NORVÈGE- ÎLES LOFOTEN

J 57 – J 62 DU 27 JUIN AU 2 JUILLET 2022

Lundi 27

Départ sous un ciel menaçant, on se dirige sur Bodo pour y prendre le bateau de l’Hurtigruten jusqu’à Stansund à 15h30.

Il a du retard, beaucoup de monde attend avec des valises pour y faire un bout de croisière, ou peut-être monter jusqu’au cap Nord. Pas besoin de payer pour les vélos. On y reste 4h, à admirer la côte depuis le pont et grignoter notre pic nic à l’intérieur. On se demande si on aimerait passer 4 jours sur ce bateau pour redescendre depuis le Cap…difficile à dire…peut-être en étant bien fatigué, on verra.

Incroyable, ce mur de montagnes à l’horizon…qui se découpe comme un décor d’ombres chinoises, c’est juste magique!

On débarque à Stamsund et on découvre ces îles incroyables avec une belle lumière du soir, qui adoucit les paysages dans lesquels nous avançons jusqu’à un petit camping au bord d’un lac. Il a fait encore très chaud aujourd’hui, un record pour la Norvège selon le tenancier du camping…29 degrés.

Mardi 28 juin

Il fait déjà chaud à 5h30 quand on se lève. On n’a pas trop bien dormi, des jeunes ont fait beaucoup de bruit tard dans la soirée… on suit une petite route très peu fréquentée la 815 qui serpente le long des fjords, on découvre chaque fois un autre panorama incroyable! C’est très agréable de circuler ainsi dans l’air encore frais du matin.

On fait attention à bien s’hydrater pour ne pas finir sur les rotules comme l’autre jour… on recherche l’ombre à chaque arrêt. Par la suite on rejoint la E10 qui s’avère vraiment moins drôle! Que de monde, des camping-cars qui semblent pressés ainsi que des voitures aux plaques norvégiennes qui prennent des risques en nous dépassant sur des dos d’âne sans visibilité… plusieurs fois il a manqué peu de choses pour en arriver au choc!

Encore un long et haut pont à traverser, et il est en travaux. Mais quelle vue depuis là-haut sur le fjord…

On se croirait parfois en Corse. La mer est si belle, le soleil révèle des tons différents et les algues à marée basse apparaissent sur les roches.

Paysages de carte postale, non?

Svolvaer et la cathédrale des Lofoten, dans un cadre idyllique…

On arrive dans le petit camping de Hammerstad , au bord d’un fjord face à de belles montagnes rocheuses…il fait encore super chaud, 29 degrés, heureusement qu’on trouve une place à l’ombre. On s’est bien hydraté, je pense qu’on s’est enfilé 4 litres d’eau! On se sent beaucoup mieux qu’hier.

Et voici la vue que nous avons depuis notre emplacement…

Mercredi 29 juin

Nous partons un peu avant 8h, mais on ne voit plus les montagnes…un voile de nuage les a enveloppées et les a fait disparaître! On ne voit pas à 100 mètres…donc un peu frustrant de savoir que nous cheminons au milieu de magnifiques endroits sans pouvoir les voir… et la pluie s’invite à nouveau, ainsi qu’un fort vent du Sud-est, qui nous permet de filer à toute allure…On suit la E10 mais il n’y a pas trop de monde à ces heures.

Puis en arrivant vers Fiskebol d’où nous devons prendre le ferry pour Melba, le ciel s’ouvre un peu…

ÎLES VESTERÅLEN

On traverse l’Halselfjorden en 30 minutes, assis bien au chaud dans le ferry, un café dans l’estomac. Rita et Joris sont avec nous. On a décidé de prendre la petite route qui longe la côte ouest pour rejoindre Stokmarknes où nous nous arrêterons pour la nuit. C’est très sauvage et agricole, de nombreuses petites fermes devant lesquelles paissent moutons et vaches.

On s’arrête pour pic niquer dans un joli coin où on aurait pu se baigner hier… jolie plage de sable, mais aujourd’hui il manque le soleil et la chaleur! Heureusement qu’on peut se mettre à l’abri du vent car il souffle très fort et il est froid, même s’il vient du sud…

L’itinéraire est magnifique, et quel bonheur de ne pas avoir les camping-cars aux fesses… au bord de la route, près d’un quartier de villas, on se trouve presque nez-à-nez avec un élan, qui effrayé, tourne les talons en vitesse… on s’installe au camping de Stokmarknes qui se trouve aux pieds d’un cirque de montagnes rocheuses, et on aperçoit un couple d’aigles marins attaqués par deux plus petits oiseaux.

Il y a très peu de monde ici, ce n’est pas aussi touristique qu’aux îles Lofoten. Et ce n’est pas plus mal pour nous.

Jeudi 30 juin

La nuit a été bien humide, une fine pluie nous a bercé et le soleil ce matin sèche la toile au moment où nous ouvrons un œil.Génial. Petit déj au soleil en compagnie de Rita et Joris avant d’enfourcher nos vélos avec courage pour traverser le Hadselbru qui nous permet de continuer sur Langoya. Nous apercevons le musée de l’Hurtigruten, avec un bateau exposé à l’intérieur d’un grand bâtiment…

On poursuit sur une petite route étroite très peu fréquentée, sur la côte ouest, alors que l’eurovélo prend la côte est, route plus directe. On ne regrette pas…

Ce magnifique itinéraire se termine à Sortland, mais les dix derniers km sont difficiles, fort vent de face sur une route toute droite qui monte et qui descend…on est content d’arriver au camping.

Vendredi 1er juillet

On quitte l’île de Langoya par un grand pont qu’il faut gravir de bon matin pour éviter le trafic…mais je n’aime pas du tout sentir et entendre les camions derrière moi qui s’impatientent pour nous dépasser! Et aujourd’hui, trois ponts sont au programme… j’ai de quoi me réjouir! Un ciel magnifique nous accompagne toute la journée dans des paysages absolument grandioses et variés, passant d’un fjord à l’autre, d’une chaîne de montagnes à l’autre, tantôt on pense être en Suisse, en Corse, en Irlande, et même au fin fond de la steppe… quelle chance inouïe de pédaler dans cette nature par une telle météo.

Après 89 km et une longue journée où on s’est rempli les yeux et le cœur de toute cette beauté, on boit une bonne bière pour se rafraîchir par cette chaleur inhabituelle! On pose la tente face à la mer, au camping de Stave, qui est bien occupé par de nombreux camping-cars…

On s’installe pour observer le soleil de minuit…qui caresse la terre de sa douce lumière, très particulière. Mais la fatigue de cette longue étape nous attire dans notre petit nid, encore bien chaud de l’air brûlant de la journée!

Samedi 2 juillet

La chaleur et les rayons du soleil de 7h nous tirent hors des plumes… le ciel est toujours limpide. Une petite étape nous attend jusqu’à Andenes d’où nous prendrons le ferry demain matin pour rejoindre Gryllefjord. Nous avons planifié de passer le dimanche sur une route qui est en travaux, donc fermée au trafic, mais praticable par les cyclistes en dehors des heures de travail. Info transmise par un jeune cycliste français rencontré il y a deux jours, et confirmée par un autre à Rita et Joris…

Encore des panoramas incroyables le long de cette côte rocheuse! Et du sable fin, on se croirait aux Caraïbes!!! Par contre la température lorsqu’on y trempe les pieds n’est pas la même…

On monte la tente au camping d’Andenes, un lieu idyllique!!! La plus belle place qu’on ait eu jusqu’à présent… la lessive sera vite sèche avec cette chaleur!

On surplombe la mer , c’est un véritable mirador!

NORVÈGE- COMTÉ DE NORDLAND- CERCLE POLAIRE

J 53 – J 56 DU 23 AU 26 JUIN 2022

Jeudi 23 juin

Quelle nuit de tempête… il a plu continuellement et le vent battait la toile de tente qui bougeait dans tous les sens. J’ai peu dormi…mais nos compagnons de route Rita et Joris ont dû rapatrier leur campement dans un endroit plus sûr car leur tente était la proie de la tempête, et la marée haute encerclait dangereusement leur promontoire…

Quant à notre intention de partir avec le premier ferry afin de parcourir une grande étape et faire trois passages de fjords sur une journée …elle est tombée à l’eau😂. Lorsque le réveil sonne à 5h et que je viens de retrouver les bras de Morphée, et que le clapotis indésirable résonne sur nos têtes, on remet le départ à plus tard et on raccourcit de ce fait notre étape.

Après le déjeuner, départ pour Kilboghamn d’où part le ferry pour Jektvita. Un magnifique rayon de soleil perce les nuages et illumine ce tableau… le voyage dure une heure, agrémenté par un bon café sorti du thermos que Rita et Joris nous partagent.

La route serpente entre les montagnes, et on doit passer deux tunnels… le premier, lorsqu’on sort , on est assailli par le vent et le bruit assourdissant d’un torrent dévalant sous un pont .

Et le second tunnel est en travaux…on se fait arrêter par un ouvrier qui nous annonce qu’on ne peut pas passer avec les vélos car il n’y a pas de lumière! Mais qu’une voiture nous conduira à l’autre bout… trop bien, il fait passé 3km, et on a chacun un chauffeur bien sympa.

Et quelques kilomètres plus loin on trouve Rita et Joris attablés sur une aire de pic-nic en compagnie d’un couple de Hollandais en camping-car qui leur offre un café. Jour de chance, ils nous déposent une tasse à notre intention aussi! Et on passe un chouette moment entre deux averses.

On arrive juste à temps pour attraper le Ferry à Agskardet pour Foroy et on s’installe au camping, après avoir patienté qu’une grosse averse se termine … et ce soir c’est à nouveau la pluie. Heureusement que j’ai pu sécher ma lessive au sèche-linge…

Vendredi 24 juin

Ce matin on n’est pas trop pressé car le ferry qu’on doit prendre à Vassdalsvik n’est qu’à 14h30 et à 30 km d’ici… on pensait avoir un peu de soleil aujourd’hui mais c’est plutôt la pluie!

On doit suivre la côte sud du Bjaerangfjorden jusqu’au fond du fjord par une route sans fin…

Pour revenir sur la côte nord. C’est très sauvage et peu habité. Seuls quelques moutons donnent l’impression qu’il y a de la vie par ici! Petite pause Banane chocolat pour recharger les batteries et attaquer la suite.

On arrive à Vassdalsvik bien assez vite, et on n’a jamais vu autant de cyclistes voyageurs…on sera 12 sur le ferry.

On arrive en fin d’après-midi à Storvika au fond de la baie dans un camping tout neuf. On passe un chouette moment en compagnie de nos chers collègues cyclistes Rita et Joris dans une belle grande cuisine-salle à manger.

Samedi 25 juin

Ce matin une surprise nous attend de bon matin! Un magnifique ciel bleu et du soleil plein les yeux pour partir et traverser le tunnel Storvikskar long de 3100m. Je suis heureuse de voir que ça n’est pas aussi terrible que je l’imaginais, il faut dire qu’il y a très peu de circulation, et c’est plutôt bien éclairé dedans. Nous avons pris la route en même temps que Rita et Joris. Quelle magnifique étape, dans les montagnes à nouveau, longues grimpettes à l’ombre au début mais au fil de la journée et le soleil montant, on est à la merci de la chaleur très subite et inhabituelle (27 degrés) et on souffre… mais on se dit qu’on n’a pas le droit de se plaindre, on a attendu l’arrivée de l’été depuis quelques temps quand même!

Puis de longues descentes sur le fjord suivant, les couleurs éclatantes nous subjuguent…

Deux tunnels et quelques bonnes grimpettes plus tard, on est invité à boire le café dans un super endroit par Rita et Joris, qui ont chaque matin leur Thermos de café prêt pour la pause! Comme c’est génial! Merci les amis!!!

L’eau est limpide, on aurait envie d’aller y faire un plongeon pour se rafraîchir…

Finalement on s’arrête au bord d’une belle rivière qui descend en cascades depuis un lac de montagne pour rejoindre un fjord en contre-bas…si on avait eu de quoi manger ce soir, on aurait bien posé la tente ici…

Quel bien ça fait d’y tremper les pieds, mais on ne sait pas ce qui nous attend par la suite. L’air se réchauffe de plus en plus et nous devons affronter encore des montées en plein soleil, à l’abri du vent, on sue, on rôtit, on n’a presque plus d’eau dans les gourdes. C’est un peu l’enfer…

Nous arrivons sur les genoux à Saltstraumen, mais il y a encore deux ponts …qui montent pour arriver au camping. Je suis un peu désespérée et me demande si je vais y arriver. Je suis écarlate et transpirante et je dois faire peur à la caissière lorsque j’achète des boissons fraîches pour nous réhydrater! Après un peu de repos et une réhydratation indispensable, on traverse le pont menant au dessus des fameux Maelström de Saltstraumen. C’est un phénomène naturel insolite qui se produit 4x/24h dans le détroit de 150m de large sur 3 km de long: la marée provoque le déversement d’un fjord dans l’autre, créant ainsi l’équivalent d’une chute d’eau dans la mer. 400 millions de mètres cubes d’eau déferlent à une vitesse de 20 noeuds dans un sens, puis dans l’autre. Ce maelström, réputé le plus grand du monde, est en fait une série cynétique de petits tourbillons qui se forment, surgissent, fusionnent puis se dispersent.C’est un environnement idéal pour le plancton qui attire beaucoup de poissons…et de pêcheurs! Et de goélands qui nichent sur la petite île sous le pont.

