg. Nous avons beaucoup aimé les paysages que nous avons découvert au cours de ces deux semaines en Irlande, mais les conditions pour rouler sont parfois difficiles quand nous sommes sur des routes très fréquentées, la météo de ces derniers jours et ce qu’ils annoncent pour la suite nous ont fait réfléchir… et l’Ecosse que nous avions prévu de faire à la suite de l’Irlande nous pensons la parcourir l’année prochaine en redescendant du Cap Nord. Nous réservons donc le ferry pour la traversée sur la France et nous ferons les côtes de Normandie, Belgique et Pays Bas pour ensuite suivre le Rhin jusqu’en Suisse. Mais nous nous cassons la tête pour faire la réservation d’un billet de train pour rejoindre Dublin par le site des trains irlandais, impossible de faire valoir nos cartes de crédit. Ils doivent avoir un problème … on verra demain à la gare de Westport qui est la prochaine étape.

Petite accalmie le soir où nous commandons une pizza au food truck installé à l’entrée du camping. De bonnes odeurs titillent nos narines depuis le milieu de l’après midi car notre emplacement se trouve juste au dessus de la roulotte. Nous nous régalons avec de délicieuses pizzas cuites au feu de bois par un jeune couple qui nous explique avoir perdu leur job à cause de la pandémie…ils ont décidé de se lancer dans ce projet de pizzeria et ont construit une jolie roulotte en bois. Ils sont là 5 jours par semaine et ça marche du tonnerre! Les habitants de Clifden viennent chercher leurs pizzas aussi. En tout cas nous on les a dégustées ! Une petite balade dans les alentours en attendant la préparation de notre commande, mais c’est pas facile de trouver un chemin…il y a partout des portails, des barrières … pour le bétail, les promeneurs n’ont d’autre choix que de rester sur la route.

Jeudi 5. Il a plu des trombes d’eau cette nuit, avec des rafales de vent impressionnantes…la tente vibrait dans tous les sens. Et ce matin, c’est la première fois que nos matelas sont mouillés, l’eau a transpercé le tapis de sol, à cause du vent sûrement, qui l’a poussée sous la tente. Nous plions le campement sous une petite pluie. Je ne suis pas en forme, nauséeuse et mal de crâne tenace…je me force pour avaler une banane, après ça va un peu mieux. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, hypoglycémie? Nous nous équipons pour rouler sous la pluie. Quel dommage, cette météo 🥲😩🥺… nous allons traverser le Connemara et les montagnes sont dans la brume. Une accalmie, on se déshabille… puis soudain, il se met à pleuvoir des seilles, on s’abrite sous les arbres sur le chemin menant à une maison pour pouvoir renfiler nos vestes. La propriétaire sort de chez elle et nous propose d’entrer nous mettre à l’abri, mais nous devons avancer, la pluie n’est pas prête de s’arrêter…

Nous passons devant l’Abbaye de Kylemore qui ouvre ses portes , nous en profitons pour faire quelques photos. C’est un magnifique site, au bord d’un petit lac. On aperçoit quantités de petits torrents courant le long des flancs de la montagne, engorgés par toutes ces précipitations…

Nous roulons sous la pluie, sur la N56 qui serpente entre de nombreux lacs et petites montagnes. Mais malheureusement on a l’impression de passer à côté de beaucoup de beaux paysages, cachés dans les brumes s’accrochant au relief tels des voiles légers.

C’est important de garder le sourire malgré ces conditions difficiles 😅

Et au milieu de nulle part se dresse une drôle d’église avec une injonction inscrite sur le mur du parking… « Stop and Pray » Nous on s’arrête pour boire un peu car il faut s’hydrater aussi de l’intérieur, même s’il pleut des seilles…

Nous redescendons sur le fjord de Killary qui s’avance dans les terres sur une quinzaine de kilomètres. On aperçoit la mer au loin.

Au fond du fjord se dévoilent ces belles teintes ocres des algues à marée basse, où s’affairent les goélands …

Nous cherchons un endroit pour nous arrêter afin de calmer nos estomacs qui crient famine et nos jambes qui flageolent 🤪… c’est tout de même un comble de ne pas pouvoir s’arrêter pour grignoter dans une si belle nature, car tout est fermé…clôturé, « portaillé », inaccessible. Mais finalement nous attend une place ouverte en bord de route et de rivière…un torrent tumultueux qui descend de la montagne. Nous pouvons nous déshabiller et mettre nos habits à sécher au soleil qui est revenu un instant☀️🌦

Pas pour longtemps malheureusement, nous devons vite déchanter car le ciel est à nouveau très menaçant dans la direction où nous allons… je pense qu’il nous faudrait remettre nos pantalons, mais Yves maintient que ce n’est juste qu’un petit nuage de rien du tout…qui nous trempera jusqu’aux os, on se met à l’abri d’une station d’essence pour reprendre notre souffle!

A Westport nous cherchons la gare pour prendre notre billet de train pour demain. Il y a 5 trains par jour pour Dublin, et le système ferroviaire irlandais est construit en étoile autour de la capitale. Toujours impossible de prendre un titre de transport, ni par internet, ni à l’automat… mais nous avons un ange gardien qui nous vient en aide alors que nous nous désespérions. Les guichets étaient fermés, mais un employé sort d’un bureau et nous lui demandons de l’aide. Très compréhensif devant notre désarroi , il nous dit que lui aussi alors qu’il voyageait au Pérou il s’était trouvé dans une galère avec une carte de crédit non acceptée… Finalement il nous propose de prendre le billet avec sa carte de crédit personnelle et nous lui donnons l’argent cash! Comme c’est compliqué!!!

Nous arrivons au camping de Westport où tout est inondé…il y a de grosses flaques d’eau et le terrain est spongieux et boueux…on trouve une place sur un terrain un peu en hauteur sous des arbres et plus ou moins épargné par les inondations. Nous sommes bénis, un rayon de soleil apparaît et nous permet de mettre sécher toutes nos affaires. Nous sommes bien reconnaissants de cette aubaine.

Vendredi 6. Réveil à 5h30. Il a plu encore des quantités impressionnantes la nuit passé. Mais les arbres nous ont permis d’être un peu épargnés. On plie la tente dégoulinante, on enlève les quelques limaces qui l’ont colonisée…et on quitte le camping pour la gare. Nous avons le train à 7h15. C’est super il est déjà là puisque c’est le terminus… nous nous renseignons où nous devons nous mettre, nous avions dû faire une réservation pour la place des vélos, mais c’est gratuit. Il y a quatre places par train…une fois que les réservations sont complètes on ne peut plus voyager avec ce train là. Et nous voilà partis… pour 3h15 de voyage.

Le train se remplit au fur et à mesure qu’on entre dans les terres. La pluie nous accompagne mais arrivés à Dublin elle cesse. YOUPIE! On tente le coup d’aller voir à l’hôtel si on peut au moins déposer les vélos et les bagages en attendant le Check-in prévu à 15h… arrivés à 11h à l’ hôtel Affordable by Altido, la réceptionniste nous donne le passe 😃 quelle chance! C’est tout un complexe de bâtiments avec une cour intérieure sympa, des arbres et des bancs, des locaux communs mais indisponibles et ce moment à cause du Covid… ces chambres sont habituellement loués par des étudiants et très souvent indisponibles sur Booking, mais comme nous sommes en période de vacances nous avons eu l’opportunité d’y séjourner 4 jours pour 260 frs… bon, c’est tout petit et basique, mais propre, avec salle de bain et plein de place pour ranger nos affaires. Et nous sommes à l’abri et au sec.

Après une bonne douche chaude et un moment de repos sur un bon lit, nous mettons à sécher les différentes toiles de tente dans la salle de bain et sortons toutes nos affaires des sacoches qui sont quand même humides même si elles sont étanches. Et nous sortons nous balader dans Dublin… les rues sont bien animées, c’est très cosmopolite, les maisons sont colorées et personnalisées par des fresques, des décorations originales, des statues ou de la végétation… la rue des pubs et des bars, Temple Bar est trop sympa… des terrasses abritées par de grands parasols qui servent ici plutôt de parapluie 😅 c’est joyeux et plein de vie. On a la dalle, on s’arrête dans un burger, le GBK « Gourmet Burger King » produits locaux, en face du MacDo…la concurrence. On nous demande nos pass-vaccinaux et nos pièces d’identité, ainsi que notre numéro de téléphone. Et on avale un bon burger avec des frites et une bière locale, miam, comme ça fait du bien après tout ce stress…

Puis nous cherchons un shop où acheter une paire de lunette à soleil (peut-être que ça le titillera et il arrêtera de faire semblant d’être timide! ☀️) car Yves a perdu les siennes hier, sûrement en installant notre campement un peu dans la précipitation, elles ont dû tomber …dans la boue😩 Nous entrons dans un centre commercial très old school dans le même genre que celui de Galway, trop rigolo 😁 quantité de petites boutiques, de bonbons multicolores, de glaces à l’italienne d’où se dégagent des odeurs appétissantes de cornets gaufrés faits sur place pour attirer le client, de petits cafés…

Samedi 7. Journée maussade, il pleut et de fortes rafales font danser les arbustes sous nos fenêtres… nous avons super bien dormi, c’est un quartier calme, on n’entend pas de voitures, des sirènes parfois. Nous flânons un peu dans notre petite cabane, toutes nos affaires sont bien sèches à présent. Je dois faire une « révision » de mon matelas, car les boudins gonflables se sont tordus sur eux-mêmes et il a une drôle de forme. J’entreprends de le démonter et désolidariser les différentes parties, ce qui me demande bien de la patience et du temps, mais je crois que j’ai réussi…on verra la prochaine nuit où je le déballerai 🤪 Écriture du blog, recherche de nouveaux itinéraires. Lecture…Puis nous sortons prendre le tram jusqu’au centre ville. Que de monde dans les rues, nous croisons beaucoup de mendiants qui font la manche, un gobelet de carton dans les mains, d’autres dorment à même le sol dans l’embrasure de magasins fermés. Il y a même des tentes installées sous des avant-toits 🥲🥺 et des super-héros prêts à voler au secours de personnes en danger… mais qui ne voient malheureusement pas qui sont les nécessiteux!

