J32 30 avril Retour dans la famille suivi d’un break en attendant la vaccination…

Nous avons la chance de plier la tente juste avant qu’il ne se remette à pleuvoir…la nuit passée a été bien arrosée! Toujours être bien méthodique le matin, plier et ranger chaque chose à sa place, dans un petit filet, sac ou sachet ad’hoc puis dans la sacoche qui lui correspond afin que nos bagages soient bien équilibrés de droite et de gauche, d’avant et d’arrière!!! C’est important si on veut éviter que le vélo aille dans tous les sens en prenant de la vitesse à la descente, expérience faite, ha ha…Au fil des jours nous sommes de plus en plus efficaces et rapides, mais entre le moment où nous ouvrons l’œil et nous enfourchons nos montures, si nous passons outre le café sur le réchaud, nous mettons actuellement une heure…

Nous quittons le joli camping de Muntelier de bonne heure car nous avons une grande étape jusqu’à Montblesson, chez mes parents qui seront tout contents de nous revoir … si vite! Et beaucoup de dénivelé en perspective… mes cuisses appréhendent déjà cette journée! Nous empruntons de jolies petites routes paysannes à travers les collines et les coteaux du Seeland, entourés de champs de colza en fleurs, de moutons rasés de près, de vaches quelques peu hébétées sous la pluie… cette pluie bienfaisante pour la Nature qui en a vraiment besoin, la terre est sèche, et c’est ce qui nous console, il faut bien voir le côté positif des choses…elle nous accompagnera toute la journée depuis 10h30 après notre halte à la terrasse d’une boulangerie de Payerne pour boire un bon café et savourer un délicieux escargot aux pépites de chocolat! Miam, ça me donne du courage et du pep pour affronter toutes ces montées qui nous attendent … Pour me donner de l’espoir, Yves me dit : « regarde…il y a le ciel bleu là-bas qui va laisser place au soleil! »… je le prends en photo, me disant qu’aujourd’hui il est important d’en garder la preuve, car la météo annoncée est démoralisante.

Au fil du chemin nous rajoutons les couches…sur-gants, sur-chaussures, veste, pantalon de pluie. Et nous enlevons gilet, polaire…car nous transpirons sous la veste goretex… ensuite nous avons froid… ce n’est pas facile de trouver la bonne combine pour être confortable! Ensuite c’est le GPS qui ne fonctionne plus, il n’a pas l’air de supporter la pluie, et après l’avoir séché et éteint, il repart, ouf!

Puis nous longeons la Broye ( qui a été canalisée )depuis Marnand sur un petit chemin de halage , l’eau est brune, on se demande si c’est à cause de la pluie…et un peu plus loin, on voit qu’ils ont fait des travaux pour renaturaliser le cours d’eau en lui donnant des courbes, en plantant des troncs et des souches afin de consolider le terrain…puis nous découvrons les engins de chantier sur la rivière, et plus haut, l’eau est claire.

Nous arrivons à Henniez, je ne savais pas que l’eau minéralisée venait de la Broye…

Puis Lucens, bien industrialisé… un joli château sur la colline vestige du passé. Cremo, O.Bise sa Pellets…dont nous avons été clients pendant 20 ans avec notre chaudière à Pellets, la première à la Vallée installée par Pascal Golay…

On cherche un abri pour pouvoir avaler un peu de carburant au sec… c’est à Moudon, à la gare, que nous trouvons un abri à vélo, déjà occupé par deux jeunes marcheurs suisses-allemands transis mouillés et la fille a l’air d’avoir des problèmes à un genou, la pauvre. Je pense que leur randonnée va devoir s’arrêter là…

Depuis là les montées se suivent et se ressemblent… c’est dur, mes cuisses brûlent, les jurons m’aident à atteindre le sommet quand c’est trop raide! Et soudain mon pneu avant est à plat… sous la pluie, Yves sort le matériel de maintenance et le regonfle.

Nous passons par Ferlens, village où j’ai vécu 3 ans et fait mes premières classes…ça a tellement changé, beaucoup de nouvelles constructions, je retrouve quand même la maison où nous étions, le cimetière, le petit chemin bétonné sur lequel nous allions faire du vélo le soir quand mon papa rentrait du travail…

Et dans une forte montée, mon pneu avant se dégonfle à nouveau…rebelotte, sortir le matos, gonfler, ranger, repartir, encore des montées… nous arrivons à bon port en fin d’après midi, transis, mouillés, affamés…mais vite réconfortés!!!

Dès demain commence une phase de transition pour nous, un break en attendant le vaccin que nous espérons recevoir bientôt pour pouvoir continuer notre périple… nous allons passer du temps à la Forclaz où nous avons la chance de pouvoir occuper le chalet familial, revoir nos enfants et notre famille, les amis aussi on espère…et étudier les possibilités d’itinéraire pour repartir dès la deuxième dose reçue! On vous tiendra au courant… en attendant, merci à vous tous pour votre soutien, pour l’intérêt que vous portez à nous suivre au gré de nos péripéties par l’intermédiaire de ce blog! Prenez soin de vous, et à plus… si vous passez par le val d’Hérens, faites-nous signe!!!

J 28- J 31 26 au 29 avril 2021

Nous quittons le lac de Lauerzer en le longeant sur une petite route cyclable , le temps est menaçant mais bien vite le ciel se dégage dans la direction où nous allons et le soleil nous encourage à enlever les couches en arrivant à Brunnen au bord du lac des 4 cantons. Nous faisons une halte pour y déguster un petit bircher Betty Bossy acheté à la Coop et deux jeunes s’arrêtent pour admirer nos vélos et engagent la discussion sur notre matériel, toutes les subtilités et nous parlons du cap Nord et de la Norvège, ils avaient planifié d’y aller en juillet mais étaient un peu dubitatifs quant à leur projet…

Nous poursuivons sur la rive nord du lac, un magnifique panorama de hautes montagnes enneigées face à nous. Puis nous entrons dans le canton de Lucerne à Vitznau où le lac se rétrécît et à un moment on se trouve « face à une illusion d’île »…

Les arbres sont en fleurs, c’est superbe! On sent qu’il y a beaucoup d’argent dans la région, de grands palaces, des maisons de maître, des bâtiments modernes… Weggis…

Küssnacht, le bout du lac où quantité de petits immeubles modernes ont envahi les coteaux et finalement nous arrivons à Lucerne et nous installons le campement et allons nous rafraîchir sous une bonne douche, car il fait super chaud!!!

En sortant des sanitaires, je tombe nez à nez …avec des combiers!!! Ce sont Anne et Michel Beetschen qui sont là avec leur petit bus vw. Quelle belle surprise et revoir des têtes connues après un mois d’anonymat, ça fait vraiment plaisir…Ils nous invitent à aller boire une bière sous leur auvent, apéro qui se prolongera en souper très sympathique.

Nous traversons Lucerne et je fais quelques photos …typiques! Mais il manque les géraniums sur le pont de bois! Ce n’est pas encore la saison…

Nous traversons une très jolie zone rurale entre Lucerne et le lac de Sempach, les fruitiers sont en fleurs, le colza nous titille les narines et nos yeux larmoient d’irritation avec tout ce pollens! De magnifiques fermes typiques selon les régions que nous traversons… des petits ruchers originaux…

Arrivée à Aarburg, petite bourgade moyenâgeuse qui surplombe l’Aar, nous posons la tente dans un petit camping, entre l’autoroute et la voie ferrée… il fait super chaud! Nous recherchons l’ombre, et nous nous mettons sous un des arbres de la place. Un bus camping aux plaques vaudoises est déjà là et ses habitants nous interpellent…ça fait du bien de pouvoir parler français, ce sont les premiers romands que nous rencontrons. Un couple très sympathique qui vient de Bullet, Martine et Daniel qui nous invitent pour boire le café après souper. Quel chouette moment de partage… et cerise sur le gâteau, Martine tricoteuses acharnée, termine « une paire de chaussettes mémé » dont elle est une spécialiste et m’annonce qu’elle souhaite m’en faire cadeau!!! Wouah je suis ravie, elles me tiendront au chaud la nuit dans mon sac de couchage, Merci Martine!!!