Après avoir monté la tente et soupé, nous allons au bord du fjord pour observer ce fameux phénomène. Magnifique lumière et soleil de…23h. De nombreux pêcheurs et touristes sont là, aussi à bord de bateaux qui tournoient sur l’eau.

Quelle magnifique soirée, et quelle chance d’être ici pour découvrir ça…

Dimanche 26 juin

Journée repos, bien appréciée après deux semaines de route sans pose. On en profite pour se couper mutuellement les cheveux, refaire une lessive et aller observer le maelström depuis le pont. Et partager des moments très sympas avec Rita et Joris.

Quelles magnifiques arabesques marines… c’est incroyable la puissance de ces tourbillons.

NORVÈGE- COMTÉ DE NORDLAND I

J 49 – J 52 DU 19 AU 22 JUIN 2022

Dimanche 19 juin

On quitte Vennesund après avoir un peu trainé à la cuisine, au chaud et discuté avec un couple d’allemands de Brême qui déjeunaient aussi là. Un bon vent du Nord souffle ce matin, et on l’a de face, mais l’itinéraire d’aujourd’hui est étonnamment plat… quelques petites montées quand même, mais rien à comparer aux étapes de cette dernière semaine… on a compté, depuis Selbu jusqu’à Vennesund 8368m de dénivelé positif sur 7 étapes!

Le soleil éclaire par moments cette côte magnifique que nous suivons, des montagnes sont toujours présentes et la mer se faufile entre elles par les fjords.

La marée est basse et l’eau dessine des chemins dans le sable…

Arrêt pic-nic dans un abri bus, bien protégés du vent, et avec une vue magique…

On poursuit la route et on se fait rattraper par un cycliste très rapide, voyageant léger sur un Gravel qui nous dit « Bonjour » avec un accent neuchâtelois à couper au couteau 😂 Il vient du Val de Travers, est à la retraite depuis le 1er mai et il a enfourché son vélo pour monter au cap Nord depuis chez lui! France, Luxembourg, Pays Bas, Allemagne, Danemark, Sud de la Norvège mais par l’intérieur du pays et les montagnes… incroyable! A ce rythme là il sera vite au Cap. Sympa de faire causette en français!

On s’arrête boire un café à une station essence et là on rencontre un couple d’Anglais, partis aussi de chez eux, Pays Bas, Danemark, Kristiansand et Bergen. Ils montent aux Lofoten et rentreront en avion. C’est chouette toutes ces rencontres…ici il y a plus de monde qui voyage sur cet itinéraire.

On s’arrête au camping Mosheim à Bronnysund, très caractéristique de la mythologie norvégienne, avec des figurines partout, des objets anciens, des statues de bois…

On y rencontre à nouveau le couple de Hollandais pour la 4ème fois 😊.C’est leur jour de repos. On partage la cuisine tout en préparant notre repas et on fait un peu plus connaissance. On passe un chouette moment.

Lundi 20 juin

Ce matin le ciel est menaçant mais en principe il ne pleuvra pas. Nous avons deux trajets à faire avec un ferry. Nous déjeunons au chaud dans la cuisine à l’abri des attaques de mjees , ces petites mouches minuscules qui piquent et disparaissent dès qu’il y a du vent. Puis nous partons pour Horn où nous attrapons de justesse le ferry alors que nous pensions prendre le suivant. Les Hollandais arrivent juste une minute avant le départ eux aussi.

Arrivés à Andalsvag après 15 minutes de traversée, nous longeons la côte jusqu’à Forvik . C’est quasiment plat… on s’arrête pour faire des courses et boire un café au chaud dans le supermarket et attendre un peu car le prochain ferry ne part qu’à midi. Nous y rencontrons à nouveau Ritta et Joris qui se réchauffent aussi et nous faisons plus ample connaissance.

Le vert des pâturages contraste avec la roche brute des îles émergeant des fjords, arides et nues.

Le trajet en ferry jusqu’à Tjotta dure une heure, et le bateau navigue en se faufilant entre plusieurs îles et la côte. On profite de ce temps pour grignoter notre pic-nic en compagnie de Ritta et Joris. C’est vraiment très sympa de pouvoir partager nos vécus du voyage scandinave. Nous poursuivons ensuite la toute 17 qui serpente sur une langue de terre d’où l’on aperçoit la mer tantôt d’un côté tantôt de l’autre, et de belles montagnes abruptes.

Et on aperçoit à quelques centaines de mètres de la route…un élan, mais toujours pas de mâle orné de grands bois. Il nous observe un long moment sans bouger et soudain décide de déguerpir!

On s’arrête sur un site touristique où se trouve une belle église et un musée sur Peter Dass, un poète norvégien. L’architecture est belle, et l’escalier montant sur la colline à travers la roche comme découpée au scalpel est impressionnant…et depuis le haut de la bute on découvre un beau point de vue.

Les célèbres Sept Sœurs culminent à 1000m d’altitude, et se dressent majestueusement dans le ciel qui se dégage à notre arrivée au camping de Sandnessjoen…et en fait, en regardant la carte, je me rends compte que nous sommes sur une île, l’île d’Alsten.

Mardi 21 juin

Premier jour de l’été, mais ici ce n’est pas vraiment la fête de Jean Rosset!!! Il a plu à verse toute la nuit, le vent tempêtueux frappait la tente qui penchait dangereusement. Nous découvrons que le terrain est complètement détrempé tout autour de nous, la tente est gorgée d’eau. Heureusement que nous avons nos petites nattes de yoga comme sous matelas qui font tampon et isolent nos « lits ». Selon l’application météo il y aurait une accalmie après midi, on décide de retarder notre départ pour avoir une chance de sécher un peu nos affaires et on se réfugie dans la cuisine. Finalement nous devons quand même ranger et partir sous la pluie qui ne cesse pas… et aujourd’hui, les Sept Sœurs sont absentes! On ne voit absolument pas l’arrière plan. Quelle chance que nous ayons eu la possibilité de les découvrir hier…

On emprunte un immense pont après Sandnessjoen, et heureusement pour moi le vent n’est pas trop fort et le trafic peu intense, moi qui n’aime pas trop ce genre de passage…

Mais je suis toujours soulagée quand j’arrive de l’autre côté.

On poursuit sur la route 17 jusqu’à Levang où nous prenons le ferry jusqu’à Nesna. Et la pluie ne nous quitte pas d’une semelle.

On peut se réchauffer un peu dans la cale du ferry les 20 minutes du trajet… puis trouver le camping à Nesna. J’avais appelé la réception pour réserver une chambre car on est tellement trempé et transis qu’on ne se voyait pas remonter la tente imbibée d’eau et de dormir dans les gouilles sur le terrain marécageux. C’était la dernière…pas donnée mais on peut y faire sécher la tente dans la salle de bain avec notre système D…en l’accrochant tant bien que mal à différents endroits. On retrouve Rita et Joris qui eux sont arrivés avant nous et on monté leur campement sur une petite butte et profitent de la cuisine chauffée . On y retrouve aussi un Hollandais croisé sur le ferry qui est parti de chez lui il y a trois semaines!!! Aussi trempé, il s’est retranché dans la laverie pour y faire sécher ses affaires, mais il dormira dehors dans sa tente. Très sympa, il nous raconte qu’il est déjà monté il y a quelques années au Cap par la Suède et redescendu par la Norvège, et cette année il fait le contraire. C’est un cycliste invétéré qui roule énormément, ce qui explique la vitesse à laquelle il voyage! Quel bonheur de pouvoir dormir dans un beau lit tout blanc et tout propre… et chambre chauffée.

Mercredi 22

Ah, quelle bonne nuit, ça nous remet d’aplomb pour continuer le voyage. Aujourd’hui le ciel est plus clair. On se dirige au port pour prendre le ferry, soudain stressés car on entend la corne d’un bateau sonner. C’est l’Urtigruten, cette ligne de bateau croisière qui descend du Cap jusqu’à Bergen. On se demande si c’est lui qui va nous amener jusqu’à Stokkvagen, mais en fait non! C’est un catamaran très rapide qui arrive par la suite et qui fait la ligne Sandnessjeon-Bodo, le Nordlandsekspressen. Celui-ci contrairement aux autres ferry, est payant pour les cyclistes, 15.-/personne.

Après une petite grimpette, un incroyable panorama s’ouvre à nous…le Stigfjorden d’un côté et le Matskjerfjorden de l’autre.

Et en bas, nous roulons et nous nous en mettons plein les yeux, avec même un rayon de soleil en prime!

La route 17 n’est pas trop fréquentée, c’est un peu par vagues, en fonction des ferry je pense. On doit prendre un tunnel de 2 km, mais c’est allé pour moi, car bien éclairé et peu de voitures. Par contre quel boucan…

Nous terminons notre journée en descendant sur Kilboghamn dans le Melfjorden d’où nous prendrons le ferry demain tôt pour passer sur Jektvik. Et nous faisons encore 3 km jusqu’au PolarCamp qui se situe presque sur la ligne du cercle polaire!!! Nous la franchirons demain avec le ferry. Eh oui, nous y voilà, ce qui nous rapproche émotionnellement de notre but…

On trouve un endroit plus ou moins sec où monter la tente. Nous avons renoncé à la place au bord de l’eau qu’on voit juste en dessus, car un fort vent du sud souffle par rafales, mais Rita et Joris s’y installent peu après nous. Le patron du camping fait la pub pour son fish-and-ships frais du jour que le pêcheur livre ici à 18h…un poisson exceptionnel qui se nourrit uniquement de crevettes! Donc le meilleur du cercle polaire… on réserve une table, on ne peut pas louper ça! Et nos joyeux compagnons de route se joignent à nous.

Peu après avoir monté la tente, la pluie se met à tomber… on passe un très chouette moment autour de ce repas, qui je dois dire ne valait pas toutes ces louanges émises par le patron😂! Mais c’était correct et on était bien content de ne pas avoir à cuisiner. Quand on sort du resto, le vent a redoublé de force et la pluie tambourine sur la tente. Ça promet une nuit mouvementée…on renforce l’amarrage de la toile avec d’autres sardines et cordelettes.

NORVÈGE – COMTÉ DU NORD TRONDELAG

J 46- J 48 DU 16 AU 18 JUIN 2022

Jeudi 16 juin

On a vraiment apprécié de dormir au sec et au chaud et on repart après un bon petit déj, à nouveau plein d’entrain. Le brouillard s’accroche toujours aux sommets, on ne peut pas voir le paysage en entier, mais voici un aperçu du fjord, belle ambiance…

Après avoir fait des courses à Osen, indispensable car nous ne rencontrerons pas de magasin dans ces montagnes… nous continuons à suivre la route 715 qui est très peu fréquentée, ce qui est vraiment agréable. On passe à côté d’une grande cascade, un pêcheur a accroché ses saumons à un arbre. Magnifiques pièces…

La route monte par pallier, et à chaque pallier, une cascade, ou même un lac…de bon petits béquets, et ensuite un faux plat puis rebelote, pendant 25 km. On aperçoit deux élans à l’orée de la forêt!

Un groupe de motards nous dépassent, avec des side-cars et même une remorque… et des troupeaux de moutons, qui n’ont visiblement pas peur de se faire écraser par les voitures…

On s’amuse encore comme sur un carrousel! La route forme des montagnes russes… on essaie de prendre de l’élan, hi hi, pour remonter la bosse sans trop pédaler, mais ce n’est vraiment pas gagné d’avance!!!

Cette petite route 715 est vraiment chouette. Mais au niveau du sud du Namsfjorden, on rejoint une route plus importante et fréquentée, la 17, qui n’est pas aussi bucolique… Noah nous dépasse encore, il a dormi jusqu’à 9h. Puis on le recroise sur une aire de pic nic en compagnie de deux autres cyclistes.