En fin d’après midi, affamés car nous n’avons pas avalé grand chose de la journée, nous partons à la recherche d’un bistro où manger à l’abri car il se remet à pleuvoir… ils sont déjà complets si nous n’avons pas de réservation! Finalement nous trouvons un italien qui accepte avec joie de nous placer à l’intérieur puisque nous avons le pass-covid… la terrasse sous les parasols est pleine mais ce sésame nous ouvre quand même des portes.Nous nous régalons avec des pâtes fraîches maison et un bon pichet de Primitivo.

Dimanche 8. Comme c’est bien de se réveiller dans un lit confortable et entendre le clapotis de la pluie sur les feuilles des arbres derrière notre fenêtre. Nous attendons le début de l’après midi que le ciel s’ouvre pour sortir nous balader dans le Phœnix parc, Peoples Garden où des petits groupes de mouettes, goélands, corbeaux et pigeons guettent les éventuels restes de pic-nic des passants ou des amateurs de sieste sur gazon😉 … c’est un chouette parc joliment fleuri où poussent de magnifiques arbres.

En bordure du parc se trouve le bâtiment de la Cour Criminelle de Justice. Un immeuble vitré imposant, dans lequel il serait préférable d’éviter de mettre les pieds…

Nous repartons au centre ville à pied, qui est à 6 km de là, et le soleil est de retour, quel plaisir de revoir du ciel bleu. Pour un dimanche, les commerces sont quasiment tous ouverts et les gens font du shopping, boivent des bières entre amis, ou dégustent des macarons Ladurée en sirotant un café dans un gobelet en carton…des bandes de jeunes filles en mini jupes rigolent joyeusement. Des groupes de jeunes hommes qui rivalisent d’originalité…ils sont tous coiffés comme les Peaky-Blinders 😂 Des chanteurs amateurs se produisent dans les rues, ce qui donne une légèreté bienvenue et une ambiance d’insouciance retrouvée comme avant la pandémie… ça fait du bien à l’âme.

A votre SANTÉ 😁🍻!

Lundi 9. Le ciel est toujours gris, ils ont annoncé de la pluie toute la journée, mais finalement il ne tombera que quelques gouttes lorsque nous sortons de la résidence pour marcher jusqu’au Jardin Botanique… nous nous arrêtons dans le Phœnix Parc pour manger notre pic-nic. C’est trop drôle, nous observons la rencontre de quatre personnes promenant leur chien…elles se tiennent à distance respectable l’une de l’autre, tout en observant le comportement de leurs animaux…par contre les chiens, eux, n’ont rien à faire du Covid et s’amusent comme des fous! La route est longue jusqu’au jardin, nous traversons des quartiers populaires, des voisinages de petites maisons de briques rouges appondues les unes aux autres, avec chacune un petit jardinet de 4m2 et très différemment arrangé selon les endroits. Parfois en friche, d’autres fois juste du gravillon, parfois très joliment fleuri…

et après 7 km de marche, nous arrivons à destination. Yves est un peu grognon, trouvant que c’est interminable, et je suis un peu sur les dents en espérant que la visite prévue sera à la hauteur de l’effort fourni 😅 sinon gare à moi, je vais me farcir des reproches pendant un moment! Mais cet endroit est magique… nous sommes tout de suite conquis par la beauté et la diversité de cette flore. Nous parcourons les chemins sous les feuillus de toutes sortes ainsi que des résineux magnifiques… et facile de s’y abriter lorsque le ciel décide de postillonner à intervalles réguliers 😂. Des fleurs de toutes les couleurs, des arbustes, des plantes grasses. Et de grandes verrières qui malheureusement ne sont pas accessibles à cause du Covid. Il y a même une petite maison traditionnelle moyenâgeuse avec le toit en chaume…trop beau.

Et voici un panel de quelques écorces qui m’ont fascinées…

Et de fleurs…si belles…

C’est un endroit qui incite à la contemplation, un havre de paix… dont profitent un petit écureuil et un héron qui nous font le plaisir d’une apparition éclair 😍

Puis retour au centre ville toujours à pied pour prendre une bonne bière sur Temple Bar, et grignoter des ChickenWings BBQ…

Mardi 10. Nous quittons notre petite chambre après avoir remis toutes nos affaires dans nos sacoches et retrouvé nos vélos toujours à leur place et entiers… il parait qu’à Dublin les gens n’achètent que des vélos d’occasion car le vol est monnaie courante ici! Et nous allons nous poser un moment dans le Phénix Parc en compagnie des mouettes et du ☀️…

Et nous prenons la piste cyclable le long de la rivière Liffrey jusqu’au quartier des banques où nous buvons un bon café italien et mangeons un panini sur une terrasse.

Nous avons prévu de la marge pour arriver au port, qui nous semble être au bout du monde. C’est immense, des grues et de containers partout, des camions qui viennent décharger leurs remorques… enfin arrivés à destination, on s’annonce au Check-in pour les passagers à pieds, mais ce n’est pas encore le moment. Ensuite, ils ont un problème pour imprimer les cartes d’embarquement et le pass pour la cabine. Nous devons patienter encore 45 min… et enfin 30 min avant l’heure prévue du départ ils nous fournissent les documents et on peut embarquer. Le navire est plus moderne que le Brittany Ferry de l’aller. Nous sommes très étonnés et enchantés de notre cabine…avec une fenêtre! Ce qui change tout au niveau du sentiment d’oppression.😅 La mer est bien plus calme qu’à l’aller où nous avions essuyé une tempête. Mais une fois en pleine mer, on ressent quand même le roulis…

Et voilà une étape de notre voyage qui se termine… très belle expérience dans ce magnifique pays qui nous a dévoilé son côté mélancolique de par la météo un peu humide et bien grise par moments… des paysages très variés et expressifs de par la Nature luxuriante et colorée, les troupeaux de moutons, de vaches et même d’ânes croisés au bord des routes qui nous ont conduit sur les montagnes ou le long des côtes et dans la campagne. Les échanges sympas avec certains irlandais rencontrés au gré du vent et avec qui nous avons pu parler malgré notre anglais un peu maladroit 😅 mais l’accent chez certains est très difficile à comprendre! La musique jouée dans les rues par de jeunes musiciens, c’est très chouette, mais nous n’avons pas eu l’occasion d’écouter de musique irlandaise dans les pubs, avec le Covid qui restreint certainement encore beaucoup la vie sociétale… MERCI l’Irlande pour ces merveilleux moments de découverte, et à une prochaine j’espère!

J 76- J 81 28 juillet au 2 août

Mercredi 28. Nous quittons à regret le parc national de Killarney accompagnés de quelques gouttes de pluie pour plier la tente . Nous empruntons la nationale pour quitter la ville mais rapidement nous trouvons une plus petite route où le soleil joue à cache-cache et nous réchauffe par moments. Il est le bienvenu et sublime les ciels noirs et menaçants au dessus du relief…

Nous finissons par être rattrapés par la pluie, et on se met un moment à l’abri au bord de la route, les gens nous font signe de la main pour nous encourager.

Nous arrivons à Tralee en fin de matinée, le soleil revient, nous trouvons un shop de téléphonie mobile pour racheter un chargeur et juste en face il y a une cour intérieure avec un bar, et un endroit pour parquer nos vélos…ni une ni deux nous voilà entrés et assis à une petite table, sur des chaises Interio identiques à celles que nous avions à la maison 😂. On découvre qu’ils ne servent pas de repas avant midi sonnante, on nous propose un café en attendant. Et nous dégustons notre premier Fish and Chips irlandais avec une grosse bière 🤪…ça va être difficile de repartir!