Un magnifique bus camping old school avec 6 jeunes potes s’est installé en face de nous, vraiment beau et en bon état… qui fera sûrement pâlir de jalousie notre fils Samuel qui rêve de prendre la route avec ce genre d’engin!!!

Voilà 4 semaines déjà que nous avons quitté notre chaumière… et notre chère Vallée. Nous en avons fait du chemin, avons passé dans presque tous les cantons… nous avons fait le tour de la Suisse en lieu et place de se lancer sur les routes du Nord, mais ce n’est que partie remise… une fois que nous serons vaccinés et détenteurs du « passeport Covid qu’ils annoncent miraculeux », toutes les routes vont bien sûr s’ouvrir à nous… c’est du moins ce que nous espérons!!! Nous sommes sur le chemin qui nous mènera à notre nouveau canton d’adoption, c’est à dire le Valais…en faisant une halte à Lausanne pour revoir notre chère famille et monter au chalet à la Forclaz pour y passer du temps de sédentaire, ha ha ha…

Nous allons sur Soleure aujourd’hui, le parcours est très joli, nous suivons des petites routes campagnardes et des chemins blancs. Les anciennes fermes à colombages sont toutes plus belles les unes que les autres…et Yves commence à rouspéter sur les arrêts photos trop fréquents à son goût! Le soleil est toujours au rendez-vous et la température très très agréable… les arbres, les champs alternant la terre labourée, les cultures de couleurs différentes, les collines, les épouvantails…

Puis nous rejoignons le cours de l’Aar, où nous croisons un cygne…installé au milieu d’un champ de pissenlits et broutant l’herbe autour de lui en étant couché… nous croisons aussi l’ancien ministre Jurassien Mr Jean-Pierre Beuret, qu’Yves reconnaît au détour d’un petit chemin, et lui crie: « Mais vous êtes Mr Jean-Pierre Beuret!!! » et lui explique qu’il vient des Breuleux et qu’ils sont des compatriotes jurassiens, et qu’Etienne le père d’Yves était un de ses fervent supporter politique… nous croisons aussi tout un bataillon militaire qui s’apprête à mettre à l’eau des drôles d’engins flottants qui nous dépasseront un peu plus loin sur l’Aar. On dirait des petits soldats de plomb…Cette région est peuplée de castors qui ont abattu certains arbres, et d’autres qui sont « en cours » mais sûrement fatigués par cette lourde tâche, l’ont reportée à des jours meilleurs!!!

En arrivant à Soleure nous nous arrêtons pour visiter une ancienne usine , avec des sortes de bassins de rétention d’eau qui ont été tagués par des artistes, c’est insolite et magnifique…

Et l’usine en face est désaffectée et semble être habitée par des squatters, on entend de la batterie, un super lieu alternatif… qui contraste avec les nouveaux bâtiments rutilants de Biogen … comme si l’Ancien Monde faisait face et résistait au Nouveau Monde….

Le ciel est bien menaçant mais nous arrivons à installer le camp au Camping TCS de Soleure juste avant la pluie et nous testons les portions de survie lyophilisée de l’armée suisse que nous a donné le fils de nos amis Pascale et Philippe et que nous avons trimballé depuis un mois… poulet au citron, nous l’agrémentons avec un sachet de purée stoecki… la purée est meilleure, ha ha ha… mais l’assaisonnement est bon, le poulet = petits carrés tout plats comme du jambon en tranche… c’est vite fait et vite avalé avant la pluie. On se « range » dans nos sacs de couchage quand les premières gouttes frappent la toile de tente et on fait un FaceTime avec nos amis, histoire de partager nos impressions sur le lyophilisé! Quant à eux ils se régalés avec des pâtes fraîches faites maison… il y a les nantis et les autres, hi hi hi…

La pluie de la nuit a laissé place à un ciel menaçant mais nous pouvons déjeuner d’une banane et d’un biberli agrémenté d’un café (on a reporté à plus tard l’essai du bircher müesli lyophilisé de l’armée qui traîne encore dans nos sacoches…) et on quitte Soleure. Il fait frais, on restera toute la journée équipés de nos jambières et notre polaire et on passera entre les gouttes de ces nuages noirs stagnants sur les reliefs nous entourant…. l’itinéraire préparé par Yves hier soir est très joli, mais aussi éprouvant par endroits car il y a des sacrées montées, et à un moment donné, dans la forêt, je n’en peux plus et les jurons fusent hors de ma bouche jusqu’à ce que j’atteigne le sommet de cette satanée bosse!!! Ah ça fait du bien et ça rafraîchit les cuisses qui brûlent… nous traversons des forêts et de vastes étendues agricoles où les cultures parfois sont à taille humaine et d’autre fois plus du tout : des immenses champs recouverts de bâches de plastique, des serres immenses pour les tomates hors-sol et les radis suisses… on sent aussi les odeurs d’engrais qui nous grattent la gorge. On se dit que les petits cultivateurs bio sont quand même dans le juste et au plus près de la nature et quand on se trouve devant l’étalage de légumes de la Migros, on n’a pas vraiment idée de leur provenance… on comprend aussi mieux la position anti-européenne et anti-mondialiste des agriculteurs suisses allemands lors des votations, car ce sont des petits coins de paradis que nous traversons…nous longeons die Alte Aare qui forme des réserves naturelles avec de petits étangs sauvages. On arrive fatigués au camping de Muntelier au bord du lac de Morat, un fort vent de face nous a bien éprouvés. Sur la terrasse du petit bistrot du camping nous mangeons un délicieux hamburger maison et de grosses frites croustillantes…miam!

J 24 – J 26 22 au 24 avril 2021 à Gordavio

Nous quittons la petite mansarde de Doris, si accueillante et chaleureuse perchée sous ce toit pentu et soutenu par de beaux et anciens rondins, lumineuse par deux vélux au travers desquels on aperçoit les hautes parois rocheuses ainsi que les toits du village… ce confort domestique apprécié quand on y a droit, mais qui nous semble superflu alors que nous sommes heureux de le quitter à l’idée de dormir à nouveau sous tente ce soir et pour les prochains jours, d’autant plus que la météo promet d’être encore belle… nous empruntons le même itinéraire pour redescendre le val Maggia. Un hélicoptère tournoie au dessus du village avec des baluchons de matériaux de construction qu’il dépose dans la forêt qui surplombe la vallée. Ce doit être pour la restauration d’un petit rustico en pierre sèche que nous avons vu hier lors de notre balade, deux jeunes gens s’affairaient à le dégager de ses éboulis et les pierres roulaient en contrebas…ce qui nous a fait rebrousser chemin pour éviter d’être enseveli sous les décombres!!! Ces petites maisons sont très souvent non accessibles par route, ça doit être bien compliqué pour les restaurer…

Alors que nous nous étions arrêtés pour mettre « à l’abri » un ordinateur portable que j’ai ramassé sur la route et qui a dû être malencontreusement perdu par son propriétaire… deux cyclistes suisses allemands nous demandent une pompe à vélo salutaire ! Et comme nous sommes bien outillés, Yves cherche l’engin qui est placé tout au fond d’une sacoche…mais pas de problème, nous avons le temps!!! Et sommes bien contents de pouvoir rendre service. Et eux repartent joyeusement…le pneu regonflé à bloc!