Et on redescend au niveau de la mer, et revoilà les fjords. On n’a pas eu de pluie, le soleil essaie de percer mais sans vraiment de conviction…on l’encourage, plusieurs fois, mais toujours rien…

On arrive à Namsos qui semble être une assez grande ville et s’étend dans une baie du Namsfjord. Le soleil fait son apparition, génial , on est vraiment heureux de le revoir…

On s’arrête dans un très joli camping au bord de l’eau, le terrain est très spongieux avec toute cette pluie, mais on trouve un endroit correct. Et on se fait un bon plat de pâtes bolo… on a passé le cap des 2000 km👍

Un couple de cycliste hollandais s’installe à côté de nous , ils sont montés par la Suède, partis aussi début mai, et ils redescendent maintenant sur Trondheim. On discute aussi avec trois jeunes bernois qui sont à moto et vont aux Lofoten. Très sympas…

Vendredi 17

Il a bien plu cette nuit, nous faisons sécher la tente dans la grande salle de séjour du camping pendant notre déjeuner, puis départ de Namsos. Une bonne petite grimpette et le soleil qui fait son apparition nous obligent à nous alléger de nos jambières et nos polaires. Nous voilà plus légers pour continuer avec joie sous ce soleil revenu. On suit la petite route 769 qui est bien tranquille jusqu’en milieu de journée, comme d’habitude, et après la circulation se fait un peu par vagues. Mais c’est pas trop gênant. Les Norvégiens circulent habituellement à la cool, et ne s’énervent pas s’ils doivent patienter derrière nous pour croiser ou avoir une visibilité suffisante. Et les chauffeurs de bus et de poids lourds prennent bien de la distance pour nous dépasser, mais ils n’ont pas l’air d’apprécier si on s’arrête au bord pour leur laisser la place…on a encore la chance de voir un élan au bord de la route, qui ne s’est pas laissé photographier, il a été plus rapide que moi et s’est enfuit dans les bois…

En empruntant un pont qui relie plusieurs petites îles et d’où nous avons un splendide point de vue, on aperçoit en contre-bas une petite tente rouge…et c’est bien celle de Noah qui a passé la nuit ici dans ce coin magnifique, avec d’autres cyclistes visiblement.

On redescend de la montagne et on arrive au bord de la mer qui se situe sur la gauche, et du côté droit, c’est un immense lac, le Salsvatnet depuis lequel s’écoule une rivière sur quelques centaines de mètres qui se jette dans la mer…

Et on trouve un magnifique coin pour pic niquer. Avec vue sur une petite île rocheuse…

Le lac est un véritable miroir!!!

Le long du chemin on découvre de drôles d’installations sur la mer…qui doivent être des piscicultures de saumons certainement. On doit prendre le ferry pour traverser depuis Lund sur Hofles, et on s’est arrêté un peu longtemps pour dîner, alors on doit pédaler à toute allure pour l’attraper! Il y en a toutes les 1h30… on doit encore traverser des ponts qui nous offrent des paysages juste magnifiques…j’aimerais pouvoir m’y arrêter mais le temps presse et nous avons encore de bonnes grimpettes avant de redescendre sur Lund!

Et là, on a juste 15 minutes pour déguster notre première glace norvégienne!

Qui était délicieuse soit-dit en passant…

On arrive à Kolvereid en fin de journée, bien fatigués mais heureux de toutes ces si belles images engrangées et ces endroits traversés à la force de nos gambettes. Et mon mari chéri me dit qu’il est fier de moi, comme c’est chou!💞Et je vous avoue que je suis fière de nous, de tout ce parcours effectué jusqu’à présent par des conditions pas toujours simples.

On trouve un joli camping pour monter la tente, le sol est très humide par endroits… un joli coin à manger et cuisiner avec terrasse et tables de pic nic.

Samedi 18 juin

Je n’ai pas trop bien dormi…réveillée à 3h par le chant d’un rouge gorge tout heureux d’exprimer sa joie de vivre. Je me demande quel est l’impact des nuits sans obscurité et inversement sur la faune et la flore. En tout cas, moi, je suis un peu chamboulée, mon sommeil n’est pas continu, même si je commence à m’y faire…

On sèche la tente sur la terrasse car il a plu cette nuit, et après avoir avalé notre bircher dans un joli petit coin douillet, nous passons au REMA faire des courses pour deux jours car le dimanche c’est fermé. C’est moi qui porte la nourriture dans mes sacoches avant, mais là, je sollicite la collaboration de mon chéri car je n’arrive pas à tout trimbaler. Après une bonne grimpette on chemine dans une petite vallée par la route 771 et on retrouve les fermes, qui sont pour certaines en mauvais état, des maisons abandonnées, des machines laissées depuis des lustres dans les champs…ça fait un peu zone sinistrée. Ce matin on aperçoit trois élans dans un champ, mais toujours pas de mâle portant des bois… ils décampent rapidement dès lors qu’on s’arrête pour les observer. Ils semblent très craintifs. Donc je n’ai pas de soucis à me faire, je ne pense pas courir le risque de me faire charger!!! Les champs sont complètement détrempés. La route serpente entre des lacs, et comme toujours c’est les montagnes russes… montée-descente tout le long de l’itinéraire.

Puis on redescend sur le lac Gravvikvagen, qui est peut-être une dizaine de mètres plus en altitude que le fjord Eiter dans lequel il se jette.

Et voilà que ces gros nuages noirs lâchent leurs grosses gouttes, on doit se résigner à remettre la veste.

Plus loin se dressent 3 grandes montagnes, tels des petits Egger, Mönch et Jungfrau de chez nous, des joyeux compagnons…

Et alors qu’on s’arrête pour pic niquer le soleil nous fait un petit coucou, mais pas bien longtemps. Lorsque nous repartons pour nos dernières grimpettes avant d’arriver à Holm d’où nous prendrons le ferry pour passer sur Vennesund la pluie se remet à tomber.

Il faut soudain se dépêcher car on pourra peut-être prendre le ferry de 14h45. On aperçoit la route en face mais il faut aller tourner jusqu’au fond du fjord… il y a aussi des tunnels à passer, mais ça va ils sont bien éclairés… Je donne toute mon énergie et nous arrivons juste à temps à Holm pour embarquer. Le camping se trouve à côté du débarcadère à Vennesund. On y installe la tente, c’est un automate pour s’enregistrer. Il y a une cuisine avec un coin pour manger au chaud, ce qui est le bienvenu car un vent froid nous transperce…

De jolis petits chalets sont occupés par des pêcheurs, qui ont un matos des plus sophistiqués et en quantité de quoi tenir une boutique… et pas mal de camping-cars allemands.

NORVÈGE – COMTÉ DU SUD TRONDELAG II

J 41 – J 45 DU 11 AU 15 JUIN 2022

Samedi 11 juin

Ce matin nous plions la tente entre deux averses, on s’est réveillé à 6h et on part sous la pluie… on monte un col pour arriver sur un plateau qui est truffé de parcours balisés pour les moto-neige! Comme chez nous pour les pistes de ski de fond ou de raquettes… petite pause snickers et on sèche un peu sous un rayon de soleil bienvenu!

Vue sur la petite île, mais depuis quelques centaines de mètres plus haut…

Puis la petite route , peu fréquentée et parsemée de nombreux nids de poule auxquels il faut être très attentifs pour ne pas tomber, redescend sur le lac de Folls.

Nous poursuivons sur une piste qui ne fera que monter et descendre dans la forêt, serpentant entre les zones humides gorgées d’eau et les tourbières parsemées de petits étangs.

La piste rejoint une petite route goudronnée qui longe le lac Jonsvatn, grande réserve d’eau pour une eau de source mise en bouteille. Il y a donc des règles strictes qui interdisent la baignade, les bateaux moteurs, le camping… et cette route suit le relief très très bosselé qui entoure le lac et qui nous fait souffrir!

Lors de notre pause pic-nic on fait sécher la tente au soleil qui nous a rejoint! Et on regarde l’itinéraire qui nous conduira à l’hôtel que nous avons réservé pour 2 nuits avec les bons cadeaux offerts par les ex-collègues d’Yves. Et à notre grande stupéfaction… il n’est pas à Trondheim ville, mais à Trondheim aéroport qui se trouve à 33 km de distance de la ville … oh non, la poisse! Quelle déception! On s’en veut de ne pas avoir poussé les recherches plus loin lors de la réservation, eh bien, voilà une leçon dont on se souviendra! Que faire? On ne peut plus annuler, on devrait revenir sur nos pas par cette piste qui nous a déjà fait suer pour pouvoir rejoindre Hell où se trouve l’hôtel…ou alors poursuivre jusqu’à Trondheim et longer la côte. C’est la dernière solution que nous retenons et nous poursuivons bien énervés et fatigués… une fois sorti du bois, on retombe sur la civilisation! La mer qui s’avance dans le fjord de Trondheim est d’un bleu magnifique sous le soleil et nous redonne un peu de courage pour entamer les 33 derniers kilomètres qui s’avéreront bien difficiles avec deux longues montées et deux grandes descentes. Quelle étape… 1450 m de dénivelé positif et 76 km. Nous nous annonçons au Scandic Hell en espérant que ce ne sera pas l’enfer ici 🙂 ! On trouve miracle, un chariot pour monter tous nos bagages jusqu’à la chambre ce qui nous ravit!

Nous sommes presque à la moitié du chemin pour le Cap Nord! On est à 1800 km et il nous en reste 1900 pour atteindre notre objectif!!!

Dimanche 12 juin

Après une excellente nuit de sommeil, dans une chambre que la clarté ne pouvait atteindre grâce à d’épais rideaux, hi hi…nous prenons un bus pour aller visiter Trondheim.

La rivière Nidelva serpente dans la ville pour se jeter dans le fjord, avec son vieux pont célèbre qui mène au quartier Bakklandet et ses rues pavées situé derrière ces belles maisons en bois sur pilotis de toutes les couleurs.

Trondheim est le point de chute des chemins de pèlerinages que nous avons croisés jusqu’ici tout le long de notre itinéraire. La cathédrale Nidaros est la plus septentrionale au monde et le sanctuaire national de la Norvège. Sa construction a débuté en 1070, sur l’emplacement de la tombe de St Olaf, roi Viking qui a fondé Trondheim en 997.

Nous rencontrons les cyclistes Hollandais pour la 3ème fois, ceux que nous avions croisé au premier camping danois ainsi qu’à Frederikshavn… quelle coïncidence! Nous avons rencontré très peu de voyageurs jusqu’à présent, car nous avons suivi un itinéraire peu emprunté visiblement, mais dès que nous aurons rejoint l’eurovélo 1 nous allons nous sentir moins seuls à affronter le vent et la pluie, ha ha…

Alors que nous mangeons sur une terrasse, un couple de genevois s’assied à côté de nous et nous entamons la discussion. Ils montent au cap Nord mais avec un petit bus et leur chien… un peu plus à l’abri que nous. C’est chouette de pouvoir parler français 🙂

Lundi 13 juin

Nous quittons le confort de l’hôtel pour reprendre la route, ou plutôt le train ce matin…pour ne pas refaire le trajet jusqu’à Trondheim! Et quelle chance, un train tout neuf, facilement accessible avec les vélos chargés s’arrête devant nous et nous conduit jusqu’à la ville. Le ciel est bien chargé et il pleut par intermittence.

Nous retournons sur la place de la cathédrale, il y a beaucoup moins de monde que hier dimanche… je décide de prendre un billet pour aller la visiter. C’est juste féérique…immense, ces voutes et ce plafond magnifique, le tout très subtilement illuminé. De nombreux vitraux, une rosace incroyable. Un orgue immense juste en dessous. C’est l’orgue de Steinmeyer qui est l’un des plus grands d’Europe, avec ses 127 jeux et 9620 tuyaux!!!

Alors qu’on enfile nos habits de pluie devant la cathédrale pour repartir, un allemand nous accoste et nous dit qu’il nous a vu il y a de cela quelques jours sur la route…qu’il a reconnu les vélos et leur chargement! On ne passe pas incognito… On quitte la cathédrale et alors on entend le carillon qui égraine ses notes joyeuses et claires qui enchantent nos oreilles, comme s’il voulait nous souhaiter bonne route!

On longe la côte sur une route bien fréquentée qui mène au ferry de Flakk. On s’installe dans le camping qui joute la gare maritime et on monte la tente au sec, la pluie a cessé. C’est bien il y a un coin cuisine avec deux tables pour se mettre à l’abri et se faire à manger. Là on discute avec un jeune allemand, Noah, qui est parti du nord de l’Allemagne il y a un mois. Il a fait la côte sud de la Norvège puis la côte ouest par Bergen où il dit avoir fait une étape avec 3000 m de dénivelé!!! Il ne sait pas encore s’il monte jusqu’au cap ou s’il reste aux Lofoten. Pour redescendre du cap il nous parle d’une option train depuis Bodo sur Trondheim puis sur Oslo. Et depuis Oslo un train direct sur Hambourg. Une autre option serait de redescendre par la Finlande jusqu’à Akasjokisuu par un itinéraire eurovélo et de là prendre un train jusqu’à Helsinki. Le camping se remplit de nombreux camping-cars.