Un fort vent d’ouest s’est levé et des violentes rafales nous déstabilisent! En repartant nous nous arrêtons pour visiter l’église St.John’s Parish où je découvre un magnifique vitrail …le vitrail de la Réconciliation 😍

Nous poursuivons notre route à travers la campagne et croisons beaucoup de troupeaux de vaches paissants dans les champs…des centaines, que font-ils avec tout ce lait? Parce que la diversité des fromages ce n’est pas le fort des irlandais🤭… et les fermes ne sont pas aussi bucoliques que celles de Suisse! Il y a beaucoup de petites et anciennes bâtisses qu’on dirait désaffectées mais qui semblent encore être utilisées, et pour les gros producteurs, les fermes peuvent être immenses…

Nous arrivons au bord de l’océan après une longue descente mais le camping que nous avions repéré ne prend pas de campeurs…ce sont des mobilhomes et c’est un peu glauque! Nous poursuivons donc jusqu’à Ballyheigue, une petite station balnéaire un peu désuète où c’est la même chose…pas de campeurs acceptés dans le parc des mobilehomes! Finalement nous nous résignons à prendre une chambre dans le seul hôtel de la place, car le B/B est complet. Notre première nuit dans un lit depuis 6 semaines( sans compter celui du Brittany ferry car ce n’était pas un vrai de vrai…) une nuit d’hôtel = une semaine en camping 😅!

Vers 18 h, les familles locales arrivent pour…se baigner! Quels courageux… le vent souffle fort, l’air est vraiment frisquet, et l’eau…je n’ai même pas été mettre un orteil dedans. Pas frileux pour un sou les irlandais 😜

Jeudi 29. Après une excellente nuit nous empaquetons toutes nos affaires, dont la tente mise à sécher dans la salle de bain 😅 et départ avec 3 gouttes de pluie que nous laisserons derrière nous comme nous pédalons trop vite pour elle ha ha ha… direction l’estuaire de la rivière Shannon que nous devons traverser en prenant un bac. Nous sillonnons encore de vastes zones agricoles où des chiens non attachés se ruent vers nous à notre passage, heureusement sans parvenir à nous croquer les mollets ! Dangereux pour eux, ils pourraient se faire shooter par une voiture, comme les nombreux renards, blaireaux, hérissons et corbeaux que nous avons malheureusement découvert au bord de la route… quelle tristesse. Nous sommes aussi révoltés de voir toutes sortes de déchets jonchant le bord des routes, à croire que la Nature est une poubelle et qu’elle a la capacité de recycler le pet, les cannettes et le plastique en un coup de baguette magique!!! Il faut dire que nous n’avons trouvé aucune poubelle publique, ni dans les endroits de pic nic, ni à côté des commerces, mais nous remportons bien sûr nos déchets jusqu’au prochain camping.

Tout au long de la journée nous apercevons des parcs éoliens, mais le vent se lèvera plus tard que hier et sera moins fort. Pour l’instant ces monstres sont figés, tels des géants! Nous découvrons à plusieurs reprises des ruines d’églises et leur cimetière…

Petite pause café dans une épicerie tenue par une charmante dame qui nous dit rêver de découvrir la Suisse .

L’architecture des maisons individuelles n’est pas très variée ni très originale, et elles ressemblent à des maquettes en carton, posées sur un gazon où ne dépasse pas un seul pissenlit ou autre pâquerette…aucune fleur ni arbre, ici pas de travail pour les paysagistes! C’est bien triste ces jardins tout vides…

Nous atteignons Tarbert où nous pouvons embarquer sur le ferry qui arrive justement! Il y en a un toutes les demi heures. Nous quittons le comté de Kerry pour entrer dans le Shannon, en traversant l’estuaire de la rivière Shannon. Et lors de la traversée nous apercevons même un couple de dauphins qui suivent le bateau un instant 😍. Les éoliennes côtoient les centrales à charbon…

Nous suivons la rivière en direction de l’est jusqu’à Labasheeda et nous voyons pour la première fois les écriteaux de l’euro vélo 1! Mais de toute façon nous ne suivons pas cet itinéraire car il ne correspond pas vraiment aux campings dont nous sommes dépendants, on se fait donc nos propres étapes en faisant un mixte avec GoogleMaps et BikeMap.

Nous montons un joli petit béquet jusqu’au camping de Shannon Estuary, un camping à la ferme original tenu par deux gars très sympas, avec différentes petites cabanes et un endroit pour les tentes, avec vue sur l’estuaire. Il se met à pleuvoir lorsque nous préparons notre souper 🥲🥺… les voisins occupant la petite cabane de l’autre côté de la haie vont faire la fiesta jusqu’à 1h du matin et les enfants crier sans aucune gène ni égards pour les autres campeurs!

Vendredi 30. Une fine pluie nous accompagne pour plier la tente, il fait froid ce matin…j’enfile mon pantalon de pluie, Yves n’est pas adepte de ce genre de protection, il dit toujours qu’il est bien en short! Ici en Irlande on oublie de trouver une boulangerie avec de bons petits croissants 😂… les épiceries ouvrent à 9h, nous arrivons juste à temps pour la livraison du pain! …sous cellophane! Nous traversons toujours des régions rurales vallonnées sur une petite route secondaire qui est bien agréable à rouler car peu fréquentée…

Petit arrêt café dans un foodstore à Creegh où nous apercevons sur le comptoir une première page du journal avec la victoire des irlandais aux JO pour l’aviron, le patron du shop est très fier😉. En repartant, nous sommes obligés de nous rhabiller car la pluie est à nouveau là… nous entrons dans le compté de Clare.

Nous retrouvons le bord de l’océan à Quilty où nous mangeons du chedar et du chorizo (seul genre de saucisson que nous avons pu trouver) et nous donnons notre pain sec aux goélands qui sont ravis de se chipoter pour ce maigre butin 😅. Nous suivons la côte jusqu’au Spanish Point, grande plage fréquentée par les écoles de surf et les baigneurs courageux… le vent d’ouest souffle très fort et de violentes rafales nous déstabilisent . Le soleil revient, nous aurons eu tous les temps aujourd’hui!

Petite pause à Lahinch, station touristique où ça grouille de monde… là aussi les gens s’en donnent à cœur joie pour se baigner et surfer. Ou savourer des glaces ou des frites…

Puis nous montons par une petite route, la Burren old route qui nous paraît sans fin, à cause du vent, du dénivelé pour passer un petit col à 170 m et la fatigue de l’étape de la journée… oh que c’est dur, mais on a l’impression d’être au bout du monde, c’est sauvage, quelques maisons isolées…

Et enfin nous apercevons l’autre côté du contrefort…avec une vue plongeante et magnifique sur Doolin, et des descentes à 15% selon les écriteaux mais qui doivent être bien plus pentues! Circuler à vélo dans le sens contraire aurait été tout simplement impensable…

Nous arrivons au Nagle ´s camping après 16 h et sommes bien soulagés, après concertation avec le responsable, qu’on nous accorde une place pour deux nuits. Il y a beaucoup de monde, c’est le départ des bateaux pour aller visiter les îles Aran et les Cliffs of Moher, ces célèbres falaises où a été tourné un des épisodes d’Harry Potter… il faut ruser contre le vent pour monter la tente😂…

Dimanche 31. Petite grasse matinée, comme ça fait du bien 🤩. Nous avions commandé des croissants et une baguette, sans trop d’espoir sur la qualité de ces friandises, mais nous avons été ravis de prendre ce petit déjeuner français délicieux… la journée commence bien! Nous allons réserver des billets pour l’excursion en bateau pour les Cliffs of Moher. Il y a aussi des offres pour aller sur les îles Aran. Quel monde… et on a l’impression que les irlandais ont complètement oublié le Covid… nous attendons 45 minutes avant de pouvoir embarquer mais avons la chance de trouver une place sur le pont supérieur. Le ciel est bien gris, mais un rayon de lumière nous donne un peu d’espoir… le bateau longe les falaises, mais à distance. Elles sont impressionnantes, 200 mètres de haut. On aperçoit la grotte de Harry Potter, mais malheureusement le capitaine ne nous embarque pas jusqu’à l’intérieur 🥺…

Nous allons manger un fish and chips (encore me direz-vous…mais c’est super bon, un filet de cabillaud bien croustillant😜 avec purée de petits pois et frites!) à Doolin, il y a beaucoup de monde…dans le premier pub on nous refuse car pas de réservation faite, mais un peu plus bas au bord de la rivière nous trouvons un joli petit bar The Ivy Cottage où on nous propose une table sur une terrasse très sympa. Nous sommes servis par une fille belge qui nous parle … en français 😉