Nous croisons beaucoup de cyclistes en vélo de route, par groupe, qui montent la vallée, ainsi que des couples en vélo électrique qui doivent certainement aller au Val Bavona pour la journée… c’est sûr qu’à ce rythme-là, sans bagages, et avec assistance, on peut faire l’aller-retour jusque là-haut dans la journée! Mais l’avantage d’aller plus lentement, c’est qu’on profite vraiment des détails de ce qui nous entoure, des odeurs, du délicieux parfum des arbustes en fleurs, et surtout on peut s’arrêter plus facilement pour …faire des photos :-)) et même dénicher des engins bien originaux!

Nous arrivons en début d’après midi au camping TCS de Gordavio au bord de la Maggia. Un très joli endroit, surtout pour les tentes car nous avons à disposition un grand terrain arborisé de beaux arbres qui ont sorti leur feuillage tout récemment. Nous sommes entourés d’oiseaux qui chantent le bonheur du printemps… par contre les emplacements pour les camping-cars sont moins bucoliques! Ils sont entassés les uns sur les autres, comme d’habitude. Et nous profitons bien de tout cet espace autour de nous. Il y a six tentes bien espacées les unes des autres, des petits murets de pierres en vrac délimitent des espaces, et nous sommes installés en bordure de forêt. Super heureux d’être là pour trois jours.

Nous avons déjà réservé notre billet de train Bellinzone-Arth Goldau pour dimanche 25 avril car ils annoncent pas mal de pluie au sud des Alpes pour la semaine prochaine. Nous remonterons dans la région du lac des quatre cantons avec l’intention de rejoindre prochainement le Valais (nous sommes citoyens valaisans sur papier maintenant, ayant une adresse postale chez notre fille Marie…) Nous avons bien réfléchi et même si au départ nous pensions pouvoir échapper au vaccin contre le Covid-19…au vu de la situation actuelle, nous nous sentons vraiment limités dans nos futurs déplacements à l’étranger, alors nous avons finalement procédé à notre inscription pour l’injection car le Valais a élargi les critères à toute la population. Par contre, nous n’avons aucune idée du délai… notre voyage au Cap Nord prend de drôles de détours…mais nous essayons de rester « zen » et de vivre ce qui se présente sereinement, au jour le jour, ce qui en quelque sorte est un des piliers de notre aventure!!! Ce n’est pas toujours facile de ne plus avoir d’objectif bien visible et clair dans le temps, on navigue un peu à vue et sans boussole, hi hi hi…nous ne sommes certainement pas les seuls, mais lorsqu’on n’a plus notre vie quotidienne, professionnelle, sédentaire, sûre et répétitive, ça chamboule quand même…

Alors profitons de l’instant présent, du soleil et de la brise légère, du chant mélodieux des merles autour de nous, du bercement de la rivière Maggia, de la lecture, du repos, de notre complicité amoureuse et tendre pour qui , demain le 24 avril, sera un jour de fête… 30 ans que le destin a croisé nos chemins et nous a permis de débuter une belle histoire d’amour et créer une magnifique famille avec trois adorables enfants qui sont grands maintenant :-)) et nous « permettent » donc de vivre ce rêve d’aventure que nous avions lors de notre rencontre! Ils sont avec nous, bien au chaud blottis dans notre cœur, malgré la distance…

Après une belle journée de balade dans la forêt qui borde la Maggia sur de petits sentiers pédestres, et bain de pieds dans l’eau froide ravigotant, nous avons réservé une table à la terrasse du bistrot du camping…

On a eu fin nez car on s’aperçoit que c’est complet! Ils sont débordés…on passera une soirée rigolote en compagnie d’un couple âgé qui a pris place à l’autre bout de table, elle Appenzelloise et lui Genevois habitant depuis 17 ans dans la vallée parallèle. Elle, nous racontant plusieurs fois les mêmes anecdotes(son compagnon nous glisse qu’elle a des troubles de mémoire…) et lui, difficile à comprendre car il lui manque quelques chagnottes! Elle, nous parlant parfois en italien, d’autres fois en français, nous explique son parcours de vie qui n’a pas été facile… des personnages touchants, Yves a même dû accepter un morceau de la pizza de Mme qui n’a presque rien mangé…et le Covid dans tout ça???

J27 25 avril 2021 Retour au Nord des Alpes

J’ai passé une mauvaise nuit…pas à cause de mes spaghettis au saumon mais parce que notre voisine m’a tenue réveillée avec son rire benêt qui ponctuait leur discussion toutes les dix secondes!!! Oh, ce que j’étais vénère… et comme ça a duré… je suis contente de lever le camp ce matin. Nous partons à 8h dans la fraîcheur matinale, bien habillés, le soleil n’étant pas encore passé par dessus la montagne…comme j’aime ces moments, nous filons dans la descente sur Locarno, la lumière est belle, l’air est pur et rafraîchit nos poumons… quelques petites pauses photo s’imposent…

Arrivés à Locarno, le soleil est là et il fait déjà bon chaud. Petite pause café, il y a très peu de promeneurs sur le chemin du bord du lac que nous avions emprunté dimanche passé, alors que ce jour-là nous avions de la difficulté à circuler entre les marcheurs, les cyclistes, les rollers, les poussettes… nous apprécions le calme matinal.

Et nous faisons le chemin inverse jusqu’à Bellinzone, il y a eu des changements en 10 jours…le colza s’est ouvert, les pissenlits sont en graines, aujourd’hui dimanche nous croisons énormément de cyclistes, en groupe de jeunes assidus, en famille, en couple… et nous arrivons à Bellinzone pour prendre le train à 13h18. C’est compliqué pour les vélos…nous avions bien réservé leur place, mais lorsque nous voulons les installer (il y a seulement 4 places par rame)…nous sommes 5! Le contrôleur est là et vérifie les billets. Une jeune fille s’est trompée de wagon. Elle devra redescendre du train à Arth Goldau où nous-mêmes descendons, pour rejoindre sa place réservée. Deux genevois avec de rutilants vélos de route font des manières pour installer leur monture … ils ont tellement peur de les abîmer! Et ne veulent pas qu’Yves appuie son vélo contre les leurs… après une heure de trajet (dont 54 km de tunnel, le plus long du monde d’après ce qui était spécifié sur le tableau d’affichage numérique du train) et à une vitesse de 160 km/h à l’intérieur du tunnel, nous débarquons dans le canton de Schwytz. De magnifiques paysages nous accueillent…on pose la tente dans le très joli camping Buchenhof au bord du Lauerzersee. Le hic, c’est que l’autoroute passe juste derrière et …ça fait du bruit, avec lequel les cloches des vaches et le chant des grenouilles ne peuvent rivaliser… et c’est bientôt la pleine lune, elle est magnifique juste à côté de cette drôle de montagne, peut-être la Gross Mythen…

J18-J20 16 au 18 avril 2021 Locarno

Les nuits sont encore fraîches, notre voisine qui séjourne dans son petit vw California me dit qu’elle a la même tente que nous, mais qu’à cette saison elle ne supporte pas les températures nocturnes si froides…donc elle dort dans son bus, bien au chaud, elle peut même mettre le chauffage! Nous sommes un peu à l’écart de la cohue sur notre petit terrain réservé aux tentes, notre voisin parle tout seul, il se tient des discours sans fin en suisse allemand, mais heureusement la nuit tombée il se tait… nous allons faire notre bain de foule sur les quais de Locarno et manger notre première gelati du voyage. Les touristes sont assis sur les murs et sirotent une boisson ou grignotent des frites ou un morceau de pizza.