Mardi 14 juin

Il a plu un peu en début de nuit, mais ce matin 6h, la tente est pas mal sèche. On plie le camp et on déjeune avant de prendre le ferry de 7h30. Il y a en a toutes les demi heures, même la nuit, mais on n’a pas été gêné par le bruit d’embarquement. De l’autre côté du fjord, un magnifique rayon de soleil troue le ciel noir et illumine une partie du relief… comme c’est beau!

On longe la côte sous ce ciel apocalyptique et on se demande s’il va nous tomber sur la tête!!! Ces panoramas sont superbes, ce relief bien prononcé sur les deux berges du fjord titillent nos guiboles et on entame une belle montée.

Ici l’herbe est très haute et les agriculteurs ont déjà pu faire des foins et maintenant ils purinent à tout va et partout où l’herbe est rase. On en prend plein les narines… les champs sont imbibés et bruns.

Après cette belle montée sur la route 717, voici venu le temps de redescendre! Et on est bien content de circuler dans ce sens… elle est vraiment raide. Elle redescend sur Rissa.

On s’enfonce dans une petite vallée aux abords très bosselés…

Pour remonter ensuite sur des hauts plateaux et passer un col. Là haut de beaux petits lacs, ambiance mélancolique avec ce temps brumeux. Dans une longue montée, alors qu’on s’est arrêté pour souffler et boire un peu, voila Noah qui nous dépasse. Il est parti après nous mais va si vite!!!

Et on redescend entre de très hauts massifs rocheux aux parois verticales par endroits…

On redescend sur un fjord, le Afjord et le village du même nom où se trouve un petit camping au bord de l’eau. Je vais faire des courses et Yves en m’attendant, rencontre un jeune couple de bretons qui voyagent aussi à vélo et montent au Nord, peut-être jusqu’au cap. Ils sont partis de Brest début avril. Ils ont loué une petite cabane au camping pour 2 nuits car ils annoncent pas mal de pluie… en effet on regarde le ciel et des rideaux de pluie s avancent dangereusement par ici…vite nous montons la tente et les premières gouttes tombent…

Il y a une petite cuisine toute proprette et cosy, bien chauffée où nous pouvons préparer notre souper, c’est trop cool.

Mercredi 15 juin

La pluie s’est bien défoulé cette nuit et a imprégné la tente. On peut juste la démonter lors d’une courte accalmie et la mettre sécher un moment dans les sanitaires chauffés pendant qu’on prépare et avale notre déjeuner. La météo s’annonce vraiment pas bonne, beaucoup de pluie et 11 degrés… on décide d’avancer malgré tout et de partir sur la route. Il y a de grosses gouilles partout, les champs sont détrempés, les bords de route baignent dans des ruisseaux, les roches à leurs abords crachent de petites cascades, et les ruisseaux dévalent au grand galop les hautes collines…

Une longue montée au départ me met à rude épreuve! Je transpire sous mes vêtements de pluie, mais je ne peux pas les enlever car les conditions sont diluviennes… j’ai mal aux jambes, les cuisses me brulent, la pente est raide…je me demande quand même pourquoi je suis là, à m’infliger ces épreuves! Est-ce qu’aujourd’hui je peux aussi ressentir que je suis heureuse d’être là, ici et maintenant, et que c’est ma place, car j’ai choisi de faire ce voyage! C’est mon choix de sortir de ma zone de confort, et c’est lors de moments difficiles qu’il faut tenir et persévérer, et parvenir à capter le moindre petit élément positif et s’en régaler! Et se soutenir mutuellement Yves et moi, on forme bien une équipe de choc 😂… s’accrocher, tour de roue après tour de roue, essayer de faire le vide dans la tête, laisser la pente venir à moi et grimper… c’est la seule chose à faire. Et la descente, après la montée, est une récompense à savourer.

On suit toujours la route 715, qui est peu fréquentée, un peu plus l’après-midi par des camions et camping-cars. On longe une petite vallée entre de grosses bosses boisées, rocheuses, apparaissant par moment drapées de brouillard. Des pâturages verdoyants avec leurs jolies vaches bicolores qui s’étonnent en nous regardant passer. En haut d’une belle montée, rituel « Pause snickers » dans un petit abri de bus, histoire d’enlever notre veste et essayer de la faire sécher sur l’intérieur…

Des montées, des descentes, des arbres, des rochers, de l’eau, sous forme de pluie, de ruisseaux, de rivières, de lacs, de fjords…mais pas de soleil aujourd’hui! Arrivés au sommet d’un col, quel ravissement de découvrir de si beaux coins, même avec le brouillard on aimerait s’arrêter et y planter la tente. C’est si beau, mystérieux, sauvage, quelle solitude… des forêts à perte de vue.

On arrive à Osen au bord d’un fjord qu’on ne voit pas, il y a trop de brouillard, c’est frustrant! Peut-être que demain à notre départ le ciel sera plus clément et nous aurons droit à un beau tableau… on s’arrête à Osen Fjord Camping, on a décidé de louer un bungalow s’il y en a un de libre, vu notre état avancé d’humidité et de froid. On a 1750 mètres de dénivelé positif dans les gambettes, ce qui est un exploit pour moi! Le gardien nous dit qu’il lui reste un grand bungalow de libre…quand je lui demande le prix, c’est 125.-, et à mon expression peut-être un peu gênée, il nous demande d’où on vient… Suisse lui répondons nous…Allemagne? France? Oui, on lui dit en pensant qu’il parlait peut-être français…et il se met à nous raconter que il y a quelques jours 4 jeunes cyclistes français étaient ici, ils ont travaillé pour lui, ont repeint les bungalows et sont restés 15 jours, contre le gîte on suppose. Il a ensuite demandé d’où on était parti ce matin, qu’il nous avait vu en descendant à Trondheim! Après ces quelques échanges sympathiques, il nous dit qu’il nous fait la nuit à 80.- Trop bien, et en plus cadeau de 3 jetons pour lave-linge et sèche-linge!!! On peut prendre une bonne douche chaude pour se réchauffer, dans le bungalow, pardon du peu! Et mettre sécher les sacoches après les avoir vidées. Ce confort est apprécié à sa juste valeur, nous sommes si reconnaissants d’avoir pu se mettre au sec.

Alors qu’on termine notre souper, Noah passe devant le bungalow et nous lui proposons de venir se réchauffer et manger vers nous. Il s’est aussi arrêté dans ce camping et a pu se mettre à l’abri et faire sécher ses affaires dans la hutte de barbecue. On passe un chouette moment ensemble.

NORVÈGE – COMTÉ DU SUD TRONDELAG I

J 38- J 40 du 8 au 10 juin 2022

Mercredi 8 juin

On est réveillé par le tapotement de la pluie sur la toile… je regarde la météo, encore 30 min de précipitations puis une accalmie. On repousse donc nos rangements d’une demi heure, puis petit déj au chaud dans la cuisine avant de partir sur la route. On emprunte la route secondaire n°30 qui est peu fréquentée le matin, mais plus l’après-midi par des camping-cars. Un au-revoir au Troll de Tynset bien sympathique…

On passe d’un pâturage à un autre, saluant tous ces troupeaux de moutons sur notre passage en entamant de joyeux bêlements… voici une race à cornes qu’on n’a encore jamais croisée! Très jolis et curieux de voir passer des cyclistes bien chargés on dirait! On se croirait même par endroit au pied du Jura… il faut se pincer pour s’assurer qu’on ne rêve pas notre voyage et qu’on est bien en Norvège!!

La pluie est au rendez-vous et nous apprécions bien d’être protégés correctement. Les moutons eux se protègent comme ils peuvent sous les arbres…

A Tolga on aperçoit au loin sur la colline un tremplin de saut qui se détache dans le ciel gris.

Ces montagnes pelées disparaissant dans le brouillard nous rappellent par moment l’Irlande…

On trouve un petit refuge pour manger notre pic-nic à l’abri de la pluie, les automobilistes nous regardent tous avec un sourire ou un air interrogateur…

On quitte le comté de Hedmark pour passer dans le comté de Trondelag. Et on arrive à Roros où on va s’installer au camping pour la nuit. Il n’y a personne à la réception, on profite de l’abri d’un petit chalet pour faire sécher la toile extérieure avant de remonter la tente, et faire sécher nos sacoches… la pluie cesse, que c’est bien! Mais il fait crû et froid, brrr…

Petit à petit le camping se remplit. On discute avec un motard qui vient de Lorraine et redescend de Bodo. Il dit aussi avoir souffert de la pluie, du froid et du vent qu’il a rencontré sur la côte atlantique…

Jeudi 9 juin

Après avoir fait des courses, on monte à Roros, une des plus anciennes bourgades d’Europe construite en bois. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Roros a vu le jour en 1644 lorsqu’on découvrit du cuivre dans la région. Au fil des ans elle devient une des plus importantes villes minières de Norvège. Une des attractions est l’ancienne église appelée Bergastandes Ziir= fierté de la ville minière. Roros est l’une des villes les plus froides de Norvège en hiver… et on y organise un marché de Noël typique et traditionnel.

On parcourt les ruelles à vélo, ça monte raide par endroits! Et on dépose nos montures devant l’église avec l’intention d’entrer pour y jeter un coup d’œil. Mais la porte est fermée…alors que nous nous apprêtions à partir, une dame arrive et nous demande si nous voulons entrer. Avec plaisir! Son mari est l’organiste et il travaille avec virtuosité sur un piano à queue. Elle nous fait visiter les lieux et nous tend une info en français. L’église a été construite en 1780. Elle peut accueillir 1600 personnes, ce qui la place parmi les plus grandes de Norvège…un côté était réservé aux hommes, l’autre aux dames. Les plus riches se mettaient devant et les pauvres derrière. Les plus pauvres de la cité minière devaient se mettre sur les balcons au fond desquels prenaient place les criminels et les prostituées. Un escalier extérieur mène à ces balcons.

Le balcon royal au dessous des orgues…

Et alors que nous lui racontons notre voyage et lui parlons de notre itinéraire jusqu’à Trondheim, elle nous conseille de suivre la route 31 et de passer par Hitterdalen, Brekken, puis la 705 vers Stugudalen. Ceci à la place de monter sur Haltdalen. Elle nous assure que la région est juste magnifique, des montagnes, des lacs et des rivières…on décide de suivre ses chaleureuses recommandations et on de lance. On ne sera vraiment pas déçu!!! C’est la plus belle étape en Norvège… la plus sauvage, la plus haute, on monte jusqu’à 920m, on touche presque la neige qui s’est retirée il y a quelques jours seulement. La route est très peu fréquentée, un peu plus dans l’après midi.

Des lacs, sous un ciel bas aux tonalités sombres et mystérieuses qui au fil des heures seront illuminés par le soleil, et l’ambiance sera totalement différente! Quelle grande chance d’avoir une météo qui se remet au beau au cours de la journée, on est si heureux de découvrir au fil des tours de pédales ces somptueux paysages… si heureux d’être là, ici et maintenant, au bon endroit. Merci!!! Des hauts plateaux de zones humides où ruisselle l’eau surgie d’on ne sait où… la végétation change au fil des kilomètres parcourus.

On rencontre pour la première fois une famille de rennes, qui broutent juste en dessus d’une habitation. Je descends à leur rencontre, prudemment, ne sachant s’il y a danger car il y a des jeunes, des femelles et trois grands mâles avec de beaux bois… c’est merveilleux de les observer, de se faire observer…ils ne semblent pas trop farouches. Ils finissent par continuer leur chemin pour paître plus loin. Et nous remonter en selle et poursuivre la route, jusqu’à en voir d’autres, tout au long de ce haut plateau boisé de petits bouleaux tortueux?

On grimpe toujours plus haut vers ces montagnes enneigées, dans cette nature si sauvage et silencieuse, nos regards scrutant les abords des forêts pour débusquer des petites familles de rennes. Nous en verrons des dizaines, parfois traversant la route à quelques mètres de nous, parfois paissant tranquillement aux abords de la route. C’est incroyable de pouvoir les côtoyer ainsi. Certains sont marqués d’une tache de couleur rouge, d’autres portent même un collier émetteur? Par contre on en a vu aussi tout un groupe qui semblaient vraiment sauvages.

Arrivés au sommet à 920 m, quel panorama incroyable s’offre à nous! Alors qu’on se prend en photo, un suédois qui s’est arrêté avec son petit bus nous propose de nous immortaliser!

Le lac Dalsvika n’est pas encore totalement dégelé …

On roule encore des kilomètres sur ce haut plateau avant de redescendre sur le lac de Stugudalen où nous nous installons pour la nuit. Nous sommes les seuls campeurs dans ce lieu désert, qui semble abandonné de tous… des motoneiges bâchées attendent le retour de l’hiver à côté des caravanes qui doivent être occupées plus souvent à la saison froide qu’aujourd’hui!