Dimanche 1er août. Nous nous levons de bonne heure car une grande étape nous attend encore et nous avons voulu réserver le prochain camping mais ils ne prennent pas de réservation…les premiers arrivés sont les premiers servis et il faut se dépêcher! Donc départ à 7h habillés en long et chaussettes(pour la première fois…) et le bonnet sur la tête, la température est fraîche, 10 degrés je pense! Mais une fois qu’on pédale, on se réchauffe vite. Nous traversons l’intérieur des terres pour rejoindre la baie de Galway, en évitant la route de la côte car nous sommes dimanche et à voir le monde qu’il y avait hier aux Cliffs, nous préférons être tranquilles… et nous suivons l’itinéraire de l’eurovélo qui emprunte de petites routes, le tracé est bien vallonné pour parcourir le parc national du Burren . Des pâturages délimités par des murs de pierres à perte de vue qui ont été édifiés au cours des siècles pour libérer les terres de leurs roches et permettre au bétail de pâturer plus facilement. Elles ont aussi été utilisées comme matériel de construction. « L’Irlande est principalement une île rocheuse composée de calcaire carbonifère formé il y a environ 370 millions d’années. A cette époque elle faisait partie d’une mer peu profonde entre deux masses terrestres qui soulevèrent une partie du fond marin au dessus du niveau de la mer, qui devint plus tard l’Irlande, et sur des millions d’années, la boue se transforma en un calcaire dur. »

Pour atteindre le sommet de ce vaste plateau, la route plonge tout d’abord au fond d’une dépression pour remonter une pente de passé 15% 😱 et nous sommes obligés de poser pied à terre et de pousser nos montures, qui prennent un poids énorme au fur et à mesure de l’inclinaison très importante du terrain! Plusieurs pauses sont nécessaires pour reprendre notre souffle, mais au sommet nous entrons dans un autre paysage, quelques petites falaises dominent des pâturages où paissent des vaches et des moutons… quelques fermes et maisons isolées…un cimetière avec son église en ruine… nous sommes confrontés à un fort vent qui balaie ces hautes terres. Les murs nous protègent de ses assauts et sont de bons boucliers!

Après quelques kilomètres parcourus sur ce plateau se dévoile un étrange et fascinant paysage lunaire… un immense pavement rocheux parsemé de crevasses et de fissures, aux courbes douces, avec l’océan au loin… pour un 1er août, ce « clin d’œil calcaire » à notre cher jura tombe à pic😉

Nous devons rejoindre la nationale qui longe la côte jusqu’à Galway, il y a beaucoup de trafic, nous avons fait le bon choix de passer par les montagnes, même si ce fut difficile, ça en valait largement la peine… ça bouchonne dans la ville de Galway, nous devons la traverser pour atteindre le camping de Salthill . Nous y resterons deux nuits car la pluie est annoncée pour demain…

Lundi 2. La pluie nous garde au chaud dans la tente jusqu’à 10h, ensuite nous allons nous abriter dans le local de cuisine commun pour déjeuner et flâner … des familles irlandaises y viennent griller leurs saucisses et leurs eggs and bacon les uns après les autres, nous empestons la friture au bout d’un moment😩… une fois la pluie ayant donné tout son quota du jour, nous prenons le bus jusqu’à Galway où nous flânons dans le quartier latin, très sympa, après avoir mis les pieds dans le centre commercial très old school, où les enfants peuvent encore rêver de faire tomber « une boule à 10 » dans leur menotte et la déguster avec délice 🤪

les rues sont bien animées , les gens prennent l’apéro sur les terrasses. Nous trouvons une place à l’extérieur d’une trattoria et dévorons d’excellents raviolis aux épinards et ricotta faits maison.

Petite promenade du soir le long de la baie avec une magnifique lumière du soleil couchant… nous apercevons au loin les montagnes de calcaire du Burren, et nous découvrons un spot où les baigneurs locaux pleins de courage se rafraîchissent avant d’aller dormir d’un sommeil paisible . Il y a même un panneau avec des conseils pour les baignades en hiver, ce qui semble être une habitude ici !!!

L’IRLANDE

J 71- 75 23- 27 juillet De Cork à Killarney

Vendredi 23. Nous plions la tente en fin de matinée avant la pluie et nous quittons ce bel endroit où nous avons passé une semaine avant de reprendre notre aventure dans un nouveau pays…l’Irlande que nous nous réjouissons de découvrir! Nous arrivons rapidement à Roscoff et la pluie nous y accueille. Il faudra trouver des astuces pour se mettre à l’abri en attendant le départ du ferry prévu à 22h15! Nous mangeons nos dernières moules-frites bretonnes. Le serveur nous dit qu’avant le Covid il y avait 3 bateaux anglais en provenance de Playmouth quotidiennement et 2 hebdo depuis l’Irlande, mais actuellement ils ne reçoivent plus qu’un anglais par jour et un irlandais par semaine…ce qui a fait chuter grandement leurs revenus! Ensuite une accalmie nous permet de visiter le vieux port et la vieille ville très pittoresque .

Et la pluie reprend de plus belle, nous pouvons nous arrêter pour un moment dans une crêperie où nous nous régalons et apprécions à sa juste valeur la chance d’être à l’abri de la tempête qui s’annonce…de fortes rafales secouent la toile de la terrasse sous laquelle se pressent les touristes trempés!

Nous devons finalement nous résigner à quitter ce petit havre de tranquillité pour rejoindre la gare maritime sous la pluie. Nous nous présentons au guichet de Brittany Ferries où tout semble en ordre au niveau des papiers…ouf, je suis soulagée! Nous avons cinq heures à patienter. Nous pouvons être à l’abri dans la gare. Nous rencontrons un jeune irlandais à vélo qui rentre chez lui passer l’été, car il vit a Bordeaux depuis cinq ans. Jonas est très sympa et il parle bien le français. Nous patienterons avec lui dans la file d’embarquement. C’est très long car il y a deux passages de contrôle des documents. Je pense que ça a pris une heure, heureusement la pluie a fait un break…

Nous rejoignons notre cabine c’est un vrai labyrinthe 😅…il ne faut pas être claustrophobe, je ressens une bouffée d’angoisse en pensant à un naufrage éventuel , pour sortir de là ça ne serait pas des plus faciles! Nous sommes au fond de la cale donc pour rejoindre le pont et les canots de sauvetage… c’est tout petit mais propre, et dormir dans un vrai lit après cinq semaines de matelas pneumatique ça va faire du bien à mon dos qui se rappelle à moi aujourd’hui 😩, peut-être le manque d’activité sportive? Nous montons sur le pont, le ciel est noir et la tempête s’annonce! Le vent souffle fort. Nous sentons la houle une fois que le ferry est parti, ça tangue fort! On a l’impression d’être complètement saoul! on boit une bière devant un spectacle de magie😉 mais moins poétique que ce que faisait il y’a quelques années mon mari chéri pour les enfants des colos!

Samedi 24. Nous voilà arrivés en Irlande, le ferry entre dans l’estuaire de Cork. Nous longeons la côte et la petite ville de Cobh au bord de l’eau offre un magnifique panorama de bienvenue avec ses maisons de toutes les couleurs😍…

Nous quittons le ferry dans les premiers et passons le contrôle douanier, tout est en ordre. Ils nous demandent de contrôler nos bagages avec le chien…on a l’air de trafiquants de drogue🤭🥺😂? Le chien a senti quelque chose, Yves doit ouvrir son sac à dos…c’est son porte-monnaie, mais il n’y a que quelques billets d’euros, les douaniers sont très sympas. Ils nous laissent repartir. Les filles à vélo après nous se font aussi contrôler alors que Jonas peut passer sans autres. Il propose de nous accompagner jusqu’à Cork où il va prendre le train pour rejoindre sa maman. Trop sympa, on se laisse guider, merci beaucoup cher Jonas, et peut-être à plus tard quelque part vers Galway😉. Nous trouvons un chouette camping près de Blarney. Il y a beaucoup d’irlandais. Les enfants jouent au foot sur le grand terrain à côté de nous … on est toujours sur une place près des enfants, à croire qu’Yves à la nostalgie de leur compagnie 😂

Dimanche 25. Départ matinal à 6h30, ils annoncent encore plus chaud aujourd’hui… les Irlandais nous disent qu’ils sont un peu sous le choc de ces températures tropicales! La tente est très mouillée, pas de pluie mais d’humidité. Nous empruntons une petite route pour rattraper l’itinéraire et l’euro vélo 1 et nous longeons une grande propriété où il est spécifié « no shooting » …on se demande d’abord si ça concerne l’appareil photo, dans ce cas nous serions hors la loi😅 mais c’est sûrement une histoire de chasse… le paysage est très joli, et vallonné, nous montons puis redescendons. Nous nous arrêtons dans une station d’essence pour prendre un café à l’emporter et des sandwichs, nos premiers pic nics irlandais… il y a même la possibilité de laver son linge ici, en grande quantité! Des bus à deux étages c’est impressionnant 🤪

L’itinéraire de l’eurovélo n’est pas du tout balisé, il n’y a aucun écriteau. Heureusement que nous avons le GPS et l’application Bikemap pour nous orienter. Nous longeons des pâturages, des cultures de céréales, de maïs. Nous circulons dans une petite vallée entourée de chaîne de colline de chaque côté.