La Piazza Grande est presque déserte, vu que les habituelles terrasses qui la recouvrent sont actuellement fermées à cause du Covid, quel dommage! On se serait bien arrêté pour y déguster un bon espresso! Nous quittons le centre ville et grimpons en direction du chemin de croix de la Madonna del Sasso qui est juchée sur les hauteurs de Locarno. Finalement nous renonçons à gagner l’église mais admirons la vue sur le lac. La température s’est bien adoucie et les rayons du soleil nous réchauffent. Nous en profitons pour flâner un peu au bord de la Maggia et dans le camping. Nous allons rester quelques jours ici et nous reposer. Ne pas avoir à empaqueter chaque matin toutes nos affaires pour repartir sur la route est un luxe bienvenu… juste avoir à préparer notre déjeuner au soleil et réfléchir à la suite de notre journée!

Dimanche nous décidons de monter dans le Val Verzasca. Pour cela soit on prend la Poste, soit on y va à vélo…Le ciel est couvert mais la température agréable. Nous enfourchons nos montures et longeons le lac jusqu’à Tenero, nous croisons énormément de promeneurs, à pied, en rollers, à vélo électrique, à vélo « de route » ce sont les locaux bien affûtés qui se déplacent en bande… évidemment on n’a peut-être pas choisi le bon jour! La route monte vraiment bien jusqu’au barrage de retenue du lac de Vogorno. Là s’agglutinent les touristes…nous poursuivons la route, il y a peu d’eau dans le lac, l’eau est verte et contraste avec la roche claire de ses berges. La vallée est escarpée, nous passons sur un pont vertigineux! Je m’arrête pour faire des photos, mais j’en ai le vertige…un petit torrent qui provient d’une vallée perpendiculaire rejoint le lac en passant sous ce pont : j’imagine sur la gauche des géants de pierre assis au bord du cours d’eau et scrutant la montagne… regardez…

Finalement nous renonçons à aller jusqu’au bout de la Vallée car il y a beaucoup de trafic et ce n’est pas du tout agréable. La température baisse avec l’altitude, ne redescendons à Tenero et nous nous arrêtons au bord du lac pour y manger notre pic-nic. Ils ont annoncé la réouverture des terrasses en Suisse dès demain lundi, et nous observons avec empathie la joie des restaurateurs qui préparent et peaufinent leurs extérieurs pour y recevoir dignement les premiers clients…

J21-J23 19 au 21 avril 2021 à Cavergno

Nous avons décidé de changer de camping et d’aller dans le Val Maggia qui sera peut-être un peu moins fréquenté que Locarno…nous sommes en manque de solitude, hi,hi,hi… et une belle surprise nous attend! J’avais écrit un petit message à Doris mon ex-collègue tessinoise pour lui dire comme nous étions heureux de découvrir sa région, et elle nous a proposé de passer quelques jours dans son studio à Cavergno en haut du Val Maggia. Alors nous rangeons notre campement et nous montons dans le Val Maggia. Le paysage est magnifique et nous rappelle la Corse, ses collines boisées et sauvages…les feuillus mettent leurs jeunes feuilles et la lumière du soleil joue sur l’eau limpide et transparente de la Maggia qui s’est creusé par endroits un lit dans les roches et à d’autres moments qui serpente dans un large bassin rocailleux… on s’y sent tout de suite heureux et bien dans nos baskets! il y a un itinéraire cyclable jusqu’en haut de la vallée, le n° 31 qui a reçu un prix vélo 2016! Et c’est vraiment moins fréquenté!!!

Nous faisons halte au camping TCS de Gordevio pour pouvoir nous enregistrer déjà pour jeudi soir et nous profitons de l’ouverture de la terrasse du petit bistrot pour y déguster notre premier excellent café dans une tasse en porcelaine!!! Nous traversons de jolis villages pittoresques où les petites maisons se serrent les unes contre les autres et circulons sur les chemins d’origine pavés de galets et de plaques de granit pour le confort des voitures…

Puis nous arrivons en fin d’après midi à Cavergno et y trouvons « la petite maison bleue » de Doris. Quel bonheur d’y passer un moment précieux et de pouvoir découvrir demain le val Bavona depuis ici, et sans sacoches! Nous nous étions arrêtés à la Coop à Cevio pour y faire quelques achats dont une bouteille de rouge qu’Yves avait installée sur son porte bagage entre les « sacs boudins », mais en détachant ses affaires il n’y a plus pensé, et…la bouteille s’est brisée sur le sol devant la maison! Quelle arrivée fracassante…et le chauffeur du bus à l’arrêt stationné devant la maison a dû bien se marrer de nos bêtises! Et nous, eh ben on a nettoyé le sol et on a bu de l’eau, ho,ho… agrémenté de notre premier plat de viande, un émincé de poulet, courgettes, aubergine et purée …stöcki!

Après une bonne nuit de sommeil dans la petite alcôve du studio et un bon petit déjeuner, par une magnifique journée sans nuage nous gravissons la petite route qui serpente dans le val Bavona. Nos vélos nous paraissent tout légers sans notre attirail de voyage! C’est très escarpé par endroits, de nombreuses cascades ruissèlent sur les plaques de granit et font miroiter la lumière du soleil sur les hauteurs. D’énormes blocs erratiques ou des fragments de montagne(je ne suis pas une spécialiste…) jonchent le lit de la rivière qui se fraie son chemin entre eux et forme de belles piscines naturelles dans lesquelles on aimerait plonger s’y rafraîchir…c’est incroyablement magnifique et sauvage. Le long de la route on découvre de petits hôtels abritant des fresques religieuses, comme un chemin de croix, c’est très beau. Il y a aussi de petits abris de bergers ou pour stocker du matériel qui ont été construits sous les énormes blocs tombés en fond de vallée.

De pittoresques petits villages se succèdent, composés de maisonnettes en pierre pour la plus part très bien rénovées. Il n’y a pas d’électricité dans la vallée, ce qui a peut-être évité qu’elle ne soit envahie par des grosses constructions touristiques… des petits coins de paradis à chaque tournant, on s’en met plein les yeux et le cœur! Quelle joie d’être ici aujourd’hui. Et il n’y a pas trop de touristes, ils sont surtout stationnés autour du village de Foroglio où l’on peut admirer une magnifique cascade d’une centaine de mètres en arrière plan.

On termine notre montée dans le village de Sonlerto où nous nous arrêtons dans une petite guinguette très sympa …et tout à fait originale, c’est self service et la caisse est un panier où se côtoient billets de banques et pièces de monnaie… c’est beau de voir comme la confiance peut encore régner dans certains endroits paradisiaques! On mange notre pic nic et dégustons la bière sous un petit chapiteau qui surplombe le ruisseau, il y a pire comme situation… profitons et vivons l’instant présent! En redescendant la vallée, nous nous arrêtons pour faire trempette …mais les pieds seulement, l’eau est très fraîche!!!