Vendredi 10 juin

Après un petit déj dans ce camping fantôme, nous repartons le long du lac de Stugudalen qui donne naissance à une rivière qui se jettera dans plusieurs lacs le long de notre parcours. Et qui par moments forme des cascades vrombissantes et tourbillonnantes!

Et à d’autres endroits lorsque nous sommes pas mal descendus en altitude, elle coule tout calmement à travers la vallée qui devient verdoyante et luxuriante…l’herbe a bien poussé et les fleurs donnent un peu de variété dans les teintes du paysage.

Après une bonne rincée, entrecoupée par un arrêt sous une station essence et plus loin sous une terrasse de bistrot, nous montons notre campement à Selbu au bord d’un canal qui se jette dans le lac de Selbu. Le ciel est encore très menaçant et lâche quelques averses, mais on peut faire sécher une lessive plus où moins efficacement…

Les jeunes norvégiens de Selbu se donnent à cœur joie pendant des heures à plonger et faire les fous dans l’eau du canal! Quelle constitution pour lutter contre l’eau froide, ils doivent être habitués depuis tout jeune!!

NORVÈGE – COMTÉ DE HEDMARK

J 33- J 37 DU 3 AU 7 JUIN 2022

Vendredi 3 juin

Journée de « congé de pédalage », qu’on espérait ensoleillée pour sécher nos vêtements qui nécessitent un lavage en machine car les dernières lessives n’ont pu être faites qu’à la force de mes mains…mais le soleil nous faisant défaut, on se voit obligés d’utiliser le sèche linge. Il fait froid ce matin, et on ressent plus cette humidité lorsqu’on est inactif, alors on se calfeutre un moment dans nos sacs de couchage, hi hi…c’est toujours bon de pouvoir trouver un peu de confort! Lecture, blog, itinéraires, repos… on passe de la tente à la « terrasse », en fonction de la pluie qui s’invite par moments… en fin de journée le ciel se dégage et on peut faire le souper avant l’ondée suivante! Le camping s’est bien rempli aujourd’hui, c’est un long week-end ici aussi. Les norvégiens se déplacent avec leurs grandes caravanes et leurs grands camping-cars pour profiter de la nature. On voit très peu de touristes étrangers, quelques allemands, et ce soir un bus bernois.

Samedi 4 juin

Génial, aujourd’hui la pluie est remise aux oubliettes selon Mme météo! On devrait être tranquille… on prend le petit déj face à cette étendue d’eau toute calme et on profite encore de ce beau panorama. Le soleil nous réchauffe vite ce matin et nous pouvons partir en court finalement, et mettre de la crème solaire sur les gambettes pour la première fois! On longe le fleuve sur une petite route secondaire, sur des kilomètres des forêts de pins, dont les troncs sont rougeoyants sur la partie supérieure, ce qui donne une magnifique ambiance chaleureuse. Ce sont des plantations, on a vu à plusieurs endroits des coupes rases où ils laissent juste quelques arbres puis replantent des tous jeunes pins, c’est comme si les aînés veillaient sur les jeunes… c’est impressionnant de voir ces étendues de forêts à perte de vue, qui gravissent les pentes et recouvrent le relief qui se découpe lorsqu’on sort du bois… Quelles ressources pour la construction, le chauffage… quelques maisons isolées sur les berges du fleuve ou le long de la route. Ici les constructions semblent plus modeste, en s’éloignant d’Oslo on remarque que le niveau de vie n’est peut-être pas aussi élevé qu’à la capitale.

La Glomma s’écoule tout paisiblement. Autrefois elle était une grande artère de flottage de bois. En 1789 il y a eu des inondations dévastatrices…la dernière inondation séculaire remonte à 1995. Actuellement à certains endroits son lit a été restreint ce qui peut rendre la moindre montée des eaux dangereuse…

On arrive à Rena à midi déjà, c’est une petite étape mais nous allons pouvoir profiter du soleil et flâner un peu… il y a une magnifique église en bois, mais qui n’est malheureusement pas ouverte! On sort même le Rummikub une fois installés au camping, histoire de faire tourner aussi un peu les rouages de notre cerveau 😂…

Dimanche 5 juin

Ce matin on découvre à côté de nous deux petites tentes qui se sont montées tard hier soir…ce sont deux norvégiens à vélo qui descendent à Kristiansand au sud de la Norvège sur la mer du Nord. Ils font de grandes étapes! Hier 170 km… mais ils disent que c’est trop! Ils sont descendu l’an passé depuis le cap Nord jusqu’à Bodo en face des îles Lofoten. On leur demande comment ça se passe pour ce tunnel sous la mer qui fait 6870 m et descend de 212 m sous le niveau de la mer et permet de relier la dernière île du cap… ils ont pris un taxi et nous déconseillent de le faire à vélo! A voir…on va faire un peu des recherches sur le web au sujet des expériences chez les cyclistes…

Donc ce matin, départ avec un ciel qui semble plus clément que ces derniers jours… on continue sur la petite route à droite du fleuve, on ne rencontre personne pendant les 20 premiers kilomètres! On est perdu au milieu de ces bois, à scruter les abords pour une éventuelle rencontre avec un élan ou un renne🤪 mais malheureusement personne ne se montrera…

Le sous-bois est magnifique, par moments très touffu, à d’autres endroits c’est le lichen qui se mêle aux myrtillers dont les feuilles vert tendre tapissent le sol… c’est un régal pour les yeux. Mais très peu de fleurs, en tout cas actuellement, peut-être que plus tard dans la saison ce sera différent!

On aperçoit encore quelques névés sur les sommets au loin…

Le lit du fleuve ne doit pas être très profond car on aperçoit deux pêcheurs debout dans l’eau…

Au bord du fleuve nous longeons un grand pâturage où paissent des dizaines de moutons et agneaux… comme le long de l’Elbe, il y a un mois et quelques 1500 km.

Nous atteignons Koppang et nous espérons faire des courses, mais le village est désertique…les commerces sont fermés, alors que normalement ils restent ouverts 7/7…mais comme c’est un week-end férié, ça change la donne. Heureusement, nous avons encore quelques réserves, pâtes sauce tomate pour ce soir alors… il faut vraiment anticiper pour les courses sinon on est vite pris de court car selon l’itinéraire nous ne croisons pas du tout de magasins! Et encore moins les jours fériés! Nous passons de l’autre côté de la Glomma au moyen d’un beau pont. Nous installons notre campement dans un très joli camping en bordure du cours d’eau. C’est la première fois où on voit pas mal de campeurs étrangers: un bus allemand, un hollandais, un français, un zurichois…

Et on profite du soleil, comme ça fait du bien!!!

Lundi 6 juin

Après avoir rangé nos affaires, petit déjeuner, au soleil…ce matin le ciel est tout bleu, quelle magnifique journée s’annonce encore, on a bien de la chance. On n’a pas le choix aujourd’hui d’une petite route tranquille comme hier, il n’y a que la nationale 3 qui rejoint Haldval, notre but pour ce soir. Au début de la journée il n’y a presque pas de trafic, les gens dorment, profitent de faire la grâce matinée avant de reprendre la route dans leur gros camping-car… la route se faufile sur les coteaux au dessus de la Glomma, elle monte et redescend, on se croirait aux States! Ces immenses étendues de forêts aujourd’hui nous les voyons, nous les mesurons mieux car hier nous étions en plein dedans. On a plus de dégagement sur la nationale. Des deux côtés progressivement les massifs deviennent plus élevés, on remarque qu’il y a encore de la neige sur certains…

Après une belle grimpette toute en douceur, nous nous arrêtons à un point de vue pour découvrir un magnifique paysage…on plonge sur cette vallée qui n’en finit pas. On se régale un moment avant de repartir plein d’énergie, en allégés de nos jambières et nos polaires! Le soleil chauffe bien et on commence à mouiller le maillot…

Petit stop sur une aire de repos, dont le gardien est un immense élan en inoxydable! On se sent tout petit à ses pieds. C’est un vrai cheval de Troie!!!

On poursuit la route, les camions commencent à être plus nombreux, on est étonné qu’ils puissent circuler un jour férié. Ils sont sympa et nous respectent … Ils prennent bien de la marge en nous dépassant ou alors ils attendent derrière nous de pouvoir croiser les voitures venant de face. On s’arrête sur une aire de repos pour manger notre salade de pâtes, pois-chiches concoctée hier soir puisque impossible de se procurer de la nourriture aujourd’hui les commerces étant fermés…il y a des bikers bien chargés aussi pour le camping qui enfourchent leur Harley alors que nous débarquons… on ne va pas faire la même étape qu’eux, ha ha… depuis midi le trafic s’intensifie vraiment et au fil des heures qui passent ça devient très gênant!!! C’est tout par vague, mais quand il y a des convois de camions les uns derrière les autres, suivi de nombreux camping-cars, c’est chaud!!! Le déplacement d’air qui suit leur passage me fait vaciller! Heureusement qu’il y a une petite bande cyclable depuis un moment. Ils ont refait la route depuis Koppang presque jusqu’à Alvdal , mais en arrivant à la fin des travaux, la chaussée est en bien mauvais état et bien plus étroite.

On arrive en milieu d’après midi à la ferme de Langodden Gard, qui est au bord de la Glomma. La patronne qui nous reçoit est très sympa et l’emplacement super joli… entouré de montagnes, ils ont retapé des petits greniers en bois avec toits végétalisés et ils les louent. Il y a pas mal de monde en été, des pêcheurs, randonneurs, cyclistes… elle me dit que la semaine passé deux cyclistes italiens, âgés, sont passés avec leur fille qui les suit en voiture, ils montaient au cap Nord aussi. Une fois installés, la dame revient avec une carte pour nous conseiller sur l’itinéraire…afin d’éviter la route nationale 3 que nous avons prise aujourd’hui! Demain, jour ouvrable, il y aura beaucoup plus de trafic!!! Elle nous conseille de passer par Roros et non par Ulsberg. Nous avons un échange très sympa. Ils vivent du tourisme, de la production de lait de leur troupeau de 20 vaches et de sylviculture. Son mari est aujourd’hui dans la forêt à couper du bois. Ici c’est une région où il y a peu de neige en hiver mais il peut faire -30° sur une longue période! Ils chauffent beaucoup au bois car l’électricité est chère…

A ma plus grande joie, voici un petit visiteur du soir qui vient chercher des câlins 🐈‍⬛…

Il doit y avoir de très belles randonnées à faire sur ces petits chemins qui gravissent les pentes de ces douces montagnes sauvages… j’ai les pieds qui me démangent!

Mardi 7 juin

On quitte ce bel endroit sous le soleil, ma fois moins tranquille qu’hier car les travaux de la route au dessus de la ferme ont repris à 7h30 tapantes et c’est très bruyant. On longe la petite route en gravier jusqu’à Alvdal 9 km plus loin, ce qui est bien plus agréable soit dit en passant.

Magnifique ces paysages, quel bonheur d’être là, ici et maintenant, respirer cette nature si généreuse, juste, MERCI…

Alors qu’on s’est arrêté pour voir ce qu’étaient ces petites cahutes en bordure du chemin, voilà une voiture qui s’arrête, et en sort notre hôtesse si sympa. Elle nous raconte que c’est sa belle mère qui a dessiné ces huttes qui autrefois servaient à fabriquer le charbon. Et ce sont des touristes séjournant dans leur ferme qui ont concrétisé ce projet selon les méthodes ancestrales.

De nombreux itinéraires de randonnées passent par ici! Elle demande si elle peut nous prendre en photo pour son Facebook, et par la même occasion je lui tend mon téléphone…pour avoir une fois une photo où on est les deux Yves et moi…

Nous avons la chance de rouler tout au bord de la Glomma qui nous offre de beaux points de vue…

La vallée s’élargit et apparaissent des pâturages, des troupeaux de moutons qui nous interpellent par leurs joyeux bêlements lorsque nous les dépassons. De très nombreuses fermes, anciennes, avec leurs petits greniers et leur clocher sont parsemées tout au long de la vallée sur les coteaux…

On arrive à Tynset après midi, le ciel se couvre et devient menaçant…on s’installe au camping sur une jolie place sous de petits bouleaux, avec une table à disposition. Un beau pont arqué en bois traverse la Glomma.