Pose au soleil car il n’y a trop d’ombre, en compagnie d’une drôle de petite vache 🐄. Les sandwichs ne sont pas si mauvais que ça…

Après nous prenons une route plus importante, la R585 où il y a beaucoup de trafic. Ici les routes sont souvent en mauvais état, il y a régulièrement des trous et il faut être bien attentif de regarder sa route plutôt que le paysage! Ce qui, vous l’aurez compris me frustre un peu 😂 On aperçoit des petites montagnes au loin qu’on devra gravir pour passer un col à 200 et quelques mètres… les irlandais roulent vite mais en général font attention aux cyclistes et attendent d’avoir une visibilité suffisante pour nous doubler. Nous sommes sous le soleil de midi pour monter, c’est difficile, mais heureusement que nous sommes partis de bonne heure. Des centaines de moutons paissent tranquillement dans ces immenses pâturages recouvrants les montagnes. Ils nous saluent en bêlant joyeusement…

Puis la route nous emmène jusqu’à Ballylickey en bord de mer , on remarque au lit de la rivière que c’est marée basse! Nous nous annonçons au camping Eagle Point, un coin magnifique sur une pointe s’avançant dans la baie de Bantry. Il semblerait que le camping est plein, pas au niveau des places disponibles mais au nombres de campeurs autorisés avec la pandémie…mais heureusement on nous accepte quand même, pour une nuit. Nous trouvons une place éloignée avec de l’ombre. Il fait tellement chaud que même le goudron fond, ce qui doit être exceptionnel en Irlande… on récupère gentiment de notre effort, je vais me baigner dans la petite crique, mais il y a plein de méduses pour la plupart mortes, j’arrive à me faufiler entre elles pour me rafraîchir, mais la baignade sera de courte durée…

Le camping est super grand, nous n’avons vu aucun étranger, ce sont beaucoup des familles irlandaises logeant dans d’immenses tentes, toutes du même genre. C’est un endroit idéal pour faire du canoë, la mer est très calme vu que nous sommes dans une crique abritée. Ça doit être super de naviguer entre les îlots. Nous n’avons croisé aucun cyclorandonneur depuis notre arrivée en Irlande mise à part les deux couples présents sur le ferry. On voit s’installer un irlandais à vélo bien chargé et épuisé avec un drôle de casque, plutôt genre spéléo . Belle lumière du soir sur la crique à marée haute…

Lundi 26. Nous levons le camp de bonne heure car nous avons une grosse étape devant nous avec beaucoup de dénivelé dans les montagnes…la toile de tente extérieure est trempée d’humidité. Le ciel est nuageux mais le soleil présent nous accompagne lors de notre ascension par la N71 en direction de Killarney. Nous passons à côté d’un cimetière , ces lieux de repos éternel sont très différents de chez nous, souvent sur des terrains irréguliers et les tombes ne semblent pas « parquées » comme souvent ailleurs… un « mouton old school » juché sur sa voiture nous regarde passer d’un air nonchalant 😂…

La région est très sauvage, quelques maisons isolées, des forêts, des bosquets, des pâturages…différentes teintes de vert. A certains endroits la roche effleure en surface, dévoilant les différentes couches géologiques. Ce périple dans ces montagnes nous rappelle la Corse… la lumière très atténuée par les nombreux nuages ne révèle pas toute la beauté des paysages traversés, hélas les photos ne sont pas aussi belles que je souhaiterais, mais c’est l’ambiance irlandaise😅, et nous sommes aussi soulagés d’un côté de ne pas souffrir de la chaleur comme hier! Ce qui rendrait l’effort du jour plus difficile qu’il ne l’est déjà… mais ces paysages valent tous les efforts du monde🤪…

Longue descente sur Kenmare , la route se faufile à travers des tunnels. Petit stop à Molly Gallivans Cottage, bar et boutique de l’artisanat celtique. Nous goûtons et dégustons nos premiers scones avec confiture et crème fouettée, un délice qui nous requinque pour la prochaine ascension une fois passé la petite ville balnéaire très touristique de Kenmare.

Nous longeons à un moment donné la rivière Sheen et nous arrêtons pour faire une photo…l’eau court entre de gros blocs rocheux et soudain, je me trouve face à une biche qui me regarde, elles sont même deux. Instant magique…

Arrêt pic nic juste avant Kenmare avec vue sur la baie.

Nous montons à nouveau, toujours accompagnés par les jolis encouragements des moutons au bord de la route 🐏🐑. Un peu avant le col, la pluie nous rejoint et restera avec nous jusqu’au soir…

Le paysage est à couper le souffle, nous entrons dans la réserve naturelle de Killarney, que je vous conseille chaleureusement de visiter si vous voyagez en Irlande! Vue imprenable sur les lacs, forêt incroyablement mystérieuse et bouleversante avec ses arbres tortueux qui semblent nous raconter l’Histoire de cet endroit…je ne serais pas étonnée de me trouver nez à nez avec une licorne dans ces sous-bois merveilleux, où des petites fées dansant sur la mousse toute douce recouvrant les gros rochers aux pieds des arbres…j’aurai voulu rester pour m’imprégner de cette énergie formidable. Quel contraste entre toute cette beauté et toutes ces voitures nous doublant sur cette route sinueuse, un choc entre passé et présent, comme si ce présent n’avait pas de sens.

Nous arrivons à Killarney après une journée riche en émotions et en effort physique, 800 m de dénivelé et deux étapes de 80 km en montagne, nous décidons de passer deux nuits ici et de visiter les alentours demain. Nous montons la tente sous la pluie, et allons nous réchauffer avec une bonne douche chaude . Nous allons chercher un resto pour souper mais ils sont complets ou réservés pour les clients des hôtels 🥲… finalement comme la pluie semble se calmer on va s’acheter quelques victuailles dans un shop de la station d’essence près du camping et on se régalera avec du riz et des crevettes au curry.

Mardi 27. Moment de nostalgie pour moi aujourd’hui… notre cadet Samuel fête ses 20 ans et nous sommes si loin, je ne peux pas le serrer dans mes bras pour son anniversaire 🥲… mais nous pensons fort à lui❤️! Le ciel s’est éclairci pendant la nuit et le soleil fait son apparition, ce qui nous permet de mettre sécher les affaires de vélo et les sacoches. Comme d’habitude, nous sommes placés à nouveau à l’endroit où les enfants viennent jouer au foot, et nous sommes les seuls campeurs sous tente… Yves fait le service des vélos et moi le blog, puis départ sur nos vélos pour faire le tour du petit lac . Il y a une location de vélos à la sortie du camping , un garage souterrain d’où sortent des dizaines de vélos pour suivre la voie verte traversant la forêt et longeant le lac.

Que dire de plus que ce que nous racontent ces images… je suis touchée au plus profond de moi par la beauté de cette Nature et de ses arbres séculaires et majestueux qui dégagent une telle ouverture et une énergie dont nous devrions nous inspirer pour protéger et prendre soin de notre Terre… je suis remplie de gratitude de pouvoir vivre sur une si belle planète, mais aussi si triste de savoir comment nous la traitons et ce que nous lui faisons subir…et de quel droit?

J 63 – J 70 15 – 22 juillet

Jeudi 15 départ après avoir mis un bon bircher dans notre estomac et dit au revoir à la famille vaudoise dont la fille cadette était montée aux Grandes Roches et qu’Yves avait reconnue… nous entrons dans le Finistère et remarquons des tentes et camping-cars sur un terrain sauvage au dessus de la mer, avec un panneau qui doit autoriser de s’arrêter aussi la nuit.

Nous découvrons une côte plus sauvage que la côte de granit rose avec des endroits magnifiques, la côte sauvage du Trégor …Loquirec entre autres, petit village sur une pointe dont nous faisons le tour. Pause café dans un petit bistrot du port où s’arrête aussi un couple de cyclistes allemands en tandem avec une charrette… c’est un vrai convoi exceptionnel 🤭. Nous grimpons à nouveau sur la colline et nous arrêtons pour nous déshabiller et mettre de la crème solaire au niveau d’un joli petit transformateur électrique décoré en trompe-l’œil. Juste à côté un gars avec une échelle sur l’épaule nous salue et nous entamons la discussion. Il travaille sur une chouette maison en bois dont il est le concepteur et qu’il a construite lui-même. Il a voulu expérimenter un système d’isolation extrêmement performant avec une couche de gore tex entre-autres laine de verre et structure-bois… il n’y a pas de chauffage mise-à-part un chauffe serviette à la salle de bain et un poêle à mazout portable qu’il a utilisé 2 ou 3 fois lorsqu’il y a une semaine de brouillard en hiver et que la maison ne peut pas être chauffée par le soleil à travers les baies vitrées… Nicolas nous invite à boire un café et nous découvrons un super endroit! Avec un puit de lumière sur le salon qui vient d’une plateforme qui est en fait un …trampoline 😂😁! Il nous explique que ses enfants ont été d’accord qu’il construise leur 3ème maison, mais à condition qu’il y ait un trampoline dedans!!! Nous passons un très chouette moment en sa compagnie avant de reprendre la route.