J 12 – J 17

J12 10 avril 2021

Il fait agréable ce matin au réveil après une bonne nuit sous tente, pas d’humidité, on peut plier le campement sans soucis… après un petit café sur notre réchaud et avoir avalé une tartine de miel nous voilà repartis sur la route. Au lieu de suivre la route du Rhin n° 2 nous coupons en empruntant la route n°9 qui suit le Binnenkanal, ça nous change et c’est plus sympa que de longer le Rhin sur ces routes toutes droites et monotones… c’est varié, nous croisons des fermes, des vaches et des moutons qui semblent heureux d’être à l’extérieur après ce long hiver, des villages… des chemins blancs et de petites routes paysannes . Nous nous rhabillons pour affronter le vent qui se lève et nous fait face, et profitons de cette halte pour jeter un œil depuis un observatoire placé au dessus d’un petit lac placé en zone de réserve naturelle. C’est très joli et pittoresque. Depuis cet endroit ils ont renaturalisé le cours d’eau sur plusieurs kilomètres en redessinant les méandres originelles du canal.

Quelle joie de voir aujourd’hui les pissenlits qui s’ouvrent, signe d’un réchauffement printanier bienvenu. Ce jaune lumineux égaie les paysages quelque peu « plombés » par ces gros nuages gris circulant au dessus de nos têtes et la neige recouvrant les sommets nous surplombant… ces magnifiques images me donnent du courage pour pédaler avec force contre ce vent qui nous ralentit beaucoup lorsqu’on l’affronte de face et qui nous déstabilise lorsque des rafales nous déséquilibrent latéralement.

On arrive à Buchs en début d’après midi et on est stupéfaits par la foule présente sur le grand parking derrière le petit lac… en temps de Covid les rassemblements sont plutôt rares! Ils ont malgré tout pu organiser un marché aux puces, et il est vraiment bien fréquenté!!! Par des gens masqués, et il y a un sens unique à parcourir en suivant les flèches… des babioles de toutes sortes et d’autres plus intéressantes, mais ça ne sera pas pour nous aujourd’hui :-)) nos sacoches sont archi pleines et nous n’avons pas la place d’emporter de souvenirs! Les souvenirs s’engrangent dans la tête…et dans les téléphones! Magnifique endroit, le petit camping est tout près du lac que surplombe un château et des maisons moyenâgeuses.

Au camping il y a des camping cars et…une petite tente occupée par un jeune cycliste dont nous faisons la connaissance. Thomas, 20 ans est Belge et nous raconte avoir quitté Bruxelles il y a plus de 15 jours, un peu « en fraude » car il n’avait pas le droit de quitter son pays, à cause des mesures sanitaires…il a traversé la forêt française sans même emprunter de chemin, de peur de rencontrer la police! Puis avoir dû rapidement entrer en Suisse car la France a aussi prononcé des mesures de restriction de déplacement. Il a dormi chez des agriculteurs et là il est en attente de son résultat de test PCR pour pouvoir entrer en Slovénie par le train passant par l’Autriche. Mais il n’a que 36 h pour passer la frontière. Il va descendre en Grèce et il a 5 mois devant lui avant de reprendre ses études de biologie…Nous sommes les premiers cyclo-nomades qu’il rencontre et il est heureux de pouvoir parler français ce soir et de partager ce moment avec nous, et nous aussi d’ailleurs ! Nous regretterons de ne pas avoir immortalisé ce moment ni échangé nos coordonnées pour avoir de ses nouvelles par la suite… ce que nous ferons pour les prochaines rencontres!

J13 11 avril 2021

Nous partons avant d’avoir pu dire au revoir à Thomas qui dormait encore visiblement, comme un loir… le vent a soufflé tempêtueusement la nuit passé, et n’a pas faibli ce matin…nous l’affrontons à nouveau de plein fouet le long du Rhin, je pédale courageusement lorsqu’un cycliste aguerri me dépasse et regarde si j’ai un moteur électrique … puis me dit « Hoy!!! » visiblement j’ai mérité son salut, hi hi hi… nous faisons une pause à Trübbach au terrain de foot avec vue sur les montagnes, et…à l’abri du vent dans une petite cahute pour les supporteurs que nous sommes 🙂 c’est le bienvenu! Une banane et quelques laekerlis pour recharger les batteries, et c’est reparti!

Arrivés à Sargans, on s’enfile dans la vallée du Walensee et nous avons alors le vent arrière qui nous pousse à toute allure en direction de ces magnifiques paysages que je chéris tant!!! Je vous laisse les apprécier… et avec le soleil et le ciel qui se dégage, c’est un magnifique cadeau !

Arrivés à Walenstadt, nous pic-niquons au bord du lac et profitons du soleil et de la douceur, à l’abri du vent. On est dimanche et les locaux en profitent pour faire des grillades et des sorties en famille. C’est assez animé, quelques planches à voile profitent des courants sur le lac pour tirer des bords, l’eau est cristalline, les cygnes s’ébattent et se combattent, c’est la saison des amours…

Un petit bain de pieds dans l’eau glaciale avant de repartir jusqu’à Murg où nous avons réservé un hôtel pour deux nuits…ils annoncent de la pluie et du froid toute la journée demain. L’hôtel Rössli domine le lac, accueil très chaleureux, nous avons une grande chambre avec salle de bain à l’étage, mais nous sommes les seuls à cet étage, donc elle est pour nous! Prix très raisonnable, on fait attention au budget 😉 on profite encore des derniers rayons du soleil en sirotant une bière bien méritée, nous avons de la peine à imaginer qu’il neigera demain…

J14 12 avril 2021

Quel bonheur de se réveiller au chaud ce matin…changement de décor radical! La neige a saupoudré le relief jusqu’à basse altitude, et le vent souffle encore fort. Un bon petit déjeuner face au montagnes enveloppées d’un manteau de brouillard, on traînasse dans la salle du restaurant, mais après 3 cafés, le serveur nous demande gentiment si nous voulons encore consommer quelque chose…en fait, le pauvre, il attendait que nous quittions la salle pour partir! Nous sortons prendre la température du jour et sommes surpris de sentir la force du vent qui agite le lac en de grosses vagues… ce qui nous fait apprécier d’autant plus la décision prise de rester au chaud et au sec aujourd’hui avant de continuer notre route demain. Après une petite promenade dans le village, retour en chambre avec programme farniente, lecture, écriture du blog, réservation d’un billet de train Zurich- Bellinzone pour le mercredi 14 avril afin de basculer au sud des Alpes et trouver un peu de chaleur…

J15 13 avril 2021

2 ème et dernier bon petit déj au chaud avec vue sur le Walensee… ce matin le soleil joue à cache-cache pour notre départ. Magnifiques ambiances matinales, le brouillard s’accrochant encore avec paresse aux parois rocheuses nous accompagne le long du lac. Nous empruntons une petite route cyclable qui parfois longe l’autoroute et d’autres fois est suspendue au dessus de l’eau. Nous sommes mis au parfum par une montée abrupte qui chauffe nos cuisses et nous met en jambes pour la journée 🙂 De là-haut nous avons une vue plongeante, et nous redescendons plus loin sur une pente de 25°/o, où un écriteau demande aux cyclistes de descendre du vélo… mais nous passons sans en tenir compte et nos freins sont bien efficaces semble-t-il!!! Puis nous empruntons de long tunnels pour passer sous l’autoroute, et sommes « soufflés » par le vent qui s’engouffre à l’intérieur…

Et nous voilà arrivés au bout du lac, où nous faisons une dernière halte pour admirer encore ces beaux paysages… l’eau devient turquoise par endroits. 11heures… voilà deux semaines que nous étions chez le notaire pour signer la vente de notre chère maison et prenions la poudre d’escampette sur nos vélos, le grand saut dans le vide!!! Deux semaines qui nous semblent être hier, et en même temps déjà si loin… je crois que nous avons pris le rythme du nomadisme et cela nous convient plutôt bien malgré les circonstances météorologiques.