NORVÈGE – COMTÉ DE VIKEN

J 30- J 33 DU 31 MAI au 3 JUIN 2022

Mardi 31 mai

J’ai savouré cette nuit sur un bon matelas mais je refais mes bagages avec entrain ce matin. On est content de reprendre la route, c’est étrange comme le fait de s’arrêter deux jours en ville dans le confort nous « ramollit »!!! Il faut retrouver son rythme, se remettre dans le bain…mais ça nous permet de voir d’autres choses, de s’imprégner de l’ambiance citadine et d’observer les habitants. Nos vélos sont toujours là, au fond du garage souterrain qui s’est rempli de voitures toutes plus grosses les unes que les autres… il y a beaucoup de monde au déjeuner de l’hôtel, certainement des personnes participant à un colloque. Après un excellent petit déj, nous voilà à nouveau en selle. On doit revenir sur le centre ville pour ensuite monter au Nord. Il y a des cyclistes partout sur les pistes cyclables, certains avec leur vélo électrique font bien du 40 km/h et nous frôlent alors que nous peinons à grimper une montée, d’autres sont plus sympas… on longe l’autoroute qui passe au bord de l’eau. Alors qu’on s’est arrêté pour enlever nos jambières et nos polaires car il se met à faire bien chaud avec le soleil, on voit passer un petit homme qui marche avec un énorme sac à dos, chargé comme une mule… qui doit peser au moins 30 kg! Un pèlerin bien courageux et solide qui transporte toute sa maison sur le dos!

Sur l’autoroute s’est formé un bouchon de plusieurs kilomètres, car il y a énormément de trafic, et des voitures de police sont échelonnées le long de la route pour gérer un accident. Un camion a brûlé!!! On est bien soulagé de ne pas être en voiture mais sur nos montures qui se faufilent partout à la force de nos gambettes!!! En passant par le port, on côtoie un énorme navire de croisière, mais vraiment gigantesque et monstrueux qui déverse son flot de touristes … et commence alors la remontée sur le plateau, ça grimpe, ça grimpe… on passe par différentes banlieues d’Oslo avant de pouvoir sortir vraiment des agglomérations, et on roule 30 km avant de retrouver la campagne!!! Ce n’est pas vraiment très agréable comme étape, tellement de circulation, de bruit, de stress… on s’arrête dans un joli endroit pour dîner, ils ont restauré un ancien moulin.

La suite de notre étape est très vallonnée, nous traversons une région rurale et apercevons de nombreuses fermes qui se découpent dans le ciel bien menaçant mais qui ne laissera pas la pluie s’installer aujourd’hui. Quelle chance! Une journée sans pluie…

La route est un véritable carrousel, des montagnes russes…

Voilà le sommet, et on redescend…

On arrive à Jessheim, petite bourgade où les habitants profitent des terrasses au soleil de la fin d’après midi. On s’arrête pour déguster un délicieux expresso! Car ici nous n’avons encore jamais pu boire autre chose que du café filtre… miam, on se régale! Puis nous trouvons la ferme qui fait chambre d’hôte que j’ai appelé ce matin. Une dame très sympa nous accueille dans ce magnifique endroit. On peut installer la tente et profiter de la salle de bain et de la cuisine. Ce lieu est traversé par le chemin des pèlerins qui relie Oslo à Trondheim.

Il y a un joli petit étang juste en contrebas de la ferme…

Et une belle vue sur ces douces collines recouvertes de cultures de céréales…

Mercredi 1er juin

La tente est bien mouillée ce matin, la nuit a dû être arrosée… après avoir pris le temps de se faire un café…à la machine dans la cuisine, et préparé un bircher, nous voilà de nouveau sur la route, et on doit rapidement enfiler nos habits de pluie…

On quitte ce bel endroit par l’allée de bouleaux séculaire (Mme nous a dit qu’ils avaient 170 ans…) menant à la ferme. Ils sont majestueux! Ils ont dû en abattre quelques-uns qui étaient malades et en ont fait du bois de feu.

On longe l’aéroport d’Oslo qui se trouve bien loin de la capitale, mais à 30 min avec le train-navette qui file à toute allure sur les rails et qu’on a croisé hier sur l’itinéraire à plusieurs endroits. Voyez-vous l’avion de la compagnie Norvegien?

Puis c’est le déluge qui s’abat sur nous, on a juste une cabine de bus à portée de roues pour s’y abriter pendant 15 minutes puis repartir courageusement… de grosses gouilles se sont formées en contrebas des routes et dans les champs.

On est trempés, et transis. A Räholt, petite ville, nous trouvons un centre commercial où nous pouvons nous sécher, nous restaurer, nous reposer un bon moment tout en ayant un œil sur nos montures qui sont en bonne compagnie d’un élan en pèlerin galop 😂 Oh que ça fait du bien et comme on apprécie cet instant.

Nous poursuivons la route jusqu’à Minnesund en plongeant par moment dans de sacrées cuvettes pour remonter abruptement de l’autre côté…c’est pire que les béquets bretons, ha ha… il faut s’accrocher pour rester sur les pédales, mais on est tenace.

On est maintenant entouré de petites chaînes de montagnes genre jura des deux côtés. On se croirait presque à la maison! Un camion de bétail vient chercher une cargaison de porcs dans une immense porcherie toute flambante neuve…

Le ciel se dégage et alors les champs se mettent à fumer!!!

On traverse un pont qui enjambe le lac Mjøsa qui s’étend jusqu’à Lillehammer. A côté, le pont ferroviaire et un autre en construction.

Il y a un camping au bord de l’eau, pas de réception, on doit s’enregistrer avec la carte bancaire. On a un joli cadeau du ciel qui cesse momentanément de pleurer sur le sort de la Terre et nous offre un pâle rayon de soleil pour que nous puissions sécher la toile de tente et nos sacoches, monter le campement, puis c’est à nouveau la pluie…mais nous avons pu tout mettre à l’abri. On étudie le parcours d’après les cartes, nous pensions passer par l’eurovélo 3 par Lillehammer puis Ringebu, Dombas et Oppdal, Storen pour arriver à Trondheim. Mais on avait vu le blog d’un couple de français qui avaient choisi une autre option où le dénivelé était moins important et on a tracé plusieurs possibilités sur Bikemap pour évaluer la distance et le relief. On a finalement opté pour le tracé suivant: on quitte le lac Mjosa à Hamar pour rejoindre Elverum, Rena, Koppang, Tynset, Ulsberg, Storen puis Trondheim ce qui devrait faire 400 km et 2760 m de dénivelé. C’est mieux…

Jeudi 2 juin

Super, la tente est sèche ce matin, il n’a pas beaucoup plu la nuit passé! Petit déjeuner sur la table de pic nic du camping après avoir rangé notre barda, puis départ en direction de Hamar. On traverse la voie de chemin de fer par une passerelle sur une belle voie verte. La vue est magnifique, ce lac est le plus grand lac de Norvège, et un des plus profonds…117 km de longueur. Profondeur maximale 449 m!!

La voie verte est en fait située tout au bord du lac, sur l’ancienne voie ferrée qui maintenant a été tracée un peu plus haut à côté de l’autoroute. On croise quelques habitations, super endroit, mais bruyant car proche du trafic…

A Morskogen on aperçoit en contrebas de la piste deux tentes installées sur un magnifique endroit juste au bord du lac. Avis aux cyclovoyageurs amateurs de camping sauvage, c’est un spot idéal, avec WC.

Alors qu’on arrive à Tangen, un monsieur âgé pédalant sur un vélo électrique nous dépasse, puis quelques centaines de mètres plus loin s’arrête et nous accoste en nous demandons ce que nous faisons. Au cours de la discussion, il nous dit qu’Hamar où nous comptions passer la nuit, n’est pas du tout intéressant… et que nous ferions mieux de passer par Loten pour rejoindre Elverum, la route est moins fréquentée et jolie! Après quelques tours de roues passées à babiller, il nous quitte pour aller chercher sa voiture à Hamar. Nous décidons donc de suivre ses conseils et nous gagnerons une étape. Mais celle d’aujourd’hui sera plus longue… nous avons le vent du sud, donc de dos, ce qui nous facilite bien l’effort. Et il ne pleut pas, cool, en avant les pédales!!

On passe devant une immense carrière, la montagne a été dévorée et digérée par de monstrueuses machines, drôle de paysage, un peu apocalyptique. Puis on trouve un Burger King en bordure de l’autoroute pour y boire un café. Les gens nous regardent bizarrement, des cyclistes sur une aire d’autoroute…

La petite route que nous empruntons nous emmène dans la campagne verdoyante et entourée d’immenses forêts de pins. On croise de jolis hameaux.

Le soleil fait son apparition…trop beau!

On croise un cycliste âgé habitant la région qui nous attend ensuite à un carrefour et engage la discussion. Il a 80 ans et il est allé au cap Nord avec 3 amis il y a 5 ans et ils sont rentrés à vélo jusqu’ici !!! La forme le gaillard… on plaisante et il veut nous prendre en photo! Il fait encore 7000 km de vélo en une saison. C’est Jund, de Loten, mais lui ne veut pas que je l’immortalise… donc vous ne verrez pas sa bobine rigolote.. il semble connu ici, les conducteurs lui font signe!

On arrive à Elverum, qui semble être une assez grande ville. On emprunte une passerelle pour enjamber la rivière Glomma, c’est l’ancien pont de la voie ferrée. Et on poursuit jusqu’au camping qui se trouve en bordure de l’eau, en face de la petite île sur laquelle se trouve le Norsk skogmuseum avec des bâtisses anciennes comme à Oslo. C’est un merveilleux petit coin sous les arbres où nous installons le camp, avec un rayon de soleil nous souhaitant la bienvenue… on va y rester deux nuits.

La rivière Glomma, ou plutôt le fleuve Glomma est le plus long cours d’eau de Norvège, soit 608 km… et se jette dans le golfe d’Oslo. Nous allons le suivre un bon bout de chemin en remontant vers Tynset.

NORVÈGE OSLO

Dimanche 29 mai (suite)

Nous arrivons à Oslo depuis les hauteurs et nous dominons la ville et la baie qui est magnifique sous ce ciel menaçant… nous voilà encore transportés dans un nouvel environnement urbain tout à fait surprenant et varié au niveau architectural! Beaucoup de cyclistes sur les pistes se croisant à tout moment, un peu de stress pour moi, il me faut me concentrer sur ma route pour ne pas dévier de ma trajectoire comme j’ai souvent la fâcheuse habitude de le faire sur les routes de campagnes…Yves me remet à l’ordre, hi hi… une cycliste nous interpelle au milieu de la piste et s’intéresse vivement à nous, et nous entamons une discussion un peu au milieu de la circulation des deux roues! C’est Marita, une locale qui projette de faire un voyage à vélo cet été depuis le lac de Garde jusqu’au sud de l’Italie, mais n’a pas encore son équipement. Par contre elle ne va pas faire du camping donc voyagera plus léger. Très chouette rencontre fugace, elle repart retrouver son fils pour boire un café à Oslo avec lui.

On s’arrête devant l’opéra pour avaler une banane et un peu de chocolat pour recharger nos batteries qui sont un peu à plat!!! Encore un projet architectural grandiose…

Heureusement qu’on a pu reprendre des forces, parce que l’hôtel que nous avons réservé se trouve encore bien éloigné du centre! On arrive sur les rotules dans un immense complexe le Quality Hotel Expo qui abrite aussi des salles de conférences et divers lieux de rencontre. On peut laisser les vélos dans le vaste parking souterrain, mais ensuite il faut monter tous les bagages dans la chambre qui se trouve à trois couloirs comme celui-ci, à pieds depuis l’ascenseur!!! On fait naturellement plusieurs voyages et on s’écroule sur nos lits tout propres et tout confort… quel luxe appréciable de pouvoir se mettre à l’abri de la pluie qui se remet à tomber, et de prendre une bonne douche chaude dans une salle de bain qu’on peut atteindre en 3 pas!!! De pouvoir dormir dans l’obscurité grâce à d’épais rideaux, car la nuit…il ne fait pas nuit, ou si peu de temps que la clarté me réveille ! Vais-je m’y habituer avant la fin de notre périple? Car nous serons bientôt sous le soleil de minuit…

Lundi 30 mai

Une excellente nuit de sommeil et un petit déjeuner norvégien gargantuesque composé d’œuf au plat, bacon, saucisses, champignons, pommes de terres rôties, charcuterie, poivrons, fromage… de fruits et divers gourmandises!!! On s’éclate la panse et on part à la découverte des différents types d’habitations norvégiennes au fils des siècles, au musée folklorique que nous atteignons par bus. C’est un endroit magnifique, type « Ballenberg » de chez nous où ils ont remonté plus de 150 maisons anciennes, quantités de chalets d’alpage, greniers, celliers, écuries, église en bois…et des maisons en dur, des intérieurs du début du siècle, des années 50… c’est un des musée en plein air les plus grands du monde!

Une porte de …grange!!!

L’église en bois est absolument admirable… elle date de 1200 et a été transférée à l’endroit actuel en 1884!