Notre itinéraire nous conduit toujours sur ces montagnes russes où nous apprécions les descentes avant de remonter sur de bons béquets bien raides… mais le vent nous apportant ces odeurs marines et tonifiantes nous donnent l’énergie pour pédaler, et le paysage plongeant sur la mer bleue et le grand large nous régale…le ciel qui se dégage se confond avec l’horizon. Quelques magnifiques maisons surplombent la mer… c’est un coin où nous viendrions volontiers nous installer, car ce n’est pas touristique comme ce que nous avons déjà vu plus à l’est.

La côte pour remonter du bord de mer sur Plougasnou est vraiment rude, et sous le soleil de midi, on déguste… mais récompense, on déguste ensuite pour de bon un morceau de quiche devant l’église. Le soleil est super chaud, on est KO! Une femme s’avance vers nous vêtue d’une combinaison en polaire noire et traînant un petit caddie. Très gentiment elle nous explique qu’elle a besoin d’argent pour manger, qu’elle est à la rue et n’ayant pas encore l’âge de la retraite n’a plus aucun revenu… elle vit dans sa voiture . Quelle tristesse… cette dame semble cultivée, elle s’intéresse à notre voyage et nous avons un échange sympa. N’importe qui peut se retrouver dans une situation semblable après des histoires de vie éprouvantes… puis c’est l’engrenage duquel il est super difficile de s’extraire. Il semblerait qu’elle est connue dans la région.

Nous redescendons sur la pointe de Primel…splendide. Et nous nous installons au camping municipal qui est pratiquement complet. Il y a beaucoup d’allemands ici. Nous n’avons pas du tout d’ombre! Comment on va tenir le coup? Heureusement il y a un petit havre de fraîcheur sous des pins qui nous permettent de souffler un peu 🥺

Lorsqu’il fait un peu moins chaud, nous partons nous balader sur la pointe de Primel qui donne sur le port du Diben. « Ce site naturel à l’allure défensive sera utilisé comme tel par l’homme qui le fortifiera sur ses parties les plus faibles jusqu’au XX ème siècle. »

Nous profitons de l’ombre bienvenue du bus camping qui se trouve à côté de nous pour faire notre souper, le soleil étant un peu descendu de son perchoir! Il se couche à 22h30 ici…

Vendredi 16. Grasse matinée et lorsque nous mettons le nez dehors on est très étonné de voir la brume recouvrir toute la côte, on la sent même sur la peau…la tente est toute détendue et humide. Nous partons nous promener sur la plage de Primel, quelques baigneurs et de jeunes enfants qui glissent avec joie sur les planches de surf en bois juste sur la fin de la vague qui se retire…et ils sont déjà bien experts! ça nous rappelle nos enfants à leurs âges , petit moment de nostalgie et de beaux souvenirs. Puis le soleil fait son apparition et modifie complètement l’atmosphère…

Lorsque nous regagnons le camping pour préparer notre dîner, le voisin du bus camping dont l’ombre nous a été salvatrice hier🤪 engage la conversation et nous invite à partager leur dîner et à goûter les palourdes et les bigorneaux tout frais de leur pêche d’hier dans la crique… quelle gentillesse et spontanéité! Jean-Pierre et Martine 😉 sont des bretons du Finistère et sont venus voir des amis vivant à Primel-Trégastel. Nous passons un très sympathique moment en leur compagnie … trop sympas ces bretons! Le temps passe si vite que nous sommes déjà en fin d’après-midi et nous repartons nous balader de l’autre côté cette fois et débusquons un super joli coin à l’ombre des pins dans le port…

Et nous finissons par trouver un chouette petit bar sur la terrasse duquel nous buvons une bonne bière…

Samedi 17 nous levons le camp sous un magnifique ciel bleu, la bruine maritime n’est pas revenue ce matin…quelle chance nous avons car si ça avait été le cas, nous n’aurions rien vu des magnifiques paysages qui nous attendent! Départ à 7h30 avec une demi banane dans l’estomac. Bien vite je me retrouve en hypoglycémie, les jambes en coton et plus de jus pour affronter les montées…pas de boulangerie en vue, nous avalons à nouveau une banane, qui est un bon carburant pour les efforts sportifs! Nous descendons sur la baie de Morlaix avec vue sur Carantec et l’île de Callot. Un cheval broute tranquillement au bord de la mer, se rend-il compte de la chance qu’il a d’être dans un si bel endroit 🤭😉?

Arrêt café pour se requinquer… dans un super petit resto qui affiche déjà complet pour midi! Avec vue sur le port et entrepôts de vente d’huîtres. Puis nous longeons la rivière de Dourduff sur un joli petit chemin dans la forêt.

Et nous sommes déjà à Morlaix, entrée dans la ville le long du port et cet impressionnant viaduc de chemin de fer qui passe au dessus de la ville… c’est jour de marché, il y a du monde dans les rues. Nous entendons des manifestants scander des slogans contre les nouvelles mesures sanitaires décidées par Emmanuel Macron, qui semblent peu appréciées par les français…et on les comprend absolument.

ici trois itinéraires se rencontrent…là vélo route de Bretagne, la vélo Maritime (eurovélo 4) et la Vélodyssée (eurovélo 1).

Nous prenons la direction de Saint-Pol de Léon. A Penzé dans un jardin public nous tombons sur deux voyageurs dont l’un est vraiment bien chargé et son vélo a fière allure avec une guitare accrochée sur un des côtés… c’est Yann, un parisien en tournée chant et vélo sur 1600 km, il voyage en itinérance pendant 24 jours et a prévu 12 concerts! Très chouette moment d’échange sur nos expériences respectives. Il est admiratif et envieux de notre projet et nous déclare des « VDI » c’est à dire des VOYAGEURS À DURÉE INDÉTERMINÉE 😂 sympa comme identification, on va garder…Son ami Vincent est venu le rejoindre ce matin en lui faisant une surprise, et d’autres potes doivent arriver ce soir et passer le week-end avec eux. Ce voyage est un super projet, on aurait bien aimé aller l’écouter ce soir mais nous nous arrêtons avant , dommage! Si vous êtes intéressés d’aller voir ce qu’il fait, voici son site: http://www.lautre.xyz Il compose et chante avec sa guitare.

Après ce chaleureux moment nous continuons notre route le long du Penzé qui offre de belles images…le lit de la rivière doit subir aussi les grandes marées qui recouvrent alors ces bancs de sable et la végétation.

Nous passons sur le bord de la baie dans un petit hameau appelé St Yves… où ils cultivent des artichauts.

En début d’après-midi nous arrivons à St-Pol de Léon et sommes enthousiasmés par ce magnifique endroit où nous avons prévu de résider jusqu’au 23 juillet, date de notre départ sur l’Irlande. Nous nous inscrivons au camping Ar Kléguer. Il y a une magnifique piscine avec toboggans, un petit bar et accès à la plage…c’est le grand luxe, sanitaires nickel avec papier we et savon à un endroit. Nous avons une jolie place, un peu en pente mais on va s’en accommoder, qui donne sur la mer, et une petite colline boisée avec de magnifiques pins qui nous apportent de l’ombre en fin d’après-midi et où nous pourrons aller nous réfugier si le soleil est trop fort 😅

Sur la place en dessous de notre tente, je remarque un bus camping avec des plaques valaisannes…en remontant des sanitaires, j’engage la conversation avec le voisin compatriote 😁 et en repartant lui propose qu’on se fasse un apéro… et devinez quoi, on se fait inviter chez eux , mais je suis un peu confuse de recevoir tant de gentillesse de la part de personnes inconnues, hier et encore ce soir…Patrick et Catherine nous ont préparé un délicieux petit souper sur le pouce avec des produits de la région! Algues, homard, artichauts, radis, pommes de terre…on s’est régalé et on a bu un délicieux chardonnay valaisan. Un grand merci à eux pour ce beau moment de partage 🙏…

Dimanche 18. Une belle et chaude journée s’annonce avec une magnifique lumière matinale. La marée est haute, après déjeuner nous allons marcher sur la grande plage où les locaux commencent à arriver pour se baigner. Tout un groupe de dames d’un certain âge papotent en sortant de l’eau, les courageuses ont l’air d’avoir l’habitude de se baigner sûrement tous les jours… « Elle est bonne aujourd’hui, elle doit faire 17°!! » Quoi🥺 pas un tout petit peu plus?… je n’ai pas encore eu l’occasion de me baigner depuis tous ces kilomètres que je trimbale mon maillot de bain!!! Il faut dire qu’il n’est pas trop lourd, mais je compte bien l’utiliser. Yves est plus frileux et c’est rare que j’arrive à l’entraîner dans l’eau. Il se trempe volontiers les pieds, mais en général ça s’arrête là. Nous nous dirigeons vers une petite plage jouxtant le grande, c’est très chouette et il y a personne. Je prends mon courage à deux mains et après avoir pris le temps de « m’acclimater » je finis par plonger dans cette eau froide et vivifiante. Elle est transparente et ondule sous de petites vagues. J’y aperçois des crabes plus ou moins grands, noirs ou clairs qui se balades entre mes pieds, on aperçoit le camping sur sa petite bute depuis la plage.