Nous rejoignons le lac de Zürich sur de jolies petites routes très peu fréquentées au milieu de la campagne. Les coteaux enneigés à basse altitude contrastent avec le vert intense des pâturages et des prés de la plaine. Nous ne rencontrons que très peu de promeneurs, nous sommes un peu seuls au monde, ce qui nous ravit!

Nous longeons le lac de Zürich sur une jolie voie verte et croisons deux ou trois cyclistes, et… des moutons, des vaches. Le ciel est noir sur les reliefs et on voit que les nuages déversent…de la neige. On espère y échapper, nous avons prévu de dormir dans un camping à Rapperswil. On passe devant les quartiers d’hiver du cirque Knie où se pressent les enfants avec leurs parents pour entrer au zoo… Mais le camping est fermé!!! Nous devrons donc poursuivre notre route jusqu’à Zürich… nous circulons dans les petites rues de vieille ville de Rapperswil qui est très jolie et ensuite…

Nous longeons la rive sur la route principale, le vent est froid et de face, et il se met à tomber des flocons… l’après midi est déjà avancé, on est fatigués et transis! Nous avons décidé de prendre le bac à Meilen pour rejoindre l’autre rive et nous arrivons pile poil alors qu’il embarquait les dernières voitures. Nous arrivons à 16h au camping Fischer’s Fritz à Wollishofen, c’est sympa, mais un peu olé olé…il n’y a pas de réception à cette période, on nous dit de prendre une enveloppe et d’y noter nos coordonnées et y glisser l’argent pour la nuit… ça a l’air d’être géré par une assoc de jeunes, il y a un petit magasin de produits locaux. Après avoir encore gravi la colline pour aller faire des courses chez Aldi, on opte pour des pâtes fraîches car on n’a plus la force de cuisiner, on est raides, gelés et affamés… et une bise tempêtueuse s’est levée par dessus le marché! Impossible de mettre en route le réchaud…heureusement nous pouvons nous replier à l’abri du vent sous le haut vent du magasin où il y a des tables pour s’installer…et cuisiner. Nous nous couchons transis mais nous nous réchauffons au fond de nos sacs de couchage. Ces moments-là sont tout de même difficiles! Le froid c’est pénible et on commence à en avoir marre. Demain nous passerons au Tessin et espérons y jouir d’un climat plus doux et pouvoir y « passer quelques jours de vacances… »

J16 14 avril 2021

On a bien dormi malgré cette satanée bise, mais alors se sortir des plumes nous demande un gros effort! Il fait super froid et on est transpercés … heureusement que le soleil apparaît et réchauffe un peu l’atmosphère! Après avoir avalé un bon café chauffé sur notre réchaud, nous plions le camp et nous dirigeons sur le centre de Zürich. Nous avons réservé des billets de train pour Bellinzone à 15h, donc nous avons du temps mignon à égrainer d’ici là…on se pose dans un parc, où on trouve un endroit abrité, près d’une petite roulotte où se gèle une jeune fille, attendant des clients trop peu nombreux, amateurs de bonbons, glaces et chocolats…

On monte dans le train à 15h , un nouveau ICN 2, super, bien pratique pour y installer les vélos pour lesquels nous avons dû réserver la place…je crois qu’il n’y a que 4 places par train! Une heure et demi plus tard on débarque à Bellinzone, la température est plus clémente et surtout il n’y a plus cette bise glaciale… on s’installe au camping et on avale un délicieux risotto aux champignons frais et lardons à la bière ( on a essayé comme on n’avait pas de vin blanc sous la main mais une bière pour l’apéro oho:-)…et c’était très bon.

J17 15 avril 2021

Nous ne nous y attendions pas, mais il a plu toute la nuit…et bien plu! Il y a des flaques d’eau partout, mais la tente a bien tenu le coup et nous avons bien dormi. Il a fait un peu moins froid de ce côté-ci des Alpes… après avoir avalé un bon bircher müesli et un nescafé bien chaud, nous quittons le camping et notre voisin un immense camping-car de grand luxe! Qu’est-ce qu’ils doivent penser de nous, ceux-ci qui sont dans le super confort, vacances comme à la maison… pas de dépaysement. Ils doivent nous prendre pour des fous, à rouler à vélo dans le froid pour ensuite cuisiner à même le sol et dormir sous tente sous la pluie, hi hi hi!!! Mais nous, pour l’instant, nous ne nous estimons pas être cinglés…ça viendra peut-être un jour!!!

Le ciel bleu prend gentiment la place des nuages et la température remonte avec l’apparition du soleil, bien qu’au réveil elle ne devait pas être plus élevée que 0-1 degrés… quel bonheur de voir les arbres se parer de leurs petites feuilles toutes jeunes et verdoyantes. On sent quand même que la végétation est plus avancée qu’en haut, au Nord…les cigales s’en donnent à cœur joie. Nous traversons des cultures de colraves, de grandes étendues de serres, un troupeau de vaches Highland mais les pauvres, dans un champ boueux où ne pousse aucune herbe! Nous croisons beaucoup de promeneurs sur leur vélo électrique dernier cri qui doivent venir de Locarno, qui croule sous les touristes…on est subjugué par le people qui s’agglutine sur la plaza Grande …masqués et pressés. On se demande si on va trouver une place au camping de Locarno!!!

Heureusement, il reste deux places pour les tentes, sinon le camping est complet… une vraie exposition de multivan VW, les uns derrière les autres, les camping-car plus grands les uns que les autres et plus rutilants…tout ça semble neuf, une grande folie dûe au Covid, ce sont les « effets collatéraux », les gens découvrent le camping puisqu’ils ne peuvent plus aller faire bronzette sous les tropiques! Le Tessin est envahi… et nous qui pensions qu’en fin de semaine ça se calmerait, mais à la réception la fille nous dit que c’est encore les suisses allemands qui sont en vacances…

Nous allons nous promener dans le camping, qui est immense, et qui borde le lac Majeur. Une très jolie partie sauvage entoure la Maggia qui se jette dans le lac. Des petits suisses allemands courageux sont dans l’eau avec une combi, et ils font de la planche à voile avec une mini voile adaptée à leur taille et dont le mas se gonfle, c’est chou! Ils se débrouillent déjà comme des chefs!

J 9 – J 11

J9 7 avril 2021

Quelle surprise de voir à notre réveil les toits de la ville blanchis de neige et de petits flocons virevolter au gré du vent… brrr! Quelle chance d’avoir pu dormir au chaud et nous profitons de savourer le délicieux et copieux petit déjeuner préparé par notre sympathique hôtesse Linda. Nous vous recommandons les yeux fermés cette belle adresse, le B+B Rhii à Eglisau! On profite pour réorganiser nos sacoches et tout notre baratin encore au chaud et à l’abri du vent. Petit à petit le soleil prend sa place entre les nuages, un joli petit chemin blanc nous mène le long du Rhin que surplombent des vignobles. Une belle petite côte pour remonter sur le plateau nous met en jambe pour la journée, et à mon grand étonnement mes mollets sont bien affûtés ce matin!