Nous cheminons sur de petits sentiers entre les différents greniers, dont les techniques de constructions évoluent au cours de l’histoire, des toits végétalisés, isolés avec de l’écorce de bouleau, des rondins plus ou moins gros, des fondations sur pilotis avec même l’escalier qui y mène qui est désolidarisé de la bâtisse pour ne laisser aucune chance aux rongeurs de grignoter les récoltes…

Le ciel devient très très menaçant, l’orage s’abat littéralement sur le musée! Un éclair tombe simultanément que le tonnerre claque, et un groupe d’ados se précipite en criant à l’intérieur tous excités comme des furies!!! Ils ont eu tellement peur… et des trombes d’eau se déversent sur les pavés, créant de belles flaques et donnant une ambiance plutôt tristounette et mélancolique aux ruelles anciennes.

Le soleil revient et nous quittons ce chouette endroit pour reprendre le bus jusqu’au centre ville, où nous montons depuis le port sur la citadelle d’où nous avons une belle vue…

NORVÈGE DU SUD

J 25 – J 28 du 26 au 29 mai 2022

Jeudi 26 mai

En milieu de journée nous voici arrivés à la frontière Suède- Norvège qu’on passe sur le Gamla Svinesundsbron , un grand pont qui enjambe le fjord Ringdalsfjorden. L’autoroute emprunte un autre pont qu’on voit au loin. Une famille Norvégienne nous demande où nous allons et d’oû nous venons…la dame nous dit qu’une fois elle a passé des vacances à Sierre lorsqu’elle était enfant.

C’est la 4ème frontière que nous passons en un peu plus de 3 semaines…nous avons déjà avalé 1000 km jusqu’ici! Nous avons une meilleure forme maintenant, nos cuisses nous font moins souffrir dans les montées, le souffle est moins court à l’effort, les 30 kg de bagages sont moins lourds… nous avons appréhendé progressivement le relief, en commençant par des régions très peu accidentées comme l’Allemagne puis le sud du Danemark, qui au Nord s’est avéré plus vallonné … la Suède aussi nous a réservé des montagnes russes. Maintenant la Norvège qui promet des moments difficiles, aïe aïe… j’appréhende tout ça!

Ici les maisons ressemblent à celles de Suède, le rouge est toujours très courant… mais certaines architectures sont différentes.

Nous nous arrêtons pour pic niquer à Jellhaug, un site historique où il existe de nombreux mythes à propos d’un tumulus sous lequel aurait été enterré le roi Jell. Les archéologues ont retrouvé un petit cairn funéraire datant de 500 à J.-C. Aux alentours plusieurs tumulus ont été nivelés au 19ème siècle et des ossements humains et un petit bateau ont été retrouvés. En 2018, le champ a été étudié à l’aide d’un géoradar qui a montré plusieurs tertres funéraires, cinq maisons, et un vaisseau de 20 m de long datant probablement de l’époque viking… il n’y a eu encore aucune fouille pour l’instant.

Ici en Norvège l’hiver doit être long et froid à voir les réserves de bois qu’ils font!!!

Nous arrivons à Hoysand au bord de la baie de Skjeberg, et le ciel se dégage…on va pouvoir faire sécher la tente et nos affaires avant la prochaine rincée qui nous tombe sur la tête une heure plus tard! Il y a une magnifique forêt de pin à l’entrée du camping. Le terrain est détrempé, la tenancière souhaite nous proposer un petit chalet, mais il n’est vraiment pas avenant…on préfère notre tente et on trouve finalement où la planter sur un endroit un peu moins marécageux! Vous pouvez juger des quantités d’eau tombées du ciel à la grandeur des gouilles…

Pour fêter notre première soirée en terre Norvégienne, dont notre but se trouve tout au Nord de celle-ci, nous décidons de nous accorder un petit souper dans un très chouette petit restaurant à côté du camping.

Vendredi 27 mai

Ce matin, pas de pluie pour ranger le campement, youpie! On retrouve les différents itinéraires eurovélo, ici les panneaux indicateurs sont bien visibles et nombreux. Le colza a trois semaines de décalage par rapport à l’Allemagne où nous avons débuté notre voyage. On traverse de grandes zones agricoles et le long de la route on peut à nouveau se plonger dans les temps immémoriaux en observant ces peintures rupestres…

Nous arrivons dans une grande ville, Fredrikstad, il faut « grimper » sur un pont qui enjambe un fjord… nous sommes à la recherche d’un magasin de vélos pour changer mes pédales. Elles ont du jeu, et il faut éviter de se retrouver au milieu de nulle part une fois qu’elles auront cassé!!!

Le centre ville est chouette et le soleil est de retour…on doit remonter sur une passerelle, mais celle-ci est uniquement prévue pour les piétons et cyclistes!

Puis on en profite pour s’asseoir au bord de l’eau et manger notre pic-nic avec vue sur la ville. Il y a de petits bateau-navettes qui circulent dans le fjord.

On remonte dans les terres, on est confronté à de nombreux petits béquets bien raides comme en Bretagne, puis la route redescend sur Gressvik, un magnifique endroit au fond d’un fjord, une maison est même posée sur une toute petite île rocheuse…

Nous quittons le bord de mer pour monter dans les forêts puis la campagne où un amateur de vieux véhicules fait une exposition, hi hi…

Et nous trouvons un super joli camping au bord de l’eau à Saltnes après avoir lutté un peu contre le vent qui vient du Nord aujourd’hui.

Et le tenancier nous informe que pour les cyclistes, c’est gratuit!!! C’est son grand père qui avait instauré cela…comme c’est sympa. Et l’endroit est juste magnifique, mais le ciel devient très menaçant et nous sommes soudain chahutés par un vent tempêtueux. On amarre la tente avec des cordelettes supplémentaires, et on se met à l’abri du vent comme on peut pour se faire à souper avant la pluie.

Samedi 28 mai

La tempête s’est calmée dans la nuit et la pluie a cessé, la tente est sèche ce matin! Même pas de rosée…on quitte ce magnifique coin un peu à regret, mais si on veut arriver au Cap Nord avant la neige, on ne peut pas rester en villégiature à chaque endroit qui nous plaît, et il y en a beaucoup… donc départ quand même en direction de Moss. Une belle lumière nous accompagne, ainsi que les gazzouillis des alouettes des champs qui colonisent les cultures…

Au moment où il commence à pleuvoir, on trouve un café boulangerie et on s’arrête pour se mettre à l’abri et caler notre estomac. Le cadre est très sympa, old school, et l’addition est plutôt élevée, cela change de la Suède où la vie est moins chère…ici c’est la TVA qui est à 25%!!! Et qui rend la vie aussi chère qu’en Suisse.

Nous arrivons à Moss, ville plutôt industrielle sur la côte, nous traversons d’anciens quartiers ouvriers, dont certaines vieilles habitations sont conservées, et d’autres ont laissé la place à de nouveaux immeubles.

Nous empruntons une ancienne voie ferrée de Smaalensbanen qui traverse une belle nature en bordure d’un petit cours d’eau, le chemin est agrémenté de toutes sortes de peintures d’animaux, c’est très mignon… et on trouve une belle place pour sortir notre pic-nic et nous déshabiller, le soleil tape fort cette fois. Comme c’est agréable de ressentir à nouveau sa chaleur …

Arrivée à Vestby, salués par un coquin de maître Renard…

Ce soir, on peut souper tranquillement, après avoir eu un fort vent du Nord dans la figure toute la journée, il se calme et laisse place à un beau ciel bleu et à une soirée agréable pour entretenir les vélos et écrire le blog, assise à une table plutôt que voûtée dans la tente à l’abri du froid et des intempéries 😂

Dimanche 29 mai

Déjeuner sous un magnifique soleil avant de prendre la route vers Oslo… mais assez rapidement le ciel se charge, comme d’hab quoi, hé hé… sympa la passerelle, mais ça monte!

Par contre aujourd’hui nous sommes épargnés par le vent, ce qui rend les choses beaucoup plus faciles!!!

SUÈDE Bohuslän

J 23-J 25 du 24 – 26 mai 2022

Mardi 24 mai

Ce matin on a la chance de rouler encore dans de bonnes conditions, avant l’arrivée de la pluie. On a un fort vent du sud est qui nous pousse et on en profite pour avancer…quelle surprise insolite au détour du chemin, lorsque nous apercevons , au galop et jouant à se rattraper, des chevaux, et… un zèbre…un vrai zèbre, et en y regardant plus attentivement, il est accompagné de son fils peut-être, un zèbre brun. Magnifique!!!

Nous arrivons en bord de mer à Bovallstrand, une très jolie petite bourgade au creux d’un fjord que nous allons devoir contourner. Des massifs granitiques sortent de terre partout dans cette région, du granit dans des tons roses et anthracite, c’est magnifique. Parfois, ils construisent les maisons sur la roche, parfois au flanc du rocher.

Au virage de cette nouvelle piste cyclable, nous découvrons un camion renversé sur le flanc, qui a mangé son virage, et vu que les accotements sont un peu en dévers, a basculé. Nous croisons les camions de pompiers quelques minutes après venant à la rescousse du malheureux.

A Svenneby, à l’entrée du hameau se tient une très belle petite église, tout à fait originale…son clocher se trouve sur le massif de granit attenant!

Et voici la pluie annoncée…on s’équipe de toutes nos protections, qui sont les bienvenues pour se sentir au chaud et au sec pour continuer notre chemin! On fait une pause snickers qui nous redonne du pep, miam, c’est trop bon. Je crois qu’on va s’y mettre, comme carburant c’est un bon choix, surtout ça met du baume au cœur dans les moments plus difficiles…

Comme il pleut beaucoup et que nous sommes trempés, on s’arrête dans un petit camping à Tanum, le Tanums Camping och Stugby… il se trouve à côté du site des peintures rupestres de Tanum et du musée, site classé par l’UNESCO. Notre priorité est de caler notre estomac, si possible en trouvant un endroit abrité… il n’y a personne à la réception, des petits chalets un peu vieillots, mais avec un petit avant toit qui nous protègera quelque peu … une fois notre repas terminé, voilà le tenancier du nom de Pedro qui tond le gazon avec son petit tracteur sous la pluie. Il nous fait signe, Yves va nous annoncer. Je suis un peu démoralisée, l’humidité me transperce et l’idée que la pluie s’invite pour quelques jours selon l’application météo noircit mon tableau!! Nous finissons par monter notre campement sous la pluie, donc la tente intérieure est mouillée aussi… on essaie de sécher tant bien que mal et d’installer nos lits.

Après une bonne douche chaude et une sieste dans nos sacs bien au chaud (on pourrait dormir jusqu’à demain d’une traite…) on va se faire à souper de bonne heure, et un visiteur tout à fait adorable vient nous faire un petit coucou. Il fait les poubelles, alors je lui donne l’emballage de notre fromage frais! Il est ravi et s’en lèche les babines…

Alors qu’on mange notre souper dehors Pedro arrive et nous dit qu’on peut s’installer dans le local à l’abri et au chaud… tout à fait hétéroclite et original, avec des posters de toutes sortes, un piano…Mais nous ne nous y attardons pas, la radio en suédois est allumée plein tube, et ça sent le renfermé…

Mercredi 25 mai

On plie rapidement notre campement car il se met à tomber quelques gouttes…un petit bircher avec du lait condensé, muesli, banane et pomme nous rempli d’énergie pour la matinée. Le blues de hier soir est oublié, je me sens plus sereine…On s’arrête pour visiter le parc de Tanum et la ferme reconstituée de l’âge du bronze. C’est magnifiquement rendu , selon les vestiges archéologiques retrouvés et interprétés.

Nous nous déplaçons jusqu’à Vitlyckehällen pour découvrir les peintures rupestres qui ont été gravées sur des dalles de granite au début de l’âge de bronze, entre 1800 et 500 av. J.-C. C’est superbe…

Il y a de très nombreux sites dans cette région, jusqu’à 10 000 gravures ont été répertoriées… la pluie s’invite et abrège notre visite, nous enfourchons nos vélos et pédalons entre forêts et pâturages, sur de petites routes, nous testons même « une piste suédoise », ma fois bien roulante même si un peu glissante une fois mouillée…

A la pause de midi, nous apercevons deux biches traverser la route tout tranquillement…cette route est peu fréquentée heureusement.

Le vent du sud ouest a balayé le ciel de toute cette grisaille…il est super fort et s’est encore renforcé après midi. Quand on doit y faire face c’est vraiment pas coton !!! On se fait déséquilibrer, attention à ne pas verser sur le bas côté!

Nous revoilà au bord d’un fjord à Strömstad où nous nous arrêtons pour passer la nuit au First Camp City- Strömstad. Là nous pouvons faire sécher toutes nos affaires humides au soleil, quel bonheur! Puis nous descendons au village d’où il y a des ferry qui partent pour les îles ou pour le sud de la Norvège.