Lundi 19. Le soleil est toujours au rendez-vous, mais le ciel est légèrement voilé. C’est marrant, beaucoup de gens font l’aller retour le long de la plage en marchant dans l’eau jusqu’aux hanches ou poitrine, ce qui fait une séance de fitness 🤪. Moi je nage, la mer est plus calme. Le soleil est chaud et nous devons chercher l’ombre sous les pins , petite balade jusqu’à la pointe du camping où nous avons une magnifique vue sur Roscoff et sur Carantec. Aujourd’hui je coupe les cheveux à Yves, mais la tondeuse n’est pas chargée suffisamment et nous devons finir après l’avoir fait recharger un moment… ce n’est pas aussi bien que quand c’est notre coiffeuse préférée qui nous les coupe, Manon tu nous manques…😂😘

Nous montons la côte pour aller faire des courses à St Pol de Léon, la ville est bien animée. J’entre dans la cathédrale Saint-Paul-Aurélien et je fais le tour juste avant qu’elle ne ferme ses portes, il y a de très beaux vitraux.

Mardi 20 Magnifique lumière de l’aube …

Et de jour…

Mercredi 21. Aujourd’hui est un grand jour, nous avons rendez-vous avec nos amis Béa et Marc de la Vallée qui sont en vacances en Bretagne et sont à Morlaix avec leurs vélos. C’est génial de retrouver des têtes connues après tout ce temps à côtoyer des étrangers 😉. Nous passons la journée ensemble avec beaucoup de plaisir. L’eau a 17 degré, Béa et moi nous nous baignons un bon moment, une fois dedans, la mer est bonne et on en profite…

Jeudi 22. Nous nous retrouvons à Carantec pour aller visiter l’île de Callot qui est accessible par une route seulement à marée basse. Nous arrivons en retard par ma faute car je n’ai pas eu leur sms pour l’heure du rendez-vous tout de suite, mon téléphone étant sous silencieux, resté dans la tente 😅. On a roulé à toute allure pour les retrouver. L’île est très jolie mais bien fréquentée par les promeneurs… on en fait le tour, il y a une église datant de 500 …

Après cette balade on remonte la colline de Carantec à la recherche d’un petit bistro où casser la croûte , c’est jour de marché, difficile de trouver de la place mais nous parvenons finalement à manger sur une terrasse puis baignade dans une eau encore plus froide qu’hier à 16 degrés… super journée avec les amis qu’on doit quitter en fin d’après-midi 🥲. Un Grand Merci Béa et Marc pour ces moments en votre joyeuse compagnie! Et très bonnes vacances à vous sur vos vélos le long de la côte bretonne.

Demain 23 juillet se termine notre aventure française (1700km) et normalement si tout va bien, nous embarquons à 22h à Roscoff avec la Brittany Ferries pour rejoindre Cork où commencera notre aventure Irlandaise.

J 57- J 62 9-14 juillet

Vendredi 9 Nous prenons le temps de déjeuner au petit bistro du camping pour soutenir la jeune tenancière qui nous prépare une bonne crêpe et on se régale avec baguette beurre confiture et…caramel beurre salé 😍 de quoi nous permettre d’amorcer notre itinéraire « les montagnes russes= côtes d’armor ». Elle propose même des pic-nic à l’emporter pour les randonneurs du GR 34 ou les cyclorandonneurs…très bonnes idées de la demoiselle que nous félicitons et encourageons dans son projet de développement.

Nous arrivons à Binic, petite station balnéaire, et à notre grand étonnement il y a de nombreux gendarmes à moto sur le parking…qui montent la garde pour le Premier Ministre qui boit son café dans le coin… ce que nous explique un monsieur qui nous questionne sur notre voyage. Nous avons très souvent de chouettes échanges avec la population locale qui nous interpelle au coin d’une rue ou d’un banc public où nous prenons une pause. Les Bretons sont très sympas… l’itinéraire nous fait passer sur de petites routes très peu fréquentées au travers de petits hameaux plus bucoliques les uns que les autres avec leurs maisons typiques de pierres sèches et leurs magnifiques jardins intérieurs ornés de toutes sortes d’arbustes en pleine floraisons…dont les célèbres hortensias roses, blancs, bleus ou violets…qui sont mis en valeur par les pierres claires.

Nous descendons sur Le Petit Carihuel, magnifique petite baie entourée de roches donnant sur une belle plage de sable. Un employé communal est en train de balayer et nettoyer les bancs. Il nous dit qu’ils passent le sable au crible pour nettoyer toute la plage. Ils sont en manque de vacanciers et se réjouissent du retour du soleil annoncé pour le 14 juillet… nous en profitons pour boire un petit café sur une jolie terrasse logée dans le sable. Très sympa cet endroit, ils organisent un festival de blues au mois d’août chaque année, mais qui est malheureusement annulé pour la deuxième fois.

Remontée sur les hauteurs, chaque fois environ 70 m de dénivelé puis plongée sur Saint-Quai-Portrieux où les gendarmes sont à nouveau postés le long de la route… peut-être que le Premier Ministre y passe boire l’apéro 😂… c’est jour de marché, nous nous arrêtons pour écouter deux jeunes musiciennes placées devant une maison rigolote « cuccina Italia » et sur la balustrade supérieure se tient un homme qui la repeint en blanc. Attention de ne pas faire tomber le pot de peinture sur les passants!! Au moment de repartir, Yves me dit qu’il aimerait voir le stand des bracelets en pierre…dont nous repartons munis chacun d’un beau cadeau souvenir qui j’espère supportera les aléas du voyage… merci mon chéri😍

Nous remontons sur la route des falaises et poursuivons à l’intérieur des terres en apercevant par moments la mer… le ciel devient à nouveau menaçant mais nous n’aurons que 3 gouttes de pluie aujourd’hui…miracle! Nous achetons un brocoli au bord de la route et nous croisons deux cyclistes assis sur des vélos vraiment originaux avec 3 roues et des panneaux solaires comme toît… mais ça doit être très bizarre de rouler assis, et pas pratique pour prendre les petits single boueux qu’on a dû emprunter par moments…et impossible de monter ces engins dans un train!

A un carrefour, une dame d’un certain âge s’arrête à nos côtés et entame la discussion. Elle a un magnifique vélo électrique et nous dit être sur le chemin pour retrouver une amie avec qui elle marche beaucoup, et qu’elle aurait voulu dans sa jeunesse faire des voyages à vélo et camper comme nous mais que ça ne s’est jamais donné…qu’elle se réjouit pour nous que nous puissions réaliser notre rêve et nous souhaite tout le meilleur 🤩… et finit par dire « quand on s’entend, on peut tout réaliser… » avec de la tristesse dans la voix. « Faites-le et vous avez mille fois raison!!! » Quelle touchante rencontre…

Nous débouchons sur un magnifique point de vue , qui domine Brehec…vue panoramique sur les falaises que la route suivra jusqu’au camping du Cap de Bréhat où nous nous installons pour deux jours. Magnifique camping avec vue plongeante sur la mer et les îles 😍😍😍

Samedi 10 nous avons été bien arrosés cette nuit et il arrête de pleuvoir en milieu de matinée. Nous avons très bien dormi et profité d’une grasse mat…petit café à l’accueil puis journée pépère entre entretien des vélos, blog, étude de l’itinéraire et consultation des dernières infos par rapport à l’épidémie et l’entrée sur la Grande Bretagne ou l’Irlande…quand on cherche à réserver un ferry pour Cork, impossible de faire la transaction! Est-ce un beug informatique ou est-ce qu’ils attendent des instructions pour l’ouverture aux touristes normalement prévue le 19 juillet… peut-être qu’on devra une nouvelle fois modifier notre itinéraire. Il y a toujours la possibilité de suivre la côte atlantique puis passer sur la côte nord de l’Espagne puis le Portugal, ce qui serait aussi très plaisant…on verra, on ne s’énerve pas et on prend les choses comme elles viennent! Nous descendons sur la plage qui est formée d’une multitude de galets de toutes formes et couleurs différente, la marée est basse, on découvre les tables d’ostréiculture mises à nu où s’affairent les cultivateurs, quelques tracteurs sont descendus dans la baie, ainsi que des particuliers avec leur voiture pour accéder à leur bateau et faire de l’entretien…Le soleil fait son apparition par moments et change complètement l’atmosphère et les teintes de la mer que l’on découvre enfin BLEUE…

Dimanche 11, on déroge à notre habitude de rester tranquille et on se met en route de bonne heure car ils annoncent de la pluie en début d’après-midi, pour changer! Nous découvrons un magnifique endroit avant d’arriver à Paimpol , l’Abbaye de Beauport… je suis émerveillée devant ce paysage s’ouvrant à moi au détour du petit chemin descendant depuis l’Abbaye sur la baie, à la lumière du matin. Nous profitons d’un petit banc face à la mer pour manger une banane avec un bon carré de chocolat.