Nous ne croisons que très peu de cyclistes, la plus part en vélo électrique et peu enclins à répondre au « gruezi » lancé avec entrain!! Mais pas du tout de cyclo-nomades comme nous, un peu givrés de voyager par ce froid… Nous traversons de belles forêts puis arrivons aux chutes du Rhin à Schaffouse où quelques touristes bien emmitouflés se prennent en photo sous tous les angles. Nous dégustons un délicieux café pour nous réchauffer la moindre. Le spot est magnifique, et c’est encore mieux aujourd’hui quand il y a si peu de monde! Nous y étions passé en été, les parkings étaient bondés et les quais aussi… nous faisons même un écart de conduite en prenant les ascenseurs avec nos vélos pour remonter au niveau de la ville , hi hi hi…

Nous avons réservé une chambre à l’auberge de Jeunesse Zak où nous reçoit une sympathique jeune fille qui a l’air congelée, bonnet et écharpe autour de la tête( le bistrot est fermé, quelques habitués viennent chercher une boisson qu’ils doivent consommer à l’extérieur, sur le trottoir en plein vent… ) il fait froid même à l’intérieur, on suppose qu’ils ont arrêté le chauffage car il n’y a pas de clients à réchauffer! On met le radiateur en route pour tempérer notre chambre qui a un air désuet et un peu kitch avec son lustre en plastique multicolore, mais on est trop content de se reposer un peu au chaud et sur un bon lit! On a même pu mettre nos vélos entre les tables du bistrot, c’est vraiment étrange, triste et un peu glauque de voir tous ces établissements fermés à cause du Covid!!! Pour notre souper ce sera un take away falafels, frites bien scharf!

J10 8 avril 2021

Petit déjeuner dans un coin du bistrot et la patronne qui nous encourage à bien noter son établissement sur Booking… nous repartons pleins d’entrain, avec un fort vent d’ouest dans le dos qui nous fait avancer à toute allure! Grand ciel bleu, mais bien habillés, nous suivons toujours le Rhin sur des chemins blancs, puis des petites routes qui nous font passer par moment en Allemagne, il y a plusieurs enclaves, mais pas de douane où montrer patte blanche…ni passeport Covid, ni test PCR!!! Nous traversons de magnifiques villages anciens avec des maisons à colombage restaurées avec goût.

Puis nous arrivons au lac de Constance, en faisant halte à Stein am Rhein , sur la célèbre place habituellement bondée de touristes, aujourd’hui désertée… nous avons tout le loisir d’admirer les magnifiques fresques qui recouvrent les façades de ces maisons datant de 1670… en dégustant un bon café et une pâtisserie sur un banc de la place. Les habitants font la queue devant la pharmacie…pour recevoir les tests gratuits??? Nous sommes à mille lieues de ces préoccupations sanitaires…

Les rives du lac de Constance sont bordées de splendides villas de toute sorte d’architecture avec de magnifiques jardins, et à certains endroits les rives sont laissées à la nature pour le biotope, et c’est sauvage, c’est beau… de petits ports bordés de saules pleureurs qui sont de toute beauté au printemps… nous traversons des kilomètres de cultures d’arbres fruitiers, des pommiers pour la plus part, mais qui ne sont pas encore en fleurs, heureusement pour eux avec ces nuits glaciales…

Nous faisons halte à Kreuzlingen dans le magnifique Seeburgpark et grignotons des churros bien croustillants couchés dans l’herbe et regardant passer les avirons où 8 personnes rament à vive allure. Puis nous reprenons la route jusqu’à Landschlacht où nous avons réservé notre dernière nuit au chaud à la Rotes Haus. Accueil très chaleureux du patron italien qui nous promet un délicieux repas dans sa salle à manger, exclusivement réservée pour les clients de l’hôtel!!! Nous en profiterons donc pour fêter avec un jour d’avance mon anniversaire avec de succulents mets italiens accompagnés de bons vins choisis par le patron… soirée appréciée à sa juste valeur vu la rareté actuelle des possibilités de manger à l’extérieur!!!

J11 9 avril 2021

Le ciel me fait un beau cadeau d’anniversaire, il se dégage et laisse le soleil réchauffer l’air pour le moins frisquet!!! On quitte la Maison Rouge où nous avons dormi comme des loirs après avoir profité de la machine Nespresso de la chambre (comme il n’y a pas de possibilité d’avoir un petit déj…c’est une bonne solution :-)) Je suis touchée par tous les messages que je reçois ce matin truffés de pensées positives et chaleureuses pour notre voyage…Merci à vous!!! Aujourd’hui c’est la dernière étape au bord du lac, nous voyons au loin la chaîne de montagnes des Grisons je suppose, blanchies par les dernières chutes de neige tombées jusqu’à basse altitude, sur les collines du premier plan. Je me réjouis d’emprunter à nouveau la route des Lacs qui va nous conduire jusqu’à Zurich ces prochains jours, traverser le Walensee, cette magnifique vallée escarpée au fond de laquelle se trouve le lac cher à mon cœur car surplombé par de superbes montagnes rocheuses… nous profitons de cette belle journée et de la douceur qui revient progressivement et faisons plusieurs haltes en chemin. Finalement nous arrivons au camping de St Margereten, il n’y a pas foule…aucun campeur mise à part les caravanes des résidents annuels qui nous regardent d’un air curieux et amusé… et oh luxe, il y a un lave linge et un sèche linge à disposition qui nous permettent de nous sentir tout frais dans nos habits à nouveau bien propres!!! Ces petits conforts qui prennent leur importance sur la Route…

J4 2 avril 2021

Par une radieuse matinée nous enfourchons nos montures après avoir pris un bon petit déj en attendant que les tentes sèchent, puis plié notre campement… nous traversons le village des cigognes, Altreu, au bord de l’Aar. Sur les toits des maisons, les habitants ont installé des plateformes pour qu’elles puissent y construire leur nid. Il y en a aussi dans les arbres, elles ont l’air de se plaire dans la région!

A partir de Balsthal nous entrons dans le Naturpark Thal et nous nous engageons dans une petite vallée escarpée dominée par des belles falaises. La route monte bien mais régulièrement, c’est l’occasion de tester le comportement de mon vélo face à un col! Ou je dirais plutôt le comportement de mes gambettes à entraîner tout mon bardas sur une pente ! Il fait bien chaud mais j’arrive au sommet du col de Oberer Hauenstein à 734 m sans trop de difficultés…je suis fière de moi, c’est un bon début! Bien sûr, pour Pascale, Philippe et Yves qui sont aguerris depuis déjà longtemps, ce ne fut qu’une broutille.

J5 3 avril 2021

Brrr, la nuit fut froide, nous avons dormi dans un petit camping un peu glauque à Bubendorf. Le moral pour ma part n’est pas au plus haut…Nous décidons de prendre deux jours pour nous reposer un peu et digérer tous ces changements et ces émotions qui nous submergent par moments…on n’a pas encore eu le temps de réaliser ce qui nous arrive. Pascale et Philippe nous accompagnent encore jusqu’à Kaiseraugst et nous laissent dans un très joli camping tout au bord du Rhin. Ils reprennent le train pour rentrer chez eux, un peu à contre cœur car ils seraient encore bien restés faire quelques coups de pédales avec nous!!! Mais on compte bien revoir leur frimousse le long de notre voyage…

Le ciel s’éclaircit en fin de journée. Nous décidons d’essayer de passer en Allemagne par la passerelle qui rejoint la rive droite du Rhin… magnifique coucher de soleil comme cadeau!