Au camping nous discutons avec nos voisins cyclistes qui sont hollandais. Ils ont quitté leur job et voyagent en Europe cette année, partis début avril de chez eux ils montent aussi au cap nord, mais par un autre itinéraire. Ils nous disent avoir fait pas mal de camping sauvage et vouloir rester quelques jours ici pour profiter des douches chaudes, de l’électricité et de la cuisine de luxe… ce soir le camping s’est rempli de camping-cars norvégiens qui descendent vers le sud visiblement!

Jeudi 26 mai

Ce matin à nouveau il faut se dépêcher pour plier la tente dans le « créneau sec » avant la pluie qui est annoncée. La toile est encore un peu mouillée de cette nuit, mais nous nous activons à 6h30 déjà et après un bon petit déj au chaud et à l’abri dans la cuisine nous enfilons « nos tenues de protection » pour affronter une bonne rincée. Le ciel est vraiment magnifique, ce qui met du piment et du bonheur à se remettre en route…

Nous traversons d’immenses forêts, la Suède est recouverte par des forêts de conifères sur plus de la moitié de son territoire… le sous bois est foisonnant de lichen, de mousses et de fougères, donnant des teintes incroyables aux tableaux qui défilent sous nos yeux . On pourrait y voir surgir une petite fée ou un elfe au coin d’une souche. C’est un environnement magique…

Et des zones agricoles avec des fermes mais pas de bétail dehors, hormis quelques moutons…par contre nous croisons aujourd’hui le chemin de deux biches, deux grues avec leurs progéniture ainsi qu’un petit chevreuil. Ces rencontres sont toujours un beau cadeau que nous offre Dame Nature, d’être si près de la vie animale et de pouvoir la côtoyer! Mais le jour où je me trouve nez-à-nez avec un gros élan, j’ai peur de finir embrochée au bout de ses bois si celui-ci a la mauvaise idée de me charger! Alors ok pour une rencontre, mais plutôt de loin, ha ha…

Nous affrontons à nouveau le vent du sud ouest par moments, mais la majeure partie du temps il est notre ami et nous pousse, et nous passons sur les chemins tels des Ferrari ou des avions de chasse…comme ces petits pipers qui attendent de prendre leur envol! Le relief est bien marqué, on ne fait presque que monter et redescendre des collines… on transpire sous nos protections « anti pluie », et finalement on se déshabille, voici du ciel bleu! Puis quelques kilomètres plus loin il nous faut les enfiler à nouveau, car les nuages déversent leurs larmes de crocodile…

Et nous nous approchons de la frontière Norvégienne … nous allons traverser à Svinesund le Ringdalsfjorden sur un pont. Terminée cette belle étape en Suède, magnifique contrée où nous avons généralement été très bien accueillis, et où tout le monde parle anglais. La vie est moins chère qu’au Danemark ou qu’en Norvège paraît-il… nous avons vu de très beaux paysages sous une météo très diverse, hé hé…

SUÈDE

GÖTEBORG, J 19- J 22. DU 20 AU 23 MAI 2022

Vendredi 20 mai

Nous avons bien dormi, le camping était tout calme, il est tombé quelques gouttes mais ce matin le ciel a l’air moins sombre… on part à la découverte de la ville en empruntant le tramway. Il y a de nombreuses lignes de tram, de bus et de métro qui desservent Göteborg. Selon le guide touristique, cette ville a été nommée en 2021 la ville la plus durable au monde par le guide Lonely Planet! Près de 100% des transports publics utilisent une énergie renouvelable…il y a plus de 130 stations de vélos qui sont mis en location et sont à disposition dans toute la ville. Il y aurait de quoi s’inspirer pour chez nous!

On descend au centre ville et on va faire un tour au port. Un magnifique navire est amarré, avec de grands mats et d’immenses cordages. Il est somptueux, c’est une réplique du vaisseau de la compagnie suédoises des Indes Orientales qui en 1745, alors qu’il rentrait de chine, a sombré devant l’entrée du port de Göteborg . Il est prévu qu’en 2022-2023 il voyage vers l’Asie!

On trouve ici des murs entiers consacrés au street art, des fresques magnifiques…

Nous remontons au centre ville, des canaux, des allées de verdure et de fleurs foisonnent, des rues piétonnes où il fait bon flâner…le soleil s’invite et le ciel se dégage, il commence à faire vraiment bon…

Nous gravissons les nombreuses marches qui mènent au fort de Skansen Kronan, ancien bastion de défense construit en 1687, et qui nous offre un magnifique panorama sur toute la ville…

Celles-ci sont les dernières, ouf!

Dans le quartier de Haga, les petites échoppes, café et bistrots de suivent et alternent avec des jolies boutiques…nous mangeons un délicieux repas …

avant de continuer notre escapade du côté du parc Trädgardsföreningen et de la palmeraie foisonnante qui est protégée par une magnifique serre…

Et à l’intérieur, des fleurs de toutes sortent qui ravissent les yeux des nombreux visiteurs …

Ces jardins sont occupés par les suédois qui ont l’air de vraiment apprécier et profiter de ce soleil bienvenu… et qui sont couchés dans l’herbe à faire bronzette , ou assis sur les bancs à savourer une bonne glace…

Ici les paysagistes de la ville doivent s’en donner à cœur joie pour entretenir tous ces espaces verts et ces platebandes fleuries!

Et voici encore un arbre séculaire qui me ravit…

Quand nous rentrons au camping en fin d’après-midi, il est complètement bondé… la place de jeux est très animée et les enfants sont heureux de s’y retrouver pour grimper, faire des parties de cache et se défouler avec leur trottinette.

Samedi 21 mai

Il commence à pleuvoir à 6h… et selon l’application météo, ça va être bien humide toute la journée! On profite d’un moment d’accalmie pour démonter la tente après avoir mis nos sacoches à l’abri sous le couvert, puis nous déjeunons avant de nous équiper avec tous nos habits de pluie. Brrr il ne fait pas chaud… 11 degrés prévus au meilleur de la journée.

Puis c’est le départ, l’itinéraire nous mène sur un tracé moins fréquenté pour sortir de la ville, mais toujours sur de belles pistes cyclables… on traverse la Göta sur le pont de la voie ferrée, pédalant à côté d’un très long train de marchandises qui doit certainement amener ces containers au port pour être mis sur les cargos…

Une fois Göteborg derrière nous, on monte dans une belle forêt où se succèdent de très jolies petites et grandes maisons en bois rouge, jaune, gris ou beige… et les églises ici sont aussi en bois.

On poursuit sur cette petite route secondaire qui serpente et suit le relief qui est bien prononcé! De petits mais bien raides béquets nous coupent un peu les jambes… à un moment donné, on se serait cru sur la route de Mouthe, dans le Risoud!!! Sauf que dans le jura il n’y a pas de lac ni de cours d’eau…

Ou au Tessin…et ses bucoliques grottos!

A chaque hameau, se dresse au bord de la route une petite cabine pour attendre le bus au sec…

Il pleut toujours et encore…on est un peu transi et affamé et sans pic nic dans les sacoches…nous trouvons une pizzeria-kebab sur la route et nous sommes bien heureux de pouvoir nous mettre au chaud et sécher un peu nos affaires, et nous rassasier d’une assiette bien arrosée de mayonnaise, hi hi…servie par une équipe de choc! Trois personnes dans ce petit fast-food où deux tables peuvent accueillir des clients transi! On repart l’estomac bien calé pour le suite de la journée!

Nous rejoignons la mer à Käkenäs, et on aperçoit le pont suspendu qu’on devra emprunter demain , le Tjörnbron qui relie le continent à l’île de Tjörn. Depuis ici il a l’air impressionnant…il fait 667 m. Il a été construit en 1981 suite à une catastrophe ayant entrainé la destruction du premier pont construit en 1960…un navire norvégien le heurta en pleine nuit et le détruisit complètement! Huit personnes sont décédées, tombées dans la mer avec leur véhicule! Quelle histoire dramatique…

On s’arrête dans un camping qui n’est pas répertorié sur Google car ils sont en travaux. C’est un chouette petit bistrot le Surfviken qui a été racheté par une équipe de jeunes et qui rénovent le camping. Le soleil fait son apparition et on peut sécher la tente avant de la monter, quelle chance…

Dimanche 22 mai

Départ ce matin avec une petite appréhension dans le creux de l’estomac à l’idée de devoir emprunter ce grand pont. Ayant un souvenir douloureux du pont de Normandie au Havre sur lequel j’avais souffert l’année passé car il était inadapté pour les cyclistes… je monte la colline presque à reculons! Mais finalement il y a une magnifique large piste cyclable bien délimitée et aucun danger… on croise une vingtaine de cyclistes pédalant à toute allure à travers la petite forêt qui surplombe la baie, un peu plus ils nous percutaient de plein front!

Depuis là-haut on a une magnifique vue sur la baie et ses nombreux îlots recouverts de forêts… c’est génial comme les paysages changent, on sent vraiment maintenant que nous sommes dans les pays nordiques! Ces côtes découpées comme de la dentelle, l’itinéraire serpente en longeant de petites vallées, en gravissant des collines, c’est un peu les montagnes russes… très varié et absolument magnifique, d’autant plus qu’au fil des heures le ciel se dégage et le soleil nous réchauffe le cœur et le corps, ce qui nous fait trop de bien! On rejoint des fjords puis on retourne à l’intérieur des terres, puis on traverse un fjord avec un bac ou sur un pont… des petits ports individuels dans chaque crique, des maisonnettes de pêcheurs…c’est vraiment idyllique!

Alors que nous terminons de dîner en bord de route sur une jolie petite place, s’arrête un convoi exceptionnel sur cette même « aire de pic-nic »… incroyable! Deux vélos « tandem coucher avec charrette pour maman et tandem avec deux sièges pour enfants pour papa…donc trois enfants! Ce sont des français de Toulouse, partis il y a 9 mois pour un voyage d’un an avec leur fils de 9 ans et les jumeaux de 6 ans. Ils font le tour de l’Europe avec leur convoi électrique, en autonomie lorsque le soleil est suffisant pour recharger leur panneau solaire… ils vont monter aux Lofooten puis redescendre jusqu’à la maison pour le 1 er juillet. Quel courage et quelle belle aventure familiale! On va peut-être se revoir sur la route. Ils nous disent que leur chargement, vélo, bagages , conducteur et enfants compris, fait 200 kg chacun!…le double de nous, mais bon, ils ont une bonne assistance électrique, avec une autonomie de 120 km.

Pour passer de l’île d’Orust sur la petite de Malö nous empruntons un petit bac pour une traversée de 3 minutes. Et juste après nous découvrons en magnifique endroit…un petit camping familial entouré de rochers et au bord du fjord. Sans hésitation nous décidons de nous y arrêter pour la nuit et y profiter du soleil, de faire une lessive, il y a un lave-linge, mais finalement il ne fonctionne plus…donc lessive à la main, mais difficile à faire sécher correctement les habits les plus conséquents, sans essorage en machine, bonjour les poignets douloureux, aïe, aïe…et aussi nous couper mutuellement les cheveux… avec une tondeuse qui a de la peine à recharger, donc en faisant des pauses!!! ce fut la plus belle étape depuis le début du voyage!

Lundi 23 mai

Un beau soleil réchauffe la tente, nous avons eu bien froid hier soir. Nous quittons ce petit paradis un peu à regrets, on y serait bien resté quelques jours, mais il faut quand même avancer si on veut être au Cap Nord avant l’hiver…Pour quitter la petite île de Malö, nous prenons un bac, encore un. Ils sont gratuit pour tous.

Entre les innombrables fjords, nous découvrons de très belles propriétés, les jardins sont magnifiquement aménagés, fleuris et entretenus. Les maisons coquettes et parfois étonnantes.

Aujourd’hui le vent souffle fort du sud-ouest, et il nous pousse bien en début de journée, mais alors quand l’itinéraire nous fait redescendre pour contourner des rivières ou des fjords, on l’a en pleine figure, c’est dur dur…et le relief est bien vallonné, après de belles descentes il faut bien remonter, ha ha…

On reprend un bac à Skar, pour rejoindre Finnsbo, la rive d’en face qui est à 15 min. Il est plus conséquent et peut transporter des camions avec remorque!!

Une fois de l’autre côté, nous devons prendre une route principale sur 20 km, et beaucoup de poids lourds avec remorques nous dépassent, ce n’est pas top…quand sur certains tronçons il n’y a plus de piste cyclable…

Et quelques coups de pédales plus loin, au détour d’une colline, voici une exploitation de porcs…très chanceux, ceux-ci, pas comme les danois! Ils ont accès à la terrasse et peuvent prendre des bains de soleil et aller et venir librement!

Nous nous arrêtons dans un joli camping à la ferme, en bordure d’un golf au beau milieu d’une forêt. Il n’y a personne à l’accueil, il faut déposer 20 euros ou 200 SEK dans une boîte. Le camping est pratiquement inoccupé, c’est super calme, on entend juste les oiseaux et le vent dans les arbres… http://www.onnagard.com