Nous repartons à l’intérieur des terres et traversons des grandes étendues de cultures diverses, dont des artichauts…que nous découvrons pour la première fois. Nous avons encore de belles petites descentes et côtes à remonter😅… et il y a différents gardiens des cultures, sont-ils efficaces? 🤪 Apres une bonne petite montée, nous trouvons au bord de la route une invitation aux cyclistes et randonneurs tout à fait charmante, qui me fait penser à Alice Au Pays Des Merveilles… quelle jolie attention!

L’itinéraire nous emmène sur des chemins plutôt sablonneux, ce qui n’est pas très roulant…et ensuite dans des chemins forestiers très gras, vu la pluie qui est tombée en abondance…et même des petits sentiers pédestres! C’est difficile, et je manque de tomber à plusieurs reprises, déséquilibrée par le poids des bagages…ce n’est pas la même chose qu’à VTT lors de nos sorties dans le Risoud où là je gérais…

Nous arrivons à Louannec dans la baie de Perros-Guirec et nous installons le campement au camping municipal . Nous allons y rester deux nuits pour pouvoir aller découvrir la côte de Granit rose … il y a quelques couples de randonneurs qui font le sentier des douaniers le GR 34, qui doit être magnifique.

Lundi 12 nous enfourchons nos vélos tous légers, sans nos bagages on a l’impression de s’envoler! Et les montées sont bien plus faciles😅 le bord de mer est magnifique, de superbes maisons sont juchées sur les rocs dominant les baies où le soleil aujourd’hui met en valeur les différentes couleurs de la mer.

Nous arrivons à Ploumanac’h, petit village en bord de mer qui siège au milieu d’ étonnantes et énormes roches de granit rose…on se promène entre des géants endormis sur le sentier des douaniers! C’est incroyable, on se dirait dans un décor de cinéma … la lande est splendide sous le soleil qui intensifie le rose de la bruyère! Nous avons vraiment de la chance avec la météo aujourd’hui…

Nous mangeons notre pic-nic assis sur un rocher quand un goéland se pose sur la table près de nos vélos et lorgne sur la sacoche ouverte! Yves se dépêche de descendre pour la refermer… une fois nous nous étions fait chaparder notre déjeuner par un de ces voleurs ailés très friands de croissants!

Nous nous arrêtons au port pour boire un café dans une crêperie… il y a beaucoup de monde mais une table se libère, le serveur nous demande d’attendre qu’il la débarrasse avant de nous installer, ok, nous attendons bien 15 minutes, on hésite à partir quand il nous fait signe enfin qu’il va la libérer… ils ne sont pas trop bien organisés, ils sont pourtant plusieurs à servir. Notre envie de café se transformera en galette et cidre, mais nous attendons passé 30 minutes avant de demander si on nous a oublié, car des clients arrivés bien après nous sont en train de se régaler … oups, la serveuse s’excuse, elle a complètement oublié de passer notre commande! Elle nous offre un autre pichet de cidre et encore deux crêpes sucrées pour le dessert en se confondant en excuses…pas de soucis la rassure-t-on! Ça peut arriver à tout le monde… et nous avons le temps! 😉 Quand nous repartons, la mer est déjà remontée et le grand voilier est dans l’eau …

mardi 13, ce matin départ à 7h30 , ciel gris et bas et vent de face… on se dit « le vent est mon ami… » pour éviter de se le mettre à dos, ha ha ha…alors qu’il serait bien plus avantageux de l’avoir dans le dos! Un couple de randonneurs plie sa tente en même temps que nous. Ils ont des gros sacs et pourtant bien moins de confort que nous n’avons… juste une petite natte et une tente légère, pas de batterie de cuisine, repas au resto. À vélo on peut transporter plus de choses, toute sa maison!… voilà 4 semaines que nous avons quitté la Suisse. Et je me fais la réflexion en passant devant une maison où entre une femme, les bras chargés de ses courses et qui les dépose sur la table de la cuisine… « 4 semaines que nous n’avons pas franchi le pas de porte d’une maison, que nous ne sommes plus entrés dans un chez nous », bien que nous n’ayons plus vraiment de chez nous… mais qu’on n’a plus pu se préparer un café et s’asseoir à la cuisine pour le boire… notre maison, c’est notre tente. Pas de table, pas de cuisine, hi hi… tout se passe dehors concernant les repas…je suis partagée entre le sentiment du manque de ma maison et la liberté que m’apporte justement le fait de ne plus avoir d’attaches !

Nous grimpons sur la colline à nouveau bien chargés de tous nos bagages et c’est plus difficile que hier 😅😜 là, on ne vole plus…après avoir traversé une forêt sur un sentier boueux +++ où j’ai dû poser les pieds par terre et me suis tartinée les sandales et les orteils avec une belle boue noire, nous arrivons dans la crique de Ploumanac’h où nous avions mangé nos crêpes hier. L’ambiance n’est plus la même, il n’y a personne, et surtout le soleil n’est pas au rendez-vous pour mettre en valeur ce magnifique site… je trouve un robinet au niveau du port et peux débarbouiller mes petits petons tous noirs… et petite pause sur les rochers pour admirer et s’imprégner de cet endroit si spécial.

Sur l’itinéraire nous découvrons les mégalithes de Kerguntuil : « Ces monuments en pierre sont des vestiges de l’époque du néolithique final vers 2000 ans av. JC. »

Un peu plus loin nous nous retrouvons face au menhir de Saint Uzec qui fût érigé aux alentours de 5000 ans av JC. Il mesure un peu plus de 7.50m, il est impressionnant et orné de belles gravures. Yves est un nain à côté de lui…nous sommes touchés par ces installations si anciennes et si imposantes, dégageant une immense force…mais comment ont-ils fait pour les ériger, ils sont si massifs et si lourds 🤭🤔

Nous rencontrons un couple de retraités voyageant avec leurs vélos électriques qui ont prévu le tour de Bretagne qui fait 1000 km. Sympathique échange au pied du Menhir…

Nous poursuivons notre chemin au dessus de la plage de Trébeurden, le soleil fait son apparition pour une courte durée mais illumine un magnifique panorama, un ciel bleu et une mer parsemée de petites voiles blanches naviguant joyeusement. Quel plaisir pour les yeux…

En rejoignant l’intérieur des terres, le ciel est à nouveau tout gris et bas… je me retrouve soudain précipitée au pays de Gulliver et des Liliputiens 🤩… prête à cuisiner une tarte à la rhubarbe pour un gentil géant!

Nous recevons la confirmation par téléphone qu’il est bien possible d’embarquer à bord du Brittany Ferries pour Cork le 23 juillet et nous réservons notre cabine pour la traversée sur l’Irlande… c’était très compliqué pour acheter un billet sur le net car il semblait qu’il n’y avait pas de bateau pour cette destination. Je m’étais déjà faite à l’idée que nous continuerions sur l’Atlantique et l’Espagne vars le soleil et la chaleur! Mais non, nous irons quand même vers le Nord. Quelques appréhensions pour ma part alors qu’Yves est super confiant 😉… il nous reste donc 10 jours à passer en Bretagne, ils annoncent plutôt beau, c’est chouette, on pourra peut-être faire des vacances balnéaires 😂…

Nous sommes pris dans la brume maritime en regagnant le bord de mer, c’est une ambiance mystérieuse … nous nous posons au camping municipal Saint Efflam à Plestin les Grèves pour deux nuits.

Nous sommes adossés à la place de jeux qui grouille de bambins, ça crie et ça rigole jusqu’à passé 22 h😅. Ils s’encoublent dans les tendeurs de notre tente en jouant à la couratte … Tranquillou les parents se la coulent douce…et vive le camping, pour les gosses c’est une belle expérience. Ils sont choux ces petits, et disent bonjour la plus part du temps et discutent volontiers… mais parfois entre eux ils ne sont pas tendres…

Mercredi 14, journée tranquille, ciel couvert… lessive, courses, service complet pour les vélos avec décrassage 😜! Et nous allons étudier un peu comment passer ces 10 jours avant l’embarquement pour l’Irlande… nous cuisinons un délicieux risottos aux gambas pour la fête nationale 😋

Petite balade de 4 km sur la plage jusqu’à la mer où nous avons retrouvé le ☀️… l’eau est chaude, car très peu de profondeur!