J6 4 avril 2021

Une belle journée de farniente pour reprendre un peu ses esprits…mais notre résolution de passer en Allemagne bat de l’aile après un téléphone avec mon frère François qui habite Cologne et nous dépeint un tableau très peu encourageant des conditions d’accueil là-bas en ce moment… tout est fermé, campings, hôtels, restaurants, les cas de Covid sont à la hausse… je suis bien pessimiste et anxieuse de nous élancer dans ces conditions, surtout avec la vague de froid qui s’annonce ces prochains jours. Faire du camping sauvage dans ces conditions c’est un peu précoce pour moi… quand je serai rodée ça sera volontiers! Mais heureusement que mon mari chéri est bien compréhensif, avec lui il n’y a pas de problèmes, mais toujours des solutions! Je suis soulagée par notre décision de rester en Suisse encore un moment, le temps de voir comment tourne la situation… au moins ici on peut se mettre au chaud dans une chambre d’hôte si on est frigorifié!

J7 5 avril 2021

Nous décidons de prendre la route du Rhin n°2 jusque dans les Grisons et ensuite de passer sur le Tessin pour aller trouver un peu de chaleur…ce matin c’est très frais et bien humide, après avoir avalé un bon nescafé sur notre réchaud et plié notre campement, nous enfourchons nos vélos et empruntons cette route que nous avions fait l’été passé dans l’autre sens ( nous avions fait la route des lacs depuis Yverdon-Bern-Thun-Interlaken-Brienz-Brünigpass-Sarnen-Lucern-Zug-Rothenthurm-Lac de Zürich-Walensee-lac de constance jusqu’à Bâle…magnifique itinéraire, à conseiller vivement)…

Nous quittons le Rhin pour nous avancer dans une petite vallée perpendiculaire où le paysage verdoyant et vallonné nous ravit!!! De douces collines parsemées d’arbres fruitiers débutant leur floraison, des pâturages et des forêts de résineux, quel délice pour les yeux… ce qui me booste pour gravir la colline sur laquelle nous découvrons un magnifique petit camping, le Waldesruh camping, accueil chaleureux, sanitaires de luxe, et même un petit cabanon où se mettre au chaud pour cuisiner et manger alors que la tempête fait rage avec des rafales de vent à décorner les bœufs!!! Premier test pour notre tente qui va tenir le coup malgré les assauts de notre ami le vent!!! Mais quel bonheur de juste se mettre à l’abri, au chaud… on a vite oublié le confort d’un foyer qu’on a quitté il y a presque une semaine, alors qu’on a le sentiment qu’il y a des lustres que nous sommes sur la route! Le temps prend une autre dimension…

J8 6 avril 2021

La nuit a été très froide, mais j’avais dégainé ma couverture de survie malgré le scepticisme de mon cher mari, et nous en avais recouvert pour contrer le froid…ce qui a été efficace car j’ai moins souffert de ces températures glaciales que les nuits précédentes… nos sacs de couchage sont quand même humides mais nous sommes d’attaque pour reprendre la route! Les selles de nos vélos sont givrées, c’est dire qu’il a fait froid! Mais le soleil est là pour réchauffer nos cœurs et nos corps… un bon petit déj bien au chaud dans le cabanon est bien apprécié! Puis départ, on sort les sur chaussures, les gants et les vestes pour braver le froid. Encore une colline à gravir pour rejoindre les rives du Rhin. Je me remplis de la beauté de ce paysage, je respire l’air vivifiant et fais le plein d’énergie pour continuer la route… quel bonheur cela procure, tout en simplicité, apprécier le moment présent! Se sentir vivante! Être dehors, dans la Nature, pouvoir pédaler, apprécier les odeurs de terre, de fumier, de forêt, l’humidité, la chaleur du soleil, le froid lorsque celui-ci se cache derrière un nuage…

Nous faisons halte pour casser la croute à Bad Zursach dans un parc, il se met à neiger… puis nous poursuivons jusqu’à Eglisau, jolie bourgade au bord du Rhin où nous avons réservé, quel luxe, un Bed and Breakfast très sympa qui nous procure le bonheur d’un bon lit et un coin chaleureux pour raconter notre route…

Voilà une semaine seulement que nous avons tout quitté… mais il nous semble que cela fait déjà des jours que nous sommes sur la route!

Et c’est parti pour notre belle aventure…

J1 Le départ est chargé d’émotion… nous quittons définitivement notre maison dans laquelle nous avons été très heureux avec nos trois enfants pendant vingt ans, nous laissons derrière nous nos amis, nos collègues, cette magnifique Vallée de Joux que nous avons parcouru avec joie en long et en large à pieds, à vélo, à ski…

Beaucoup d’émotion tout le long de la route nous conduisant hors de la vallée… avec les encouragements des amis postés au bord de la chaussée, des enfants crapahutant sur des bornes électriques et criant « bon voyage, au revoir, bon voyage… », des automobilistes nous faisant signe de la main… des amies postées à l’Abbaye pour nous faire un dernier câlin. C’est dur dur de quitter ce monde connu, cosy et sécuritaire pour s’élancer dans l’aventure, mais on se sent tout léger et avide de pédaler sur les chemins du monde. Et le printemps qui explose ces jours nous transmet cette puissante énergie pour s’élancer dans la vie! Et la météo estivale annoncée pour ces prochains jours nous ravit …

Nos amis Pascale et Philippe nous ont rejoint à Yverdon pour faire un bout de chemin avec nous. Nous passons notre première nuit au camping d’Yverdon, qui ouvre demain, mais après un appel téléphonique la gérante nous autorise à planter nos tentes avant l’heure… magnifique soirée autour d’une dernière fondue!

J2 nous partons part une magnifique journée sur la rive gauche du lac de Neuchâtel en direction du Landeron. Itinéraire swissmobile 50. Parfois nous empruntons des chemins pédestres qui nous coupent les jambes…

L’eau du lac est limpide et nous inviterait même à nous baigner pour nous rafraîchir de cette chaleur estivale!

Nous longeons ensuite le canal de la Thielle jusqu’au Landeron où nous passons la nuit.

J3 Le soleil est à nouveau de la partie pour une journée encore plus chaude… en passant dans le village du Landeron, nous croisons deux cyclistes d’un certain âge en difficulté avec un pneu avant à plat qui nous interpellent pour de l’aide. L’ange gardien des cyclistes, Philippe, dégaine sa pompe et remédie rapidement au problème.

Nous cheminons sur la rive droite du lac de Bienne, le long de chemins blancs et de petites routes goudronnées, avec un ou deux petits béquets sur lesquels je suis obligée de descendre de ma monture et pousser de toutes mes forces ce vélo si lourd! Mais ces magnifiques paysages me font vite oublier ces moments délicats…

Nous suivons les bords de l’Aar jusqu’à Staad où nous trouvons un petit camping à la ferme pour nous reposer quelque peu des chambardements de ces derniers jours! Nos amis Pascale et Philippe nous mijotent un délicieux spaghetti carbonata…merci à eux pour leur précieuse présence qui adoucit cette transition radicale

J-1

Ce mois de mars a défilé à toute allure… entre tri et à fonds de notre maison avant de la quitter définitivement et soupers d’au revoir à nos familles et aux amis, en petit comité « covid compatible » , nous voilà déjà à la veille de notre départ!!!

Les vélos sont prêts, astiqués et impatients de prendre la route direction le Cap Nord… mais nous allons finalement partir par l’Allemagne plutôt que par la France, puis le Danemark et la Suède pour rejoindre la Norvège.

Affaires de Martine
Affaires d’Yves

Le printemps est là et nous ressentons fortement son énergie pleine de vitalité qui va nous aider à tourner cette longue page combière de 30 ans, avec une certaine mélancolie de laisser derrière nous notre famille et tous nos amis … mais remplis de joie à l’idée de cette belle aventure que nous avons la chance de débuter!